Le cinquantenaire de l'hystérie (1878-1928)  

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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.
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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.

"Le cinquantenaire de l'hystérie (1878-1928)"[1][2][3] (English: the fiftieth anniversary of hysteria) is a two-page article by Louis Aragon and André Breton on the history of hysteria which showcased the "Attitudes passionnelles" photos of Louise Augustine, a patient at the Pitié-Salpêtrière Hospital in the 1870s. The article was published in 1928 in the magazine La Révolution surréaliste (no. 11)[4]. According to Aragon and Breton, hysteria was "the greatest poetic discovery of the end of the nineteenth century" and Louise Augustine the "delicious" embodiment of the sexy "young hysterics" (tr. Hysteria Beyond Freud).

Extrait de la revue la Révolution surréaliste n° 11

  • « la plus grande découverte poétique de la fin du XIX siècle »
  • « la délicieuse X.L »
  • « L’hystérie n’est pas un phénomène pathologique et peut, à tous égards, être considéré comme un moyen suprême d’expression »

Full text

Nous, surréalistes, tenons à célébrer le cinquantenaire de l'hystérie, la plus grande découverte poétique de la fin du XIXe siècle, et cela au moment même où le démembrement du concept de l'hystérie paraît chose consommée. Nous qui n'aimons rien tant que ces jeunes hystériques, dont le type parfait nous est fourni par l'observation relative à la délicieuse X.L. (Augustine) entrée à la Salpêtrière dans le service du Dr Charcot le 21 octobre 1875, à l'âge de 15 ans 1/2, comment serions-nous touchés par la laborieuse réfutation de troubles organiques, dont le procès ne sera jamais qu'aux yeux des seuls médecins celui de l'hystérie ? Quelle pitié ! M. Babinski, l'homme le plus intelligent qui se soit attaqué à cette question, osait publier en 1913 : « Quand une émotion est sincère, profonde, secoue l'âme humaine, il n'y a plus de place pour l'hystérie ». Et voilà encore ce qu'on nous a donné à apprendre de mieux. Freud, qui doit tant à Charcot, se souvient-il du temps où, au témoignage des survivants, les internes de la Salpêtrière confondaient leur devoir professionnel et leur goût de l'amour, où, à la nuit tombante, les malades les rejoignaient au dehors ou les recevaient dans leur lit ? Ils énuméraient ensuite patiemment, pour les besoins de la cause médicale qui ne se défend pas, les attitudes passionnelles soi-disant (sic) pathologiques qui leur étaient, et nous sont encore humainement si précieuses. Après cinquante ans, l'école de Nancy est-elle morte ? S'il vit toujours, le docteur Luys a-t-il oublié ? Mais où sont les observations de Néri sur le tremblement de terre de Messine ? Où sont les zouaves torpillés par le Raymond Roussel de la science, Clovis Vincent ?

Aux diverses définitions de l'hystérie qui ont été données jusqu'à ce jour, de l'hystérie, divine dans l'Antiquité, infernale au Moyen Age, des Possédées de Loudun aux flagellants de N.-D. des Pleurs (Vive Mme Chantelouve !), définitions mystiques, érotiques ou simplement lyriques, définitions sociales, définitions savantes, il est trop facile d'opposer cette « maladie complexe et protéiforme appelée hystérie qui échappe à toute définition » (Bernheim). Les

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LES ATTITUDES PASSIONNELLES EN 1878

spectateurs du très beau film « La Sorcellerie à travers les âges » se rappellent certainement avoir trouvé sur l'écran ou dans la salle des enseignements plus vifs que ceux des livres d'Hippocrate, de Platon où l'utérus bondit comme une petite chèvre, de Galien qui immobilise la chèvre, de Fernel qui la remet en marche au XVIe siècle et la sent sous sa main remonter jusqu'à l'estomac ; ils ont vu grandir, grandir les cornes de la Bête jusqu'à devenir celles du diable. A son tour le diable fait défaut. Les hypothèses positivistes se partagent sa succession. La crise d'hystérie prend forme aux dépens de l'hystérie même, avec son aura superbe, ses quatre périodes dont la troisième nous retient à l'égal des tableaux vivants les plus expressifs et les plus purs, sa résolution toute simple dans la vie normale. L'hystérie classique en 1906 perd ses traits : « L'hystérie est un état pathologique se manifestant par des troubles qu'il est possible de reproduire par suggestion, chez certains sujets, avec une exactitude parfaite et qui sont susceptibles de disparaître sous l'influence de la persuasion (contresuggestion) seule » (Babinski).

Nous ne voyons dans cette définition qu'un moment du devenir de l'hystérie. Le mouvement dialectique qui l'a fait naître suit son cours. Dix ans plus tard, sous le déguisement déplorable du pithiatisme, l'hystérie tend à reprendre ses droits. Le médecin s'étonne. Il veut nier ce qui ne lui appartient pas.

Nous proposons donc, en 1928, une définition nouvelle de l'hystérie :

L'hystérie est un état mental plus ou moins irréductible se caractérisant par la subversion des rapports qui s'établissent entre le sujet et le monde moral duquel il croit pratiquement relever, en dehors de tout système délirant. Cet état mental est fondé sur le besoin d'une séduction réciproque, qui explique les miracles hâtivement acceptés de la suggestion (ou contre-suggestion) médicale. L'hystérie n'est pas un phénomène pathologique et peut, à tous égards, être considérée comme un moyen suprême d'expression.

Aragon, Breton

[La Révolution surréaliste n° 11, 15 mars 1928.]

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