Point de lendemain  

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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.
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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.
French Enlightenment, French erotica

Point de lendemain (English: No Tomorrow) is an erotic "conte" by Vivant Denon. Two versions were published, one in 1777, the other in 1812. It has been translated into English by David Coward and Lydia Davis. Balzac included the story in the 1812 version of his Physiologie du mariage.

Contents

Opening sentence

Its opening line was praised by Milan Kundera in The Art of the Novel as “the playful elegance of repetition in the first paragraph of one of the loveliest pieces of French prose.”

"J'aimais éperdument la comtesse de ... ; j'avais vingt ans, et j'étais ingénu ; elle me trompa, je me fâchai, elle me quitta. J'étais ingénu, je la regrettai ; j'avais vingt ans, elle me pardonna : et comme j'avais vingt ans, que j'étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l'amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes." (Incipit, version de 1812).
"I was desperately in love with the Comtesse de —— ; I was twenty years old and I was naive. She deceived me, I got angry, she left me. I was naive, I missed her. I was twenty years old, she forgave me, and, because I was twenty years old, because I was naive—still deceived, but no longer abandoned—I thought myself to be the best-loved lover, and therefore the happiest of men."[1]

Trop ardent, on est moins délicat

Trop ardent, on est moins délicat. On court à la jouissance en confondant tous les délices qui la précèdent: on arrache un nœud, on déchire une gaze: partout la volupté marque sa trace, et bientôt l’idole ressemble à la victime.

Remarks by Dorat

La narration de ce conte m’a paru piquante, spirituelle et originale. Le fond d’ailleurs en est vrai, et il est bon, pour l’histoire des mœurs, de faire contraster quelquefois avec les femmes intéressantes dont ce siècle s’honore, celles qui s’y distinguent par l’aisance de leurs principes, la folie de leurs idées et la bizarrerie de leur caractère. --Claude-Joseph Dorat

Synopsis

Vivant Denon met en scène dans ce conte les premières aventures amoureuses d'un jeune homme ignorant tout des subtilités du monde aristocratique. Ingénu et s'étonnant de tout, le narrateur (qui endosse le personnage du héros) est manipulé par la comtesse de ..., bien plus au fait que lui du code implicite du libertinage, et influencé par tout ce qui l'entoure : décors ou ameublement érotiques et luxuriants, ambiance d'alcôve, jardins à l'écart et pièces secrètes.

Emblème du style rococo, Point de lendemain en possède toutes les caractéristiques : art du plaisir, reflet d'une société préservée cultivant les loisirs, instantanéité (tout est esquissé), condensé de sensations fugitives, surenchère de la jouissance, du luxe et de la décoration, et, enfin, dimension spirituelle assez restreinte.

Mais peut-on réduire Point de lendemain à une gageure libertine ?

Le héros-narrateur, jeune et naïf, apprend par l'expérience les règles du monde aristocratique, érotique et élusif qu'il découvre. Quand il se rend à l'Opéra, il n'y arrive pas en retard comme il se doit, croyant ingénûment y aller pour assister à une représentation, quand personne n'y vient que pour observer, s'informer des nouvelles, entreprendre quelque discussion dans le monde : certainement pas pour voir un spectacle.

Une telle ambiance a son image dans le style suggestif et rapide de l'écriture de Vivant Denon. La vivacité et la fougue du jeune héros se retrouvent dès les premières lignes du conte, dans des juxtapositions qui montrent bien l'absence de réflexion poussée de la part du héros sur ses actes et la manipulation qu'il subit dans tout le conte :

"J'aimais éperdument la comtesse de ... ; j'avais vingt ans, et j'étais ingénu ; elle me trompa, je me fâchai, elle me quitta. J'étais ingénu, je la regrettai ; j'avais vingt ans, elle me pardonna : et comme j'avais vingt ans, que j'étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l'amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes." (Incipit, version de 1812).

La rapidité des phrases assure ainsi la rapidité de l'action : on voit alors toute l'importance du style dans la compréhension d'un conte rococo. Tout, dans la forme, reprend les caractéristiques du monde et de ses personnages décrits par le narrateur :

"Il en est des baisers comme des confidences, ils s'attirent. En effet, le premier ne fut pas plutôt donné, qu'un second le suivit, puis un autre ; ils se pressaient, ils entrecoupaient la conversation, ils la remplaçaient ; à peine enfin laissaient-ils aux soupirs la liberté de s'échapper. Le silence vint, on l'entendit (car on entend quelquefois le silence) : il effraya. Nous nous levâmes sans mot dire, et recommençâmes à marcher." (Version de 1812).

Non dépourvu d'humour, ce conte est le récit virtuose d'une étape dans la maturation d'un jeune homme qui commence d'apprendre les codes du libertinage aristocratique.

Version de 1777

Le côté passionnel et fougueux du héros a été volontairement accentué par l'auteur dans ces extraits de la version de 1812. La première des deux versions, en 1777, commençait d'une tout autre manière ; le héros n'est pas un néophyte ingénu, mais bien plutôt un jeune homme aguerri et cynique dont on pourra retrouver certains traits chez les personnages des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos (1782) :

"La comtesse de ... me prit sans m'aimer, continua Damon : elle me trompa. Je me fâchai, elle me quitta : cela était dans l'ordre. Je l'aimais alors, et, pour me venger mieux, j'eus le caprice de la ravoir, quand, à mon tour, je ne l'aimais plus."

Articles connexes




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