Dictionnaire des livres condamnés au feu  

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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.
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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.

Dictionnaire critique, littéraire et bibliographique des principaux livres condamnés au feu, supprimés ou censurés, précédé d'un discours sur ces sortes d'ouvrages[1] (1806, Critical, Literary and Bibliographic Dictionary of the principal books condemned to the flames, suppressed or censored, preceded by a discourse on these kinds of books) is a book by Gabriel Peignot, published in Paris by Antoine-Augustin Renouard in 2 volumes. It divides censored books in three categories: religious books, moral books and political books.

In the second category, the word pornography crops up for the first time in Europe with its current meaning of erotica:

"Les livres immoraux écrits en prose; on les nomme sotadiques ou pornographiques : ils ne sont malheureusement que trop nombreux ; j'en ai très - peu cités, soit parce qu'il peut être dangereux de les faire connaître, soit parce qu'il y en a peu qui aient été condamnés publiquement. La police fait ordinairement enlever en secret ces sortes d'ouvrages, à la tête desquels on peut mettre le livre exécrable de Gervaise, «le P.... des C....; Th.... Ph.... , et L'A.... des D...., traduction du latin de Chorier» "

Contents

Classification and taxonomy

Quoique j'aie adopté dans mon ouvrage l'ordre alphabétique des nom d'auteurs je pense qu'on pourrait établir un ordre méthodique particulier pour les livres condamnés. Voici le système de classification qui me paraitraît convenable. Je diviserais d'abord ces sortes d'ouvrages en trois grandes classes ; savoir, I. Livres de religion ; II. Livres de morale, et III. Livres de politique. I'l n'y'a point de livres du genre de ceux qui nous occupent, qu'on ne puisse placer dans l'une de ces classes.

Livres de religion

La première, concernant les livres de religion y peut se subdiviser en cinq branches :

1. Les livres sur l'athéisme : ils ne sont pas très-nombreux,

2. Les livres sur le théisme : on en trouve beaucoup.

3. Les livres sur les religions étrangères au christianisme : le nombre n'etï est pas fort grand*

4. Les livres hétérodoxes, des hérésiarques j des schismatiques, etc. : ils sont en grand nombre.

5. Les livres relatifs aux divisions qui ont eu lieu dans le sein du catholicisme et qui peuvent rentrer dans la classe de schismatiques. Cette branche est l'une des plus nombreuses; mais je me suis attaché aux essentiels, parce que cette partie n'offre plus autant d'intérêt qu'elle, en offrait il y â quarante à cinquante ans et d'ailleurs la seule nomenclature dé ces sortes d'ouvrages formerait seule quatre à cinq volumes.

Livres de morale

La seconde class, relative aux livres de morale, peut se subdiviser en trois branches.

1. Les livres qui, sans offrir des obscénités, sont parsemés d'opinions bizarres et dangereuses: ils traitent des vertus, des vices, des mœurs, de l'éducation et des usages de la vie. On en trouve quelques-uns à la tête desquels on peut mettre Emile de Rousseau; les Mœurs de Toussaint; les Oeuvres d'Helvétius; les oeuvres en prose de Dulaurent, etc.

2. Les livres immoraux écrits en prose; on les nomme sotadiques ou pornographiques : ils ne sont malheureusement que trop nombreux ; j'en ai très - peu cités, soit parce qu'il peut être dangereux de les faire connaître, soit parce qu'il y en a peu qui aient été condamnés publiquement. La police fait ordinairement enlever en secret ces sortes d'ouvrages, à la tête desquels on peut mettre le livre exécrable de Gervaise, «le P.... des C....; Th.... Ph.... , et L'A.... des D...., traduction du latin de Chorier»

Je range encore dans cette classe les Oeuvres libres de Fromaget, de Crébillon fils; les Bijoux, le Jacques et la Religieuse de Diderot ; Les Liaisons dangereuses de Chanderlot , ou plutôt Choderlot de la Clos ; le Faublas et la Félicia de Louvet ; le Poète ; les Veillées conjugales et la Galerie des six Femmes de Desf..... (presumably Galerie des femmes by Victor-Joseph-Etienne de Jouy, 1799, Lynn Hunt), et mille autres productions aussi funestes pour la jeunesse,

3. Les livres écrits en vers dans le même genre , tels que la Pucelle de Voltaire; la Chandelle d'Arras et le Manche à balai de Dulaurent ; le Parapilla de Borde; L'Ode trop fameuse de Piron; les Contes de la Fontaine, de Vergier, de Grécourt, de Vasselier; les Epigrammes de J.-B. Rousseau, etc. , etc. , etc. Les livres de littérature en tout genre trouvent naturellement leur place dans l'une des trois branches de cette seconde classe.

Livres de politique

La troisième classe qui comprend les livres de politique, peut aussi se diviser en trois branches.

1. Les livres qui traitent de la nature ides gouvernemen s en général ; j'en cite •quelques-uns.

2. Les livres qui font la critique d'un gouvernement en particulier : le nombre de ceux-ci est beaucoup plus grand.

3. Ceux enfin qui ont rapport à quelques parties de l'administration dans un gouvernement: on en trouvera plusieurs dans notre ouvrage. On voit que les livres d'histoire et de jurisprudeuce peuvent être mis au rang de ceux qui appartiennent à la politique.

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Full text

J'ai , dans mon Discours prélimi^ naîre , insisté sur le danger des mauvais lirres et sur Fespoir d'en voir diminuer le nombre à lavenin Eh ! comment pourrait-on s'en occuper dans le sièçl© des grandes choses ^ dans un siècle où toutes les pensées et tous les iiegar/ds sont fixés sur un seul point? Comme^nt oserait' on^se» livrer à ce genre détes-r, table y spp$ Ufi gouvernement ferme et sage; sovi^^un. prince dont le, .génie, ébranle Ji§§,;f}^u?: ixiondes, et les ;ferce. à l'admiration ; souf un prince qui,,, d'une -xçiaiii); ^ terrasse, ses formidables, ennemi^ F.^d;^ lautre protège les $cie^T^ ces et. çnççurage les artistes? Aussi vous avoiUere? , mon ami , que jamais les sçienqes et les arts n'ont reçu une.


impubion plus' forte et plus directe vers l'utilité publique. Chacun , quelque faible qu'il soit, et quelque genre qu'il adopte, tend à ce but honorable. On connaît l'intention du prince ; cela sufHc pour exciter l'émulation, et pourcom-» xnuniqiier rétinee}le électrique à tou» lea Français*

Guidi^ parles sàvatîs que j^ai consultes, j'ai, du fond dé ma solitude, préparé dans le silence le léger tribut que je dépose entre les ntains de Tamitié : tout imparfait qu'il est, far pensé qu'elle ne liiî refuserait pas un sdurire de fai^ veiir, du au moins d'indulgence. Si je ïne suis trompé; si mon travail offre quelques tachés ou quelques erreurs bien involontaires qui pôurrôî en t faire de la peine à mon ami, j'en serai sincèrement affligé ; je prie le lecteur


xt


judicieux et érudit de m'en avertir; Je déférerai sur-le-champ â ses observa- tions , et je lui en aurai une obligation d'autant plus grande, qu'il me procu-* rera , en corrigeant mon travail , le plaisir de vous offrir, mon cher B...».., un témoignage plus pur de ma tendre affec^ tion.


G. Peignot.




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AVIS.


O K se proposait d^atitnler cet oun*age Lb BucvBm BIBLIOGRAPHIQUE ; mais on a cm devoir remplacer ce titre, trop peu sérieux, par celui de DiGTlOiCNAiBS

CRITIQUE, LITTERAIRE ET BIBLIOGRAPHIQUE, etC, qui

convient mieux à la nature d'une production do . ce genre, et surtout à la manière dont elle est traitée»'

Quoique cet ouvrage soit rédigé par ordre alphabétique de noms d'auteurs, on a ajouté , à la fin du dernier volume , une Table générale des matières qui facilitera les recherches. Le lecteur voudra bien y recourir, dans le cas où il ne trouverait pas au premier article consulté les renseignemens désirés*


mm


OUVRA G ES Qui paraîtront incessamment.


JjiBLioCRAPHfS CUKIEV9V t renfermant le catalogue raisonné, i.^ des ouvrages qui n'ont étc imprimés qu'à cent exemplaires et au-desspus ; si.^ des ouvrages imprimés sur papier de couleur ; et 3.^ des ouvrages qui ofTrent quelques singula- rités dans leur exécution typographique, i a)oU in^B* , imprimé en caractères neufs.

Ce volume sera tiré sur très-beau papier véiiu, &q[uatre-


vingt-dir-neaf exemplaires seulement , et toas numérotef à la presse. Il fera suite aux Curiosités bibllngraphiques du même anteur, annoncées dans le premier volume qui • paru en 1804» Pour les compléter ^ paraîtra, dans «quelque temps , la Bibliographie raisonnée des Classiques » grecs et latins ^ sur lesquels l'auteur prépare un travail plus complet que celui d*Edward Harwood, et de sen /éditeurs italiens Manro Boni et Bartlu Gamba ; il a , surtout y dirigé %e% recherches vers la partie tres-curicuse des exemplaires qui ont été imprimés sur vélin , sur GlAND PAPIER 9 etc. ; et il y ajotite les prix auxquels ces exemplaires ont été portés dans quinze à vingt des principales ventes faites à Paris et chez l'étranger depuis soixante ans*

Essai p'un Dictionnaire historique , uni- versel DES LANGUES ANCIENNES ET MODERNES.

  • t>E8 QUATRE FARTii^s DU MONDE; précédé d'im

discours suc l'origine des langues en général ^ sur leur diversité 9 et sur les moyens d'en chercher et d'en établir la généalogie : suivi d'une biblio- graphie des principaux ouvrages relatifs à l'histoire et à l'étude des langues. ^ "vol. z/z-S*

'.' Cet ouvrage,' qur a coût^ des recherches infinies, est 4ivjsé en trois parties :

, La première » contenant le discours préliminaire , traite^ 3*° de l'origine et de la formation mécanique des langues, 00 de la manière primitive d'exprimer ses idëes ; 2.^ de la diversité des languiss occasionnée par la dispersion des hommes, lorsque la famille primitive est devenue trop nombreuse, par la variété des climsits; par la dis»-


XV

posîtion des organes , et par le mélange de deux on plu- sieurs langues qui en ont produit une nouvelle ; 3,^ de la géuéalogie des langues , ou du rapport qu'elles ont entr*el1es ; et do la formation des langues modernes ^ avec des tableaux généalogiques et des tableaux synopti- ques des principales langues; 4^ enfin, de Técriture et des caractères en usage chez les dîflPérens peuples,

La seconde partie est composée du dictionnaire ren» fermafit plus de trois cents articles qui offriront, par ordre alphabétique ^ Thistorique de chaque langue ^ et la majeure partie des articles sera terminée par V Oraison Dominicale ^ traduite dans la langue dont il sera question. On a puisé les exemples dans Chamberlayne » dans Leibnitz , dans Marcel « dans les voyages en Afrique , en Amérique ^ à la mer du Sud , à la nouvelle Hollande , etc.

La troisième partie donnera une notice bibliographique 9' x.o des ouvrages sur les langues en général ; 2.^ dea grammaires , syntaxes et prosodies les plus estimées des principales langues ; 3.^ des lexiques , vocabulaires et dictionnaires les plus recomroandables pour chaque langue. ICette notice aura plus de quinze cents articles. . .


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DISCOURS

PRÉLIMINAIRK


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S'occuper des principaux ouyrages qui ont été condamnés au k\i\ suppri- més ou censurés; c'est rassembler des matériaux pour l'Histoire des erreurs do l'esprit humain ; c est marquer les écueils dangereux qu'il serait à souhaiter que tout écrivain eût la ferme résolution d'éyiter lorsqu'il prend la plume. Rien ne aérait peut-être plus utile qu'un ta- bleau méthodique et bien fait de la fatalô influence qu'ont eue sur les troubles civils y politiques et religieux ^ les prin- cipes exagérés répandus dans la plu- part des livres proscrits^ et même dan9 quelquesrUns qui ne l'ont pas été. Ce ta- bleau ferai t| sans doute, plus d'effet que


ces lois surannées , qui , en enchaînant la liberté de la presse , cheroliaient , mais en vain , à comprimer la pensée. On sait que ces sortes d'entravfcs n^ont ordinairement produit d'autre effet, que d'irriter ]es passions, et rendre plus au- dacieuse une plume qui convertissait se- crètement en licence ^ la liberté ^qu 'on lui re/'usîûii; pwbliquetoeat. Oui,, une censure trope-évèr^, pareille.A celle qu'on exerce en Espagne, leji Autriche étaih- leurs, a pour résuUat -la cruelle alter- native, ou d'étotiffw laigénie, eud'our* yrir clandestnietiicnit k porte à d«6 excès <que médotinaït ordinairement une: bon» né te fiberté..

Ce n'est point lorsqijL 'on a le droit td'écrire sans contrain>te et au grand jour^ que l'on se plait à diâtiller un venin qui , ■comme le crime , ne ise prépare jamais <[ue dans l'ombre.

D'ailleurs, depuis trois siècles , n'n>6- lOn pas épuisé^ en j&it de productions


lîuéraîras.jt.tous les traits de la satyre^ tous les genres de licence ? Convenons 4][u'il: est pi esqii 'impossible à récrivaiii le plus hardi de publier quelque chose de nouveau sur Tliomme , sur la poli- tiqu/e f $Ur, les religions et sur aiille objets qui ont ^]|^é 1 attexitioi;! des publiciste» .du xytih^ siècle , et ,des philosophes de tous les temps f Les circonstances peu- vent; ichauger ^ mais les abus, mais les .préjugés sont et seront toujours à peu près le« .mêmes : las plaintes qu'ils ont excitées .et qu'ils exciteront, n'ont vàri^ ^et n^ vajçîQiîont q^iç pQur \si forme*

PQUt-êtrej dir^-rt-^ftfi, c'est en publiant des vérités hardies, ç'gst en combattant rhydre4es préjugés, qui alimepte et pro- tège la tji:annie et la superstition, qu'on rendra au trône et. à la religion Jaur V;é- ritable éclat. £h ! qui ne sait c«ml)ien de fois ces vaines déclamations ont été répétées? combien de fois , sous prét^îxte d attaquer la tyrannie et la superstition^


iV


on a ëbranlë jusqiies aux fondeiUens dei Tordre social?

Qu est-il résulté de ces nombreux ou- vrages , qui tous tendaient au bonheur du genre humain ? L'homme en est-il meilleur? est-il plus libre, plus fortuné ? fournit -il une carrière plus longue et mieux remplie? La fin du xviii.^lîiècle^ de ce siècle de lumières, a- 1- elle été plus heureuse? Après la fatale expérience des révolutions religieuses et politiques , arrosées du sang de nos ancêtres et de celui de nos contemporains ^ qui fume encore, sommes -nous plus vertueux, moins frivoles , moins inconséquens , plus disposés à sacrifier Tintérét partie culier à Tintérét public , plus attachés à la patrie que nbs aïeux ? sommes-nous meilleurs fils , meilleurs époux , meilleurs pères i^Hélas ! avouons que les plus belles théories en politique, en philosophie et en morale ont eu rarement l'effet qu'on s'en était proqiis, et même que souvent


éïles nous ont égarés ; avouons surtout qu'il est, comme nous l'avons déjà dit, impossible à Técrivain le plus habile , la plus fécond et le plus hardi , de publier quelque chose de supérieur à ce qui a été déjà répété mille fois sur ces diiTé- rens objets. A quoi bon par conséquent vouloir s'ériger en nouveau précepteur du genre humain, en réformateur des abus ou en apôtre de la licence? Que peut-on gagner à se livrer à ce genre de travail, souvent plus dangereux que né- cessaire , et quelquefois plus honteux en- core qu'inutile ?

U faut cependant convenir que par- fois des circonstances critiques ont obligé le sage à élever la voix contre de véri- tables abus naissans ► Mais cette voix n'é- tait point, un cri de sédition ; c'était la raison elle-même qui cherchait à rame- ner le jcalme dans des momens d'orage • Peut-on , par exemple , faire un crime à ceux de nos ancêtreis qui ont lutté


• r

contre les prëtentîons ambîtîetises qu a' si souvent manifestées la cour de Rome j de disposer des trônes à sbn gré; peut-on ^ dls^îe^ leur faire un crime d avoir écrit : «Toute puissance spirituelleappartient au souverain pontife, parce qu'il est le chef visible de l'église; mais son pouvoir tem- porel ne doit point s'étendre au-delà des frontières de ses états ? » Peut-bn taxer de témçrité ces vrais citoyens qui > voyant jadis l'autorité royale viserau despolismé, en se plaçant au dessus dps lois , et éir foudroyant les justes remontrances des parlemens ; peut -on , dis»- je , taxer de^ témérité lés écrivains qui ont publié que les gduvernemens les meilleurs et les plus solides sont ceux où la lof règne , et où le premier de l'état y est soumis conime le dernier? Condamnera -t- on ^historien courageux , parce que , ton- »dcrartt sa plume à la vérité, il a tracé lé tableau affligeant des malheurs occasion- nés^ar la faute des gouyernans? Cet


hominage y rendu à. la vécité y n'est point une satyre ; c'est une leçon que le passé donne au présent. Qui le croira? La plu- part de ces utiles ëciits ont cependant été livrés aux flammes ; et tel souverain les proscrivait y quand tel autre souverain en récompensait les auteurs.

Il m'aserablé qu'en rédigeant quelques notices bibliographiques et critiques sur ces sortes d^ouvrag^s , je forînais une entreprise qui poiurràit être utile à mes concitoyens. Je nfe me suis point arrêté aux seuls. livres? de politique ;} ai étendn mes recherches à tous ceux qui j présent tant quelqu'intérét^ ^e quel genre qu'ils fussent V ont encoiim ramn»âdyersion de l'autorité supérieure ♦ Il en est quel- ques •* uns d'excessivement dangereux , qui n'oat pu jortéf: que dh^ne' plume infernale, et cpie. j'ai voués à l'exécration publiqijie» > . / .1

Je voulais d'abord me borner à donner jsim;pleniém Ipsaimes. des ouvrages pros-


%t*


Vîfj

crits ; mais cette bibliographie sèche f ne convenant qu'à un petit nombre de personnes^ amrait été d'un médiocre intérêt ; j'ai donc préféré ajouter des remarques critiques et détaillées sur la nature de chaque ouvrage , sur sa con- damnation et sur son auteur. J'ai même souvent donné des extraits propres à justifier cette condamnation ; et sans doute le lecteur judicieux partagera mon indignation à la lecture de quelques- uns de ces extraits. C'est en montrant le vice hideux dans toute sa nudité ^ -qu'on est plus certain d'en inspirer l'hor- reur. Je dois dire ici que je me suis fait ame loi de ne prendre mes citations que dans des ouvrages composés par des au- t^eurs respectables qui les ont rapportées avant moi ; et j^ai toujours eu soin d'ex-^ primer les senti m eus pénibles que m'a fait éprouver la lecture de ces passages condamnables. Si l'on me faisait un reproche d'avoir


ix présenta deux on trois citations qui montrent jusques à quel point certains écrivains ont poussé Teffronterie , je répondrai que ma justification est non- seulement dans la pureté de mes inten- tions f mais dans l'exemple qui m'en a été donné par une infinité d'auteurs très- estimables.

Ne sait-on pals que S. Augustin , en combattant Pelage et Julien , n'a pas craint de conserver les erreurs de ces hérétiques, dont le texte entier ne se trouve plus que dans les OEuvres de ce saint père. S. Cyrille a également cité textuellement Julien l'Apostat pour le réfuter; Le dominicain Jean Casalas , pour combattre Timpudente Satyre de Théophile Kainaud , contre les domi- nicains (de immunitate Cyriacorum à censura) , l'a réimprimée presqu en en- tier dans son Candor Lilii. Le pieux au- teur qui à réfuté la Théologie portative de l'abbé Bernîer (Dulaurent), ouvrage


X

infinie , en a rapporté tout le texte. Celui qui a réfuté les Pensées philosophiques de Diderot en a fait de même y etc. y etc. On me permettra donc de m'appuyer de l'exemple de ces illustres écrivains ; je serais trop heureux , si je pouvais m© rappi?ocher aussi aisément de leurs ver-* tus et de leurs talens.


Quoique j'aie adopté dans mon ouvrage l'ordre alphabétique des nom d'auteurs je pense qu'on pourrait établir un ordre méthodique particulier pour les livres condamnés. Voici le système de classification qui me paraitraît convenable. Je diviserais d'abord ces sortes d'ouvrages en trois grandes classes ; savoir, I. Livres de religion ; II. Livres de morale, et III. Livres de politique. I'l n'y'a point de livres du genre de ceux qui nous occupent, qu'on ne puisse placer dans l'une de ces classes.

La première, concernant les livres de religion y peut se subdiviser en cinq branches :

1. Les livres sur l'athéisme : ils ne sont pas très-nombreux,

2. Les livres sur le théisme : on en trouve beaucoup.

3. Les livres sur les religions étrangères au christianisme : le nombre n'etï est pas fort grand*

4. Les livres hétérodoxes, des hérésiarques j des schismatiques, etc. : ils sont en grand nombre.

5. Les livres relatifs aux divisions qui ont eu lieu dans le sein du catholicisme et qui peuvent rentrer dans la classe de schismatiques. Cette branche est l'une des plus nombreuses; mais je me suis attaché aux essentiels, parce que cette partie n'offre plus autant d'intérêt qu'elle, en offrait il y â quarante à cinquante ans et d'ailleurs la seule nomenclature dé ces sortes d'ouvrages formerait seule quatre à cinq volumes.

La seconde class, relative aux livres de morale, peut se subdiviser en trois branches.

1. Les livres qui, sans offrir des obscénités, sont parsemés d'opinions bizarres et dangereuses: ils traitent des vertus, des vices, des mœurs, de l'éducation et des usages de la vie. On en trouve quelques-uns à la tête desquels on peut mettre Emile de Rousseau; les Mœurs de Toussaint; les Oeuvres d'Helvétius; les oeuvres en prose de Dulaurent, etc.

2. Les livres immoraux écrits en prose; on les nomme sotadiques ou pornographiques : ils ne sont malheureusement que trop nombreux ; j'en ai très - peu cités, soit parce qu'il peut être dangereux de les faire connaître, soit parce qu'il y en a peu qui aient été condamnés publiquement. La police fait ordinairement enlever en secret ces sortes d'ouvrages, à la tête desquels on peut mettre le livre exécrable de Gervaise, «le P.... des C....; Th.... Ph.... , et L'A.... des D...., traduction du latin de Chorier»

Je range encore dans fcette classe les Oeuvres libres de Fromaget, de Crébillon fils; les Bijoux, le Jacques et la Religieuse de Diderot ; Les Liaisons dangereuses de Chanderlot , ou plutôt Choderlot de la Clos ; le Faublas et la Félicia de Louvet ; le Poète ; les Veillées conjugales et la Galerie des six Femmes de Desf..... , et mille autres productions aussi funestes pour la jeunesse,

3. Les livres écrits en vers dans le même genre , tels que la Pucelle de Voltaire; la Chandelle d'Arras et le Manche à balai de Dulaurent ; le Parapilla de Borde; L'Ode trop fameuse de Piron; les Contes de la Fontaine, de Vergier, de Grécourt, de Vasselier; les Epigrammes de J.-B. Rousseau, etc. , etc. , etc. Les livres de littérature en tout genre trouvent naturellement leur place dans l'une des trois branches de cette seconde classe.

La troisième classe qui comprend les livres de politique, peut aussi se diviser en trois branches.

1. Les livres qui traitent de la nature ides gouvernemen s en général ; j'en cite •quelques-uns.

2. Les livres qui font la critique d'un gouvernement en particulier : le nombre de ceux-ci est beaucoup plus grand.

3. Ceux enfin qui ont rapport à quelques parties de l'administration dans un gouvernement: on en trouvera plusieurs dans notre ouvrage. On voit que les livres d'histoire et de jurisprudeuce peuvent être mis au rang de ceux qui appartiennent à la politique.

Ne doit^onpas faire unp classe partiçur* lière des libelles diffanliatoiresP.Nous Iç croyons.; «t nous allons dii^ un mot sur cette sorte de mauvais li vîtes y qui, depuis les temps les pli^s reculés^ ont été expo^- ses , ainsi que leurs auteurs , à toute la sé4- véiité des lois. En général les législateurs £e sont aecQxééB à les punir trôs-rigou-^


XV

reusement. La loi des XII Tables leur applique la peine capitale. Auguste a mis les libelles diffamatoires au rang des crimes de lèze-majesté. Deux ans avant de mourir (Tan de Rome ^65), il or- donna qu'on informât contre les auteurs des libelles ; que les édiles , dans Rome , et les gourer neuj^s^.daij s les provinces , £ssent bxûler tous les écrits de cette .espèce qu'ils découvriraient î; et même il châtia quelques-uns de ceux qui avaient composé des libellés . A peu près six SLns avant sa mort^ il fit condamner à l'exil Cassius Severus , grand satyriqua ^ qui y passa vixîgtrcinq ans dans une si grande pauvreté , dit la Chronique d'Eusèèe,, ^u'il avait à peine de quoi couvrir sa nudité I fvix panno a^erenda ^ conteœtus . Il Ae faut pas confondre ce Cassius avec celui qu'on surnomme Longinus , et que ^éfon lit mourir pour avoir placé ,. parmi les portraits de ses ancêtres , celui du iDkeDyrtrier de César. Le^écxits satjriques


XVI

de Labienus furent condamnés au Feu'^ Tibère maintint la loi d'Auguste sur les libelles ; et il l'appliqua à quelques au-- teurs médisans qui attaquèrent sa per- sonne , et qui touchèrent de trop près à quelques détails de sa vie privée, Cre- mutius Cordus s'en trouva fort mal ; il lut condamné , quoiqu^il représentât qu'il n'avait rien écrit de choquant , ni contre Tibère, ni contre l'impératrice. Son prétendu crime était d'avoir donné quelques louanges à Cassius et à Brutus. Néron , tout ombrageux et cruel qu'il était ^ ne fit pas toujours exécuter la loi d'Auguste avec 'la sévérité, ou plutôt la barbarie , qui lui était si naturelle. Le préteur Antistius avait composé des sa- tyres contre Néron ; le sénat ne le con- damna qu'au bannissement et à la con- Hscatioti de ses biens : lempereur laissa le sénat libre de l'absoudre. Dans le même temps, Fabricius de Veiento , au- teur de quantité de libelles contre les


XVIJ

sénateurs et contre les prêtres de Rome , ne fut condamné , par Néron même , qu^au bannissement ; ses livres furent livrés aux flammes : on les rechercha depuis , et on les lut avec avidité , tant qu'il y eut du danger à le faire ; maîa àès qu'il fut permis de les avoir , on ne s'en soucia plus. On voit que les mo- dernes ressemblent assez aux anciens sous ce rapport. Un cynique railla Né- ron en pleine rue , un comédien le joua sur le théâtre; l'un et l'autre furent seu- lement bannis . Les successeurs de Néron n'imitèrent pas toujours sa modération ; et les libelles ont été la cause ou le pré- texte de bien des proscriptions. Dans les temps modernes , les libelles n'ont pas été punis aussi sévèrement que sous les empereurs romains. Charles-Quint porta une loi qui condamna les auteurs de libelles à la peine du talion ; c'est-à-dire , qu'ils seraient punis de la peine qu'en- courraient ceux qu'ils diffamaient ,



• ••


XVll)

quand même les diffamés seraient con* vaincus. Il ne voulait pas même que le» diffamateurs fussent exempts de puni- tion , lorsqu'ils ne diraient que la vérité* En France , un ancien édit très-connu condamne les auteurs des libelles à être fustigés, et, en cas de récidive, à être punis de mort.

Je ne prolongerai pas davantage cette notice sur les libelles ; une infinité de jurisconsultes ont traité cette ma- tière. François Baudoin a fait un com- mentaire sur les lois des empereurs contre les libelles diffamatoires. Bayle a publié une dissertation sur ces sortes d'ouvrages. Gabriel Naudé a fait Le Marfore, ou Discours contre les libelles ^ 1620 , m-8. Plusieurs autres littérateurs se sont occupés du même objet.

