The Betrayal of the Intellectuals  

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"Ce prestige [moral] est lui-même chose nouvelle dans l’histoire, du moins au point où nous le voyons. Des effets comme celui que produisit en France, lors de l’affaire Dreyfus, l’intervention des « intellectuels », ou encore, en 1914, non seulement dans leur pays mais dans le monde entier, le manifeste dit des intellectuels allemands, sont des choses dont je ne vois pas l’équivalent dans le passé. On n’imagine pas la République romaine se sentant soutenue dans son agression contre Carthage par l’assentiment de Térence ou de Varron, ni le gouvernement de Louis XIV trouvant un surplus de force dans sa guerre contre la Hollande par l’approbation de Racine ou de Fermat." --The Betrayal of the Intellectuals

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Kunstformen der Natur (1904) by Ernst Haeckel
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Kunstformen der Natur (1904) by Ernst Haeckel

La Trahison des clercs (1927, English: The Betrayal of the Intellectuals) is a short book by Julien Benda.

It is a work of considerable influence.

This polemical essay argued that European intellectuals in the 19th and 20th century had often lost the ability to reason dispassionately about political and military matters, instead becoming apologists for crass nationalism, warmongering and racism. Benda reserved his harshest criticisms for his fellow Frenchmen Charles Maurras and Maurice Barrès. Benda defended the measured and dispassionate outlook of classical civilization, and the internationalism of traditional Christianity.

English translation

It was translated into English in 1928 by Richard Aldington; the U.S. edition had the title The Treason of the Intellectuals, while the British edition had the title The Great Betrayal. It was republished in 2006 as The Treason of the Intellectuals with a new introduction by Roger Kimball.

French text

En août 1929, Julien Benda publie à la NRF une longue « Note sur la réaction » où il élabore une typologie de la réaction, c'est-à-dire du « mouvement d'opposition au régime démocratique en France depuis qu'il y existe ». Il en dissèque les deux variantes principales : le réactionnarisme sentimental ou passionnel, fondé sur l'intérêt lésé ou sur l'orgueil blessé, et la réaction idéologique ou doctrinaire, de formation savante, qu'il identifie à l'Action française. En lisant cet exposé didactique mais décapant, il ne reste aucun doute : tout sépare Benda du champ réactionnaire et, concrètement, du mouvement de Maurras, qui, à l'époque, dirigeait en France la lutte contre la démocratie et la République. À l'opposé de l'Action Française, Benda ne remet point en cause les Lumières ou la démocratie, et sa passion pour une raison abstraite, mathématique et universelle lui fait abhorrer toute pensée ancrée dans une patrie, un peuple, une race ou un sol. Les accusations de sympathie pour la réaction dont Benda est parfois l'objet (voir plus bas) confondent réaction et goût esthétique anti-moderne.

Deux ans auparavant, Julien Benda avait publié son chef-d'œuvre, La Trahison des clercs, qui reprochait aux intellectuels d'avoir quitté le monde de la pensée désintéressée et des valeurs abstraites et intemporelles pour se commettre dans le combat politique — un plaidoyer contre l'adoption par les « clercs » des « passions politiques » de race, nation, classe ou parti, c'est-à-dire l'antisémitisme, la xénophobie, le nationalisme, le militarisme, le nationalisme juif, le « bourgeoisisme », le marxisme et ainsi de suite, à droite et à gauche. Benda y fustigeait « la tendance à l'action, la soif du résultat immédiat, l'unique souci du but, le mépris de l'argument, l'outrance, la haine, l'idée fixe », en bref tout ce qui fait la passion politique des hommes d'action (les « laïcs ») et tout ce qui doit rester étranger au savant et au moraliste, c'est-à-dire au clerc. Il n'y condamnait cependant pas absolument l'engagement de l'intellectuel, exigeant que celui-ci ne descende sur la place publique et n'intervienne dans le débat séculier que pour faire triompher les idéaux abstraits et désintéressés du clerc : la vérité, la justice, la raison, la liberté intellectuelle et sociale. Ainsi ne reniait-il rien, par exemple, de son engagement dreyfusard, puisqu'il s'agissait de lutter pour la vérité et la justice, valeurs cléricales, et cela au mépris de l'ordre et des contingences politiques, valeurs laïques.

D'une certaine manière, La Trahison des clercs ne fait que retourner une accusation de trahison contre ceux même qui, par « passion politique de race ou nation », en avaient usé pendant l'Affaire et en abusaient depuis toujours. Une accusation autrement grave, celle que Benda leur retourne, car il ne s'agit plus d'une fausse haute trahison envers la nation, mais d'une véritable trahison de la mission de l'intellectuel en tout pays, celle de gardien des valeurs humaines et spirituelles les plus abstraites et universelles. Voilà pourquoi La Trahison des clercs provoque la rage contre Benda dans les rangs de la droite littéraire et de l'Action Française, qui le traitent de « Rabbi Bendada », de « gnome étranger » et de « clerc de lune ».

La Trahison fait du bruit, et Jean Paulhan, qui l'a pré-publiée dans la NRF, accueille Benda dans la revue et y fait paraître tout ce qu'il écrit. Il y occupera jusqu'en 1940 une place de plus en plus importante dans le domaine politique, bien qu'il n'y ménage personne, et surtout pas les collaborateurs d'une revue qu'il juge « belphégorienne ». Plus tard, Benda ne s'empêchera pas de publier un article intitulé « Un fossoyeur de la France : Jean Paulhan ». Il est vrai qu'il ne le fera qu'en réaction contre la critique de l'ensemble de son œuvre que Paulhan avait publiée quelques mois auparavant sous le titre "Benda, le clerc malgré lui".

Jusqu'à la guerre, Julien Benda est un chroniqueur abondant, influent et redouté, qui publie dans de nombreux journaux. Intellectuel engagé, il le sera à l'extrême : la tour d'ivoire où il se prétend retiré est en fait un mirador d'où il mitraille tous ceux qu'il accuse de trahir la fonction de clerc. S'affichant comme un représentant de la pensée désintéressée, en somme comme un clerc digne de ce nom, il ferraille inlassablement contre l'Action française, le fascisme, l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie de Mussolini, l'abandon de la république espagnole, la menace hitlérienne, le pacifisme, les accords de Munich. Devant les deux menaces du communisme et du fascisme, il choisit sans hésitation le communisme, estimant qu'au moins, si celui-ci doit tuer, il le fera au nom des opprimés.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, vingt ans après la première publication, Benda réédite La Trahison, qui lui paraît conserver toute son actualité, sauf peut-être sur un point, qu'il éclaircit dans une nouvelle préface : en France, avec la collaboration, ce n’est plus uniquement leur mission de gardiens des valeurs universelles que certains clercs trahissent, c’est aussi, « expressément », leur patrie.

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