The Chaste Susanna (Denis Diderot)  

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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.
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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.

"The Chaste Susanna" is a small chapter in Diderot's Salon de 1767. It is famous for Diderot's thoughts on the difference between decent and indecent in relation to nudity and semi-nudity. He uses a painting by Louis-Jean-François Lagrenée of Susanna and the Elders and argues that a completely naked woman is not indecent but a partially clad one who shows herself is.

"[...] la différence du décent et de l’indécent. C’est la différence d’une femme qu’on voit et d’une femme qui se montre"
"The difference between decent and indecent is the difference between a woman who is seen and a woman who exhibits herself."

This maxim by Diderot can also be used to make clear the difference between pornography and erotica.

A second element in his discourse is the difference between nakedness and nudity. "A nude woman isn’t indecent" he says. But "imagine the Medici Venus’s ... feet with two little embroidered slippers. Dress her in tight white stockings ... and garters" and a "chic little hat on her head ..." The first in his opinion is decent, the second indecent.

Contents

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English translation

"An Italian painter once imagined a most ingenious way of treating this subject. He placed two old men to the right, in the background. The Susanna was standing in the foreground. To block the view of the old men she held up her clothing on the side facing them, leaving her nudity completely exposed to the view of the spectator looking at the painting. This gesture of Susanna’s seems so natural that only upon reflection does one realize the painter’s intentions, and the figure’s lack of decency, if such there is. A scene represented on canvas or in the theater doesn’t presuppose observers. A nude woman isn’t indecent. It’s the lavishly decked out woman who is. Imagine the Medici Venus is standing in front of you, and tell me if her nudity offends you. But shoe this Venus’ feet with two little embroidered slippers. Dress her in tight white stockings secured at the knee with rose-colored garters. Place a chic little hat on her head, and you’ll feel the difference between decent and indecent quite vividly. It’s the difference between a woman seen and a woman displaying herself.Translator unidentified[1]

French original

« Petit tableau. Pendant du précédent.

Je ne sais, mon ami, si je ne vais pas me répéter, et si ce qui suit ne se trouve pas déjà dans un de mes Salons précédents.

Un peintre italien avait imaginé ce sujet d’une manière très ingénieuse. Il avait placé les deux vieillards à droite, sur le fond. La Suzanne était debout sur le devant. Pour se dérober aux regards des vieillards, elle avait porté toute sa draperie de leur côté, et restait exposée toute nue aux yeux du spectateur du tableau. Cette action de la Suzanne était si naturelle, qu’on ne s’apercevait que de réflexion, de l’intention du peintre, et de l’indécence de la figure ; si toutefois il y avait indécence. Une scène représentée sur la toile, ou sur les planches, ne suppose point de témoins. Une femme nue n’est point indécente. C’est une femme troussée qui l’est. Supposez devant vous la Vénus de Médicis, et dites-moi si sa nudité vous offensera. Mais chaussez les pieds de cette Vénus de deux petites mules brodées. Attachez sur son genou avec des jarretières couleur de rose un bas blanc bien tiré. Ajustez sur sa tête un bout de cornette, et vous sentirez fortement la différence du décent et de l’indécent. C’est la différence d’une femme qu’on voit et d’une femme qui se montre. Je crois vous avoir déjà dit tout cela. Mais n’importe.

Dans la composition de Lagrenée, les vieillards sont à gauche debout, bien beaux, bien coloriés, bien drapés, bien froids.

Tout le monde connaît ici cette belle comtesse de Sabran qui a captivé si longtemps Philippe d’Orléans, régent. Elle avait dissipé une fortune immense ; et il y eut un temps où elle n’avait plus rien et devait à toute la terre, à son boucher, à son boulanger, à ses femmes, à ses valets, à sa couturière, à son cordonnier. Celui-ci vint un jour essayer d’en tirer quelque chose. « Mon enfant, lui dit la comtesse ; il y a longtemps que je te dois, je le sais. Mais comment veux-tu que je fasse. Je suis sans le sol. Je suis toute nue et si pauvre qu’on me voit le cul » ; et tout en parlant ainsi, elle troussait ses cotillons, et montrait son derrière à son cordonnier qui touché, attendri, disait en s’en allant : « Ma foi, cela est vrai.  » Le cordonnier pleurait d’un côté. Les femmes de la comtesse riaient de l’autre. C’est que la comtesse, indécente pour ses femmes, était décente, intéressante, pathétique même pour son cordonnier.

Mais ce n’est pas là ce que je voulais dire. - Et que vouliez-vous donc dire ? - Une autre sottise. On en dit tant, sans le savoir, qu’il faut bien avoir quelquefois la conscience de quelques-unes. Je voulais dire que dans un âge avancé la comtesse était forcée d’accepter le souper qu’on lui offrait. Elle fut invitée par le commissaire Le Comte. Elle se rendit à l’heure. Le commissaire, qui était poli, descendit pour recevoir la belle, pauvre et vieille comtesse. Elle était accompagnée d’un cavalier qui lui donna la main. Ils montent. Le commissaire les suit. La comtesse lui exposait en montant une jolie jambe, et au-dessus de cette jambe une croupe si rebondie, si bien dessinée par ses jupons, si intéressante que le commissaire succombant à la tentation, glisse doucement une main et l’applique sur cette croupe. La comtesse, grande logicienne, se retourne sans s’émouvoir, porte sa main sur le commissaire, à l’endroit où elle espérait reconnaître la cause de son insolence, et son excuse ; mais ne l’y trouvant point, elle lui détache un bon soufflet. Eh bien, mon ami, voilà comment la Suzanne de Lagrenée en aurait usé avec les vieillards, si elle avait eu la même dialectique. Je ne sais ce qu’ils lui disent ; mais je suis sûr qu’elle les aurait fort embarrassés, si elle leur eût adressé le propos d’une de nos femmes à un homme qui la reconduisait dans son équipage, et qui lui tenait, chemin faisant, un discours dont le ton ne lui paraissait pas proportionné à la chose : « Monsieur, prenez-y garde. Je vais me rendre. » Les vieillards sont donc froids et mauvais. Pour la Suzanne, elle est belle et très belle. Elle ne manque pas d’expression. Elle se couvre. Elle a les regards tournés vers le ciel. Elle l’appelle à son secours. Mais sa douleur et son effroi contrastent si bizarrement avec la tranquillité des vieillards que, si le sujet n’était pas connu, on aurait peine à le deviner. On prendrait tout au plus ces deux personnages pour deux parents de cette femme à qui ils sont venus indiscrètement annoncer une fâcheuse nouvelle. Du reste toujours le plus beau faire, et toujours mal employé. C’est une belle main qui trace des choses insignifiantes, dans les plus beaux caractères ; un bel exemple de Rossignol ou de Royllet.

Vous voyez, mon ami, que je deviens ordurier, comme tous les vieillards. Il vient un temps où la liberté du ton ne pouvant plus rendre les mœurs suspectes, nous ne balançons pas à préférer l’expression cynique qui est toujours la plus simple. C’est du moins la raison que je rendais à des femmes de la grossièreté prétendue avec laquelle elles accusaient les premiers chapitres de la Défense de mon oncle, d’être écrits. Une d’entre elles que vous connaissez bien, satisfaite ou non de ma raison, me dit : « Monsieur, n’insistez pas là-dessus davantage, car vous me feriez croire que j’ai toujours été vieille. » C’est celle qui fait tous les matins son oraison dans Montaigne et qui a appris de lui, bien ou mal à propos, à voir plus de malhonnêteté dans les choses que dans les mots. »

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