Il résulte de ce que nous avons exposé

' sur la classification des livres condamnés, qu'ils se rapportent , soit h la politique , soit à^ la morale, soit à la religion ; c est


xix contre ces trois objets si respectables , que la plupart des auteurs cites dans mon livre ont dirigé leurs batteries. Les uns ont cherché à détruire toute espèce de gouvernemens , à prêcher le régicide, à troubler Tordre social ; d'autres ont blessé les. mœurs , calomnié la vertu , préconisé les vices; ceux-ci ont voulu saper les fondemens de la religion , ridi- culiser ses ministres , anéantir le culte , et semer des divisions toujours funestes à l'état. Auteurs téméraires , qu'avez- vous gagné à tant de vaines déclama- tions ? Le mépris des gens de bien , et quelquefois une punition exemplaire* Je ne parlerai pas des affreux résultats qu'ont eus quelques-uns de ces coupables écrits, quand, de leur perfide théorie,

on a voulu passer à la pratique

Tirons un épais rideau sur le passé ^ et laissons à l'Histoire le pénible coin d'en instruire nos neveux. Mais, tout en blâmant la plupart des


littérateurs qui figurent dafls ee livre , je suis bien éloigné d'approuver la ma- nière barbare dont quelques-uns ont été punis au nom de la justice , et surtout au nom de la religion. Eh quoi ! une simple opinion doit -elle conduire son auteur à Téchafaud? Etait-ce à des ma^- gistrats instruits et impassibles, à frapper de mort pour des fautes de cette na- ture ? était-ce aux ministres d'un Dieu de paix, de charité et d'humanité, à provoquer et quelquefois à ordonnei: des supplices? Qu'un mauvais livre soit supprimé, que l'auteur soit séquestré de la société, s'il continue à Tinfester du poison de ses écrits ; la prudence l'exige : mais qu'on livre au bourreau une tête gui n'est coupable que d'opinions répré- hensibles , ce sont de ces actes atroces qui rappellent les siècles de barbarie, et qui sont inconcevables depuis la re- naissance des lettres. Bien plus , c'est qu'ils sont impolitiques ; car dresser les


XXJ

échafauds pour une pareille cause , c'est diminuer Tignomitiie attachée aux sup- plices justement mérités.

Ah ! espérons que le xix.^ siècle , pro- fitait des leçons du passé, et moins fé- cond en livres dangereux , ne sera plus témoin de ces scènes horriblement ridi- cules ! Espérons que les motifs qui ont fait prendre la plume à tant d'écrivain* condamnés , ne subsisteront plus ! Et en «ffet, les traces de la barbarie du moyen âge s'effacent chaque jour de plus en plus. Rome ne prététtd plus au droit chi- mérique de disposer des couronnes et de gouverner les rois ; elle est plus économe de ces foudres invisibles qui ont fait trembler tant de souverains. La bulJei ïn C€&na Domtni^ bulle inconcevable^ fejetée par la if'rance et presque par tous les états catholiques , est heureu-^ sèment condamnée à un éternel oubli, La religion chrétienne ne voit plus go a sein déchiré et arrosé du sâng de âç$


V


Stxij

enfans ; plus de divisions iritestinesl parmi les catholiques; plus de proscrip- tions ; cette auguste fille du ciel, enne- mie de toute violence , veut désormais ïégner sur le mond^ par une douce tolé- rance et par toutes les vertus bienfai- santes et consolatrices qui forment son vrai caractère. Les gouvernemens repo- sent maintenant sur deà bases plus conforfties au droit naturel ; la liberté individuelle planô sur presque tou^e l'JLurope. Les princes savent qu'ils com- mandent à des hommes^ et qu'ils sont d'autant plus grands.^ qu'ils se soumet- tent les premiers aux lois de leur empire; Enfin , les progrès rapides des sciences et des arts doivent guérir l'esprit liumaia du reste des préjugés et de l'immora- , lité, dont la tyrannie et l'anarchie avaient \ couvert l'Eurçpe depuis la chute de l'em- ^ pire d'occident* \

Il ne sera donc point surprenant quà S IWeuîr^ les livres écrits avec trop dfli'1


XXll)

hardiesse sur les matières de religion f de politique et de morale , deviennent moins norribreux. Hélas! ceux qui exis- tent ne sont déjà que trop multipliés. Je ne prétends point en présenter la lister complète , elle serait effrayante par son étendue ; mais j ai fait un choix des ar- ticles quf m'ont paru ou les plus curieux ou les plus propres à donner du dégoût pour ces sortes de productions , dont la plupart ne sont plus guère recherchées parles amateurs, que comme monumens de bibliographie. Cependant il y en a quelques-unes qui tiennent à THistoire f et sur lesquelles j'ai recueilli des anec- dotes dont j'ai cru devoir enrichir mon travail •

- Si j'avais voulu rapporter les ouvrages qui ont mérité d'être supprimés et qui ne Torit pas été, les presses françâiises , bien trop multipliées depuis le commen- cemetit dé la révolution, m'auraient fourni une^mple mëissôn. Oa n'a peut-;


xxiv

être jamais porté à un tel excès le délire^ la frénésie et la licence dans tous les genres. En politique ^ quoi de plus af- freux que certains pamphlet^ qui ont déshonoré la révolution dès son aurore ? quoi de plus incendiaire que ces feuilles périodiques ( leur titre ne salira point ces pages ) , qui provoquaient t'effus^pn du sang^ qui armaient le français contre le français , le fils contre le père, Tami contre lami , et le citoyen contre l'au- torité ?

- *

En fait dlmmoralité^ je pourrais. pré- senter un grand nombre de romanslicen- cieux , aussi répugnans par la forme que parle fonds . Il me suffira d'en citer un que la police a fait saisir, et qui renfermie tout ce quei'lmaginationî 1^ plus dépravée, la plijigS prue^ç;,, la plus exécrable peut offrir d'fiorrible et d'infâme : c'est d^ Justine g ou les Malheurs delà Vertu , dont je veua{ parler : il y en a deux éditions ; la der-^ nière est laplus @if^§use. Un dessinateiçt.


xxy

f^ un graveur n'ont pas craint de par-, tager la flétrissure que mérite M. D. S.... f. auteur d'une telle production | en en re- levant la turpitude par une grande quan-* tité de gravures dignes du sujet. Mais ne pénétrons pas plus avant dans les égoûts de la littérature , et laissons-j croupir ces monstruosités licencieuses,, auxquelles on ne peut toucher sans qu'il s/en exhale des miasmes pestilentiels .

Quant à la religion^ c'est ôUe surtout, qui a été le plus en but aux sarcasmes , aux traits sanglans^ à lai furei^r de ses ennemis. Elle peut compter, parmi ses> adversaires les plu3 acharnés dans les derniers temps.^ M< S. ]VI«.mo^ qui fai**: sait opvertemen^ipipfession d'athéisme:' on lui doit plusieurs ouvrages éjorits d'un^ st^le fVirulent Qt aveu utie audace dont> les athées les pluis effténés n'ont pasi ap^oché* On pourra s'en oonVaincr^r par une citation que j ai tapportée^ et^ l^ui ma été foiirnie par la BibUoth^(fj4^%


iscxvi

française. S. M n'est pas le seul qnî

ait levé le masque; quelques-uns ont suivi son exemple ; niais il en est peu qui se soient prononcés aussi hardiment et aussi clairement» Combien d'autres auteurs ont encore attaqué la religion^ soit avec les armes du raisonnement ^ soit avec le stylet de la plaisanterie ai- guisé par des muses impies ! Tous ces vains efforts n'ont abouti qu'à rendre son triomphe plus éclatant. . Vouloir donner un Catalogue raisonné' de ces' à^tes de livres qui n^ont point été condamnés / mais qui ont mérité de Félre, ce serait «ne entreprise co^nèidé- rable et qui • serai t utâe* Cet oiirrage * iferait nécessairement femte à celui qiie jîoffre aujt)urd'hui au' ' public. J'erigà^e donc quelques bibliographes à s^eh ^fe- «super ; et si , dans lieurs nombreuses recherches, ils trouvaient quelques aïv ticles essentiels relatifs à mon trÉtt*âil ^é€[ f^ï m'eussent échappés ^ je les piiè a^


me les communiquer ou de les publier p. afin que mon Jiyre f perfectionné par leur secours i ose se présenter atrec plus d'assurance aux yeu^ ' des personnes^ instruites qui daigneront l'honorer de quelque bienveillance.

Il me reste à parler des auteurs qui ont traité des livres proscrits j je n'eu connais aucun en France qui se soit occupé partictdièrement de ce travail p surtout d'une manière aussi détaillée^ que jai tâché de le f^ire.

Je lis dans les Mélanges de Michaut p que le célèbre Lamonnoye avait fait des recherches sttr les livides proscrits et con- damnés au feu. L'auteur des Mélanges dit qu'il ne sait pag s'il doit jegretter ces recherches ; je 1@ crois sincèrement ;^ car un bibliographe aussi érudit que lamonnoye f ne pouvait donner que des notices très-intéressantes sur ces sortes d'ouvra^s* Il y a apparence que le* manusciit de l'illustre académicien der


• ••


apcviij

Dijon aura disparu à sa mort ; et 6'est

une véritable perte.

Le père- Oudin, savant jésuite , aVait formé le pian d'un Catalogue raisonné des livres que les protestais ont fait dis- paraître t soit en les brûlant , soit en employant d'autres moyens de suppres- sion. Cet ouvrage aurait pu être fort bon ; mais, il me parait moins digne de nosTegrets que delui de LamoUiioyè;

Le pète ' Jules 2f igroni , jésuite italien , a fait une Dissertation sur la lecture dea livrer de galanteries > d'aiiaouretteâ et d'obscénités.

Sorei » dans son Ti^aité de là t^ôtlttais- sance des bons livres , parle de Id dën-» mtë d^ 'Fables » desBomans , des Non^ telles ou Historieites libertines' et scan^ daleujiids et de leût défense i û parle ftufisi ailleurs de la cidmédie et d^i'la côn-*^ damnation du théâtre. ' •' ' '

M. Clavigny dé Saiiité - Hb^Hné A traité du' ^i^ce^neikièttt et déTW^e'^tiQ


XXIX

le Prince doit faire des livres suspects. Paris , I GjO!» , 1/2-12 .

Jean-Baptiste Nocette, auteur génois, a publié le Bouclier céleste contre les libelles diffamatoires.

Je vais suivre Tordre chronologique dans la liste suivante des ouvrages qui ont rapport à la censure et à la condamnation des livres.

Gabriel Pujr-Herbaut (en \aiio Putherheus') ^ a, publié trois livres sur la condamnation , rabolition et Texpurgation des mauvais livres. Son Traité a pour tiire : Theotimus de tollendis et expurgan^ dis malis lihris. Parisiîs, 1549, ^•S. On y trouvée de bonnes choses ; mais l'auteur est trop prolis^e; Ja précision lui manque*

On trouve dans le tome xiii, de la collection des QLuvres de Jacques Grelzer , en 17 i^o/. infoU , impri- més àKatisbonneen 1784, une Difisertaiion^/e/z/rei?^ more prohihendi ^ expurgandi et aholendi libros haretiços et noxios , adversùs Fr. Junium et Joan* nem Pappufn% lutheranos. Le même volume offre, a la pagp 198 et suivantes : Epimetron sive aucta'^ rium ad opus de libris noxiis prohibendis. Ces opuscules avaient été impriméi^ ^éparémejnt à In* ^olstadt en i6o3 , i/2'4« 


XXX

Jacques Laurent a opposé à Gretzer une Disser* talion dans laquelle il réfute ce que cet auteur a dit de la tolérance des livres des gentils, des juifs^ des mahométans et de ceux des catholiqOcs qui se sentent de la faiblesse et de Tignorance hutnaine^ etccquUl avait ajouté pour la proscription deslivre^ des protestans. Son ouvrage a pour titre : Jacobi Laurentii de libris gentilium , judaorum » ùurça* Tum f paùrum , poniijiciorum tolerandis , protes» lantium ^ero prohibendis ^ opposUa Jac. Gretzero. Am8t«,'i6i9,//t*8.

On doit à Godefroi Louis : ile Scriptis anonymis et pseudonymis in causa reliffionis à progressif coërcendis 9 exerciùationes Theologicx. Accedit Sigismundi Es^enii Disserùatiuncula , Halae, x6i6^ 1/1-8. — Lipsiae, lyiS, m 8.

On trouve dans les ParérgœGottingenses^ tom. i, Lib. XIV f pag. ii8 — laa : Excerpta ex Epistolà Lud. Mart. Kahlii ad Heumannum de editione rarissima indicis librorum prohibitorum et ex^ purgatorum^ Matriti, lôi^jvulgatd*

Le pfere C^aude Clément, jésuite franc comtois » dans son Musai jiVc bibliothecce extructio^ ins» iructio ^ cura 9 usus^ etc. Lugduui , i635, iV*-4 , pages 389 — 432, parlo des livres que Ton doit exclure d*une bibliothèque. Ces livres sont, selon lui, ceux qui traitent de magie ; les livres consacré


3i rimpiélé et k rdibéisme ; les livres des hérétiques; les obscènes; les libelles diffamatoires; les livres des plagiaires; enfio, les livres inutiles. Combien d'ou- vrages modernes à rejeter de nos bibliothèques, si on suivait à la lettre les conseils du père Clément!

Michel Piccart a consacré le Chapitre x de la sep* tième décade de ses Observations kisiorieo^poU» tiques^ Norib. , i652 , pag. 59 — 65, à un petit Traité intitulé : Ubrorum mors ignis.

Le père Théophile Rajnaud a fait un ouvrage ' estimé 9 qui est intitulé : Eroiemata de malis ao bonis libris , deque justâ ac injustâ eorumdem conjvxiéne* Lugduni, i653, z/i*4- Maison y trouva des choses singulières « comme dans la plupart des- livres de ce jésuite. Nous parlons* de lui dans le coui^s de notre ouvrage^

Jean-Michel Bonhoefer a publié Dissertaùio de inspectione Ubrorum. Witteb. , 1676 , i/»-4. Il en- tend par inspeclio y une espèce d'examen des livres qu'on veut mettre sous presse , pour s'assurer qu'ils ne renferment rien de contraire aux intérêts de Tétat ; ce qui se rapporte à notre ancienne censure royale.

Daniel Francus , protestant , s'est occupé des indices du saint office : il a publié deux ouvrages sur ce su jet« Le premier a pour titre : Ex^roiùaiio h^stQ^


xxxîj

ricO'poliUca de indicibus papisùarum expurgato* riis , sub prasidio Jac. Thomasii habita. Lip8. , 1666, iri'^. Le Second est \ni\i\x\é : Disquisiùio academica de papisùarum^ indicibus librorum prohibiàorum eu expurgandortfni , in quâ de nu* mero , auctoribus , occasione contentis ^fine dam* nis et jure indicum, illorum disseritur% Lip8« ^ 1684, l/2-4« 

Mathieu de Larroque a parlé des livres défendus dans ses Adversaria sacra^iÀs. 11 1 Chapitre 3^LI«  pag. 406-^415. Lug.^ Baù^f 16881 2/2-8.

Deutsehmann a publié une Dissertation historique de depravaùionibus librorum potissimum reccnm, lioribus, WiUemb., 1693, in»^.

Colbergius a donné un Traité ayant pour titre •* Dispuùatio de ùolerantiâ librorum noxioruni polidcd^ 1693 ) in^^.

André Kunadus a publié : Di$sertaùio de officia summorum imper^ntium circ^ libros religionem specCanles» Wittemb,, iCgÔ^ ^Vi4»

Jean Schmidt a publié .* Disserùationes II de corn* bustione librorum hareticorum^ Lîps. 1696 — 97, 2/2-4. Et Jean*André Schnaidt a donné : Dissertalià de Ubris ep ^pisùolis^ cçelo eu injerno delaùis. Heloîiit. , 17^15, in^*

L,e célèbre Ouillaume-Ernest Tentzel a composé:


  • • »


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Observatio de indicé expurgatorio Romano raris- simo quem Fr.^JolwMaria. Brasichellanus sacri palatii apostoUci magister , primus , et hactenus jolus edidit. Cet ouvrage se trouve dans les Obser^ vationes Halenses^ 1700 — i7o5, tom. 3, pages i33— 141, Et on a inséré dans le tom. 4, p. 71 •-^949 et dans le tom, 5, pag. 314— '846, des specimina indicis expurgatorii , du même auteur.

Sanden a donné un Exercitatio Théologien de indicibus librorum prohibiùoriis eu expurgaloriis 4ipuU pontificios , respondente et auctore Jeanne Ludolpho LêoUi. Regiom., 1702 , in-é^m

Paganinus Gaudentius a publié : Obstetrix litte^^ raria^ sive de componendis et evulg€uidis libris Dissertationes , édita accurrante Georg. Nie. Kriegk. lenae, 1704» in- 12. La première édition est de Florence, i638, //z-4. La onzième Disserta- tion de cet ouvragp a rapport à la suppression des livres ineptes et impertinens.

L*abbé Jacques Boileau a donné un petit Traité éie Librorum circa res theologicas approbatione. Antverpiae , 1708, //s- 12.

Ortiob est auteur d'une Dissertatio philologica de Ephesiorum libris curiosis combustis, ad Act. XIX. Lips. , 1708, in-^.

Schrammius a publié une Thèse sous le titre de


xxxir

' Disputatio academica de lihforum prohihitorum indicihus , horiimque utilitate ef* abusu^ auct. eu resp. Tlf^ith, Frid. JVahhero. Helmst. , 1708 , /«-4.

André Wesiphal est auteur de deux Epîlres aj^ant pour litre : Epistola I.^ ad Fratrem^ quà libri puhlica aucùoritate combusti recensenlun Sedipi^ 1709, in-S. La seconde Epîlre est de 171O1 in^S, On les trouve Tune et l'autre imprimées en tête du second volume de la Bibliotheca librorum rario^ Tum de Bauer, 1771 » 6 i/o/. //î-8. Westphal a encore donné : Centuria librorum publioa auclo». ri la le combuslorum j 171 3 1 in-^.

Jean-Christ. Wendler a mis au jour : de Libris à poniijiciis suppressis eu corruplis schediasma. lenœ , 1714» in-j^. ,

Jean Herman d'ËIswich a publié : Disquisilio hislorica de formula concordict^ num in Danià ùl combusla. Viteb,, 171 6 , in-^.

Schelliorn a plusieurs fois parlé de la condamna- tion des livres dans ses Amœnilales liiierari^ quibus nyarix observaliones , scripla ilem quœ* dam. anecdola el rariora opuscula exhibenlur, 1. 1 »-xvi.Francof. etLîps. , apndDan.Bartholoma?», 17^5 — i73i,7'i^o/.//z-8. Dans le tome vu, on trouve : Disserlalio hisloricoMueraria de libris combuslis^ pag, 75 -« 17^1 et pag, 295* Dans le tome viiii on


XXXV trouve : Schediasma historico-litterarium çle partis pœnis in libros slatutis ^ pag. 338 »— Spo» Dans le même tome, pag. 463— -Sio, il y a une Dissertation de libris publicâ auctoritaie com^ bustis. Une seconde Dissertation sur le même sujet dans le tome ix , pag. 65i — 761 ; et dans le même tome , pag. 762 — 778 : Analecùa ad Disse? ùaUo* nem de libris cornbustis.

Just.'Henn. Boehmer, célèbre jurisconsulte 9 est auteur d'un Traité intitulé : Dissertatio juridica de jure circa libros improbaùa lecùionis. Magdeb* » 3726, in 4*

Daniel Maichelius a donné, dans ses Lucubra* tiones Lainbeùana^ Tubingae, 17^9, «'«-S, Obser* vatio de indice expurgatorio per Fr. Juniuni in lucem proùracto. Voyez les pag. 100 à m.

  • _

Scboettgenius a publié plusieurs ouvrages sur les livres défendus : ses Commentationes de indicibus librorum prohibitorum ^ù expurgandorum , eo^ rumque na^is a>ariis ^ ont paru à Dresde, le pre- mier Livre eh 1732, et les3,« et 4.® en 1733, //2*4, Son Commentatio de nczçis liuerariis indicum prohibitoriorum et expurgatoriorum , a paru à Dresde en 1733, //2-4. Celui de Nauis poluicis a ▼u le jour à Dresde en 1735, //2-4 ; et son Tractatio de expuîgatione pontijicia librorum Rabbinico^ Tum y se trouve dans ses Hor^ hebraio» ^ Caf^


xxxvj

X — XVII , Lectionum rahbinicarum , tome ii| pag«  8M-88a.

Jean - Godefroî Schaumbourg a fait un Traité de Incensiane libroruni juris antiquorum , JuSm Liniano et Tn'boniano ajficta^ programma. Rîn-

ielii , J734 , in â^.

Jac. LaiiflTer a m^éré Dissertàlio littef aria contra malorum librorum abundantiam eorumque auc* iores, datîs le Tempe Hehetica^ tome l, sect. i, pag. a6 —47. Tiguri], lySô, x/2-8.

Le Saggio dell* Istoria delV indice romano de? libri prolbitif se trouve dans la Biblioteca "volante^ Ècanzia x^iii , di Gilasco Euteiidense , Pas tore Arcade, Homa , lySç, //i 8, pag. 112 — i36.

On a publié à Dresde , en 17ÎJ.3 • Thésaurus hibllographicus ex indicibus librorum prohibito^ rum et expurgalorum Romanis , Hispanicis , Belgicis , ttohetnitis , etc. , congestus ; Opéra con* sortit theologici Dresdensis ^ pensum i >— m 1 z/e 4.

Nicolas-Ernest Zobel a composé une Notitia in^ dicis librorum expurgandorum , editi per Frj* Joh^'Mariam Brasichellen sacri palatii ap. ma^ gis^rum , qu(Z eu iniroductionis loco in Historiant indicum prohibiùoriorum esse queaù ^ ^1\^f ^n-S*

Jo -Christ. Klot^ est auteur d'une Dissertation de Libris auctoribus suis/atalibus, Lipsicei 1761 ^ inS*


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XXXV IJ

Dans les Mémoires pour servir à F Histoire de la vie et des oui* rafles de Lengleù Du/resnoy, par G. P, (J, B. Michaut, de Dijon ,) 1761, in-isi ^ l'auteur donne ( page 160 ), une note sur une édn tion d'une P^ie de Spinosa ^qn\ a paru à Hambourg,, chez Henri Kunrath y en 1735 , in*i2L. Celte P^ie^ attribuée à Lucas, médecin à la Haye, est plutôt un éloge de Spinosa et qne apologie de son système , qu'une histoire impartiale de cet homme célèbre* Je la cite, parce qu'on y trouve, dit M* Michaut , un recueil très*remarquable des auteurs et des ou* vrages Condamnés au feu ou qui ont mérité de Têtre* J'ai tâché, mais en vain , de me procurer ce volume^ qui, m^épargnant bien des recherches et me garan- tissant peut-être de quelques omissions inséparables d*un travail aussi étendu, m'aurait été d'un grand secours. Au. reste, je n'en parle que d'après ce qu'en dit M. Michaut. 11 annonce que cette f^ie de Spinosa n*est qu'une réimpression de celle qui est en tête de. la Réfutation des erreurs de cet athée, par Fénélon , Lami et Boullaixivilliers , volume in*i2f dont je parle dans le cours de mon ouvrage^ et qui a été publié en 1781 , par l'abbé Lenglet Dufresnoy. Cependant, il faut dire que cette réim* pression de 1785 n'est pas tout à fait conforme à fédifion de 1781 ; elle est augmentée de quelques notes, du catalogue des écrits de Spinosa et du recueil des auteurs et des ouvrages condamnés au


xxxvîij

feu ; tandis qu'on n'y a pas inséré les particularités malignes et injurieuses que l'abbé Lenglet Dufres* noy avait ajoutées à la pren[iiëj'e édition de lySi* On sait que cette f^ie , composée par Jean Colerus , a été augmentée, par cet abbé, de beaucoup de particularités tirées d'une Vie manuscrite de Spî- nosa , faite par un de ses amis : je pense que cet âmi est le docteur Lucas dont nous avons parlé , et dont les opinions coïncidaient parfaitement avec celles du philosophe en question. Je ne m'étendrai pas davantage sur les ouvrages qui ont été faits à Foe- casion de ce célèbre athée ; je me réserve d'en par- ler à l'article que je lui consacre , à juste titre ^ dans mon ouvrage. Il ne me sera pas difficile de de* montrer que Lenglet Dufresnoy, en publiant sa compilation connue sous le titre de Réfutation des erreurs ^ etc.^ a moins eu en vue la véritable réfu- tation du spinosisme, que l'exposition de ce dan- gereux système sous un jour favorable. Aussi cet ouvrage a*t-il été supprimé , malgré les noms res- pectables qui figurent en tête de quelques articles de ce Recueil» ^

Tels sont les ouvrages sur lés livres défendus qui sont parvenus à notre connaissance. Nous nous sommes con- tentés d'en donner simplement la lisien


xxxîx sans la raisonner, parce que cela nous aurait entraînes au-delà des bornes que nous nous sommes prescrites pour notre Discours préliminaire. Quant aux livres français qui ont été condamnés, il est une source abondante où Ton peut pui- ser des détails sur les motifs de leur condamnation ; ce sont les registres des greffes criminels des parlemens, surtout du parlement de Paris. On y trouverait, sans doute , les réquisitoires qui ont pro- voqué ces condamnations. Mais il y au- rait un choix à faire ; car tous les livres proscrits n'offrent pas le même intérêt. Nous avons tâché de nous fixer sur ceux qui sont les plus curieux , soit sous le rapport bibliographique, soit par la ma- tière dont ils traitent, soit par le bruit qu'a occasionné leurpubhcation. Puisse notre travail être accueilli favorablement des personnes éclairées et impartiales , qui , tout en aimant les livres curieux ,


XL

condamnent y à juste titre, les principes dangereux qu'ils peuvent renfermer. C'est à leur suffrage seul que tout écri- vain doit attacher un véritable prix»


/


'


LE BUCHER

BIBLIOGRAPHIQUE.


A


B E I L A R D. Pétri Abaelardî et Hplowjb cofljugis ejus, opéra cum prœfatione apolo* getîca Franc. Amboësii , et Censura doctorum parisîensium ; ex ediiione Andreae Queiceiani (André Duchesne), Parisiis^ Buon^ i6i6, 2V4.

Oa laît que le Traité de la Trinité de ce célèbre auteur a été condamoé au concile de Soissoos vers 1121 , et qu'il l'a été de nouveau à eeluî de Sens eo 1140. Le pape lono* f cent II y en ratîGant tout ce que le concile de Sens avait fait , ordonna que les livres d'Abeilard fussent brûlés , et que leur auteur fût enfermé , avec défense d'enseigner* C est faînt Bernard qui poursuivit avec cbaleur cetîc con- ciam:::atîon : il écrivit au pape : « qu'Abeilard et Arnaud c de Bresse (f) avaient fait un complot secret contre J. C*


(:) Ce dîscjple .d'Abcîîard soutenait eue les évéqaes et !cs mcines ne ^eviient poirt posséder de terres; que ceux qui en possédaient étaienc di.'rrés ; qvc les biens de Tégiisc appartenaient aux princes. Inrccent Il 9 ^'»^i se croyait le maître de tous les biens du clergé , condamna Ar- naud de 2retfe dans le concile général ai Latrao en 1139. Ce pape dit


a

« et contre son égHse. II dît qu'AbeîIard est un dragoit ft infernal qui persécute leglise d'une manière d'autant « p'us dangereuse , qu'elle est plus cachée et plus secrète ; ft il en veut à rinnocence des' âmes. • . . Arius , Péla}2;e « et Nestorius ne sont pas aussi dangereux , puiso^u'il réunit a tous CCS menstres dans sa personne , comoa^e sa conduite ft et SCS livres le font connaître : il est le persécuteur « de la foi et le précurseur de l'Antéchrist. » Telles sont les expressions de l'abbé de Clairvaux. Il paraît qu'il y a plus de zèle que de charité^ et peut-être plus d'anîmosité que db vérité dans ce portrait peu flatté d'Abeilard. C'est ainsi qu'en jugeront ceux qui ont lu ses ouvrages et sa vie; l'histoire de ses malheurs en amour et de ses succès à l'école est trop connue 9 pour que j'en trace ici les détails. Il sufllt de dire que , né près de Nantes en 1079, il est mort à Saint- Marcel près de Châlons-sur-Saône en 1142 ^ Héloïse n'est morte qu'en 11 65. Voici quelles sont les erreurs que l'oa reproche à Abcilard. « i .® 11 y a des degrés dans la Trinité ; le Père est une pleine puissance^ le Fils est quelque puis«  sance. 2.** Le Saint-Esprit procède bien du Père et du Fils , mais il n'est pas de la substance du Père ni de celle du Fils. 3. Le Diable n'a jamais aucun pouvoir sur l'homme ^ et le Fils de Dieu ne s'est pas incarné pour nous déli-^ Trer, mais seulement pour nous instruire par ses discours


à l'ouverture de ce concile , qu'on recevait les dignités ecclésiastique* par la permission du pontife romain, comme par droit de fief, et qu'on 21e pouvait les posséder légitimement sans sa permission. Arnaud de Bresse , après plusieurs événemens importans sous les papes Innocent II, Eugène m et Adrien IV, fut arrêté, conduit à Rome, attaché à un poteau et brûlé vif en ii)5 , ses cendres jetées dans le Tibre, crainte que sas sectateurs n*cn fissent des reliques. Saint Bernard le peignait ^omme un homme à tête de colombe et à queue de scorpion»


«t par ses exemples ; il n'a souffert et nVst mort que pour faire paraître sa charité envers nous, 4." Le Saint-Esprit est Tame du monde. S,* Jésus-Christ, Dieu et homme, n'est pas la troisième prrsonne de Ja Trinité , et l'homme no doit pas être appelé proprement Dieu. 6.** Nous pouvons vou- loir ou faire le bien par le. libre arbitre sans le secours do la giAce. 7.® Dans le sacrement do TautoK la forme de la première substance demeure. 8.0 On ne lire pas d'Adam la coulpe du péché originel , mais la peine. 9.^ Il n'y a point de p^ché sans que le pécheur y consente et sans qu'il méprise Dieu. 10." Les suggestions diaboliques, la délectation et l'ignorance ne produisent aucun péché. 1 1.^ Les suggestions diaboliques se font dans les hommes d'une manière physique ; savoir, par l'attouchement des pierres , des herbes et des autres choses dont les démons savent la vertu. 12.® La foi est Testimation et le jugement qu'on fait des choses qu'on ne voit pas. i3.o Dieu ne peut faire que ce qu'il a fait et ce qu'il fera. 14.® Jésus-Christ n'est pas descendu aux enfors , etc. » L'é- dkîoD la plus recherchée des Lettres d'Âbeilard est celle-ci : JPm Abctlardi et Ileloisœ conjugis ejus Epistolie^ ah erroribut purgatas el cum codd, MSS, collatœ cura Ricardi Haw iinson, Londini , 1718 , //i-8.

