For a long time I went to bed early  

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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.
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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.

For a long time I went to bed early is the incipit of Marcel Proust's In Search of Lost Time.

Proust began the novel with a first-person narrator who is unable to sleep and during the night remembers waiting as a child for his mother to come to him in the morning.

"For a long time I went to bed early"
"Longtemps, je me suis couché de bonne heure"

In 1913, in response to Marcel Proust’s submission to the Ollendorf publishing company of Swann’s Way - the first volume of what would become In Search of Lost Time, the head of the Ollendorff publishing company, Alfred Humblot, rejected it, observing:

"I may be as thick as two planks but I can’t understand how a gentleman can take thirty pages to describe how he tosses and turns in his bed before going off to sleep."
«Je suis peut-être bouché à l'émeri, mais je ne puis comprendre qu'un monsieur puisse employer trente pages à décrire comment il se tourne et se retourne dans son lit avant de trouver le sommeil !»

Contents

French language analysis

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure » est l'incipit de Du côté de chez Swann (1913), premier tome du roman À la recherche du temps perdu de l'écrivain français Marcel Proust. Il s'agit de l'une des phrases les plus célèbres de la littérature française. Pour certains, elle résume à elle seule toute la Recherche.

Premier chapitre

Les premières phrases du roman sont les suivantes :

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n’avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait l’ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma raison mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n’était plus allumé. Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d’une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j’étais libre de m’y appliquer ou non ; aussitôt je recouvrais la vue et j’étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait être ; j’entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d’un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l’étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine ; et le petit chemin qu’il suit va être gravé dans son souvenir par l’excitation qu’il doit à des lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour.

Analyse littéraire

L'incipit cité est généralement formé de la seule première phrase : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. ».

Cette phrase fait écho au « temps perdu » du titre, avec l'expression complexe d'un passé révolu. Le verbe est conjugué au passé composé, suggèrant ainsi une action répétée, saccadée mais aussi réalisée ou achevée. Cette forme conjuguée invite à des précisions circonstancielles (pourquoi ? quand ?) mais aucune préposition ne fournit pourtant ce type d'information. Au contraire, l'interrogation sur les circonstances est repoussée par la juxtaposition surprenante de l'adverbe « longtemps » ; celui-ci est mis en relief par l'antéposition (placement inversé par rapport au sujet-verbe) et par la virgule. « Longtemps » n'apporte que des précisions temporelles supplémentaires, en suggérant une durée prolongée et la répétition de l'action. L'aspect étonnant ou surprenant de ce choix stylistique réside ainsi dans la contradiction entre les aspects temporels de « longtemps » et du passé composé « je me suis couché » (plutôt que l'imparfait ou le plus que parfait), la focalisation sur la temporalité, plus exactement le passé duratif, c'est-à-dire l'expression des actes mémorisés, des souvenirs.

Cet incipit est parfois considéré en opposition aux codes traditionnels des romans du XIXe siècle. D'abord par l'absence d'informations sur le cadre spatio-temporel (époque et lieux), les personnages, les circonstances du récit. La première phrase, comme les phrases suivantes de la première page, sont avares de détails qui permettraient au lecteur de situer le récit et les personnages. Le narrateur n'est pas nommé, il apparait brutalement avec l'adresse directe au lecteur, sur le ton familier de la confidence ou d'une autobiographie : le pronom personnel « je » est ambigu entre l'auteur et le narrateur, entre le personnage du passé et le narrateur du présent. De même le caractère véridique ou autobiographique du récit n'est pas clarifié à l'intention du lecteur (pacte autobiographique), au contraire des autobiographies traditionnelles comme Les Confessions de Rousseau.

Dès la première phrase, la voix du narrateur, parlant de nulle part, évoque un autrefois ni daté ni situé, dénué de toute indication de distance par rapport au présent de l'énonciation, un autrefois lui-même multiplié sans fin [...] Ainsi, le commencement pour le narrateur renvoie-t-il à un auparavant sans frontière [...]

Paul Ricœur

Avec la première phrase, l'ouverture du roman s'établit également autour du thème de la fermeture. Une fermeture temporelle, celle de la fin de la journée et des actions, cette période du couché qui précède le sommeil et se définit comme un moment de mémorisation de la journée ou de remémoration des souvenirs, c'est-à-dire (d'après le titre) la « recherche du temps perdu ». Également une fermeture spatiale, avec le cloisonnement dans le lieu clos et intime réservé au sommeil, c'est-à-dire la chambre ; lieu clé dans la suite du roman. La première phrase révèle encore l'apparent recul introspectif et analytique du narrateur sur son passé (avec peut-être la notion de temps gaspillé dans ce « temps perdu »). L'incipit fait ainsi directement référence aux principaux thèmes et approches narratives du roman.

Adaptations et références culturelles à l'incipit

Longtemps, je me suis couché de bonne heure est aussi le titre d'un essai de Roland Barthes, conférence au Collège de France imprimée en 1982 et d'un roman de Jean-Pierre Gattégno, publié en 2004 chez Actes Sud. Cette phrase parodiée a également été utilisée pour le titre d'ouvrages d'hommes de radio travaillant dans les matinales : Longtemps, je me suis levé de bonne heure est un livre de souvenirs de Philippe Caloni (1987) et un recueil de chroniques de Guy Carlier (2007).

35 Variations sur un thème de Marcel Proust est un texte de Georges Perec publié en 1974 dans Le Magazine littéraire qui propose de façon ludique certaines contraintes oulipiennes à partir de cette phrase comme texte-souche.


Article connexe

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