ACUNA. Nuevo descubrîmîento del gran Rîo de las Amazonas, por el Padre Chrîstoval de Acuna. En Madrid^ en la emprenùa real ^ 1641 , petit in'\.

Cet ouvrage est très - rare depuis la suppression exacte qu'en fit Faire la cour d'Espagne, lors des révolutions de Portugal ,qui firent perdre aux Espagnols tout le Brésil et la Colonie de Para , à l'embouchure de la rivière des Ama«  sanes ^ parce c^u oa craignit c[ue cette Relation , ne f oih


vant plus servir aux Espagnols , ne devînt alors très-utîle aut Portugais pour s'avancer dans le pays. Gombervilie en a donné une traduction française , Paris , 1682 , 4 voL in-12 , avec une dissertation curieuse. On connaît trois ou quatre exemplaires , tout au plus , de Tédition originale. Christophe d'Acuna , né en 1697 à Burgos , a été reèù jésuite en 1612: j'ignore Tépoque de sa mort.

A G R E D A. La Cité mystique de Dîeu , mîraele de sa toute puissance , abjme de la grâce de Dieu. Histoire divine et de la vie de la trcs- Sainle Vierge Marie, mère de Dieu, mani- festée dans ces derniers siècles par la Sainte Vierge à la sœur Marie-de-Jésus, abj^esse du couvent de l'Immaculée Conception de la ville d'Agreda , (e/z espagnol^.

Ce recueil de rêveries avait été commencé par Marie d'Agreda en 1637 : elle prétendait que , pendant les dîr premières années qu'elle avait été abbesse , elle avait reçu plusieurs fois du ciel l'ordre exprès d'écrire la vie de la Sainte Vierge ; mais un ecclésiastique raisonnable, qui la dirigeait pendant Tabseuce de son confesseur ordinaire y luî ordonna de jeter au feu cet essai mystique. Son directeur étant de retour , le lui fit recommencer : elle l'écrivit entiè- rement de sa main, lui donna le titre sous lequel nous l'an* nonçons , et y ajouta une attestation que tout ce qui y était contenu lui avait; été révélé, et qu'elle avait reçu de nouvelles lumières depuis qu'elle lavait recommencé. La lecture en fut cependant défendue à Rome , en Portugal et en Allemagne. Le père Crozet , récollet de Marseille ^ eu ayant publié la première partie en français , la Sorbonn^


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la Censura très - vivement Tan 1696 , quoiqu'elle eût été approuvée en Espagne*

Croirait-on que Castel-dos^Rîos , ambassadeur d'Espagne en France, en 1699 , avait dans ses instructions de faire révoquer le décret de Sorbonne qui condamnait le livre de Marie d'Agreda , et de faire établir en France le dogme de Vimmaculée Conceplion ? Il n'y léussil pas (1). La tra- duction complète du franciscain Thomas Crozot parut sous le titre suivant : La Cité mystique de Dieu , ou Histoire de la très'Sai.'iie Vierge , par sœur Marie de la ville d* A^ greda , traduite da l'espefguol par Th. Crozet, liruxelles, 3715 , 3 vol» in^4. ^ ou 8 voL //Z-12I

ALEXANDRE. Natalis Afexamlii Historîa ecclesiastica veteris et Novi Testamenti. cura Disseriationibus hislorîco-chronologicis et cri- ticis. Parisiis^ Dezallier ^ 1669, $eu 1714^ 8 lom. en 7 vol in-foL

Cette Histoire a été condamnée sous Innocent XT par un décret de l'inquisition , eu 1684 1 avant qu^olle fût teruiî» née (l'auteur n'en était encore qu'au XIIL* siècle ). Il con-


(i) Je citerai , à Toccasion de VImmaeulét Conception , le fameux Traité de Vincent Bajndello^ intitulé Tractatus it singulari puritau et prérogative! €onceptionis salvatoris D. N, J. C, Bononia ^ per Ugonem de Rugeriis , anno 1481 , //2-4. C'est le premier ouvr.ige imprimd dans lequel Mmmaculée Conception de la sainte Vierge ait été attaquée. L*avitcur y rapporte Tes passages de deux cent soixante écrivains , pour prouver que Marié a été conçue dans le péché. Cet ouvrage a i\\t beaucoup de bruit dan» I*cglise» et les exemplaires en sont très-rares. On l'a réimprimé format . i/z-ii. Ce sujet me rappelle «ncoie un cordeJier nommé Pierre d*Alva^/ ^ui a composé quarante-huit gros volumes in-foL t tant sur la CoûjCft^-rT ùoa de la Vierge > que sur les privilèges de son ordre*


tinua dès-lors son ouvragée avec des principes peu Favorablef à la cour de Rome. On lit cependant avec plaisir ses ré- ponees sa,ges et modestes aux censures des inquisiteurs. La réimpression de cette Histoire , Lucqnes , 173^, en 9 vol. in-Jbl. > avec quelques remarques particulières , est pea recherchée j parce qu'elle manque d exactitude. L'éditioa en 26 vol. i/2-8 est assez bonne. Le père Moel Alexandre , né à Rouen le 10 janvier 1639 , est mort à Paris le 21 août 3724. Il éiait de l'ordre des dominicains. Il fut exilée ea ^ J724 , à Chatelleraut y pour avoir souscrit au fameux Ca^ de conscience (i)« Sa rétractation le fit rappeler.

ALMANACH. Almanach du Diable, contenant des prédictions tiës-curieuses pour les années 17^7 et 1788. Aux Enfers, i voL z/î-24»

Cet Almanach, dit le Dictionnaire bibliographique, fit une si grande sensation à Paris , aussitôt qu*il parut*, par les yéiitës hardies et frappantes qu'il découvrait dans ses pré- dictions , que le gouvernement le fit supprimer ; les exem- plaires furent saisis avec le plus grand soin : delà sa rareté* Cependant il a été contrefait ; mais cette contrefaction n'a eu qu'un médiocre succès. Ordinairement on ajoute aux exemplaires une clef manuscrite qui fait connaître les véri- tables noms des personnages qui jouent un rôle dans cette production satyrique* Ne serait*ce pas un nommé Quesnel ^ fils d'un quincaillier de Dijon , qui serait auteur de cet ouvrage ? On lui a aussi attribué les Princesses malabarêS*


(i) Voyez VHistoirc du fameux Cas de conscience sî^ni par quarante '4oeuurs.de Sorbonne , ( et donnée par Pasquier , Qaesnel et Jacques FouiU lûVLX). Nancy » NUolay , (Hollande) 1701 >~S yoU m»iu


7 ALMANACH. Almanach de Dieu, dëdîé à M. Carré

de Montgeron , pour raanée lySS, Au Ciel,

Petit vol. in- 12^

Celte satyre , qui a rapport au jansénlsnie, et qui est dirigée contre les jésuites^ a été supprimée dans tout lo royaume.

ANECDOTES. Anecdotes généalogiques et secrètes de la Cour et de la Ville. 1 735,3 voU in- 1 2.

Cet ouvrage a été supprimé par ordre de la cour, parce qu'il renfermait mille traits satyriques contre les pcrsoa- nages les plus importaus de la cour et de la ville.

APOLOGI A. Apologia pro Nepote ejusque Chiîias* mo contra J. G. Schapartum.yf///20 1724» */2*4#

Cet ouvrage a été supprimé , et on a défendu d'en vendre aucun exemplaire. Je ne connais cette apologie ei la pré- cédente, que par ce qu'en dit Wogt dans son Caialogus librorum rariorum , é^.^ édition , page 4a,

APOLOGIE. Apologîa Montnaultbiana^ ( atKr tore lloberta de Feigtfson ).

Cet écrit , fait en faveur du duc de Montmouth , fff* «aiurel de Charles 11, lorsqu'il prît les armes contre Jacq^ues II ^ a été supprimé par autorité supérieure.

AQU A V I VA» Ratîo atqne înstîtutio studîarniw Societatis Jesii. Romx ^ in Colle^io efusdems SociGùath^ anna i585, ia-8.

Cette fameufte ordonnaoce a été composée par Claud»


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Aquavîra ^ général de la Société des jésuites ^ ôq in moitié par son ordre et sous son généralat. Ce livre est devenu excessivement rare , parce que , dénoncé comme hérétique à l'inquisition, par Tordre entier des dominicains , il a été condamné comme tel par ce tribunal. Le roi d'Espagne en a aussi poursuivi la condamnation à Rome ^ et Sixte V le condamna et défendit aux jésuites d'en faire aucun usage ni public ni particulier. Ce volume , qui renferme 334 pages j a été imprimé dans l'espace de neuf mois; on l'a entrepris pour régler les études dans les différentes maisons de la Société. La raison de sa suppression provient de ce que , dans un article de l'ouvrage intitulé : De opi» nionum delectu in eheologicdJucuUats , ( du choix des opi- nions dans Texercice des thèses ) on y recommandait de suivre S. Thomas > à l'exception de plusieurs points» Par exemple > il y est dit : « Nous ne sommes pas obligés de 0) croire , avec S. Thomas , que les causes secondes , lors-^ » quVUes agissent , ont Dieu pour cause influente et mo- 9 trice , etc. » Ce chapitre a été retranché dans toutes les , éditions postérieures , quoique les jésuites aient eu grande envie de le rétablir, comme on (e voit dans la préface de la seconde édition de cet ouvrage qu'ils firent imprimer à Rome en rSgi , ou ils disent qu'ils espèrent le donner par la suite, ( miUenda tamen propediem speratur )» On ne cot^nait que cinq à six exemplaires de cette édition non mutilée. Celle de iSqi , quoique mutilée^ est encore fort recherchée, à cause de la préface.

A R É T I N. La Corona de i cazzî , cioê , sonetti lussuriasi del Pietro Aretiuo. Slamp. senza Luogo ne anno , in* 16.

Production infâme , qui n est malheureusement qne trep


, 9

IDonnue : elle renferme les fameux sonnet» cle l'Arétm , arec les dessins de Jules Romain , gravés par Marc*Aotoine de Boulogne. Le pape Clément Vil fit arrêter ce graveur , n'ayant pu faire prendre le dessinateur qui s'était enfui f et Marc* Antoine n'aurait peut-être pas échappé à la punî«  tien qu'il méritait ^ s'il ne se fût sauvé de prison. Cet ou- yrage a occasionné beaucoup de dissertations parttçulièrei qui ne jètent aucun jour sur l'édition originale , parce que Ton n'en parle que par tradition ^ et personne ne l'a vue f cependant il est certain qu'elle a existé. « Lps uns , dit Debure , prétendent que ce livret n'est autre chose qu'un recueil de seize figures gravées sur les dessins de Jules Romain par Marc-Antoine, au bas de chacune desquelles se trouve un sonnet do l'Arétin , le tout exécuté dans un formut petit //2-ia ; les autres > au contraire, soutiennent que ces ligures ont été gravées (en plus grand nombre} par les Carraches sur les mêmes dessins de Jules Romain ,' dans un format beaucoup plus grand , sans aucun sonnet ni explications quelconques. >» Ce qu'il y a de certain , c'est qu'il existe une lettre de l'Arétin , écrite le 29 novembre 1627, à César Fregose , pour lui mander qu'il lui envoie il Libro de' sonetU et de lejigure lussuriose ^ que le même Arétin , dans une autre lettre adressée à Baptista Zati y met au nombre de seize sonnets. Quelques-uns prétendent , qu'il y en a jusqu'à quarante, d'autres vingt ; mais le plus grand nombre les fixe à seize. Ces seize postures ont été gravées en i525. Les sonnets ne sont pas le seul ouvrage que Pierre Arétin ait publié dans cet abominable genre. On connaît encore ses RagiojiQmenti y dont les éditions les plus rares sont celles-ci : Dialogo délia Nanna e délia Art'^ ionia Jatto irt Rorna sotto una ficaia ; composta dal dîpîno Pietro .Af^tino per suo capricio a corretlone de i ire stati délie donne. Sèampaùo Vanno i534 > in-8« C'est la première


ÏO

partie des Ragtonamenti ^ qui est divisée en trots Jouméet: Elle a eucore été publiée sous ce titre : Opéra nuoua y la quale , scopre le astucie délie cortegiane , Diaiogo ira NuTia e Antonia, In Napoli ^ i53S, /««S. La seconde partie des RagionàmenH a pour titre : Diaiogo di M, Piëtro Are» êino nel quale la Nana inaegna m la pippa a esser puUana : 40 che Ra^gionannano de la Ritfflana» la Turino , i536 , s/ï-8. Et la troisième est intitulée : Raggionamento nel gjuale figura quatlro sum amici y che Favellano délie corn ^ del mon do 9 e di quella del cielo. In Nopara ^ïanno i538^ j/i-S. On ajoute encore aax trois parties précédentes le Dia^ logo nel quale si parla del gioco con moraliia piacepole. In Vinegia ^ ]545, //i-S. On croit que \si Put tan a errante^ ( Vinegia , i53i ) , in-j2 , est d'Arétin ; d'autres l'attribuent à MaiFeo Veniero , ou Lorenzo Veniero. L'Arétin a encore d'autres ouvrages escessivemeut lidentieux, « Tout ce que la lubricité la plus raffinée ^ dît le Dictionnaire historique ^ peut inventer de plus abominable, se trouve dans ces in^ fâmes ouvrages Les turpitudes de la dépravation la plus^ outrée y sont dévoilées avec une impudence qui révolte C dans ses seize postures) , et contre le peintre el contre le poète. Croirait-on que cet homme corrompu écrivait en lliême temps la P^ie de Sainte Catherine de Sienne, Passant du profane au sacré, aveo la même facilité qu'il passait de la médisance à l'adulation : il mourut en i556 à l'âge de- soixante-six ans x». , It i/

ARLOTTO. Histoire de la tyrannie et des ôxcès dont se rendirent^ coupables les H^bitans de Padoue dans la guerre qu'ils eurent avec ceux de Vicence. Par Arlolto , notaire à Vicence,. Oui^rage dont on ne cannait que le titre^

On ne comiaît peut-être pas un seul livre c^ui ait éti


If

•nppnmj avec autant de soin que cette Histoire. L'auteur n'a pu en sauver ni en retrouver une seule copie long* temps après sa suppression. Arlotto avait été témoin, vert la fin du i3. siècle , des guerres civiles de son pays «t de tous les malheurs qu'elles occasionnaient. Il les peignit dans une Histoire dirigée contre les Pudouans qui altà* quaient Vicencc. Les Padouans , restés vainqueurs , con- damnèrent au bannissement Arlotto, confisquèrent tout aes biens, et prononcèrent la peine de mort contre qui* conque lirait, garderait çhvx soi ou traduirait son ouvrage» Chacun sVmprensa de le brûler ; et lorsque Vicence eut iecouë le joug de Padoue , Arlotto » rétabli dans sa for* tune , fit en vain rechercher un e&cmplaire de son livre pour le publier de nouveau.

AUBER Y. Mémoires pour servir à THistoire de Hollande et des diiireH Provinces-unie» , où l'on verra les vc'riicibles cannes des divisions qui sont , depuis soixante ans , dans cette Rëpu«  blique , et qui la menacent de ruine. ( Pac Louis Aubeiy , chevalier , seigneur du Maurier ). Paris f Jean yUlcUe, i68b^ in- 12 de 383 pages.

Cet ouvrage renferme dos particularités qui l'ont fait proscrire dans la Belgique. Cependant on l'a sauvent réim- primé. Paris ^ 1688 , in'^\ Paris , 171a > /V^-8 , etc. C'est ce morne Aubery qui a fait, ou du moins à qui l'on attri- bue ViliUoire de lejécniwn de Cabriàres ^ de Mérindol^ et autres lieux de Pnufffuce y depuis iSbv Jusqu'en i555. Paris, i645,iV/-4.(>etle édition est préfi^rablc ii celle de i556, parce qu'elle C6t plus ample et renferme beaucoup de pièces


particulières relatives à cet horrible événement , dont noai allons donner une idée en peu de mots. En 1540, les habl«  tans de Mérindol et de Cabrlères , petites villes de Pro«  vence , furent accusés d'avoir embrassé rhérésrie des Viiul- dois (i). Ayant été appelés au parlement d'Aix à la requête da procureur-général , ils ne parurent pas , et on rendit contre* eux un arrêt que Ton peut regarder comme la mons- truosité la plus atroce que l'on peut imaginer. Il porte : Çue les pères de Janiiile seront brûlés vifs , leurs biens > femmes et enjans coirfisqués ; les maisons de Mérindol od ils s'étaient retirés , rasées ; et les lieux souterrains des environs qui avaient servi de retraite à plusieurs d'entre eu.T j bouchés' ; la forêt voisine abattue , et; les arbres de leurs jardins arrachés , avec défense à tous de prendre à ferme et loyer les terres de ceux qui seraient de la race ou du nom des accusés. L'exécution de cet afFreux arrêt fut confiée aux juges ordinaires d'Aix , de Tournes , de Saint* Maximin et d*Apt ; mais elle fut différée par Bartbelemi Chassenèux , célèbre jurisconsulte 9 président alors le parle- ment. Après la mort de ce magistrat , on réveilla l'exé- cution de farrét en question , et on en chargea de Lafons , de Tributiis , Badet et Guerrin ; !e président d'Oppède so joignit à eux. Ils ewrcèrent d«s cruautés inouies : le sang ruissela de tout côté ; les bûchers furent allumés de toutes parts ; et la barbarie de ccis bourreaux alla plus loin encore que celte des monstres qui avaient rendu l'exécrable arrêt que nous venons de rapporter. Craignant d'être recherchés, ces féroces exécuteurs résolurent de demander au roi des lettres d'approbation. L'affaire fut renvoyée au parlement


(i) Ce nom leur vient de Pierre Valdo , lyonnais , auteur de leur secte dès 1170, comme on peut le voir dans le 6e. livre de VHistoirc de M. 4q Thou : il y d^nne l'origine et les progrès de cette hérésie*


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de Paris. I/avocat général Guerîn fut condamna à mort ^ et le président d'Oppède fut absous ; mais il finit misera* blcmeat ses jours. Après de pareils événemens , %t tant d^autres du même genre que PHistoire nous fournit , que Ton vienne nous dire que nos ancêtres valaient mieux quo nous ! Louis Aubery , sieur du Maurier , est mort en 1687. Il y a un Antoine Aubery qui a composé un Traité des justes prétentions du roi de France sur fempit^ , 1667 , //z*4> qui Ta fait mettre à la Bastille, parce que les princes d'Al- lemagne croyaient que les idées de cet auteur étaient ccUci de Louis XIV. Antoine Aul^ery est mort en i685.

A U B I G N É. Histoire universelle du sieur d'Au- bîgné , qui s'étend depuis la paix laile entre tous les princes chrétiens en l'an i55o jusqu'en jôoi. Maillé (Saint-Jean-d'Angely )• Moussât^ 1616 , 1G18 eu 1G20, 3 ^voL in^Jol.

A peine cet ouvrage parut, qu'il fut condamné et brûla en cxéculion de la sentence du prévôt de Paiis , et par arrêt du parlement, le 4 janvier 1617, (^ cause des traits vifs et satyriques qu'il renferme contre les rois Charles IX, Henri Ilf et Henri IV, les reines, les princes et les princesses de ce temps : Henri 111 surtout y est on no peut pas plus maltraité. Ou y raconte , sur son caractère et sur ses moeurs , mille particularités curieuses , mais qui ne sont Dullrment en son honneur. Le style de cet auteur n'est point chAlié ; il se permet des jeux de mots qui sent d'une trivialité bien déplacée dans un pareil oiivrai»(\ En voicî un exemple pris entre mille autres : on est 'venu drs ergots au.r fagots y puis des argufnens auv armemcns. Cette pre- mière édition vaut beaucoup mieux que la seconde de


(


i6a6, parce qu'on a supprimé dans celle-ci tous les passage^ qui pouvaient déplaire à ceux qui en étaient l'objet Mais, comme cette dernière édition cantîent plusieurs augmen- tations , il est bon d'avoir l'une et l'autre. Théodore-Agrippa d'Aubigné , né en i55o, est mort à Genève en i63o,

AUBIGNÉ. Les Tragiques, ci-devant donnés au public par ce larcin de Promélhée , et depuis avoués et enrichis par le sieur d'Aubigné , divisés en sept livres , intitulés : Z^es Misères ; Princes; Chambre dotée ; les Feux ; les l^ers; Ven^ geances ; Jugement^ 1616, in-S ou in-4.

Ce livre a été brûlé , parce qu il a rapport aux funeste»

événemens arrivés sous Henri III cl Henri IV pour cause

^ de religion. Les Petites Œuvres mêlées du sieur d*Aubigné

en prose et en vers , à Genève» i63o» in^^y sont aussi fort

rares. Je ne parle pas ici de son Baron de Fœneste.

AUDOUL. Traité de 1 origine de la Régale ^ et des causes de son établissement, parAudouI ^ 1708 , 2/2-4.

Cet ouvrage est rare ; mais il doit sa célébrité à la censure qu il a encourue par bref de Clément XI en 1710. L'auteur combat avec vigueur , dans ce livre , Bellarmin et Baronius.

AUDRA. Abrégé d'Histoire générale, parTabbé Audra. Toulouse y ^11^^ Le pren^ier volume seulement»

Aussitôt que ce premier volume parut , M. de Brîenne i archevêque de Toulouse , condamna cet ouvrage que Tau-


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tcur , professeur d^Hîstoîre au collège de Toulouse , avait composé pour ses élcvea ; et il le condamna comme rempli de maximes philosophiques et erronées, ce qui fît perdia à Tabbé Audra sa place et même la vie , à cause du vif chagrin qu'il en ressentit ; il eut un transport au cerveau qui l'emporta en vingt -quatre heures, le 17 septembre J770. Sa mort causa un vif chagrin à Voltaire , qui eu Versa des larmes. Il avait écrit peu avant à l'abbé Audra : •t Dalembert est bien content de votre Abrégé sur l'Hîs* toire générale 'y quelques fanatiques n'en sont pas si con-

tens ; mais c'est qu'ils n*ontni esprit ni mœurs A l'égard

de voire sage hardiesse , vous n'avez donc rien à crain*, . dre ; il n'y a pas un mot dans votre écrit sur lequel ou puisse vous inquiéter. On sera fâché , mais comme les plai- deurs qui ont perdu leurs procès. .Vous avez d'ailleurs un archevêque qui pense comme vous , qui est prudent comme vous , et qui sera bientôt de l'académie )). Cet archevêque * n'a pas tout-à-fait répondu aux intentions de Voltaire ; et le fragment que nous venons d'en citer, prouve que l'His- toire générale d'Audra , était écrite avec une certaine liberté que l'autorité a regardée comme répréhensible. L'abbé Au«  dra avait fait des démarches trës-actives pour faire recon«  naître Tinnoccnce de Sirven ; c'est ce qui lui avait attira l'amitié de Voltaire : aussi Voltaire lui écrivait-il : « Vous avez dû recevoir \g Jactum des dix-sept avocats du parle- ment de Paris , en faveur de Sirven ( i ) : il est très- bien fait; mais Sirven vous devra plus qu'aux dix <• sept


(i) En 1761 , Paul Srrven, c^aimissaire à terrier, du pays de Castres» et de la religion protestante , eut le malheur de perdre une dé ses filles qui se noya dans un puits auprès de Maiarmet. On accusa ce père infor- tuné de ravoir lui-même fait périr , parce qu'elle voulait se faire catho- lique. U fut en conséquence condamné à mort, ainsi que son épouse jk


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avocats, et vous.aarez Fait une action digne de la philo- sophie et de vous. » Joseph Audra était né à Lyon en 1714.

AUSTRTACA. Austrîaca austerîtas în Regno Hiingariae, cum appendice. Veneiiis ^ ^6yi ,

Cet ouvrage est très- rare, ayant été supprimé aussitôt qu'il a paru. On Taitribue à l'un des officiers du fameux comte de Tekeli , qui avait été couronné , dit-on , roi de Hongrie y par ordre de Mahomet IV.

BAIUS. Michaelis Baîî Opéra. Colonia, i6g6^

Parmi les Œuvres de Baïus , il se trouve des Opuscules qui ont été condamnés , parce qu'il semblait que l'auteur y faisait revivre divers points de la doctrine de Calvin. 11 prétendit mettre à couvert ses opinions, en citant souvent S. Augustin ; mais on les dénonça à l'inquisiteur de Lou- vaio qui défendit de les enseigner, et à la Sorbonne qui les censura eu i56o. Pie Y eu condamna soixante>seize


ses deux filles furent bannies et tous ses^iens confisqués ; maisheuteu- sèment cette famille si malheureuse avait pris la fuite; et en cela elle fut moins à plaindre que les Calas, qui, pour un fait à peu près scm* blable , furent dans le même temps , non - seulement proscrits , mais eurent !a douleur de voir le chef de leur famille expier sur la roue ua crime imaginaire , le 9 mars 1762. La veuve et les enfans de cet infortuné vieillard demandèrent la révision du procès (au conseil du roij. Cin-^ quante maîtres des requêtes, assemblas pour cette grande affaire , décla«  rèrent Calas et sa famille innocens. Ce fut U 9 mars 1765 , trois ans après le supplice , que fut rendu cet arrêt mémor^le*


autres par sa bulle da i.^r octobre i567« Cette bulle fit beaucoup de bruit dans l'université de Louvain. Grégoire XIII la confirma en 1579. Voici les principales erreurf reprochées à Baïas : « L*état de Tbomme innocent est êoa état naturel ; il lui est dû, et Dieu n*a pu le créer dans un autre état ; ses mérites en cet état ne peuvent étr» appelés dons de la grâce t II peut alors mériter la vie éter* nelle par les forces de la nature ; depuis la cbûte d*Adam ,- les œuvres des hommes faites sans la grâce sont des péchés ;: en conséquence , toutes les actions des infidèles sont des péchés , et les vertus des philosophes , des vices. Tout ca que fait le pécheur est péché. Tout crime est de telle natura qu'il peut souiller son auteur et toute sa postérité, comma^ le péché originel , etc. » Cette doctrine , qui paraît un peu plus que sévère , et qui n'est nullement consolante , a eu cependant beaucoup de sectateurs et beaucoup d'antago* nistes. Les disciples de Baïus et ceux du jésuite L(3S8iuf se firent une guerre très-vive ; enfin , Sixte -Quint , pour j mettre fin , imposa silence aux deux partis , en i588 ^ sous peine d'excommunication, et leur défendit de se cen«  «urer réciproquement jusqu'à ce que le saint Siège eût prononcé,

Michel Baïus ou de Bay , né à Melin en i5i3 , fut prow fesseur à Louvain, chancelier de l'université , e( inquisiteur général. U mourut le 16 septembre 1589»

BAUME. La Chrîstîade, Poëme en prose, par Jacques - François de la Baume 9 chanoino k Avignon* Paris , lySS, 6 vol. in^iz*

Cet ouvrage a été flétri par arrêt du parlement do Paris ^ et l'auteur condamné à une amende. Rien de plus bizarm gue eeite production , assez bien imprimée. Le style ^n


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est ridiculement pompeux et figuré ; et loin d'échaufier le lecteur, Il le refroidit. De manière que ^ s'il existait des tribunaux criminels dans la république des lettres» l'abbé de la Baume aurait mérité d*y être traité à peu prè« comme au parlement de Paris ; mais ce qui lui a valu Tanimad- version de la justice , ce sont les indécences qui se trouvent çn assez grand nombre dans son poëme : on y voit la Magdelaine tenter Jésus-Christ. L'écriture sainte y est sin- gulièrement travestie d'un bout à Tautre. J. F. de la Baume est mort le 3o août 1766 , peu de temps après la condam- nation de son livre. 11 avait l'imagination assez vive et dans le goût oriental ; mais il ne savait pas la régler : il manquait de jugement.

BAYLE. Dictionnaire historique et critique, par M, Pierre hay\e» JRoterdam ^ 1697,2 tomes en 4 "vol. in fol.

Ce fameux ouvrage fut dénoncé aussitôt qu'il parut » au consistoire de l'église Wallone par le fanatique Jurieu, comme renfermant beaucoup de choses répréhensibles : il aurait- été supprimé, si Bayle n^avait promis de corriger les fautes qu'on lui reprochait. On exigea de lui : « 1.® Qu'il retranchât toutes les obscénités et les expressions sales. 2.° Qu'il réformât entièrement l'article de David (nous en parlerons plus bas )• *3.® Qu'il réfutât les manichéens, au lieu de donner une nouvelle force à leurs objections ^t à leurs argumens. 4.° Qu'il ne fit pas triompher les pyrrhoniens et le pyrrhonisme, et qu'il réformât l'article de Pyrrhon. Ô.*" Qu'il ne donnât point de louanges outrées aux athées et apx épicuriens. ET)fin , 6.*^ qu'il ne se servit pas de l'écriture sainte pour faire des allusions indécentes. »

U parait que Bayle ne s'empressa pas beaucoup d'exécuter ses pronK^sses ; car , dans les éditions subséquentes , il ne fil d'autres changeraens considérables que celui de l'article do David. Pierre Bayle , né k Cariât, département de TArriègeN le 19 novembre 1647 , esl mort à Koterdam le :^8 décembre 1706. Nous allons extraire de notre Lrxico« NOGRAPIIIB UNIVERSELLE (i) la série des éditions du Dictionnaire de Bayle. Les voici par ordre de date , avec quelques notes bibliographiques.

Dictionnaire historique et critique , par M. Pierre Ba^^Ic (première édition). Roterdam ^ 1697, a ùomes divisés en 4 "voU in^fol.

Cette édition n*a que l'avantage d*avoir été publiée sous les yeux de l'auteur \ malgré cela> elle ne passe pas pour très-exacte.

Dictionnaire liistorique et critique, par M. Pierre Raylc (seconde édition ). /îo/cr^a/7î , 1702, 3 Q)oL iri'fol.

Cette édition est plus exacte que la précédente ; on y ajoute ordinairement le lyw/^yj^/^/n^T?^ de Genève , 1722, i vol. in-JoL On y trouve ( en original ) le double article DaviT) , dont nous parlerons à Tédition de 1720 ) souvent le carton de l'article répété manque.


(i) Cet ouvrage n*esc point encore publié; le manuscrit est terminé; nous nous proposons de le mettre au jour dans quelque temps : c*eft un Catalogue raisonné des Dictionnaires qui ont paru , jusqu'à nos jours , sur toutes sortes de sujets et dans toutes les langues , avec des détails sur la série et le mérite des éditions. L'ouvrage est précédé 4*un dif j> cours sur la nature et sur rutilité de ces sortes d'ouvrages.


Dictionnaire historique et critique , par M. Pierre Bayle (troisième édition). Genève , 1716, 3 vol. irt'foU

Cette édition est peu estimée ; on nVn rechertbe que le Supplément de 1722 , qu*on y ajoute ordinairement.

La même ^ troisième) édition. Roterdam^ 171 5,

3 DoL in-fol.

«  Supplément au Dictionnaire historique et critique, par M. Pierre Bayle , pour les éditions de 170a et 1705. Genève y Fabry ^ 17^^» i "^oL infoL

Ce Supplément est fort estimé : il complète les éditions de 1702 et 171Ô , dont il forme le 4*^ volume.

Dictionnaire historique et critique , par M. Pierre Bajie , troisième (quatrième) édition, revue, corrigée et augmentée par l'auteur (par Prosper Marchand), Hoùerdain ^ Michel Bohm^ i720>

4 DoL in-foL

Cette édition est la plus recherchée et la meilleure de toutes celles qui ont paru de ce bon ouvrage, surtout lorsque les exemplaires sont en grand papier et enrichis de vers au régent par de Limiers. Voici les marques auxquelles on distingue les véritables exemplaires de Tédition de 1720 , des faux qui n'en portent que le frontispice.

Dans les faux exemplaires^ le titre de l'épître dédicatoire n*est point imprimé rouge et noir : on y remarque aussi


différentes pièces prélîaiiaaires ^ qnl n^appartlennent point il l'édition de 1720*

La véritable édition contient à la tête du premier rolam^ un faux titre, le frontispice rouge et noir ^ l'épitre dédica* toire au régent» dont le titre est rouge et noir ; enfin , une partie séparée de xx pages chiffrées en petites lettres romaines , qui renferme la préface de la première édition ( en italique ) ^ un avertissement du libraire sur la troisième^ et le privilège des états de Hollande.

Outre les exemplaires supposés dont nous venons de parler , il en existe encore d'autres , qui, quoique de la bonne édition , sont regardés comme imparfaits. Pour les connaître, il s'agit d examiner si ^ dans le tome II, l'article David, roi des Juifs ^ est entier. Cet article, pour être exactement complet, doit être employé deux fois et d*iiua manière différente. Dans la première (c'est celle qu'on trouve toujours ) , cet article contient les pages 963, 964 et la plus grande partie de 966. Dans la seconde, au con«  traire, ce même article , beaucoup plus étendu , a été im«  primé séparément sur trois feuillets désignés sous les pages 963, 964,965, 966, 967 et ^8, dont les chiffres particu* liers ont été accompagnés d'une astérisque qui les distingue des autres. Ces trois derniers feuillets sont ceux qu'il est le plus important de vérifier , parce que , s'ils manquent , l'exemplaire est imparfait et diminue beaucoup de prix.

Il y a quelques exemplaires de cette édition de 1720 qui sont infiniment précieux , tel/ que celui vendu 1400 livres chez M. d'Hangard en 1789, et 1173 livres chez M. Meen en i8e3. Ces exemplaires sont en grand papier de Hollande : on y a ajouté en tête de Xépître dédicatoire ^ les vers adressât au régent , supprimés dans les autres exemplaires de la wéme édition ; et, de plus, la vie de Bayle^ par Desmat- seaux, de l'édition de 1740^ tirée également sur grand


£2

papier. On croit qu'il n'etîstè que trois exemplaires aussi complets que celui de M. d'fiangard.

Dictionnaire historique et critique, par Bajie. Qua- trième (cinquième) édition» Amsterdam^ i73o, 4 DoL iri'foL

Cette édition a été donnée et conduite par M. Desmai- eeaux j elle renferme différcnles pièces pariiculiërcs et des additions qui la font rechercher.

Dictionnaire historique et critique , par 833 le. Ams* ttrdam (Pciris), 1734,4 vol. in fol.

Cette édition a été publiée aux dépens des libraires de la société dite de Trévoux ; elle est la moins recherchée.

Dictionnaire hie^torique et critique, par Ba^^le. -^/wi- terdani (Paris), 1740, 4 "voU in-foU

Cette édition est la meilleure et la plus recherchée après celle de 1720. Le carton de Bavjd y est renvoyé à la fin du deuxième volume.

Les ouvrages qui ont rapport au Dictionnaire de Bayle ^ sont : Lettre critique sur ce Dictionnaire ( par Laurent-Josse Xiecleic). La Haye , 1782, /7z-i2. ►-< Remarques critiques sur ce Dictionnaire , par Joly, Paris , Ganeau , 1762 , in-folio, Hi Extrait de ce Dictionnaire , apec une préface ( par Fré^ déric II ^ roi de Prusse ). Berlin , chez Fréd. Voss ^ 1767 , 2 vol. /«-8. *-i Analyse raisonnée de Bayle , ou Abrégé 'Tnéthodique de ses ancrages , particulièrement de son DiC" tionnaire , ( par de Marsy ei. , , , ), Londres , 1765 et 1773 , 8 vol. //Î-12. t-i Nouveau Dictionnaire historique et critique , pour servir de Suppîëment et de continuation au Diction^


â3

naîre de Bayle (par Jacques-George de Chaufepiè). Amster-- dam et la Haye , 1760 , 4 ^^ i^'fi^* "^ Dictionnaire histo^ rique ei critique , ou Recherches sur la vie et le caractère de plusieurs hommes célèbres , tirées des Dictionnaires de Sctyle et Chaufepié ( par de Bonnegarde ), Lyon , Barre t , 1771 , 4 vol. /71-8. /

On publie à Leipsick , au Bureau de littérature , une

nouvelle édition originale du Dictionnaire historique et

critique de Pierre Bayle, avec la vie de l'auteur ,^r/nfl^

grand z/ï-8 , et petit in-fol. Le 3.© voL a paru en 1802 ou

iSo3.

BEAUMARCHAIS. Mémoire à consulter pour Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais 9 ëcuyer t conseiller-secrétaire du roi , etc* , accusé. Paris , Claude Sijnon^ ^773* ^^-4 de 38 pog*

Supplément aw Mémoire à consulter pour P.-A. Caron de Beaumarchais, etc., accusé en cor- ruption de juge et calomnie. Paris ^ Quillaup in'\ de 6i pages.

Addition au Supplément du Mémoire h consulter pour P.-A. Caron de Beaumarchais, e/c, accusé» servant de Réponse à madame Goezman , ac- cusée ; au sieur Bertrand d'Airolles, accusé ; au sieur Marin, gazetier de France, et d'Ar- naud Baculard, conseiller d'ambassade, assignés comme témoins. Paris, 15 décembre 1773, z'/2-4 de y5 pages.

Quatrième Mémoire à consulter pour P.-A. Caron de Beaumarchais , accusé de corruption de


jug6| contre M. Goeztndn, juge , accusé de subornation et de faux ; madame Goe^man et le sieur Bertrand , accusés; les sieurs Marin » d^Arnaud Baculard et consors. — Et Réponse ingénue à leurs Mémoires , Gazelles , Lettres courantes , cartels , injures et mille et une diffamations. Paris ^ Jacç.^Gabrîel Clousier , 3 774 , Ï72-4 de 99 pages.

Ces quatre Mémoires ^ si cdnntfs par le style orlgmal ^ plaisant et caustique de l'auteur , ont été condamnés à être lacérés et brûlés par la main du bourreau , en vertu d^un arrêt de la cour du parlement de Paris ^ du 26 février 1774 , comme contenant des expressions et imputations téméraires, scandaleuses et injurieuses à la magistrature en général, à aucun de ses membres , et diffamatoires envers diff*érens particuliers. Cet arrêt a été etécuté le 5 mars 1774* Uu tinquième Mémoire pour Beaumarchais , précédé d*ua jâpertissement serifoni de réponse au troisième précis du comte de la Blacha depuis som grand Mémoire , et suivi d'un errata, Paris, Clousier ^ id janvier 177S , ÏV4, a été fupprimé par arrêt du conseil -d'état du roi du 4 février 1775 , comme Coatenant des faits témérairement hasardés , étrangers à l'objet de la contestation entre le comte de la Blache et Beaumarchais ^ 'et des expressions injurieuses et conttaires à la décence et au respect que l'on doit à la justice de sa majesté. Pour compléter les Mémoires de cet auteur , il faut y ajouter \ Réponse) ingénue à la Consultation injurieuse que le comte Joseph" Alexandre Falcoz de la blache a répandue dans Aix , in-4 , avec la Consultatiork délibérée à Aidu le 7 juin 1778, i/»-4 5 puis le Tartare à la Légion i ou Supplément à la Réponse ingénue de


i5

P.^A. Caron de Beaumarchais , arec cette épigraphe : Srûler n'est pas répondre^ in-4.

Li'abbé Sabatfaier , parlant des Mémoires de Beaumar^- chais, dit que « La raison s'y trouve assaisonnée du sel de ia meilleure plaisanterie. Le quatrième surtout annonce «in écrivain qui connaît les sources de la persuasion , 61 qui sait profiter de la dextérité de son esprit pour tourner contre eux-mêmes les armes de ses adversaires. N*eiit-it fait que ce Mémoire , Beaumarchais serait digne de figurer dans le petit nombre de gens de lettres , qui , aa mérite d^écrire avec autant de clarté que de correction , réunissent le talent de nourrir la curiosité du lecteur , par un style aussi varié que piquant, n Voltaire fut enchanté de la lec«  ture de ces Mémoires , il fut même alarmé de la célébrité^ qu'ils donnaient à l'auteur. Dans une de ses lettres , il eD fait un grand éloge ) et après avoir dit tout ce qu'ils sop* .posent d'esprit, il ajoute : « Je crois pourtant quil en faut 3» encore davantagepour avoir fait Zaïre et Mérope, » Beau- marchais , né à Paris le 24 janvier 1782, y est mort d'ui» coup de sang dans la nuit du 29 au 3o floréal an 7.

ÊEAUMELLE. Mes Pensées, par de la Beaa- melle* Copenhague , lySi , ini^.

Mémoires et Lettres de madame de Maintenon ; par de la BeaumeMe. jimsterdam^ lySS, l5 ^ol. 1/Z-12, dont 6 pour les Mémoires ^ et 9 pour les Lettres.

Le premier de ces ouvrages fit enfermer Tanteur k la Bastille en 1763 : il est fortement pensé, écrit avec esprit^ mais avec trop de hardiesse, et avec quelques principes faux en politique. Le second fit enfermer la Beaumelle une seconde* fois. Il parut être fort sensible à ee désagrément» On pré*


^6

tend qu*!1 Fait penser et parler maclame de Maintenon dans ses Memoints ^ comme elle ne pensait ni ne parlait; que le style n'a ni la décence ni la dignité qui convicht à l'His- toire ; qu'on y hasarde plusieurs faits et qu'on y en défigure d*autre8. On sait que la BeaumcUe a été l'un des fameux •otagonistcs de Voltaire qui s'est avisé* dans un chant de l'un de tes Poëmes , de mettre cet auteur à la chaîne i avec une troupe de gens de lettres qu'il envoyait aux galères» li J'y peignait comme prenant les poches d'autrui pour les siennes La Beaumolle voulut faire flétrir le libelle calom- nieux par un arrêt du parlement de Toulouse ; mais il ne (tonna pas suite à cette affaire. Laurent Angliviello de la Beaumelle , né en 1727 > est mort à Paris en 1773.

BEDE. Natalis Bedie, doctoris Theol. Parisjensîs , annotatioutjm in Erasini paraphrases Novi Tes- tament!, et Jacobi Fabri Stapulensis commen- taiios in Evangelistas , Paulique Epistolas , libri III. Pansus , i52ù , in- fol.

Cet ouvrage de Nocl Bcde , qu'il ne faut pas confondre avec Bède le Vénérable, est très-rare , parce qu il a été supprimé par ordre des supérieurs ; c'est une critique très-véhémente , comme toutes celles de ce violent déclamateur, Erasme ipoulut bien prendre la peine de lui répondre ^ et il le con- vainquit' d*avoir avancé cent quatre-vingt-un mensonges, deux cent dix calomnies et quHranle-sept blasphèmes. Noël Bède n'ayant rien de bon à répliquer , fit des extraits des ouvrages d'Erasme , le dénonça à la Faculté comme héré- tique , et vint à bout de le faire censurer. Il osa prêcher contre le roi , et dire que la Cour ne poursuivait pas les hérétiques avec assez de vigueur. Une hardiesse aussi into- lérable fut deux fois punie par uu arrêt de bannissement.


«7

Rappelé pour la troitibmc îo'n, et toujours incorrigible , il fut coudamnc par le parlement de l'arU , en i536 , k faire amende honorable deyant l'égliite Notre-Dame, pour a t^oir parlé contre lo roi et corttro la vérité. Il fut ensuite exilé ^ i'abbayo du Mont«Saint*[Vlichel » où il mourut le 8 février AS37.

BEKKER. La Nourrîtiite des Parfaîts^par Bal- thazar Bekker, 1670, /«-8.

Cet ouvrage a été condamné par un syrtode ^ fur Ittr dénonciation de plusieurs minintres protestans , confrères de l'auteur. I/ouvrage du même Heiiker le plus renommé ^ Cit : Le Mundû enchanté^ ou E. r urne n des senti m eris touchant les esprits ^ traduit du Jlamand en J^rancais, Amsterdam , 1694 , 4 vol. in'ii. Ce livre singulier lui fit perdre sa place de ministre à Amsterdam : i^ eHt diffus et ennuyeux. Oa cherche à y prouver qu'il n'y a jamais eu ni possédés ni aorciers, et que les Diables ue se mêlent pas des affairet des hommes» et ne peuvent rien sur leurs personnes. C'est l*opinion commune que l'on a du Démon ^ qui en fait une espèce de divinité puissante; opinion contraire à Pau* torité supieme de Dieu et à la divinité de son Fils» puis- r]U*en Taduiettant^ dxi ne les peut plus prouver par les attri^ buts du vrai Diou , tels qu'iU lui sont donnés dans l'écriture^ et dont on fait part au Diable. C'est ce qui a déterminé Bekker , dit-il dans sa préface , k prendre la plume , et si le Démon s'en fâche , il n'a qu'à employer sa puissance pour le châtier. « S'il est Dieu , ajoute-t-il > comme on le n veut, qu'il se défende lui-mém)» , et qu'il s'en prenne » à moi , qui ai renversé te% autels au nom de l'Kternel. n Assez plaidant défi. Benjamin Binet a réfuté Bekker dans son Traité hisioriejue des Dieu.r et des Ddrnons du paga" nisme ^ açec de$ remanfues critiques sur le sysêème de


»8

Balihazar Bekker. Deift, 1696, m-ii. Ce volume se jolal ordinairement aux quatre de Bekker« Ce dernier, qui res«  semblait , dit-on , au Diable par sa laideur ( comme si le Diable avait une figure laide ou belle ) , est né en 1684 ; il est înort en i6g8 à Amsterdam,

BELLARMIN. Tractatus de potestate summî Pontificis in temporalibus, adversùs Guillelmum Barclaium , aiitore Roberto , S. E. R. cardinalî Bellaimino. Roma, Banh. ZUmneU^ 161 o,

Un arrêt du parlement de Paris, du 26 novembre 1610^^ supprime ce livre comme contenant unejausse et détestable proposition y tendante à l^épersion des puissances souperaines ordonnées et établies de Dieu , soulèf^ement des sujets contre leurs princes , soustraction de leur obéissance , induction d'at» tenter à leurs personnes et états , troubler le repos et la tran^ guillité publique. Le pape fit faire , par son nonce, des remontrances et des plaintes graves à la jcovlt de France^ relativement à cet arrêt , qui portait grand préjudice , disait^il , à l'autorité papale. Cela n'empêcha pas que \e livre de Bellarmin ne fût trouvé très-mauvais dans le con- seil du roi ; la reine-régente et le chancelier fureiit d'avis qu'il fallait le supprimer et empêcher de le vendre. La reine ajouta qu'elle désirait que les choses se passassent doucement. Long-temps après, en 1761 y un arrêt du par- lement Qétrit de nouveau cet ouvrage. On sait que Bellar- min a défendu les prérogatives de la cour de Rome avec une espèce de fanatisme. Selon lui, le pape est non-seu- lement le monarque absolu de Téglise universelle, mais •ncore le maître absolu des couronnes et des rois ; H est


«9

la source de tonte jurisdiclîon ecclésiastique^ le }uge iti«  faillible de la foî , supérieur xnême aux conciles généraux* Bellarmin traite d'hérétiques ceux qui soutiennent que les princes, pour les choses temporelles > n'ont point d'autref supérieurs que Dieu. Ces opinions exagérées furent réfa«  tées par Bardai y et Tout été depuis par tous les écrivain» raisonnables.

Kobert Bellarmin , né de Cynthie Cervin , sœur du pap«  Marcel II > en 1542 , est mort en 1621. N'oublions. pas que le parlement de Paris a, par arrêt du 7 août 1612, ordonné la suppression de l'ouvrage suivant : Apologia Adolphe Schulchenii ^ Geldriensis S» S. theologiœ apud ubios doc-^ toris et prqfessoris atque D, Martini pastoris , pro illuim trissinio domino RoheHo ac Bellarmino , iS. il. j^. card» de potestate romani pontificis adpersùs librumjalso inscriptum , apologia cardinalis Bellarmini pro jure principum , auc» tore Rogero Viddringtono caiholîco anglo. Cologne > i6i3» L'arrêt porte , que ce livre contient plusieurs propositions tendantes à troubler le repos de la chrétienté , et contre la sûreté de la vie et état des rois et princes souverains.

Bellarmin a encore composé plusieurs ouvrages , parmi lesquels nous distinguons son petit Traité des obligations des é^êgueSy dans lequel il les damne presque tous , d'aprë» des passages de S. Jean Chrysostôme et de S. Augustin.

BENOIST. La Bible traduite en français, avec des notes et les expositions de plusieurs passages objectés par les hérétiques , par René Benoist* Paris , i566, in-fol. et i568, fi. 'voL in-^.

Cette Bible , ayant beaucoup de ressemblance avec «elle de Genève > surtout dans les notes , fut supprimée par la Sorbonne eu iSây > et condaouiée par Grégoire XIII en


3o

i5j5» L'auteur rofusa de souscrire à la condamnation î enfin, il y acquiesça en 1698 II est mort en 1608, après avoir coopéré à la conversion de Henri IV et avoir été son confesseur,

BERNI. Tulte le Opère del Bernîa , del Mauro, di M. Giovanni de la Casa , del Bino, de! Molza , del Varchî , del Dôice e d'AIiri autori. ^/z/za 1542, înS, et 1545, aussi inS..

Ce Recueil de poésies , trop licencieuses , de diflTérens auteurs , a été arrêté et supprimé , surtout celles de Jean de la Caze , intitulées : CapitoU delforno : elles furent cen- surées publiquement et firent beaucoup de bruit. L'auteur a décrit , sous l'allégorie d'un four , les plaisirs de l'amour ; mais, dît l'auteur du Dictionnaire historique ^ quoiqu'il se borne à la volupté conforme aux lois de la nature , on l'accusa de vouloir peindre des infamies qui y sont entiè«  rement opposées, et on déféra son livre aux magistrats sous le titre de de Laudibus sodomiœ seu pederastite. Un passage équivoque dans lequel il paraissait s'accuser lui-même de ce goût détestable, lui attira une satyre violente de la part de Vergerio, son ennemi déclaré. Il y fit une réponse en vers latins dans laquelle il nia le fait , et soutint qu'il n'avait prétendu louer que la jouissance des femmes : il faut con- venir que le mot mestiero dii^ino dont il se sert , ne tombe point sur l'abomination connue à Sodôme , mais sur les plaisirs des deux sexes. La Caze était archevêque de Béné- vent. M. Debure dit qu'il regardera toujours comme une chose singulière , qu'une pareille production soit sortie de la plume d'un ministre de la religion romaine. Mais je crois que ces poésies licencieuses avaient vu le jour avant que leur auteur eût embrassé l'état eGclésiastique. Jeau da


\ . .


3i

la Caze> né en i5o3> est mort on i556, à cinquante-quatre ans , dans le moment où Paul IV lui destinait la pourpre romaine. François Berni est mort à Florence en i543.

BERUUYER. Histoire du Peuple de Dieu depuis son origine jusqu'à la naissance du Messie » tirée des seuls livres saints ; ou le texte sacré des livres de l'Ancien Testament réduit, en corps d'Histoire. Par le Père Isaac-Joseph Rerruyer , de la compagnie de Jésus. Paris ^ Knapen ^ n^euve Pissoù eu compagnie^ 1728, 7 vol. in 4 , première édition , ou 10 vol. in-m.

Supplément à cette édition. Paris , Prault , 17549 I/I-4.

Histoire du Peuple de Dieu , depuis la naissance du Messie jusqu'à la fin de la Synagogue, tirée des seuls livres saints; ou le texte sacré des livres du Nouveau Testament , réduit en ua corps d'Histoire. La Haye^ ( Paris J , 1765, 4 Dol. in ^9 ou 8 vol. in^i2.

Troisième partie de l'Histoire du Peuple de Dieu ; ou Paraphrase littérale des Épîtres des Apôtres. Paris j 1758, 2. vol. in-i^^ ou 5 vol. in-i^.

Les condamnations de cet ouvrage ont commencé ea 1731. Dès cette année , Colbert, évéque de Montpellier » publia un mandement contre ce livre. La cour de Roma Ta censuré en 1784 et en 1767. Benoît XIV a foudroyé la seconde partie dans un bref du 17 février 1768; et Clément XUl y par un bref du a décembre suivant , a condamné do nouveau cette seconde partie et la troisième. La Sorbonn»


3a

a également censuré les ouvrages Au père Berruyer. Cette censure a été imprimée en 1764. Les jésuites désavouèrent publiquement le livre de leur confrère , et obtinrent de lui un acte de soumission lu en Sorbonne en 1754, Le par- lement de Paris manda Berruyer en 1766 pour être entendu sur plusieurs propositions de son Histoire ; mais l'auteur s'étant trouvé malade , la cour envoya un commissaire k qui l'historien condamné remit une déclaration en forme de rétractation qui fut déposée au greffe. On volt» par ces différentes condamnations , que cet ouvrage a fait beau«  coup de bruit dans son temps : il y a eu plusieurs bro- chures publiées pour et contre. On reproche au père Ber- k'uyer de s'être un peu trop appesanti sur certains passages où la décence parait choquée. Sa plume est souvent trop riche de détails et de coloris lorsqu'elle peint les amours des patriarches , la passion effrénée de la femme de Puti- phar , la parure de Judith , les propositions que lui fait Holopherne» le crime épouvantable d'Onan , la facilité avec , laquelle Rachel cède Lia à Jacob pour une nuit , etc. , etc. Le père Berruyer n'est point exempt de tours de phrase» impropres , tels que ceux-ci : « Après une éternité toute ji entière , Dieu créa le monde. .... « A l'air aisé dont » Dieu faisait des miracles , on voyait bien qu'ils coulaient

» de source Le mal allait toujours croissant à la

» honte du Seigneur Dieu Les aventures des Pa-»

9 triarches Après une telle aventure etc. » etc. »

XéSL seconde édition de la première partie de l'Histoire da Peuple de Dieu a paru en 1784 ; mais on y a fait des retran-» chemens qui font donner la préférence à la première de 1728. Isaac- Joseph Berruyer^ nô à Rouen en 1681 1 est mort à Paris en i758« 


•3Î

BESOLD. Clirîslopliori Bosolcli Virgînnm sacra* mm moniimcnta , etc. Tnhin^cz^ PhiL Bnj?jn^ i6')6, //7-4 Kjnbclcm auctoris documenta recliviva moncisfeiiorum in dncatu Wirtembcrgico sitori ru m ^rubifif^cz ^ i()36, inà^.

Les puissance» protestantes ont fait supprîmnr la mnjeiira panio cJos ex<*mpiair?»8 de ces doux ouvrages. Ils sont fort ostimcs à cause drs diplômes particuliers et antres pièces curitvuses qu'ils renf(M ment. Christophe Besold, après avoir enlevé ces titres originaux des archives où ils étaient con- servés , les fît imprimer ensuite et abjura la religion pro- testante en lôSS, ce qui lui attira beaucoup de reproche» de la part de ses premiers partisans. Né en 1/^77 , il est mort en i6'>5. ( Voyez , sur les difïcrens ouvrages de Besold^ le Cala h)}; us lih, rur. de Vogt. )

BEVKRLAND. H^idrîanî Bcvcilandi pcccatum oiif^inale philoloi^irè elncnbraium, à'i'hemidis alumno. Eleiitlicro/toli ^in Iiorfo Fiesperirlurn^ typis AdafJii^ Evœ ^ Ternz filii ^ i^7^» z/7'8.

Cet ouvrage, excessivement licencieux, fit mettre «on auteur en prison à Leyde ; et il aurait ])u s'en trouver fort mal , s il ne s'était | as soustrait à la Justice en s'c- clïappaul de sa prison. Après avoir acheté chèrem<Mit sa liberté, il se déchaîna contre les mai>;istrafs et les proA.'s- scurs de Leyde dans un mauvais libelle, et passa ensuito Cîi Angleterre , où il employa tout son argent à aciielet clcs peintures obbcèies. Revenons à son livre .^ur le pëché orij^inel ; c'est le pluh curieux de tou;; ceUx qu'd a faits, parce cpie c'est celui qui est écrit avec ])lns d(; licence. JJauleur cherche à y démoulrer^ comme IJcnrI Coraeillo*

3


34

Agrippa l'avait fait avant lui (i), que le pécbé d'Adam

a consisté uniquement dans le commerce qu'il a eu avec

Eve , et que le péché originel n'est autre chose que le désir

naturel aux deux sexes de s'unir. Dans le développement

de son système, il fait passer en revue les termes les plus

obscènes qui avaient été mis en uèage par les auteurs les

plus libres , lorsqu'ils ont parlé de la conjonction du mâle

et de la femelle. Cet ouvrage a été réfuté par Léonard

Byssenîus>dans sa Jus ta detestaiio libelli sceleratissimi

Madriani Bepérlandi , de Peccato originali. Gorinchemii y

1680 , in-i. Cette Réfutation est plus rare que le livre réfuté.

Le Traité du Péché originel Ae Beverland à été réimprimi

plusieurs fois ; mais la meilleure édition est celle que nous

annonçons : elle n'est point mutilée , et renferme plusieurt

passages employés par Beverland dans son de Prostibulis

veteritm^ ouvrage infâme qui ne put jamais voir le jour,

Debure dit ( 2 ) qu'Isaac Vossius a mis une partie de ce de

P rosti bu lis ^dans son Catulle de 1684 ou 1691. Je parlerai de

cette assertion au mot Catulle. L'édition du Péché originel

de 1679 est mutilée , et la plus grande partie des passages

m été changée. Le 20/ paragraphe de l'édition de 1678, qui

commence par ces mots : Quisçuis irretorto limet oculo

mortalium vitam moresque , obserpabii lascivienies puellas ,

etc. en est totalement supprimé , de manière que celte

seconde édition ne doit être regardée que comme un livre

imparfait et de peu de valeur. On a encore de Beverland

De sColalte . virginitatis jure Incubratio acedemica* Lugd» , . ^

(i) Agrippa, dans sa DccUmatio de originali Peeeato^ dit, en termes assez libres : serpentim cujus fraude primi parûtes heatitudinem amiserunt , non aîium arbitramur , quam sensibilem camalemgue affectum , imo quem recte dixcrimus ^ ipsum carnalis concupisccnùae génitale viri membrum^ mem^ hrum reptile , mcmbrum serpens , mcmbrum lubricum » etc.

(i) Voyci la Bibliographie iastrucUve, tu 856 çt 2649»


35

bat, Zînâànns ^ 1680, 1/1-8 » ouvrage aussi dangcrrux que lo précédent. Revenu de ses erreurs , cet auteur a publié «on de Fonncaiione cnpondâ admonitio, Lnndlni , Bateman^ 1697, in 8. Dans un Aver(i85irmcnt qu'il a mis en tête do cet ouvrage * l'auteur condamne lui-même son Pccraiurn orîsrinah ; cependant on y trouve encore quelques traits lubriques. Outre Léonard Ryssenîus ,dont nous avons parlé^ Beverland a encore eu pour adversaire Alard Uchtman ^ qui a publié contre lui F'o.t clamctnlis in desorto^ ad sacro^ rum ministros , adf^ûisus Beperîandum, Anna 1671 , irim^^ Les cinq ouvrages dont nous venons de donner les titres; aavoir : trois de Beverland et deux Réfutations , forment ce que Ton appelle la collection complète des Œuvres de cet auteur. En 1774, on a publié Etat de P Homme dans le péché onginel f i voL m»iZ , première édition» préférable à celle de 1740. Cet ouvrage n'est point , comme on Ta cru , une traduction du Péché originel ie Beverland, ce n'eu est qu'une très-mauvaise imitation ^ mutilée et entremêlée de fables et de contes assez déplacés. A^irien Beverland ^ né à Middelbourg en Zéiande , est mort fou À Londres^ en 17 [2, dans un état de pauvreté. Sa folie était de croire qu'il était poursuivi par deux cents hommes qui avaient juré sa mort« 

JS 1 BLÊ. Bible en langue hollandaise, ^ntti^er*. pcn^ by Jacob i^an LiesveU , 1042 , inJoL

Cette édition est la sixième et la meilleure que LiesveTt ait donnée: elle est fameuse, parce qu'ellp est cause que cet imjtrimeur a été décapité. Les exemplaires bien con«  dilionnés en sont rares. Il s*cn trouvait un dans la biblio» thcquc de M. Crevenna , à Aifisterdanu

Noua. 11 y a beaucoup de Bibles qui ont été «uppriméeif


56

nous n'en ferons pas fCentîoQ partlcûl!èremi>nt, parce quo cela nons conduirait trop loin : il nous sulFit de citer ici une Bih/ti ciUemande de 1666, 7/2-4 , imprimée à Helmsledt, en partie seulement ; — une Bible anglaise ^ Paris, i538, iii'foL , aussi incomplète ; -r une Bible française de René Benoist , Paris ^ i566, in-fol. ; — une autre Bible J'mn»^ çaise de Marolles; elle ne renferme seulement que les livres de la Gt.n:)se , de VExode et les vingt-trois premiers cha- pitres du l^évitique, Paris, 1671 , in-^foU : •— une Bible suédoise très- fautive, Lubeck ,1622 , in-l\* Toutes ces Bibles ont été supprimées : nous en citons quelques-autres dans le cours de cet ouvrage.

BIBLE. Biblîa ilalîca Sixti V. Cura tjpîs ex- sciipta. Anno 1589.

Celte Bible a-t-elle jamais existé ? Jacques Leiong dit que non ; Jo. Frid. Mciyer est pour l'affirmative : il dit que cette traduction a été faite sous les auspices de Sixte-Quint^ par des hommes très- versés dans la langue étrusque \ mais que y sur la réclamation de Philippe II , roi d'Espagne, et de plusieurs cardinaux , elle a été supprimée et a disparu» Leti en parle dans son Histoire de Sixte-Quint ; et voici ce qu'en dit Jean Leclerc dans sa Bibliothèque ur.iver^ selle , en rendant compte de cet ouvrage • » On parle , dans le 5/ livre, des murmures qu'excitèrent la version italiqxie de la Bible qu'on fit par l'ordre du pape. L'am* bassadeur d'Espagne Olit^arcs croyait que c'était une honto qu'on suivit à Rome la méthode àe% hérétiques. Eh^ înort" sieur ^ ne vous ^fâchez pas, dit le Pape, nous Votions Jait -pour vous ^ qui n*entendez pas le latin. Ce ministre en écri- vit à son maître ; plusieurs Cc^rdinaux y joignirent des lettres, OÙ- ils représentaient à sa majesté | qu'il était plus de soa


^7

întérêt que de celui des autres puissances , de trnvaillm: à la suppression de cette Bible , à cause des grands etata que le roi d'Espagne possède en Italie. Oliporèù ayant reçu rt^ponso , vint encore une fois trouver Sixte, et lui dire que , s'il ne supprinriaît cette traduction , sa majeslâ «orait obligée de la défendre elle-ni«*me dans svs éiats. Le pape l'écouta si long-temps sans l'interrompre , qu'enfia l'ambassadeur lui dit : f^otre sainteté ne me répond rien ; je ne sais à quoi elle pense. Je pense y répartit Sixte, d'un aîr xnélé de fierté et de colère , à vous foire jeter par la jfenêtre , pour v )us apprendre le respect que vous devez au souverain povtife. Quelques bons catholiques soutiennent que Sixte n'a jamais pensé à faire imprîmèr une llihle italienne. Mais l'auteur dit que c'est un o grande sproposeto ^ pui |u'outre qu'on peut le prouver par les relations des écrivains de ce temps-là , on voit encore des exemplaires de la Bible de cette impression dans la bibliothc'iue du grand-duc de Toscane , dans celle de Saint Laurent , dans la bibliothèque Ambrosienne à iVlilan, et dans celle de Genève. » Ces détails me sont fournis par Vog( ; mais ils ne décident pas la question sur Texlsteucc de cette Bible; je ne l'ai rencontrée nulle part.

BIBLE SiXTiNE. Bîblia sacra latîna, vulgatae edid'oiiis , Jussn Sixlî V. Rero^nîta et édita , et tribus tomis distincta. Romce^ ex ùypoffraphiA aposùolicâ f^alicanâ^ i5c;o, :a "voL inJoL

Cette Bible , cpnnue sons le nom de Bidle sixtine , parc0 qu'elle a Ho faîte sous la direction et par les ordres de Sixte • Quint , excita , dès qu'elle parut , une grande rumeur dans l'église , à cause des fautes nombrecises qui


38

Cil alr^raîent le texte. On répara ces défauts , en faisan» imprimer séparëracnt , sur des petites bandi'S de papier, ]es mots qui avaient été défigurés , et en collant ensuite ces corrections sur les passages défectueux répandus dans ]e courant du volume. Celte édition fut supprimée « après la mort de Sixie -Quint , par les ordres de Grégoire XIV, son successeur, qui la proscrivit. Elle est très-rare, et sa rareté siugulière a fait naitre quelques supercheries qui se rencontrent daus des exemplaires que Pon a voulu faire passer , à la faveur d'un titre supposé , pour être de l'édi- tion originale , et qui n'étaient que à^s exemplaires de celle que Clément VIII , successeur de Grégoire XIV, ût publier en 1592 » comme nouvelle édition de la Biùlm iixtine,

B IDOLE. Jonh Bîddie the faith of one god, wliuis ou\y the falher ,and of one mcdiator bet- ween god an man , %'vho is ooljf tbe man Christ Jesns; andf of one holjr spirit , the gifi, et sent of gud dsseited et defended, in several tracts Gontained in this volume. London, 1691,1/2-4. Ejnsdeni auctoris a second collection of tracts «  provind the god et father of our Lord Jesns» Christ , the only tiue god , etc. London , 1692 in-/^.

Ces ouvrages , écrits en faveur du sociaoîstne y ont été brûlés publiquement par la main du bourreau , et l'auteur a fini ses jours en prison. Né en i5i5 à Worton , il était professeur de grammaire à Gloucester ; tour à tour banni et emprisonné pour net opinions religieuses , il est mort en 1662. Suivant lui ^ le Saiot-Esprit n'est que le premier


3^

'des Anges. II attaqua fort la Trinité et la dlviDité de Jésus-* Christ.

BILLARD. La Bête à sept têtes, par Pierre Billard.

Ce livre, dirigé contre la société de Jésus, fit conduire son auteur h la Bastille, delà à Saint-Lazare, et ensuite à Saint- Victor. Pierre Billard, né dans le Maine en i653# mourut à Charenton eu 1726.

BISSENDGRF. Jo. Bissendorfii , pastorîs gœdrîn» gensîs diaeres. hildesiens: oodi gordii resolutiof d. i. von beriif , ordination iind einweiliung der Evangeliclj. prediger; wider das nichtige geschwaez Martini Snaiglicii, jesuîters zu Jn- golsiadt. Sme loco , 1624, 2/2-8. Ejusdem auo toris^ jesuiten Latein , iVz-S.

« 

Ces deux ouvrages ont été brûlés par la main du bour«  reau , et Tauteur a lui-même péri par la même main»

BLANKBECKIN. Veo. agnetîs Blannbeckîn qu© sub Rodolphe Abspurgîco et Alberto, I.® Aus* triacis impp. Viennae floniit, vtta et rcvela* tiones, auiore anon^mo Ord, FF. min. e cel# conv. S- Cnicis Viennensis, ejusdem Virginîs confessore. Accessit Pothonis presbyteri et roo«  nachi celeb. monast. Prunveningensis , ounc Priflingensis , prope Batisbonam , ord. S. B«  qui seculo Christi XIl, claruit, liber de mira- culis Sanctœ Dei genitricis Marise, Uirumquo


4« 

optisciilnmex'MSS. Codd. prîmum edîdît R. P, Bcrnarcins Pez, benedictînus et biblioihecaifns , 0ie'liccnhis. Viennœ ^ apud Petrum - Conrad Monath , 1731 , in 8 de 406 pages»

Ce livre rst fort rare , ayant été supprimé «vec le pîiis grand soin par ordre do l%^mpereur. La cause de sa sup- » pression est dans les ahsurdifés , les sottises et le ridicule superstitieux qu'on y trouve : je n'oserais jamais rendre en français ce que l'autour, dans la Vie d'Agnè$ de Blaim- heckin , faii dire à sa héroïne , en parlant du prépuce de de J.-C. ( cbap. 38 et 89 }. Il raconte : Earn aliquando scire desidefassp , curn liicry mis et wa'rore maximo ^ uhinam esset pnrputium Chris Ci : ecce vcro , in instanti sensissé earn iliud , et di/irissimî fjuidcm saporis , in ore , snper lin" _î ^ua vel ccntîes yorsntum , tjuod totidem vicibus de.glutii*ent , I doncc tandem , cum pclliculam hanc tentaret digito atten^ ■ gère , ea sponte in guitur descendent. Le second ouvrage ^ sur les miracles de la Sainte Vierge est tout aussi révol-» tant, parles platitudes qu'on y trouve. Pothon dit :« Qu*une certaine abbesse se trouvant enceinte, la Sainte Vierge lui envoya deux Anges pour Paçcoucher : ils firent les foï?c- tions de sage- femme , et ensuite remirent le bâtard à un liermite , afin qu'il Pélevât jusqu'à l'c^ge de sept ans. »N est-ce pas vraiment outrager la religion, que de consigner dans un livre dont le titre inspire la confiance, les rêves dégoû- tans d'une imagination en délire. C'est Vogt qui m'a fourni ces détails. On Ht, dans les Recherches historiques , cu^ rieuses et remarquables ^ Paris, 172.3, //7-ia , page 365 , un trait qui peut figurer à côté des extravagances que uous venons de rapporter: k Antoine Bourignon était une filU qui uac[ult à Lille en 1616 ^ et mourut en Frise en 1680»


Cette fille asfure aroîr connu, pcir se« révélations, qu'A-

dam , avant son péché , produisait son semblable sans secourt

(le femme , ayant dans son corps le principe tics (^?ux sexes,

c'<\st-à-dirp , doux vaisj^eaux , dont l'un produisait de petits

œufs , ot l'autre une lirjuour qui rendait ces œufs féconds.

Et rjuand l'homme sVchauffait dans l'amour de son Dieu ,

le dcsir r[u'il avait de voir d'autres créatures qui l'aimassent

et Hfloras.ser.t &« suprême Majesté , faisaii répandre , par

le feu (le cet amour , ceite liqueur sur un ou sur plusieurs

de ces ceufs , avec des dcliccs inconcevables. Cet œuf sortait

par une espèce de nez, et ensuite on en voyait éclore uq

homme pariait. Plusieurs savons de ce siècle ont prétendu

que les femmes ont des œufs comme les M^iseaux, etc, ^

etc. , etc. >» De pareilles sottises ne méritent pas d'élro

Tcle'^ëes ; elles démontrent cependant que le talent d'exlra-

vnguer n'est pas exclusif aux hommes , et que le beau sexe^

lorsqu'il veut s*en méler^ y réussit assez bieo.

BLOUNT,. Philostrati duo prîores librî de vîta Apollonii Tlijranensis e graeco in sermonem an^licum translatif notisque copiosis illustrati ^ auctore Carolo Blount, Londini^ 1680, in-Jol.

Cet ouvrage a été condamné en Angleterre en 1698. Les Uf/tes, qui y sont très-nombreuses, sont dirigées contre I«  religion , et ne tendent qu'à rendre l'écriture sainte mépri- sable. On prétend que fauteur a beaucoup puisé dans le Traité de la Vérité de lord Herbert de Cherbury , qui «  <^ci it d*une manière très-hardie; Charles Blount s'est brûlé la cervelle en 1696 , de désespoir de n'avoir pu épouser la veuve de son frère : il était né en i655. C'est un des fameuic déistes, dont les écrits sont marqués au coin de faudaccr et do l'indépendance. Il en « composé beaucoup | tels que




4a

son Anima mundi^ on Histoire des opinions des ancîeni touchant l'état des âmes après la mort. Londres^ i^79f s*/î»8. •- La grande Diane d'Ephèsa , ou P Origine de fldo* làirie , etc. Londres , 1680 , j/ï-8. ^ Janua scientiarum^ Londres, 1684» 1/2-8. *^ Les Oracles de là raison , dans lequel il cherche à prouver qu'il est permis d'épouser'suc- cessîvement les deux ^œurs. Londres^ 1693, zV^-B Religio iaïci, Londres y i683, i/s-ia, etc. Sa f^ie d* Apollonius d^ Thjanes a été traduite en français. Berlin , 4 yo/, s'/z«ia« 

BO D I N. Joannîs Boditii unîverpœ Naturae Thea* trum, in quo rerum omnium effectiices canssd et fines contemplaotur. Lugduni, Roussin p 1 696 , /«-S.

Cet ouvrage a été sévèrement défendu et supprimé ; maie

la suppression n*en a pas été assez ' exacte pour que les

exemplaires en fussent très-rares. G*est une espèce dédia*

logue entre Théodore et Mystagogue. Le premier débite

des propositions singulières et impies, auxqut^Ues Mysta*

gogue répond d*uue manière si faible « qu*il est toujours

battu par son adversaire. Cette production ressemble à celle

de Jules-CésarVanini ; c'est-à-dire, qu'elle respire l'athéisme*

Elle a été réimprimée en Allemagne en 1697 9 et traduite

en français, la même année, par Fougerolles , à Lyon ^

s*/t*8 Le Colloquinm Heptaplomeres de abditis rerum suAli^

mium Arcanis , Libris Vil digesium , manuscrit ( qui n'a

jamais été imprimé ) du même auteur, est encore plus dan« 

gereux que Touvrage précédent. Ce sont des colloques entre

sept interlocuteurs qui attaquent toutes les religions , eo

commençant par Ja catholique ; le luthérianisme vient

\€nsuito I puis toutes les sectes \ les naturalistes out leur

tour» les calvinistes, et enfin les mabométaof* Xi'aeteuf.


43

  1. aît en sorte que les chréiient , dans sa discussion , ont tou-

jours le dessous, et les juifs l'emportent sur les autres II se trouvait une traduction française de ce manuscrit dans 1b bibliotlicquc de fabbé de Rothelin. £ile y a étt vendue 73 livres. Bodin ayant été députe du tiers-i^tat de Verman» dois aux états de Blois, y soutint qu'en France le'domaine royal appartient au peuple, et que le souNerain n'en peut avoir que le simple usufruit. Ce discours fut dénoncé i^ Henri III, qui répondit ( chose asse^ singulière ) : c'eslTopi^ nion d'un homme de bien. Ce roi fit mettre en prison lilichcl de la Serre , gentilhomme provençal , pour UM remontrance qu'il lui avait adressée contre la République de Bodin, Cette remontrance a été impriL-^ée à Paris en 1679, /?i-8 , et la fameuse République do notre auteur a paru en iSyô ^ in^JoL La mpilioure édition est de 1578 ^ parce que l'auteur y profita Aq9 ob.servations de Cujas. Elle coûta, dit-on, trente ùïm de travail à son auteur , qui l'a traduite lui-même en français. Jean Bodia » lié eu i530f •8t mort à I aon en i5g6.

BO N CE R F. Des înconvénieDS des Droits féo» daux , par Boocerf, de Lons-!e-Saunier , 1770^ I vol. in-1%.

Cet ouvrage a été brûlé par la main du bourreau, en Tertu d*un ariét du parlement de Paris et de celui de Besançon. Ce qui est assez singulier ^ c'est que Bouccrf, nommé officier municipal en 1789 , a été chargé d'aller installer le tribunal judiciaire dans le même local où I0 parlement avait autrefois condamné son* ouvrage.

BONFADIO. Jdcobî Bonfadii Annalîum genuen*^ êium , ab aauo x5&8 rtcuperatse iibertatis usque


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ad anniim i55o , Hbrî qnînqne. Papia, apud Hier on* Barùoluni ^ iS^b^ in^.

Cette Hîi^toire a èié funeste à son auteur. Comitie il avait consacré sa plume à la vérité , il indisposa contre lui plu- sieurs familles considérables , qui , pour s'en venger , le firent accuser d'un crime qui méritait la peine du feu. II allaic être brûle vif, quand ses amis obtinrent, par gtâce spéciale , qu*il en fût quitte pour avoir la tête tranchée , ce qui fut exé(Utc en iS6i. Quelle faveur.' Bartbelemi Paschetti a tra- duit cet le Histoire en italien en i586, //i-4. Antoine Sam«  bi c i en a donné une nouvelle édition latine y à Brescia ^ en 1747, inS yjig. '

BOSQUET, Georgî Bosqnetî Hugoneorum here^ ticoium Tolosae conjtjraiorum proflîgatio me- morîae posila. Tolosa^ 1 563, 2/24.

Cet ouvrage a été condamné pa: un arrêt du conseil privé du roi , tenu au château de Vincennes le 18 juin i563 , por- tant : te Le roi. . a ordonné et 01 donne que le livre com- posé ^ar un George Bosquet , habitant de ladite ville do Toulouse, contenant libelle diffamatoire, sera brûlé, et défenses faites à tous libraires et imprimeurs de l'imprimer ne faire imprimer, ne vendre, et à tous de n'en acheter. ♦ Georges Bosquet était avocat au parlement de Toulouse.

BOUCHER. Sermons de la simulée conversion et nullité de la prétendue absolution de Henry de Bourbon, prince de Bearn , par Jean Bou-^ cher, curé de S, Benoist. Paris , 1594, w-8.

Cet ouvrage > imprima avec le privilège du duc de Ma jenne^^


  • 8t très-rafe , parce que , le lendemain de la réduction d« 

Paris j tous les exemplaires que Ton put trouver, furent brûlés par la main du bourreau à la Croix du Trahoir ^ avec ceux de$ sermons de Jean Portliaise , intitulés: Ser» morts de la simulée corwersinn de Henry , roi de Nai^'orre ^ par Jean Portîwise , Théologal de Poitiers, Paris » 1^94 9 »>ï-8. La réimpression des Sermons de Jean Boucher , faite par lui-même, a moins de valeur que l'édition originale» Il faut que les Sermons de Jean Portliaise soient au nombre de cinq, ou les exemplaires sont incomplets. On doit encore à Jean Boucher plusieurs ouvrages plus détestables les uns que les autres , parmi lesquels nous distinguons : De jusùd Henrici III abdicatione è Francorum rcgno , Lib, If^. Parisiis 9 Nivelle, 1689 , />/-fi. C'est la satyre la plus vive qui ait paru contre Henri III Celte édition est préférable à celle de 1691 , quoiqu'on ait dit le père Lelong , n.^ 8141 de sa bibliothèque historique de la France ( première édi«  tiou ) ; cette dernière n*est pas augmentée de XI 1 chapitres* On attribue à Jean Boucher : Apologie pour Jian Chnstel ^ par François de Vérone , dont nous allons parler. Jean Boucher , né à Paris vers i55o, est mort à Tournay eu 1644*

BOUCHER. Apologie pour Jcan'Chastel , parî» sien , exécuté à mort , et pour les Pèi es et Ëscholiers de la Société de Jésus , bannis du royaume de France, contre Tarrest de Parle- ment, donné contre eux à Paris le aç décembre 1694, divisée en cinq parties, par François de Vérone Constantin, (Jean Bouclier), i595, £/^ 8.

U a paru une seconde édition de cet ouvrage exécrablo


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•n 1610 , in-E I et il a éii traduit en latîn sous cf titre r JTesuùa sicarius h. e. yipoïogtu pro Jb, Casteîlo Panstensi mortié snrplicio ajfecio ,^et pro pairihns ac sc/ioiasticis SoCm JTesu. oHm GalHcv regno exterminatis ^ contra cdictum par^ lamcnti olîm Pcirisiis in illos îatmn in V partes trihuta h pranchco de Vérone Cojislaniino, Lugduni^ 161 1, //ï-8. de 319 p«R'^s- ^et ouvrage a été supprimé. On sait que Jean Chaste! a été pîjnî du supplice des régicides ; cVst-à-dire , qu'il a été tenaillé , tiré à quatre chevaux , etc. Il ne fit pas la moindre plainte au milieu des plus affreux tourmens . et s'obstina à dire qu'il ne se repentait pas de son attentat. Quelques ligueurs le regardèrent comme un martyr, et ob- tinrent que Tarrêt du parlement fût mis à Vïndex à Rome* L*ouTrage^ci^dessus est de Jean Boucher ^ qui s'est caché tous le nom de François de Vérone*

« 

BOULANGER. Le Christianisme dévoilé, ou Examen des piincîpes et des effets de la Reli- gion chrétienne (par Boulanger) 1767 , ïVi-S.

Ce livre a été brûlé par arrêt du parlement de Paris , da 28 août 1770. Les motifs de l'arrêt portent que « L'auteur croit avoir dévoilé le christianisme, en nous le représen- tant comme une religion de mensonge et de sang , qui a rempli la terre de fables dangereuses et dcw dissensions cruelles ; et il s'imagine en avoir rendu la morale odieuse , parce qu il Ta déifigurée au gré de son imagination. >» Co livre, disent les auteurs du Dictionnaire historique 9 est une déclamation révoltante pleine de blasphèmes et de sophisme*. On y prêche la tolérance d'un ton de fanatique. L'abbé Bergier l'a réfuté dans son Apologie de la religion chré'^ tienne. Boulanger a encore composé plusieurs autres ou* Trages aussi condamnables que celui que nous citons. Les


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pTÎacîpauT sont, VAniiqvitè dévoilée^ 3 vol. 7Vs«i2 , qui «  été réfutée AenizV Antiquité justifiée , //i-B, par Heuri Fabri d'Autrey ; le Traité du Despotisme oriental ^ i vol. //f-i2 ^ et la Dissertation sur Elis et Enoch ^ in\%. Quelques ao«  leurs ont prétendu que ces dîfTérens ouvrages n'étaient point de Boulanger , et que le Christianisme dévoilé est de Damilaville « mort en 1768 Ce point d'érudition litté* raire n'est point encore éclairci , et Boulanger est tou«  jours regardé comme auteur de ces différentes productions» Il est mort à Par^s le 16 septembre 1769 à trente-cinq ans»

BROWER. Chrîstophorî Browerî, e Soc. Je«. anxîquîtatum et anndlium Tieviieosium libiû Colonies , 1626 ^ in- fol.

^Cette première édition est rare • ayant été supprimée par. ordre de Philippe-Christophe, électeur et archevêque de Trêves. Il y en a une édition de 1670 , imprimée à Liège > avec les notes de Maseo et Ae% figures. Pour avoir cet ouvrage exactemeut complet , on réunit ordinairement les deux éditions*

BRUCCIOLI. Bîblîa en lengna toscana, cîoë,î tultî i santî libri del vecchio y Novo Testa» mento, tradotti, in lengua toscandi dalla be«  braïca verita , e fonte greco j con, commeuto da Antonio Brucciolî. In Venetia ^ 1646, et ann. variis , 7 tomes en 3 vol. infoL

Cette Bible où l'auteur , quoique catholique, parle en protestant , a été supprimée et mise à V Index, Bruccioli cherche à y prouver qu*il est nécessaire de traduire les livres saints en langue vulgaire ^ afin qu'ils soient entre


1rs mains do tout le monrle* Sa traduction , qooîqu 'asâc:^ médiorre , fut du goût dos réformateurs , qui vu donnèrent |dusiciir8 éditions : la plus ample v\ la plus rare est celio que nous ciion». Bruccioii , quî n^aimail ni 1rs inciincs ni les prêtres et qui parlait un peu trop hardiment sur leur compte , eut des démêlés as«ex lÂcheux avec l'inquisition; on prétend même qu'il n'a èvxié la corde que j)ar la pro- tection f'e ses amis , qui firent convertir cette peine en un bannissement do deux ans. Il est mort vers i55Â , Agé de près de soixante ans.

BRUl^US, Spacrio de la bestîa triomphante pro- poslo da giove, encttiiato dal ronsc j»;lo , revc- lato da McMCiirio, leciiaio da ^olia , iidlto da saulino, regislialo dal noiano , diviso in tre dîalogi , subdivisi in lie parti ( Opéra di Gior- dano Bruno Noiano). /aï Pangî , 1684, //i-8.

Cet ouvrage, excessivement impie, a été supprimé avec le plus grand soin ; aussi les exemplaires en sont-ils très- rares. L'auteur attaque toutes les religions dans cette Dérouta ou Expulsion de la Bête triomphante. Il présente d'abord le tableau du paganisme ancien ; et , en le comparant avec la religion catholique , il prétend que les évangiles sont beaucoup plus absurdes que Les ridiculités et les idolâtries des payens. 11 nie l'immortalité de Tame ; il déguise plu* rieurs points essentiels de la religion sous des axiomes de philosophie et do morale bizarre ) et il finit par exclure toutes les religions , et par substituer dans le ciel le nom des vertus morales aux fausses divinités du paganisme. Selon lui , c'est à la loi naturelle à régler les notions du vico ot de la vertu. Il donne un symbole en quarante-huit articles » dont chacun a rapport k quelques coustellations célestes^


• /

„ .49

XJn autre ouvrage de Brunu^ , qui n*est pas moins rare que eelui dont nous parlons > et même qui y fait suite , est :

La Cena de le cenerî descrîtta în cînque dîalogî per quattro interlocutoii , circa doi suggetti. Impresso Tanno i584, z/2-8.

Le titre de cet ouvrage provient de ce que l'on suppose que ces dialogues ont lieu à table le premier jour de carême. L/e premier dialogue est consacré aux diHerentes manières de philosopher , aux propriétés singulières du nombre binaire , au système de Copernic et à l'utilité de la manière de philosopher de l'auteur. Dans le second , après avoir traité des difTérens effets de physique et des singularités de la nature, Brunus propose son système sur l'univers créé. Dans le troisième , il fait voir la nécessité de IVtude des différentes langues, et il cherche à trouver du mystérieux dans les phénomènes et dans les écarts de la nature. Dans le quatrième , il déclare que sa manière de penser est exac- tement conforme à ce qu'il a avancé ; et enfin, dans lo . cinquième , il avance tout ce qu'il croit propre à compléter son système. Nous avons dit que ce volume devait être joint au précédent ; mais il est bon d'y ajouter les deux sui- vans du même auteur : ils sont moins rares , mais ils n'ea sont pas moins nécessaires pour former la collection com- plète de ce que Brunus a dit sur ce sujet : De la causa ^ principio et uno. In Venetia , 1684 , i«-8. •— De VinfiniCo ^ uniiferso et mondi In Venetia, 1684, //z-8. Jordan us Brunus a composé un grand nombre d'ouvrages dont on trouve la notice dans la plupart des bibliographies ; et ils ne sont pas aussi rares que ceux dont nous avons parlé. Il faut cependant en excepter son Cahhala det Capalto Pegmseo , con Vagiunta del Asino Cilcnico, Parisiis , i585 » in^Z de 4s feuillets. Il est composé d'une épitre dédicaioire , d'une

4


So

déclamation remplie d'Indécences sur Tâne et sur Tânesse, de trois dialogues «t de VÂshzo Cilenico, On y retrouve les idées répandues dans Be^ autres ouvrages, dont Débute donne une notice assee étendue. Cet auteur a été brûlé vif à Rome le 17 février 1600 , condamné par l'inquisitioti ^ ainsi que Tassure Scioppius , témoin oculaire.

BRUTUS. Joh. Michaelîs Brutî Historiée Floren. tinœ Libri VIII priores, desinentes ad obilum Laurentii de MecJicis. Lugduni, 1662, in\.

Cette Histoire estimée est rare , parce que les grands- ducs de Toscane en ont fait supprimer un grand nombre d'exemplaires. On regarde la préface comme un ehef- d*œuvre d'élégance , de jugement et de force. L*auteur prend à tâche de contredire Paul-Joye, partisan déclaré des Médicis ; il tombe m4me dans Texcës contraire à celui qu'il reproche à cet historien , en parlant des Médicis avec beaucoup trop d'animosité. Son ouvrage n'est point ter- miné , puisqu'il ne va que jusqu'à la mort de Laurent de Médicis arrivée en 1492. L'auteur , obligé de quitter l'Italie , pour avoir parlé un peu trop librement de la maison des Médicis i comme nous l'avons dit, n*a pas jugé à propos de mettre la dernière main à cette Histoire. Jean-Michel Brutus ^ Tié à Venise vers i5i5, est mort en Transylvanie en iSgS.

BRUZEN. Lettres critiques où Ton voit les 8en«  timens de M. Simon sur plusieurs ouvrages nouveaux , publiés par un gentilhomme alle- mand ( Bruzen de la Martinière ). Basle, Vac- kermann , 1699, z/z«i2»

Ces Lettres sont un reste de deux ouvrages 'intitulés :


5i

Dom Faussaire et Dam Titrier^ qui furent brûlés à Dieppe | «Iles renferment une yioleate satyre contre les éditiops de$ bénédictins. L'auteur «st Bruzen de la Matitûère , neveu de R. Simon. Ces Lettres ^ curieuses et rares , n'ont point été insérées dans les Lettres choisies de M, Simpn ^ oii.fon irom>e un grand nombre de Jaiis , anecdotes de littérati^re ( par le même Bruzen ). Amsterdam , Delorma , lyoo, in»j^. Le Recueil- suivant a été avoué par le même Bruzen ; Lettre^ de M. Simon , augmentées d'un volume et de la Vie ds^ fauteur, par M. Bruzen de /^ M^rpinière. Amsterd^ip^ J/hrtier^ lyS* , 4 pol, in-i^.

BULLES. Summorum pontiHcum prBedpu9 Bullae coinbust^ aut suppreesa?, prapsertitn apud GaIlo8»

Kous avons cru que l'Histoire abrégée des Bulles qui ont été lacérées, brûlées ou supprimées, surtout en France , trouvait naturellement sa place dans notre ouvrage. Nopi parlerons donc des principales , en commençant par cellea ijui ont été lancées par Bonifaçp VUI 9 an Uepfipt fl^ jpf filamélés avec philippa-le^fiel.

Ce pape , très-ambitieui^ , voulais exécuter le projet, forme depuis long-temps par %e^ prédécesseurs (i) , d'usgrper I9 puissance suprême , et de se placer au dessus des empe«» ireurs et djcs rois , non»9eulemept au spirituel , mais m^mp f^v^

(1) \yk% 1076 f on avait vu Grégoire VII teair un synode à Rome , 4an5 lequel \\ rendit unç ^enten^e tçrri^le contre Henri IV , tmfexiex^t 4*Alleniagne ; j^lle était ponçu9 ^n ^es termes ; a De la pgrt d; pieif lotit -puissant, Pèrei Fils et Saint- Esprit , fC par l'autorit^ de Silin| pierre » prince des Apôtres, jç défends k Henri , fils df l'emp^^ur l(f nf| | 4e gouverner U royaume Teutonique et Tltatie ; j'absoi^s cou| les fiir^y ficos 4m H^a^nt ^ u*iM Ivi ont pr JM 01^ fUwt^nx 1 f% )$ iiiçni^ | (^i^n


temporel. La première fois qu'il manifesta cette vue ambî«  tieuse , ce fut dans le différend qui eut lieu entre Philippe-


personne de le servir comme roi , le chargeant d'anathèrae , etc. , etc. Henri IV s'*empressa de désarmer la colère du pape. Il alla en Italie , à Canosse, forteiesse où le pape s*était retiré; il fut obligé de demeurer trois jours nus pieds et couvert d*ttn cilice dans Tenceinte de cette for- teresse ; enfin, le quatrième jour, le pape permit qu*il parût en sa pré- sence. Grégoire consentit, par acte du iS janvier 1077 » à ^"^ donner Tabsolution, à condition qu'il se justifierait en Allemagne dans une diète générale de tous les crimes dont on Taccusait; que le pape, qiii serait présent, le jugerait, et que, jusqu'à ce temps-là, il ne porterait aucune marque de la dignité royale ; qu'il serait à l'avenir parfaitement soumis au saint siège , et qu'il laisserait au chef de l'église une entière liberté de faire en Allemagne , par ses légats , toutes les réformations qu'il juge- rait nécessaires. Henri promit , avec serment sur l'évangile, de faire tout ce que Grégoire exigeait de lui. Ce Grégoire est , selon Fagi , le dernier pape dont le décret d'élection ait été envoyé à l'empereur pour être confirmé.

On a vu quelque chose d'assez plaisant en fait 4*6xcommumcatîon dans

le 13.^ siècle. Le pape Innocent IV tint, en 1245 , un concile général à

JLyon , dans lequel il excommunia et déposa l'empereur Frédéric 11^, et

ordonna que sa sentence {ùt publiée partout. Un curé de Paris monta en

chaire , et au lieu de faire la lecture de la Bulle avec les cérémonies

accoutumées, il dit à ses paroissiens :«< Vous savez, mes frères, que

j'ai ordre de fulminer une excommunication contre Frédéric; j'en ignore

le motif; tout ce que je sais , c'est qu'il y a entre ce prince et le pape

de grands différens et une aliénation implacable. Dieu seul connaît qui

des deux à tort; c*est pourquoi, de toute ma puissance, aussi loin qu'elle

peut s'étendre , j'excommunie celui qui fait injure à l'autre, et j'absous

celui qui la souffre. »f On dit que l'empereur, instruit de cette anecdote ,

envoya une récompense considérable au prédicateur ; mais le pape et

Saint-Louis blâmèrent cette indiscrétion ; et le mauvais plaisant fut obligé

d'expier sa faute par une pénitence canonique. Lorsque Saint-Louis , en

passant par Lyon pour aller à la Terre-sainte , représenta à Innocent IV

que sa dureté envers Frédéric II pouvait attirer de fâcheuses affaires à

In France pendant qu'il serait en Orient, le pape répondit: »» Tant que

je vivrai , je défendrai la France contre le schismatiquc Frédéric, contre*"


53

le-Bel et Edouard II , roi d'Angleterre : ce pape se déclara médiateur; puis rendit une Bulle par Uq.uelle il donnais le tort à Phîlîppe-le?*Bel , et lui ordonnait d'aller au Levaot faire la guerre aux infidèles. Comme on lisait cette Bulle en présence du roi» de Charles de Valois, son frère , de Robert , comte d'Artois, et du comte d'Evreux j le comte d'Artois , aussi indigné que Philippe, des principes exagérés du pape et de ses expressions révoltantes , arracha I-a Bulle des mains de l'ambassadeur anglais qui la lisait et la jeta au feu» Le roi protesta qu'il ne ferait rien de ce que le pape lui ordonnait» C'est peu après ce temps , en i3oo ^ qu'au jubilé ,. Boniface VI 11 parut devant le peuple , tantôt en habits pontificaux,, tantôt en habits impériaux, disant: Ecce duo gladii , hîc vides , 6 Peire , successorem iuum ^ tu y saîutifer Christe ^ cerne iuum vicarinm^ Alors il mani- festa le dessein qu'il avait de se rendre seul monarque spirituel et temporel de la chrétienté. Il le prouva encore davantage par la publication du 6^* livre des Décrétâtes. compilé par lui , où \a constitution qui commence par unant sanctam^ porte : « Qu'il ne doit y avoir qu'une puissance en terre, savoir l'ecclésiastique , qui a les deux glaires spirituel et 'matériel ; que l'un doit être manié pour l'é- glise, et l'autre^ par l'église ; l'un par le préire , l'autre par le roi , mais à la volonté du prêtre. Que si la puissance séculière erre , elle est jugée par la spirituelle souveraine.* Pour la spirituelle , il n'y a que Dieu seul qui la puisse juger. Enfin > il conclut qu'il faut croire de nécessité de(


le roi d*Angle terre ,. mon vassal, et contre tous ses autres ennemis, hi Innocent IV a résidé à Lyon pendant six mois et quatre ans ; il en est sorti en 1251* H avait placé Marcellin, évéque d'Ârezzo, à la tête <l*une armée qu'il envoyait contre Frédéric II. Ce prélat^ ayant été pus» €iit pendu 'par ordre de ce prince*


lalut , que toute fiùitiaine Cfëatufe ^it sufétte âfl pônitfe fdltiaiil. I» Sue la fln de i3od ^ le pape edvoya à Parla \'é^ 1ré(fue de Pamierâ pouf cnjolndfc â Philîppe-le-Bçl de faire le voyage de Ja Terre -sainte^ et poùf autre sujet â^ssi âîngulier. Cet éiféque , voyant que le roi li*^étah foîot d'aviâ d'obéir aveuglément au pape , le ttenaôa de ) 'interdire ^ ainsi que le royaume , et soutint la puissance du pontife iur tous les princes souverains. Philippe indigné, fit mettre Cet évéque factieut eti prison ^ tant pour tes propos inso* lens, que parce qu^il cherchait à Soulever secrètement let français contre leur roi. Le pape f irrité de cet emprison* nement ^ envoya un autre légat» Jacques de Normans ^ archidiacre de Narbonnc , »on notaire et son nonce > et lu! enjoignit de commander à Philippe le-Bel de délivrer l'é*» véqiie de Patnicrs , et lui ordonna de signifier à ce prince une petite Bulle , par laquelle il lui déclare qu'il est son aujet au temporel comme au spirituel* Voici les termes de cette Bulle, ainsi que je l'ai trouvée traduite dans ua> de nos historiens (f)« 

fioKit^AcÉi serviteur des s^rvltetirs de Gieai^

A P H I L I P P E , ro/ d€s FranpaiSé-

ft Craigne^ te Seigneur et gardez set comltiAiidemeti#w Nous voulons que vous sachiez que vous^nous êtes soumit- dans le temporel comme dans le spirituel ; que l» collaiioi» des bénéfices et des prébendes uo vous a-ppartient en aucune toahicre ; que Si vous ave^ 1» garde des église» pendant \^ vacance , ce n*est que pour réserver les fruits à ceut qui en seront pourvut» Si vous avei^ conféré quelques bénéfices ^

(i) Elle est aussi en latin , ainsi ({ue la réponse , dans VHiitolre iti ÈHffénfid d'cntn Bonifau FUI a PUip^€-^'Btl. Paris». 1655 ,111-/02^


S5

Rotrs déclarons cette coIUtioti nutte ponr le droit ; et pour le fait , nous révoquons ce qui s*e8t passé en ce genre : ceux qui croiront autrement > seront réputés hérétiques. » Cette Bulle était accooïpagnée dé deux autres ; par Tune, te pape suspendait tous les privilèges accordés par lui au roi et à ses successeurs ; et , par Tautre , touS' les prélat» de France devaient se rendre à Rome aux ealendes do novembre suivant, pour aviser aux désordres et entreprises qui se faisaient par le roi , etc, ; et ledit roi et ses effi* ciers seraient bien châtiés , si le pape le trouvait conve* nable. Philippe-le-Bel ayant assemblé et pris les avis des trois états du royaume, fit U4ie vigoureuse réponse à Bo«  niface , après avoir fait brûler sa Bulle en sa présence et en présence de la noblesse. La voici , cette réponse ^ telle que )e l'ai trouvée dans la source qui m'a Soutni la Bulle précéder»ment citée»

Philippe, par la grâce de Dîeti^ roî des Franeais»

A BoNlPACB , prétendu pape, peu ou point de salut»

« Que vatre très^grande fatuité sa<;he que nocrs ne sommes soumis à personne pour le ^ero^porel ; que la collation de» bénéfices , les sièges vacans nous appartiennent par la droit de notre couronne ; que les revenus ^ts églises qui vaquent en régale sont à nous ; que les provisions que BOUS avons données et que nous donnerons, sont valides ^ et pour le passé et pour Tavenir 5 et que^^ous maintien* drons de tout notre pouvoir ceux que nous avons pourvus et que nous pourvoirons : ceux qui croiront autrement seront réputés fous et insensés. »

Nous devons dire aussi que^ dans l'assemblée des états ^ il fut publié un édit portant étroites dc&nses de tirer argent iigrs du royaume pour les afiaic/DS de ceux de Rome j et^


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par autorité de la cour, les oxcommunrcatlons furent decTa* xèrs abusivofi.

Jn no rrrcUemlrat pas davantage sur l'histoire des Bulles de BoniiHce VUI ; il en adonné plusieurs autres (i) ; mais )'ai cité lus plus intéressantes ; je ire m'appesantis pas sur l'histoire de ce pape , sur sa fin , peut-être moins malheu- reuse que bien méritée, i>i sur la manière peu avantageuse dont Ph^lippe*le-Hel a tiré parti de ces fameux démêlés ; cela n'est point du ressort de mon travail. Cependant fl faut convenir que rien n*esi plus honteux que l'es accusation» dont ces deux souverains se chargeaient réciproquement , non pas directement , mais par leurs délégués. Ouplessis^ dans une assemblée générale des trois états de Franco , tenue en i3o3 , accuse le pape « d'être hérétique (a) ; de no point croire l'ino'mortalité de Tame , et encore moiirs la vio éiernelle ; de prétendre que h fornication n'est pas péché ; d^avoir approuvé le livre d'Arnauld de Villes- neuve , condamntf par l'évéque de Paris (3)j d'être sorcier^


(i) Il en préparait une In veille qu'il fut pris par Nogarèt à Agnanir dans laqucHc il disait; Qu*il avait eu le pouvoir de gouverner les rois avec la vcigc de fer , et de les briser comme d^s vases de terre. Mais elle n'eut pas lieu.

(2) Maffredo, l'un des domestiques ilu pape , et treive autres témoins^ ont déposé que ce pantifo avait insulte plus d'une fuis à la religion; qui le rendait si puissant, on disant ! ^^A/ ^m« de bien nous a fait attê fubU du Christ ! Ce mot est - il présumable ? Je ne le crois pas. M. do Lai... prétend qàe ce mot a été dit par Léon X au cardinal Bembo^ ot que ce même c^ndinal disait : «« Je ne puis rendre raison de rien en

  • > physique ni en morale ,. si vous n'admettez Jdsus-Chrht. »r

(3) Ainauld de Villeneuve a composé plusieurs ouvrages condamné* par runivcrsité de Vim et par l'inquisition, qui voulait le poursuivre. Ses principales erreurs sont que l'étude de U philosophie doit être bannie àts écoles, et les théologiens ont très-mal fait de s'en servir* que les moines corrompent la doctrhic dt Jéiui-Chriit j qu'ils loni sans charité


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^^îmonlaque ; de soutenir que le pape ne peat commettre simonie , ce qui est hérétique ; d'être sodomiste ; de conf- ira indre les prêtres à révéler les confessions ; de manger de la chair en tout temps ; de déprhner les moines 9- de donner de grands biens à ses parens ; d'avoir démarié son neveu pour le faire cardinal ^ d'avoir fait paraître dani toutes ses actions une forte haine contre les français f d'avoir dit qn'rl aimerait mieux étie chien que français; d'avoir entrepris de ruiner le roi de France , parce qu'il ne reconnaissait que Dieu seul au ten>pore! ; enfin, da regarder tous les français comme patariens (hérétiques), v D'un autre côté , l'évéque de Pamiers accusait Philippe-le«  Bel te d'être faux-monnoyeur 5 de n'être point de ia race de Cliarlemagne , mais de batardis "vel spuriis oriundus ; de n'être nec homo , nec bestia , sed imago ; de ne rien savoir du tout , nisi respicere homines ; d'être indigne et incapable de gouverner la France ; d'avoir une cour fausse » corrompue et infîdelle , et d'en être le modèle , etCm » Nous ne pousserons pas pins loin ces complimens royaux , ils donnent une idée du siècle témoin de ces scènes scan* daleuses.

Passons à la fameuse Bulle de l'en tî-pape Benoit XIII, datée de Marseille le 19 mai 1407 , et renfermée dans une autre du 19 avril 1408. Par cette Bulle, il excommuniait tous ceux qui empêcheraient l'union à laquelle il travail- lait et qui s'opposeraient à ses bons desseins , soit en appe-


et qu'ils seront damnés éternellement ; que les fondations des bénéfices ou des messes sont inutiles ; que celui qui ramasse un grand nombre de gueux et qui fonde des chapelles ou des messes perpétuelles , encourt la damnation éternelle, etc. Le fameux Marrana accuse ce médecin dont nous rapportons les erreurs , d'avoir essayé le premier la génération humaine dans une citrouille*


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lànt de son trîbntial ^ comme Tuniirersîté avait cTépi fait^ toit en faisant ou favorisant la soustraction , fût-ce un empereur et un roi ^ il mettait tous ses états en i.nterdit^ •t dispensait tous ses sujets du serment de fidélité. Cette Bulle fut lue daos le conseil du ror Charles VI , auquel •ssistërent , outre les princes du sang> le parlement» le clergé et l'université de Paris. Elle y causa une indignatioti* générale ^ et le se mai 1408 ^ il fut conclu en plein conseil que Benoit était , non-seulement schismatique, mai3 héré» tique ; qu'il no fallait plus lui obéir ni reconnaître en lui Aucune dignité ; qu'il n'était plus pape ni même cardinal f que ceux qui lui adhéreraient seraient punis comme fau* leurs de crime ; que teutes les collations des bénéfices faite» par lui depuis le S mai seraient nulles ; que 1» Eulle devait être déchirée publiquement par le recteur de Funiver*^ eité y comme injurieuse > séditieuse et criminelle de lëse*^ majesté , etc. En même lemps on présenta la Bulle an roi » qui la donna au chancelier y celui-ci la remit au recteur qui mit le canif dedans et la déchira en présence de tout le monde». Les porteurs de cette Bulle , Sanche Lopez , qui était Cas» tillan , et lecuyer du pape, qui était Arragonais , fureut condamnés, le lundi 20 aoOt 1408 « à être mitres «.pilorisée el à faire amende honorable. On les conduisit à la cour 4u Palais sur deux tombereaux qui servaient aux boues de- Paris : ils étaient vêtus chacun d'une tunique de toile peinte on étaient les armes du pape renversées. On le» expos» sur un ^chafaud, ayant en tête des mitres de papier; quand ils eurent fait amende honorable , on les ramena dans les prisons du Louvre , et le lendemain on les exposa de nou<«- Teau au parvis de Notre-Dame. Sanche Lopez fut con- damné à une' priaon perpétuelle, et l'écuyer k troia ane seulement. Vers iSiQ^, Louis XII eut de fi»rta démêlés »?ee te pape^


Jutes tî f celui - ci dêtnfitidd k c6 fol quefques villes sur lesquelles le saint siège prétendait avoir des droits*^ Louis Xll les refusa , et fat excommunié. U dit , en apprenant que le pape voulait l'excommunier t Eh quoi t est- ce son emploi de ntédif-e ? £t eomme on lui disait que ce pape entreprenait sur le temporel des souverains , il répondît: tÊpparemment quit a bien du temps à perdre ; S, Pierre avait bien d'autres choses àjhire que de se mêler des affairer des empereurs sous lesquels il loipaii, Louis XII , excom-» tnunié , en appela au concile général de Pise. Ce concile inquîéHi beaucoup le pape ^ qui ne voulut pas y paraîtra. Dans la ij^ session, tenue le li avril i5f2 , il fut déclaré •uspens par contumace. Ce fut alors que ce pape , ne gar-*^ dant plus de mesure ^ mit le royaume en interdit « et délia (es sujets Aut sernrent de fidélité» Louis Xil irrité fit eicom* tnunier à son tour Jules II f et fit battre des pièces de- monnaie qui portaient au revers v Perdam Babylonis nomen ; Je ditruirai jusqu'au nom de Babylone» Le pape opposa au Concile de Pise celui de Latran , dont l'ouverture se fit le 3 mai i5»2 ; mais il n'en vit pas la fin : une fièvre hente l'emporta le 21 février i5t3 , à Page de soixante* dix ans.

£h r58b y OIT a publié à Paris un petit volume fort rare^^ qui a été brûlé par arrêt du parlement ; il contient 23 pag. Son titre est : Litterœ y processus ^ Gregorii XI II , lectœ die Cœnœ Domini^ anno i58o. Parisiis , Brumenius, 1S80 , /»-8» La Bnlle qur se trouve dans ce petit ouvrage» est connue sou« le nom de in Cœna Domini ^ parce qu'on la lisait tous les ans le jeudi saint à Rome. Cette coutume a cessé sous le pontificat Clément XIV. Cette Bulle fameuse est composée de plusieurs Bulles ; on la fait remonter jus- qu'à Grégoire XI dans le 14.* siècle ; c'est Pie V qui , en 1668 y ordonna ^a'eUe serait publiée ^ npo - seulement à


i5o

Rome, maïs chez toutes les puîs^nces ( qui , presque touteriï la rejetèrent). Elle a pour objet la jurisdiction de la puis- sance ecclésiastique et civile, et surtout les immunités d«  l'église. Elle excommunre les princes qui exigeront des ecclésiastiques quelque contribution que ce puisse être z elle défend d'imposer de nouvelles tax^s sur les laies, sans ' une permission expresse de Rome. Les nombreuses excom* DHinications qu'elle porte sont toutes réservées au pape. Elle excommunie quiconque appelle au futur concile, des décrets ou sentences du pape , quiconque enseigne que la pontife est soumis au concile général, «Z^. C'est en i58o , sou« Grégoire XIII ^ qu'on essaya de &ire publier cette BuUo en France. Quelques évoques , profitant des vacances da parlement> la firent publier dans leurs diocèses. Mais > sur les plaintes du procureur du. roi , le parlement ordonna que l'on défendrait la publication de la Bulle dans les lieux où elle n^était point encore parvenue ;.que les archevêques y évêques ou. leurs vicaires qui l'avaient fait publier, seraient cités à comparaître, pour répondre aux interrogatoires du procureur du roi ; et qaen attendant , il serait procédé h la saisie de leur lempoi^el. Défenses Curent faites que per- sonne eût à empêcher l'exécution de cet arrêt, sous peiuQ d'être traité coinme criminel de lèse*majesté ; et le volum» qui contenait la Bulle a été brûlé , comme nous l'avoqs dit plus haut. Un exemplaire « qui existait dans la bibliothèquet de Gaignat , a été vendu 5o- livres : il était enrichi d9 l'aiFét de condamnation , et scellé du cachet du nonce du pape.

Le 9 septembre iS&5, Sixte-Quint lança une Bulle foa« 

droyante contre le roi de Navarre ( depuis Henri IV ) et

contre le prince de Condé. Après avoir relevé la puissanceç

' et l'autorité pontificale au-dessus des bornes légitimes >

ce pape dit qu'il est obligé de &'armer du glaive apostolique


6s

contre deux enfans de colère ; qu'ils ont l'un et l'autre abusé de la clémence du saint siège ; qu'il les proscrit comme hérétiques , relaps , fauteurs d'hérétiques , défen* seurs publics et notoires de Thérésie . ennemis de «Dieu et de la religion ; en conséquence , déclare le roi de Navarre déchu de tous ses droits sur le royaume de Navarre et sur la principauté de Béarn , incapable de succéder à aucune souveraineté , et particulièrement à la couronne de France; le prive , ainsi que le prince de Condé , de tous droits et privilèges attachés à leur rang y et leurs sujets absous du serment de fidélité. Cette Bulle fut reçue en France avec des transports de joie par les ligueurs, qui s*en ser- virent pour rendre Henri III odieux. Mais le roi de Navarre y répondit d'une m/inière très-forte , et il fit afficher sa réponse , par le moyen de ses amis , à Rome môme le 6 novembre , dans toutes les rues et aux portes de tous les palais des cardinaux , à celle même du Vatican. En voici un extrait. K Henri , par la grâce de Dieu , roi de Navarre , prince souverain de Béarn ^ premier pair et prince de France , s'oppose à la déclaration et excommunication de Sixte V^ soi - disant pape de Rome , la maintient fausse et en appelle

comme d'abus en ce qui le touche d'hérésie de

laquelle il est faussement accusé , dit et soutient que mon- sieur Sixte , soi - disant pape , sauf sa sainteté , en a faus- sement et malicieusement menti, et que lui-même est hérétique. ••• ; qu'il le lient et déclare pour antechrist et hérétique , et , en cette qualité, veut avoir guerre perpé- tuelle et irréconciliable avec lui ; que si , par le

passé , les rois et princes ses prédécesseurs ont bien su ehâtier la témérité de tels galans , comme est ce prétendu pape Sixte , lorsqu'ils se sont oubliés de leur devoir et passé les bornes de leur vocation , confondant le teiùporel avec le spirituel : ledit roi de Navarre , qui n'est en rien


6%

infètltur k fii«^ eipibre que Dieu lui fera la grAce de vitng(*r rinjurc f«ite k son roi^ k sa tniiison , k son sang et k toutes les cours de parlomens de Franco , sur lui et $e$ successeurs , #/^. » Cette protestation fit beaucoup de peine h l'orgueilleuK Sixte-Quint : il ne pouvait pas concevoir comment on avait osé l'affiohar k Rome. Il en fil suppcimer tous les exemplaires (i),

Grégoire XIV , milanais de nation , fit fulminer k Rome deux Bulles du premier murs i5gi \ par l'une desquelles ( suivant celle de Sixte V ) , il déclarait Henri IV hérétique , relaps , excommunié et privé do son royaume ; par Tautre , il mettait en interdit les ecclésiastiques qui rendaient obéis* aance au roi. Il envoya en France un nommé Marcilio Landriano , en qualité de nonce , pour les y faire fulmi» ner^ et, sous ce prétexte | jeter la rébellion dans le cœur des français I qui > en partie | n'y étaient déjà que trop disposés. Par orrét du parlement, séant k Flavigny, du t9 fuiliet 1691 t ces Bulles furent déolarées nulles , abusives, contre les décrets, privilèges et libertés de l'église gaU licane , autorités et prééminences du royaume; l'arrêt porte en outra que ledit Landriano , nonce , quoique part qu'il puisse être , doit être appréhendé , pris au corps et amené sous bonne et sûre garde en la Conciergerie du palais i que celui qui le livrera aura lOiOoo livres ; défen» dant, sous peine de roort| k qui que ce soit de le loger 9 recevoir ; et par autre arrêt du s3 août même annéa ijiçi ^

(t) Csfts profesfition ■ donntf lisu k un psttt livrs Itslisn tr^s-curieuK et bien éet\t « întituM t Aviso piêtêvotê éâêo ûIU htUâ Itêtiê « da un nohlt§ glované franettê , êopra ta mtntitâ data dai r$ di Savarra a papa StMto V» \n Moniço, 1||86, p$tit in'^, 11 y ■ ti'sutrsi ouvragei, tsU qus U Brutum futmêii (Is Frin^oii Hoiman, tf8f » M- 8. thy$n0 f$ku9 du K$ifri$ ti SM$ âê SUfêê'flHinif ijléf M-8 » fts.» fil*


63

il a éto orclonni (J^e la Bulle de Grégoire XIV «era brûlée tievant la porte du palais. On y déclare Grégoire, noi* disant pape , XIV du nom , ennemi du roi , de l'état de France , et de la paix de* la chrétienté ; et on donne act«  eu procureur-général de Tappel par lui interjeté au Aitor concile légitimement assemblé , de Tintrusion au saint siège apo8toli(}ue , du cardinal Sfrondat» soi-disant Gre* goire XIV.

Les bornes de notre ouvrage ne nous permettent pat d*entrer dans de plus grands détails sur Ms sortes de Bulles ^ et d'en citer un plus grand nombre. Nous croyons noue être attachés aux principales. Nous déclarons aussi que nous avons passé sous silence un grand nombre d'écrite relatifs aux divisions de l'église dans le« ijJ" siècle et au commencement du 18/ ( i ). Ces ouvrages , qui out été censurés , supprimés ou brûlés , n*inspirent maintenant qu'un faible intérêt ; et ils sont si nombreux que la nomen* clature seule formerait un volume : nous avons cependant


mmu^t


(i) Ces (Vivisions, relatives au jansénismey ont pris leur source dans la Bulle d'Innocent X, publiée le 31 mai 1653 , contre let cinq propo* sicions de Jansénius , évéque d*Ypres. Let trois premières y sont décla* rées hérétiques, la quatrième fsusse et héiétique » et la cinquième, sur la mort de Jésus-Christ, fausse, téméraire et scandaleuse. Cette Bulle alluma dans l'église de France cette guerre malheureuse qui a causé tant* de scandale , parce que plusieurs rejetèrent les cinq proposition^ , n^ voulant pas convenir qu'elles fussent dans Jansénius. Pour terminer ces dissensions naissantes, on crut devoir faire signer un formulaire de Rome» où. Ton reconnaissait qiie les cinq propositions étaient dans Jansénius* Ceux qui se roidirent contre cette signature furent traités comme cou* pablcs. Les religieuses de Port*Royal, qui refusèrent de signer» sous prétexte qu'elles ne savaient pas le latin , furent enlevées et disper* secs par ordre du roi , et on rasa leur maison. Quesnel , oratorien , publis des Réfltuions moraUs surli Nouttau Testament qui causèrent de nouveaus: troubles. Le confesseur du roi Le Tellier » ennemi de Quesnel et des


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cit«s I«8 plus intéressans ; nous renroyons « pour le sur* plus , k la Bibliothèque des jiuteurs ecclésiastiques de Louis* JCllies Dupin; à V Histoire générale des Auteurs sacrés et ecclésiastiques de Rémi Cellier ; k Y Histoire ecclésiastique de Fleury, eic.^ etc.

Nous dcrrions peut-être ajouter ici un mofjBur les Thèses qui , soutenues en Sorbonne , ont été condamnées et sup«- primces ; mais cela pourrait nous mener trop loin ; ccpeO'- dant nous en citerons deux ou trois de ce genre. En i53i , un nommé Grandis avança dans ses Thèses quelques pro» positions qui pouvaient porter atteinte aux libertés de i'é* glise gallicane. Par arr^t du parlement de Paris^ du i3 juillet i532 9 il fut ordonné que Grandis déclarerait qu'il a incon- aidérément soutenu telles propositions.

En iô6i« un bachelier en théologie , nommé Tanqucrel , présenta en Sorbonne cette assertion : Si le roi se sécaraiù de la religion catholique , le pape pourrait le déposer. Par arrêt , il fut déclaré que cette proposition avait été sou- tenue indiscrètement et inconsidérément ^ que le contraire «st véritable , et que Tanquerel s'en dédirait , et supplierait le roi de lui pardonner son offense. Néanmoins on repré- senta que cette question s*agitait aux écoles doctrinaliter ^ et non juridicè , par forme de discours seulement t et uoa pour la décider et la déterminer.


jansénistes , persuada à Louis XIV de demander à Clément XI la con«  damnation des Réflexions, Cela fut fait , et cent une propositions de Quesnelfurent censurées en 1713 par la fameuse Bulle Unigenituj.Quclques' unes de ces propositions parurent exactes , telle que celle-ci : La crainte d'une excommunication injuste ne doit point empêcher de faire son devoir ; et elles devinrent le prétexte de mille réclamations. Quarante évôquçs acceptèrent la Bulle. Cette acceptation était ordonnée par le roi; mais un moindre nombre la refusa. Mille querelles s*élevèrent à ce sujet» et mille écrits furent brûlés » censurés et supprimés.


6S

Ifar arrêt du parlement de Paris, du 4 septembre 1624, «n faveur de l'université do Paris, la cour, après avoir adraonostô un nommé do Clavcs , a ordonné que ses Thèsog seraient déchirées » et que les nommés de Claves , Villoa et Bidaul sortiraient do Paris , avec défenses d'enseigner la philosopliie dans les universités du ressort de ce par* Icmetit ; fait défenses à toute personne de mettre en dis- pute les propositions portées en icellos thèses > et fait encore défenses , sous peine de la vie , de tenir ni enseigner aucune jnaximo contre les autours anciens et approuvés > ni faire aucunes disputes que celles qui seront approuvées par les docteurs de la faculté de théologie*

Par arrêt du 2a juin i663 , une Thcso de théologie , qui devait être soutenue en Sorbonne, a été supprimée , comnid contraire aiix privilèges de Téglise gallicane, en ce qu'ello élevait la puissance du pape au-dessus des conciles généraux.

Eli i'j!)( , Tabbé de Prades soutint en Sorbonno una farncuRo Tluîse , qui, quoiqn'approuvéo jiar le syndic, n'en est piis moins un monument public d'irréligion. Celte Thoso fut condamnée par arrêt du parlemcrjt, censurée par la Sorbonno le 27 janvier 1752 , et supprimée par mandement de l'archevêque de Paris et par Benoit XIV. Dans cette Thèse , l'auteur avance les propositions les pins hardies et les plus fausses sur l'essence de famé , sur les notions da bien et du mal moral, sur l'origine de la société, sur la loi naturelle et la religion révélée , sur la certiîude dia fait» liisloriques , sur la chronologie et l'économie des lois do IVloyse , sur la force des miracles pour prouver la révéla- tion divine , sur le respect dû aux saints Pères ; il compare les giicrisons d'EscuIape à celles qu'a faites Jé.sus-Chrîst (i)»


(i) Cola me rappelle un Traité de Guillaume Adcr, médecin de Tou- louse , impiimd en l62t 1 soui CC titre ; dt JH^^rotis tt mothis Evangi"


\B6

L*abbé de Prades s'étant retîro à Berlin , publia une apo^ logie de son ouvrage qui est dans le même sens , et sur^ tout dirigée contre ses censeurs > qu'il ne ménage nulle- ment ; ensuite il se repentit de ses erreurs , signa , le 6 avril 1754 , une rétractation solennelle qui le réconcilia avec le pape et la Sorbonne. Il est mort à Glogaw en 178a.

B U R Y. The naked gospel , dîsconverîng : I.? what was the gospel , wîch our Lord and Lis apostles preache ; %.^ what additions and. altérations latterages hâve madeîn it;3*owhat advantages and damages hâve thereupon en- fuld. Now first piiblished by Arthur Bury» Loru dorif Nathan Ranew^ 1691 » in-j^.

Ce livre impie a été condamné , par Funiversité d*0)r- ford , à être brûlé ^ aussi est-il très*rare^ même en Angle- terre, Arthur Bury , dans cet Evangile nu , cherche à simplifier le christianisme : il réduit la croyance nécessaire < pour être chrétien aux points les plus simples , et croit que , pour être chrétien , il suffit de croire que Jésus-Cbrist est le Fils unique do Dieu. Selon lui , la consubstantia- lité du Verbe était un dogme inconnu aux premiers chré* tiens. Il prétend que, du temps de S. Justin , dans le second siècle , on regardait encore comme chrétiens ceux qui croyaient que Jésus-Christ était homme , né do Tbomme , et que l'on parlait de ces gens-là sans leur dire des injures


Ucts, L*auteur y examiné sî Ton aurait pu guérir , par la médecine » les mala* tiies que Jésus-Christ a guéries par miracle; il décide que non, et que ces infirmités étaient humainement incurrables» Vigneul Marville pré» tend qu*Ader n*a composé ce livre que pour eu faire oublier un pré«  C(idcnt 'bù il soutenait le contraire.


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chargé de tuer un excommunié , peut donner cette corn» . luission à un autre , et cVst un acte de charité que de ' l'accepter , etc. , etc^ Ces principes , qui ne sont plus do • saison, et qui n'auraient jamais dû en être, ont été géné- ralement condamn(^s > même par les jésuistes. Herman Bu* sembailm , né en Westphalic en 1600 , est mort en i668« 

\ CALENTIUS. EIjsîî Caleniîî poetae clarîssîmi opéra omnia, scilicet : Eleglarum LibrS III; £pigrammatuxn libelius; EpislolarumLibri lil; Hectoiis Horrendae apparitîonis liber ; de Bello Kai>arum Librî III ; Sa(yrarum Libri , carmenr niJi|)tiale et noya Fabula. Romœ ^ per Joanmam de Besihen , 1 5o3 , in-JoL

La rareté de cet ouvtagè prbvîeiiV de ce qu'il a été sup- primé secrètement ,; quoique muni da privilège de là- cour de Rome. Il renfc^pft^; de« poésies libres et hasardées. Les réimpressions de ces différentes pièces sont peu estimées^ JSlisius Calentius mourut vers i5o3.

CAMPANELLA..TIiomae.CaïBp^eIIae, Monar- chia Messîee 9 ubi pei: pbLi!osophiaizi..<liyii3am et kiimanam demonatraotar jura summi Pon- tiSi^^is , 8uper universum orbem in temporalibus et spiritualibus ; et fiii^a principum super popu- los, \/^Jïï, Arnazzinus ^ i633, in-l^^ Dîscorsî ciel Medesimo Campanella délia liberta e delIa felice suggetlione allo stato ecclesiastico. Jesi ^ wlniazzini , i633 , //2-4.

Ces deux ouvrages ont été supprimés à la réqulsilloa


Se plusieurs souverains quî se sont plaints que Ton en ait permis l'impression* Je ne vois pas trop pourquoi îa cour de Rome aurait empêché la publication de ces deux livres ^ puisque, dans le premier, l'awteur se plait à étendre fort loin les droits des pftpes sur les souverains ; il semble mémo inviter les peuples à quitter le gouvernement de lewrs princes, pour venir goûter la douceitr de la domination ecclésias* tique , dont il fart un bel éloge dans le second ouvrage , ainsi que le titre l'annonce. Ce Campanella est auteur du livre Atheismus triumphaliis ^ prodaction assez médiocre, qui est plutôt en faveur de l'athéisme qu'en faveur de la- religion ; et qui a fait plus de bruit qu'il ne vaut. J*en ai parlé dans mon Dicthnnaire Biblintogique» Campanella est encore connu par un roman politique, intitulé la Cité di^ Soleil^ dans lequel il demande la communauté des femmes y et il appelle souvent l'astrologie judiciaire au secours de«  évènemens. Il a aussi publié un Discursus de monarchiâ £f/5- panicâ , Amsterdam, 1640 , ?>-i2 , dans îequel \\ indique au roi d'Espagne les moyens de parvenir à la monarchie universelle* Thomas Campanella , dominicain calabrois » lié en i568 , eut un sort assez malheureux. S*étant distingué dans sa jeunesse^ par une thèse qu'il soutenait contre un vieux professeur de son ordre ; celui-ci , irrité d'avoir été embarrassé par un }eune homme , al'a l'accuser d'avoir' voulu livrer la ville de Naples aux ennemis de l'état, et, ce qui n'était pas moins grave , d'avoir des senlimens erro- nés. Campanella paya ^^^ argumens de vingt-sept an^'de prison : il y essuya jusqu'à sept ïà\% la question pendant vingt-quatre heures de suite , et ne sortit de prison qu'à )a sollicitation du pape Urbain VIII. Il vînt à Paris ea • 624 , fut protégé par le cardinal de Richelieu 9 et y mourui; 19a 1639 ^ pour avoir pris de l'antimoine*


70 CAMUS. Les Trîomplies des Vertus remporté$ «ur les Vices , par M. Plis de' Raynonville , (ou plutôt Camuft j évêque de Bellejr). Paris,, i633, in^Q.

Cet ouvrage a été airpprinié par tm arrêt qui faic défense ^ âous peine de la vie , d'en vendre aucun exemplaire. L*é* réque de Belley était l'ennenai déclaré des moines : faisant allusion k la gourmandise et aux révérences de la plupart d^entre eux , il les comparait à des cruches qui se baissent pour se remplir* Dans un sermon qu'il fit aux cordeliers le jour de S. François > « Mes pères , leur dit-il , admirez la grandeur de votre Saint ^ ses miracles passent ceux dit Fils de Dieu ; Jésus-Christ, avec cinq pains et trois pois- sons ne nourrit que cinq mille hommes une fois eu sa vie, et S. François» avec une aune de toile (la besace)» nourrit tous les jours, par un miracre perpétuel ^ quarante» mille fkirréans. m Ailleurs il disait : « Dans les anciens mo* nastcres, on voyait de grands moines» de vénérables reli«  gieiix ; à présent, lUic ffttsseres nidificabunt , Ton n'y voit plus qitc des raoineanx. Jean -Pierre Camus, né en lôSa ,. est mort en i652. Le cardinal Bcmbe n'était guère plua ami des moines que M. de ficlley : quand il entendait dire quelque sottise , il s*écriait che le fraUô cha detio quesio h quel est le moine qui a dk cela ?

CAPILUPI. Cento Virgilîarrus de vitâ m on»- chorum quos viflgo fratres acipellant, ftuctore Leiio CÎapilupf. F'enetiis^ iô5o , i/j-8.

Cette pièce a été proscrite à Rome : il y a beaucoup de sel , quelquefois il est un peu gros. Virgile ne se serait jamais douté que Ton mettrait en lambeau» ses vers divins


|>onr en faire une satyre impie contre les moines. Leiio Çapilupi est mort en i56o âgé de soixante*deux ans* J'ai parlé des Centons dans mon Dictionnaire bibliologique»

CARRANZA. Commentarios de Fraj Bartho-* lome Carra nza de Miranda Arzobîgpo deToledo^ sobre el Catechismo Christiano. En Anvers^ Nucio , 1 558 y in- fol.

Ce livre est rare : il a, dit-on , causé la disgrâce de son auteur > et a été mis à \ Index, Il est dans la bibliothèque de M. de Laserna Santander , à Bruxelles. Cet ouvrage avait d'abord été approuvé par Tinquisition ; ensuite il fut censuré , puis absous par le concile de Trente en i563» Barthelemi Carran^a a été un ntoflèle de patience dans l'adversité. Arrêté en i559> par ordre du saint-office ea Espagne , il y resta en prison pendant huit ans ; ensuite on le conduisit à Ronrve où sa captivité fut encore plus longue et plus dure ; enfin , on le jugea en 1076» et oa lui lut sa sentence qui portait que : ic Quoiqu'il n*y eût aucune preuve certaine de son hérésie , il ne laisserait pas de faire une abjuration solennelle des erreurs qu'il n*avait pas avancées. » Il protesta à sa mort, arrivée au couvent de la Mioerve» l'année de son jugement y la soixante* treizième de sou âge ; il protesta , dis-je , étant sur le point de recevoir Dieu , que jamais il ne l'avait offensé mor* tellement en matière de foi. Le peuple méprisa ze% oppres* seurs, et le jour de se% funérailles > toutes les boutiques furent fermées comme dans une grande féte^ sou corps fut honoré comme celui d^un saint.

CASAUBON. Isaacî Casaubonî de Lîbertate ccele*

siasticâ liber singularis. Intpr.anno , 1607 » m*8^

Ce volume > dont fimpressiou n'a jamais été terminée^


iinit II la piipc» M\ 5 cVst TTcurî IV cjuî «n fît arrêter et «nppriinrr tous Im pxpinpiairca lorsqu'il out terminé Ira difréroiiJs qui rtisiaionl (Mirro le pnpo Paul Y et la repu* •blique (Je Vonifie. I.saao Cdaauboii le ootnposa, dun» le fori ile CC10 (li (rérend!) , au sujet de la Déftunse des VroUs dès Sou" peffiins» Lva fiAgmoriR qui rnslcnl de ce roluitio lOiit crux l|ui ont été composé» des feuilles que i^autour «nvoyuit i ses amis , k tncsuto qu'elles sortaient de la presse. Ou les a réimprimés drtns plusieurs ouvrages. Casaubon naquit % Of'nèvf en i/î5() , mourut h I«onilres en T6i4 9«t fut anti^rrt^ ii l'ahluiye de WeHiminster. DisoïJS un mol des déttieliT «le II cdiir de Rouie «v<M* la ropul)li((uo do Venise. Ils eurent lieu il i'ocrasion de la jurisdiution sôctilière et do IVcclésisstiqne , sur le.Hr{uellrs Us papes et les princes n'ont Jffraain f^hVrruccord. f^e sénat de Venise^ par un décret dnnn6 en iHô.') , avilit défendu les nouvelles fondations do monas* tères, fnltcs sans son «uitioours ; et par un aulro décret do •jHo.^, il avait déirnriu ra^liênutiou des bien«- fonds, soit «celésiastiques 9 soit séculiers. Ciela dépittt benircoup à la cour de Home ; mais ce ((ui mit le comble à son mécoti- tentemcnt y c'est que lo scWiai fit arrêter, vers lo mémo lomps , uw chanoine et nu abbé accusés ito rapine et d^as- sassinnt , et eu attribua Fa connaissance h la justice sécu* tièrc. T«e pnpe se plaignit baulemcnt, et demanda la révo«  cation des ilvux décrt^ts rapportés ci-dessui , ainsi que ta remise iWh deux ecclésiastt(|uo8 entre les mains de son tionce. Lo sénat soutint r[u'il ne tenait quo do Dieu lo pou- Toii' de faire des lois. Il K'fusu de rapporter los deux décréta et do remettre les ecclésiastiques. Paul V irrité excom- «niiriie le <logo et le sénat » et rnot tout l'état on rnterdit^ ai un ne lui <lonui) satisfaction dans vingt* quatre jours. Lo fénal protcHto contre ce moniloiro et en défend la publi- oatlun dans ses étatl. Ce^ieudaut Ici caj^ucinsi Us tbéatiaa


«t les Jésuites reconnaissent HnterJit Tancé par le pape. A^issitôt le sénat fait embafqner tous ces moines pour Rome, et bannit à perpétttîlé les jésuites. Paul V , de plui en pins furieux, lève des tronpes contre les Vénitiens} mais , corame ceux-cî étaient en force et que leur cause était celle de tous les souverains , le pape n^eut pas beau jeu , vt il eut recours à Henri IV pour arranger cettci a [Faire , qui fut ternoiinée par le cardinal de Joyeuse en 1607. Il fut convenu que ce cardinal déclarerait, k soa «ntrée an sénat, que les censures étaient levées, et qu'en même temps le doge lui remettrait la révocation et la protestation. On accorda le rétablissement des religieux bannis , excepté celui des jésuites. Les vénitiens promirent cl*envoyer à Rome un ambassadeur extraordinaire pour remercier le pape de leur avoir rendu ses bonnes grâce» j mais ils tie voulurent pas qu'on parlât d'absolution. Tel est le précis du difFéroud qui donna lieu à l'ouvrage dm Casaubon qxx'i fait l'ob}et dé cet article.

CATULLE. Caii Valeriî Catuliiqoaeexlant Opéra ^ cum observationibus Isaaci Vossîî. Londini f 1684, eu PosCea ^ Ultrajecti ^ 1691 , 7/2-4.

Debure prétend ( n.® «649 de sa Bibliographie initniciit>e\ que cette édition renferme une partie du Traité de Pros^ iihulis veterum de Béverland , qui ne put jamais passer à l'impression , tant il était licentîcux ; que ce Catulle, d'à» bord imprimé à Londres, fut ensuite réimprimé à Utrecht à la faveur de son intitulé ; mais que > lorsque cette édî* tion fut mieux connue , on en arrêta les exemplaires que l'on supprima ensuite. Je n'ai point sons les yeux le Catulle de Vossius , et je ne sais point si Béverland y it iconiribué. Mais M. Lcmonnier> bibliographe iastrait, quF


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Jpossède le Catulle en question et qui en» a lu les notes ^ m'a assuré qu'elles n'étaient que philologiques ou gram- maticales ,. nullement licentieuses j et qu'elles n'avaient aucun rapport aux ouvrages ni au goût de Béverland ; on n'y trouve aucune des infamies si familières à ce dernier auteur* Il est facile de ^vérifier si Debure a commis una arveur aussi grave. ( Voye^EÉVBRLAND*).

CAVEIRAa Appel à ta Raison des Ecrits et Libelles publiés contre les Jésuites (par Jean-Novi d& Cayeirac')'^ Bruxelles^ 1J62, s, "voLin-iSt.

Cet ouvrage^ ou plutôt ce libelle , a été proscrit aussitôt qu'il a vu le jour » et Tafobé Caveirac ^ atteint et convainci» de ravoir composé » a été condamné pav contumace , aa cbAtclct y en 1764 , à être mis au carcan et banni à perpé-* fuite. L'imprimeur, nommé Grange , a été banni pour cinq ans. C'est cet abbé Caveirac» né àNimes en 1713, que Ton accusait d'avoir fait Tapologie de la Saint-Barthelemi dana sa Dissertation sur cette a&reuse journée 9 qui se trouve à la suite de V Apologie de Louis XIV et de son conseil sur la révocation de ledit do Nantes ^ i758, in^^^ composée par le môme Caveirac* Il a été lavé de ce reproche par Linguet ; mais la tache reste toujours , et ^tn croi^ le fonds indélébile.

CECCO. Opère Poetîche del' illustro poeta Cecco d^AscoIi , cioë , l'acerba. In Venetia , per Phi*: lippum Peùri eu socios , anna 1 478 , in-^.

Cet auteur a été brûlé vif à Boulogne en i3a7, à caus«  des absurdités renfermées dans ses poésies, et surtout dana un Traité de la sphère 1 (|ui méûtait k Cecca une place aux


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7*

Petites-Maisons , plutôt que le bûcher. Cet extravagant y- prétend qu'il s^eogendre dans le ciel des esprlls malins qui^ sous certaines constellations , peuvent faire des cl>08c« sur* prenantes ; que Jésns-Christ , venu sur la terre , est ne sous une de ces constellations , qui Ta rendu pauvre nécessai* rement , et que Tantechrist viendra au inonde sous vm4 de ces plauettes qui doit le faire prodigiensenaent richtfif jyhê iSia , Cecco prêchait ces rêveries k Bologne , ou il était professeur d'astrologie et de philosophie : il fut dénonctf au grand inquisiteur, eu i325 , eomme hérétique et pro^ phète ; mais ayan( abjuré ses erreurs » il se soumit à !• pénitencet Deux ans après , il voulut continuer à propbé^ tiser et annonça an duc de Calabre , qui lui demandait rhoroscope de sa femme et de sa fille , qu elles se livreraient au libertinage. Ses ennemis le dénoncèrent de nouveait au saint -ofBce ; il fut arrêté et condamrîé par TfnquisH lion à être brûlé ; ce qui ftit exécuté à la vue d*une foulé immense qui s'attendait h voir quelques-uns des génies familiers qu'on lui supposait , l'arracher des flammes. Cott0 injustice couvrit d'opprobre les inquisiteurs , et accabla d# remords les dénonciateurs d'uu vieillard septuagénaire ^ grand fou à la vérité^ mais innocent des absurdités qu'on lui prétait* Son véritable nom était François de Stabili} Cecco > sous lequel il était connu » est un diminutif de Francesco. Son ouvrage a eu plusieurs éditions , commet on peut le voir dans la Bibliographie de Debure, n.os 3455** 3461 , et dans le Dictionnaire historique de MM. Chaudeu et Landine.

CHAPELET. Le Chapelet secret du Saînt-Sacre^ TDent, (par Catherine-Agnès Arnauld, religieuse de Port-Royal ). Paris ^ i662f zn-\2.

« Cet ouvrage, dit Fortunée B» Briquet, fut le sigQ^


d'un combat d'opinions entre les prélats ; récrit fat cenaoré par M. Hallicr et quelques autres docteurs de SorbonnOi; Mais Tévéque do Langr»s , alors supérieur do t^ort*Royal ^ fit revoir cet écrit par d'autres docteurs qui rapprouvàrenc* Les avis étant ainsi partagés » raflaire fut portée au tri- bunal du souverain pontife. Les juges déclnKvént que Ton- fqrage ne aérait ni censuré ni mis- à rexpurgatoire , maia )||u'il serait supprimé , pour empécber les personnes peu instruites d'en faire tui mauvais usage. En voyant tant do troubles pour si peu de chose , on serait tenté de désirev que le confesseur d'Agnès eût été aussi ignorant et eût eu •utant d*cmpire sur l'esprit de sa pénitente que celui de Sainte Tiiérèse* On peut se rappeler en effet que Sainte Thérèse , pour obéir à son qonfcsseur , brûla son com- mentaire sur les Cantiques de Salomon > dont il fut scan- dalisé avant do Tavoir lu et même vu. C.-Â* Arnauld est Inorlo en 1671 ^ âgée de solxante-dix^-sept; ans. »

CHARRON. De la Sagesse, trois Livres 1 paç Pierre Charron. A Bordeaux ^ 1601 , î/ï-8.

Cette édition est remarquable en ce qu'elle eontient beau^ toup de choses qui ont été adoucies ou retranchées dans. Tes suivantes. Deux docteurs de Sorbonne censurèrent tet onvrage , et on souleva contre l'auteur l'Université» la Sorbonne et le Châtelet ; mais le président Jeannia dis* aipa l'orago et permit la vente du livre comme d*un li^ro d^état. Le père Garasse ne fut pas aussi indulgent ] i) ae fit point de difficulté de placer Charron à côté des Théophile et des Vanini : il le croit mémo plus dange-^ reux , ({^autant qu'il dit plus de vilainics queux , et quit les dit apec quelque peu ^honnêteté : il le peint lif^ré àf ttn athéisme brutal f acoquirtéà def mélanoolie^ langourGiut^^


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ffSf truande!!. Voici quelques-unes des penteea hardies qu» l'on reproche à Charron, Selon lui , les reh'gions viennent

des hommes et non de Dieu L'immortalité do l'am»

est la plus universellement crue , et la plus faibleraenlB

prouvée Il fait dire à un athée que la religion est uda»

sage invention des hommes pour contenir la populace dan»

8on devoir^ P^g^ l'àj de l'édition on question , on lit :

«c Toutes les religions ont cela qu'elles sont étranges et

horribles au sens commun , etc^ » Ces passages, et

plusieurs autres, ont été f comme nous l'avons dit, corrigés dans les éditions suivantes , qui sont en grand nombre; nous citerons celles de Paris ^ 1604/ ^ de Paris ^ 1607; •— de Ij0yde y Elzepirs , sans date ; ►-do Leyde , Elzcpirs, 3646 ; ^ de Leyde, Elzevirs , iS56 ; ►- à^ Amsterdam^ Louia et Daniel E/ze^irs , 1662 5 de Paris, Eastien ,17...; »- enfin ^ Tédilion des Œut>res diverses ; savoir , la Sagesse , les Dism- cours Chrétiens , les Trois Vérités , etc. Paris , Jacqueë ViVery ^ i635, 2 poU ïn-4. Pierre Charron, né à Paris en ibi\\ j y est mort en i6o3. C'était un digne prêtre» qui joi«  gnait , aux lumières de la philosophie , les vérités et 1» KDoralo de la religion.

CHEVRIER. Les Ridicules du siècle, par Fran-: cois-Antoine Chevrier 9 z/z-is.

Cet ouvrage a été proscrit dans sa nouveauté , parce qu'il est écrit avec beaucoup de fiel , et qu'il attaque plusieurs personnes dont les caractères sont outrés sous la plume de ce virulent écrivain. Presque tous les livres de Chevrîec ^ont marqués au coin do l'impudence, du cynisme et de la scéiuratcsso : ils sont infectés de l'esprit de satyre et du poison de la haine. Son Almanach des Gens d'esprit par Wh Homme qui îCest pa& soC, est révoltant par l'indécence^


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J*obscënIté et rimplété qui y dominent. Son Colporteur est rempli d'atrocités dégoûtantes, et pourtant de saillies assez peureuses ; c'est une satyre affreuse des mœurs du siècle/ S*raoçois« Antoine Chevrier, né à Nancy, mourut en Hol- lande en 176a. On peut placer à côté de lui , comme son ,d!gne émule , Tbevenot de Morande , qui a composé le 4^azetier cuirassé ^ ou Anecdotes scandaleuses de la Cour Âe France i imprimé à cent lieues de la Sastilie j à l'enseigne de la Liberté , suivi des Mélanges confus sur dès matières Jbrt claires^ et du Philosophe cynique. (Londres), 1771 , i/i-iB. Ces trois libelles respirent la méchanceté la plus effré- née. Les personnes de renom y sont déchirées avec le plus cruel acharnement. Le premier de ces libelles est dédié à l'auteur lui-même, le second à un ami , et le troisième aux jchœurs de l'opéra. Thevenot de Morande a été massacré à Paris en septembre l^^%•

CHORIER. Âloysiae sigeae toletanœ Satyra sota» dica de arcanis amoris et veneris ( auctore Nicolao Chorîer), i/i-ia.

Production abominable et la plus licentieuse que l'on CQnnaisse. Elle a été faussement attribuée à l'illustre Louise Sigée de Tolède , morte en l56o ; elle est de Nicolas Cho- irier , avocat de Grenoble. Cet ouvrage infâme fut reçu comme il le méritait ; c'est«à-dire , qu'il fut proscrit, et Timprimeur obligé d'abandonner son commerce , et d'évi- ter par la fuite un châtiment exemplaire. Les six premiers dialogues furent imprimés à Grenoble , et le s-eptiëme à Genève. Quelques auteurs prétendent que la latinité de cet ouvrage est aussi belle et aussi pure que le sujet en est affreux et impur ; d'autres , au contraire y pensent qu'elle 4B9t plus que ^mé^diocre. Des personnes trës*ins truites, qui


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  1. nt lu ce H^re , m^ont assuré que le latio eb était fort beau ,

et que l'auteur avait rendu trop bien , malheureusement ^ tout ce que la débauche la plus eSrénée peut suggérer à un cœur corrompu. On connaît encore cet ouvrage sou^ le titre de Joannis Meursii elegantiœ latini Sermonis , im^

primé chez les Elzevîrs, (Paris , Bar ) , /71-12 Cazin ea

a aussi donné une petite édition en 2 voL iVi-18. La tra- duction Française a pour titre : Académie des Dames ^ et ^ été publiée en un volume 2/1-8 ou 2 vcL in^iz.

CLERGÉ. Actes de TAssemblée du Clergé du». • . août 1765.

Ces Actes ont été proscrits par arrêt du parlement de Parîs^ du 4 septembre 1765. Ils renferment d'abord une condam* nation de quantité d'ouvrages au nombre desquels est VEn»^ cyclopédie. Ils procèdent ensuite à établir la distinction et l'indépendance des deux puissances , l'incompétence des tribunaux en matière de sacremens et en matière de disso- lution des vœux religieux. Enfin , on 7 remet en luroièr# la trop fameuse bulle Unigenitus^ et on l'élève au rang des objets de notre croyance* Ces actes sont assez bien écrits^ mais ils sont faibles en raisonnemens. L'arrêt du 4 sep- tembre les regarde comme une production d'une assemblée illégitime en matière de doctrine » même de discipline , et qui n'était que purement économique.

COISLIN. Mandement de monseigneur rCyêqae de Metz ( Henri-Charles du Cambout , duc de Coislin } , sur Facceptation de la bulle 27/u-

genitus.

à. Ce Mandement , censarf par ]a cour de Borne , a été

supprimé par arrêt du conseil ^ du 5 juillet 171^* On se


3o

plaignait du double sens que cet évêque donnait aux cent une propositions condamnées. Il est mort en 1752.

COLLIUS. Francîscî Colliî de Sanguine Chrîsiî , Lîbrî V , in qiiibus de illîus natarâ , effîisîo- lûbus ac miraculîs, copiosë disseritur. Mediom lani^ è Collcgii Arnbrosiani typographiâ , 1617, m-4.

Ouvrage singulier et rare» considéré comme peu otiho- doie.; il a , par conséquent, été arrêté^ et jamais ou nen a permis la réimpression. L'auteur s*est attache à démontrer que la sueur de sang que Jésus - Christ eut avant sa passion , n'eut rien de surnaturel , et qu^elle n'a- vait pu être causée que par la seule crainte d'une mort prochaine , ce qui pouvait arriver dans les diffcrens tem* péramens de la constitution humaine, sans aucuu miracle particulier. L'auteur, pour appuyer son système, prétend que, dans un corps mort, il peut se faire un amas d*eau et de sang , causé par la discontinuité de la circulation, qui , ^venant à cesser , occasionna ce qui coula du cété de J. C, lorsqu'on le lui ouvrit. Il existait un exemplaire de cet onvrage dans la bibliothèque du duc de la Vallière ; il' a été vendu 42 livres en 1784 ; et celui qui existait dans la bibliothèque de M. Crevenna à Amsterdam , a été vendu i5 florins courans de Hollande.

CONDILLAC. Cours d'Etudes pour le prince de Parme, par Etieone Bonnot de Condillac. Parme , Bodoni , 177^ » ( sous le nom de Deux -- Ponts f 1782,) i3 "voL grand in-Q , papier Jin.

La cour d'Espagne a demandé la suppression de cet


8i:

ouvrage , et le prince de Parme en a défend^ la publication : on n'en connaît que deux ou trois exemplaires avec le titre de Parme , Bodoni , ayyS 5 les autres sont mutiles et portent Deux-Fonts , 178a. Mais laissons raconter cette anecdote bibliographique à M. Rcnouard , qui nous la fournît dans son Catalogue des Libres imprimés par J^^B. Bodoni. « Cette édition, dit-il , qui est l'originale , imprimée à Parme en 1775, porte la date de Deux-ponts, 1782;. tandis que la contrefaction de Deux-Ponts , en 16 vol. in^S, « porte celle de Parme, 1776, de l'Imprimerie royale. Voici la raisoa de dette bizarrerie.

» A peine l'édition de Parme fut-elle terminée > que la cou- d'Ëspagne , mécontente de plusieurs passages contenant des vérités qu'elle trouva trop hardies , fit demander au prince de Parme la suppression de cet ouvrage. On ea défendit aussitôt la publication ; mais deux ou trois exem- plaires , qui heureusement étaient déjà sortis des mains de l'imprimeur , préservèrent cet excellent ouvrage de l'anéan- tissement dont il était mena<:é. L'un de ces excmplaireà servit à la réimpression de Deux - Ponts , ique le public ^ ignorant ce qui s^était passé à Parme « prit pour leditioa originale. ;

» Enfîn^, eu. i782.f on permît le débit de cette derniàce ^ au moyen d'un titre portant faussement la date de Deux-Ponis , 1782 , et de quelques mutilations pour lesquelles in'fit des cartons. Les exemplaires dans lesquels les anciennes feuiJies sont conseî'vées avec les cârtous., sont en conséquence beau«  toup plus intér^ssàii's , et ceux auxquels tout lecteur éclairé doit donner la préférence*. » Oii à reproche à Cond^ilfac d'a«  voir établi 'dans son Traité des Sensations ^ des princijpe^ dont les matérialistes ont tiré de funestes conséquences. Mais, s'il a adopté quelques opinions hasardées^ ir les a tempérées par «a caractère modéré et un esprit sapf


8a

euthousia'sme. Etienne Bonoot de Condillac , frcre de Tabbé de Mabiy, est né à Grenoble en 17 15, elt il est mort k Flux y près de Beaugency, département du Loiret > en 1780.

, COR 10. Historia di Milano^ da messer Ber» nardino Corio , continente da l'origine di Mi- lano, tutti li gesti , fatti , e detti preclariyC lecose memorande Milanesi , infino al tempo di esso autore. Con somma fede in idioma italico composta, con il repertorio publicato studio de fratelli da Legnano* In Milano ^ Alex* MinuùianOp i5oZ y in fol. grand format.

Cette édition originale est très-rare 1 parce qu'elle a été supprimée , à ce qu'on assure , à la réquisition de quelques princes souverains , et de plusieurs familles nobles du mila- nais , qui se plaignirent amèrement de plusieurs passages C[ui les regardaient. Ces passages ont été ratranchés ou changés dans les éditions postérieures.

^ CORRECTION. De la Correction fraternelle ^ ou de l'Obligation d'empêcher le mal d*autrui quand on le peut.

Cet ouvrage a été supprimé par arrêt du j^arlement de Pari», du 27 novembre 1705. Je no coopais cet ouvrage. que par son titre et sa condamnation*

COTON. Anti*Coton , ou Réfutation de la Lettre déclaratoire de la doctrine des Pères Jésuites conforme aux décrets du concile de Trente »


83 par le Përe Coton. Paris ^ le 12 décembre i6io, m-8.

La Lettre déclaratoire du père Coton ou Cotfon , dont îl est question dans ce titre» avait paru la mênie année 1610; elle es» adressée à la reîne-régente, mère de Louis XIII , et porte que les ennemis de la compagnie de Jésus, voulant profiter de l'absence des principaux de cet ordre > occupés à la translation du cœur de Henri IV à la Flèche, ont ré- pandu des calomnies atroces contre la compagnie , à Toc* casion d'un mauvais livre composé par Mariana y jésuite. ( Voyez son article.) On y dit encore que les jésuites de France ne doivent point être responsables des opinions par* ticuliërcs d'un étranger qu'ils ont condamné dans une assem«  blée provinciale , ainsi que l'a Hiit le parlement de Paris. Malgré cela , cette lettre attira sur (a compagnie de Jésus et sur le père Coton plusieurs satyres , dont la plus violento est celle que nous citons ici , et qui a paru sous le titro A' Anti-Coton, L'épitre dédicatoiré de cette satyre est signée P. D. C. ; ce qui la fait attribuer à P. Dumoulin , calvi- niste. On la lui attribuait d'autant plus volontiers, qu*ua passage de la Vie de Dumoulin porte : Po$t nefariam mmgni régis cœdem ^ t/lolinœus Librum edidit cui iitulus est Anti- CoTON , Libro nomen suum non apposuit Molinceus ^ eu m tamen Ziliri auctorem fuisse nemo dubitapit. Cela paraissait décisif'; cependant des doutes se sont élevés et se sont fortifiés d*aprcs l'opinion 'de plusieurs françjëlls', et même de plusieurs anglais » qui ont regardé un iixunmé Pierre Ducoignet comme auteur de l'ouvrage. Ce Ducoigrie.t est un homme obscur qui vivait du temps de Henri IV; riea D*est moins certain que Topinion qui lui attribue V^nti^ Coton , quoiqu'elle ait été partagée par les auteurs du Die-' tionr^ire hisêoriquê, Lamonnoye pense q[Ue oe doit être


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plutôt un jurisconsulte qu'un théologien ; et il 8*appuî« tut sur ces paroles qui se lisent à la fin du 4« chapitre de cette satyre : Car ce sont mots trop difficiles pour nous qui n'en'» tendons que le latin d'Accurs0{i), D'après une lettre de Par- doux de la Perière , et d'après un M. Givez , avocat à Or- léans, Lamonnoye croit que l'auteur est un nommé César de Plais , sieur de l'Ormaye , avocat au parlement , qui a interverti l'ordre des lettres initiales de son nom à la fin de Vé pitre dédicaioire.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur Phistoire de ce livre , que Ton trouvera très au long dans les Anti'- de Baillct, avec celles des Réponses , Satyres et Libelles qu'il a occasionnés. Nqlus dirons seulement qu'il a été saisi , parce qu'il a été vu d'un très-mauvais œil à la cour où le père. Coton était puissant. Les ei^emplaires s'en vendaient d'a- bord cinq sous ; mais ils montèrent par la suite à dix francs, après que l'imprimeur présumé eut été emprisonné à la poursuite du père Coton. . ^

C'était un jésuite très-adroit ^ que ce révérend père, et qui ne méritait peut-être pas tout le mal qu'on en a dit» Le bon Henri , dont il était confesseur > lui ayant demandé: JRéf^élerieZ'Vous la ccjifession d^un homme résolu de m'as» sassincr? Il répondit : Ab/*., sire; mais je mettrais, mon corps entre vous et lui, Cçtte réponse est belle. Le jésuite Sanctarelli , ayant publié un o.uvrage dont nous parlons ailleurs > où il établit la puiss/ince. des papes sur les rois ,^ le père Coton fut appelé au parlement le i3 mars 1726 ^


(i) Rabelais, en parlant de la Glost é^Accurse^ opposée, quant au st^'Ie , à Télëgance du texte des Pandecus , dit que ce texte , bordé de sa Glose , ressembla à une belle robe d*or bordée de m. . • • Il faut avouer. que le style d'Açcurse est moins dégoûtant que cette image grossière^ du facétieux curé de Meudon.


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pour rendre compte des opinions de la société : on lui demanda s'il croyait que le pape pût excommunier et (<épos* séder un roi de France^ Ah I répondit-il , ie roi esijih aîné de r église ; et il ne Jera jamais rien qui oblige le pape à en venir à cette extrémité. Réponse dilatoire. Mais, reprit le premier président , ne pensez^t^ous pas comme le général de votre ordre , qui attribue cette puissance au pape ? Il répondit : Notre père général suit les opinions de Rome oit il est y et nous celles de France où nous sommes. On l'accuse d'avoir dit à Ravaillac, après son régicide: Donnez~7H)us bien de garde d'accuser les gens de bien. Ces paroles, %i elles sont vraies , sont plus qu'indiscrètes. Pierre Coton , né à Féronde en Fores en 1664, est mort en 1626»

COU RAYER. Dissertation sur la validité des Ordinations anglicanes, par Pierre-François le Couvayer.^ Bruxelles j 17^8, 2 a'o/. z/z-i2. Défense de cette Dissertation, 1726, 4 voL* 271-12. Addition à cette Défense, 1723, i ^oL

Cet auteur, opposé à la bulle Unigenitus ^ composa la Dissertation ci-dessus , dans laquelle il examina le pouvoir du pontife romain , et les droits qu'ont les premiers pas- teurs de juger la doctrine, (i s'engagea dans des opinions contraires à celles de Téglise ; et sa Dissertation fut vive- ment Attaquée par dom Gervaise , Hardouin et Lequien : il répondit à leurs attaques dans les ouvrasses que nous annonçons à la suite de la Dissertation. Sa Réponse , écrite avec autant de hauteur que de vivacité, fut flétrie, ainsi que sa Dissertation , par rarclievéque de Paris , par plu- sieurs autres évéques, et supprimée par un arrêt du conseil du 7 septembre 1727. Le père Courayer, peu sensible aux


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censures > le fot cependant beaucoup b T'excommanfcatioif que liinça contre lui le général d« aon ordre : il était de l'ordre des chanoinos réguliers de Saint Augustin , et biblio* thécaire de Sainte Geneviève, il se retira à Londres en jyaS, et y mourut , en 1776 y à qoatre-riiîgt-^eize an»,

COWARD. Coward's aeronrf Thongilis concer- ninjç human «ouïs, Lonrion , 170a, in-8., réim* primé en 1704, //»*8. Du même auteur: Forther Thongths t London , 1708 , 1/9-8. i7/i même même auteur :T\\ç grand essai or a vindication oï reason and Keligion , against în^posttires of Philosophy, proving, i.^ ihat de existence of Btïy immateriai hobstance îs a Philosophie impo8«  tnre and impossibile 10 be conceveid ; 2.*^ That al! nsatter bas originall^' created in it a principfe of internai of self motion ; 3.^ That roatter and motion miist be the foundation of thougt ia man an Brutes, with an answer toM. Brougb- tons Psychologie. London , 1704 , j/i-8.

Cet ouvrage a été condamné , par ordre do parlement d* Angleterre, à être brûlé par la main du bourreau. L'auteur y soutient que la doctrine des chrétiens sur l'fmmatérialité de i'ame vient des payen»; qu'elle est contrake aux prin- cipes de la philosophie, de la religion et de la raison f que , suivant l'Ecriture sainte, I'ame n'est autre chose que ]a vie de Thomme, celte faculté par laquelle \\ se meut, il vit , il sent , il raisonne ; qu'elle existe dans le corpsr tant qu'il est en vie ; mais qu'elle cesse aussitôt qa'il est mort. Cependant , elle doit exister de nouveau lorsqu'au


^7

Jugement dernier , tons les corps ressusciteront. Telles sont les absurdités qui ont fait condamner le livre de Coward : les exposer , c'est suffisamment les réfuter. Son système a été vivement attaqué par différens écrivains. La chambra des communes intervint dans la querelle et fit brûler l'ou- vrage ; genre de réfutation nsscz commun dans ce temps ^ mais qui ne vaut pas les bonnes raisons avec lesquelles on pouvait combattre Coward. Ce William Coward , médelciâ i Londres, né vers 1667^ est mort vers 1725.

COWEL, Joannîs Cowellî, Jurîs romanî proF.: cantab. Institutiones Jiiris anglican! ad seriem Institutionum iixiperialium. Cantabridgia ^ i6o5, /«-8.

Cet ouvrage , ayant déplu aux diflerens ordres d'Angle-' terre , fut brûlé par la main du bourreau , et son auteur condamné à la prison par ordre du parlement. On lui re«  proche d*avoir voulu confondre le droit anglais et te droit romain ; on sait que les anglais sont très*faIoux de n'être soumis qu'à leurs propres lois ; ils ne souffrent pas que les lois romaines ou les lois étrangères soient citées devant lejurs tribunaux. L'ouvrage de Cowel a eu plusieurs édi- tions ; Tune en Allemagne en i63o , i/2*8 , une autr^ à Oxford , en 1676 , /«-8., etc.

CRÉBILLON. Tanzaï et Néadarné, par CrébîIIon fils , 1734. 2 7}oL in'i2*

Ce roman a été défendu et a fait enfermer son autear À la Bastille* Il •st plein d'allusions satyriques et souvent inintelligibles. La décencç n'y est pas plus observée que dans presque tous les romans du même écrivain , qui pacse


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pour assez licencieux. Son style oflTre beaucoup) de phrase^ longues el confuses. Claude -Prosper Jolyot de Crébillon ^ né à Paris le |2 février 1707 , y est mort le 12 avril 1777. Son përe , né à Dijon le i5 janvier 1674 , est mort en l'pQz.

CRELLIUS. Joanîs Cîrelli (Crellîî) germani ^ ethica Aristoielica ad S. Litteratum normam emenclata. Ejusdem Ethica christiana , seu explicalio virtuum et vitiorum , quorum in S. Litteris fit mentio. Cum triplice indice : uno Librorum et capitum ; altero locorum scripturae citatornm ; tertio materiarum, quae in utraque ethira tracfarjtur. Selenoburgi{^AmstelodaTni^ sumptibus asteriorum ( Blaeu) , z/2-4*

Cet ouvrage, qui respire Te socianisme le plus pur, a été Condamné au feu. Il en a paru une nouvelle édition soua le vrai nom de Crellius, à Cosmopolis ( Amsterdam ) , eti 1681 , 2/2-4. On l'a traduit eu allemand et en flamand. ( V^

WOLKELLIUS. )

CRELLIUS- Ad Librum Hiigonîs Grotii quetn de satisfactione Chi isti adversùs Faustnrn Sociaum senensem scripsit , responsîo Joann^is Crellii Franci. Raco^iœ^ StcrnaUus , 1628, i>i-4*

Co livre, très-rare, a été brfilé par la main du bourreau. Il est cité dans la Biblîotheca- Anti^trinicariorum^

eu R ION. Pasquillorutn tomi duo : quorum prî- mus , versibus ac rythmis ; alter, solutâ ora- tione composita \ quâm plurima continentur ad


i exhîlarandam confirmandumque hoc perturba- tîssimorerura statu, pîi leciorisanimumapprimë conducentia. (Editore Caelio Secundo Curioue.) Eleuôheropoli (^Basilea)^ 1644 , a tomes en 1 'vol. tnS,

Cet ouvrage , excessivement rare y a été supprimé et 8*es1i vendu fort cher^ ainsi qu'on en peut juger d'après ces deux- vers latins 9 écrits par Daniel Heinsius sur un exenlplairi c[u'il avait eu beaucoup de peines à se procurer.

Roma meos fratres ignl décrit : unica Phœnix Vivo; aureisque veneo centum Heinsio.

Au bas de ces deux vers était la souscription suivante : Emiù Venetiis Daniel Heinsius 1614 , la martii. (^ct cxem- plaire a passé dans la bibliothèque du baron de HohendorF, dont IVmpereur a fait acquisition en 1720. Il faut faire Attention aux erreurs qui S/e trouvent dans les chiffres au» dessus des pages. ( Voyez Dbbube , n.^ 2868 de sa Biblio^ graphie. ) On doit encore à cet auteur plusieurs ouvragçt assez singuliers , entre autres , un Traité de Amplitudine hcaii regni Dei. B asile ce ^ i55o, mi-8, dans lequel il prétend que le nombre des élus surpasse infiniment celui des réproti««  vés. Celan'estpoint conformeau texte de récriture^Maisl'au* teur dit que si le règne du Diable était plus étendu que celui de Dieu , Satan le surpasserait en puissance ^ que les livrer sacrés n'exalteraient pas tant la miséricorde de Dieu, s*il n» voulait sauver qu'un petit nombre d'hommes; que quoique l'Ëvangile n'ait pas été annoncé à plusieurs peuples , iiff ne laisseront pas d'être sauvés , pourvu qu'ils aient observé la loi naturelle. Curion abjura le christianisme pour em- brasser les erreurs de Luther. Il lui arriva un jour une aven- ture qui faillit lui coûter U rie. Voici comme elle ^si


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racontée dans V Histoire ecclésiastique ^ Lîrre 171 : « Ayant entendu un jour un dominicain détlamer vivement conlr» Luther et le charger de nouveaux crioies et de nouveauic sentiment hérétiques , dont il n'était pas coupable , il de- manda la permission de répondre à ce prédicateur outré* Lorsqu'il Teut obtenue : Vous avez , mon père ^ dit-il au moine, attribué à Luther de terribles choses; mais en quel endroit les a-t-il dites ? Pouvez - veus me marquer le livre où il ait enseigné une telle doctrine ? Le religieux lui ré» |>ondit qu'il ne pouvait le lui montrer actuellement >. mais qu'il le ferait à Turin , s'il voulait l'y accompagner. Et moi , dit Curion , je vais sur l'heure vous montrer le con* traire de ce que vous avancez ; puis tirant de sa pèche le Commentaire de Luther sur VEpître aux Galates , il réfuta le dominicain avec tant de force , que la populace se jeta sur ce pauvre moine > et qu'il eut beaucoup de peines à se tirer de ses mains. L'inquisition et l'évéqu» de Inirin ayant été informés de cette affaire > Curion fut arrêté. >» On le mit au cachot les fers aux pieds et gardé à vue. Cependant il parvint à s'échapper. Il est mort à Bâie en 1669 , à soixante*sept ans, après y avoir professe l'éloquence pendant vingt*deux ans.

DARIGRAND. L'Antifinancier , ou Relevé de que1ques*iines des malversations dont se rendent, journellement coupables les Fermiers-généraux 9 et des vexations qu'ils commettent dans les pro- vinces, etc. précédé d'une longue Ëpîlre aux Parlemens de France , et d'une estampé ingé- nieuse , etc. ( Par M. Darigrand, avocat. Paris ^ Lambert) ^ ij6^, n ^oU i«-i2. Cet ouvrage , dont la première édition es^ de 1763 , 9


/


fait beauconp de brait; on le recherchait avec d'autant plus d^empressement 9 que la palice faisait les perquisitions les plus vives pour le supprimer. Aussi a-t-il conduit son auteur k la Bastille le 4 janvier 1763, ainsi qu« U libraire Lam<» bert. II n^est pas possible de s^exprimer avec plus de véhé«  vience contre les feriaiers-gënéraux , contre les receveurs des tailles> et en général contre tous les employé» de la régie. Darigrand combat avec force le mode d» perception de ces sortes d'impôts trop multipliés alors , qui meuaient les particuliers à la merci d'une nuée de sbires rongeurs^ consùs^. dans le temps, tous la dénomination ridicule de rats-de-cave» 11 peint avec horreur les vexations auxquelles tout père ds faB)i!le € tait exposé de leur part dans certaines provinces (i}* Il cite beaucoup de faits révoltans, qui sont peut-être exa* gérés sous sa plums vindicative. Darigrand , avocat au parlement de Paris , écrivait avec ichaleur ; son style est nerveux : il avait été employé dans la ferme générale ; quelques méconlentemens allumèrent sa bile., et il l'épan- cha avec amertume dans l'ouvrage en question. On voulut lui fermer la bouche en lui donnant une place avantageuse dans la même partie ; mais il la refusa. Il est mort en 1771» On peut citer , à propos de l'ouvrage de M. Dari«  grand , uu mémoire de Linguet, relatif à la saisie du vais- seau espagnol le Saini-'Jean'Baptiste ^ confisqué en 1770 ^ pour accusation de contrebande. Ce IMémoire, public ea


(1) Cela me rappelle que M. le marquis d*Argen5on , désirant voir cesser ces yexations » proposa au contrôleur-général des finances d*éui<* blir des ahonnemens particuliers pour les impôts. Ce qui aurait été avan* tageux et aux particuliers et au trésor public. Oui, dit le contrôleur général , c'est fort bien ; mais que deviendront les receveurs des tailles ? Le marquis étonné répondit ; Apparemment , monsieut , que si Von trouvait Je moyen d'empêcher qu*il y tût des scélérats , vous seric\ inquiii it ce que deviendraient Us bourreau»* ^ ,


177' » ^'^ encore plus éloquent et plus énergique que lesr «utres plaidoyers de Ltnguet. II j traite les fermiers-gëné- itiux avec un mépris singulier r il y manifeste une animo* âîté y une chaleur qui donnent la plus grande force à son éloquence. Il débute ainsi : « Dans la liste nombreuse des Attentatsde toute espèce commis par les suppôts de la ferme générale» sous le prétexte respectable des droits du prince p il serait difficile d'en trouver un plus révoltant, plus au-' daci^uXi plus criminel en tout sens que la saisie du yaia«. teaa le Saint-Jean'Eaptiste, »

Voici comme ri décrit les différens ordres de la ferme» •c Dans la hiérarchie fiscale de la ferme , les fonctions sont différentes et les rôles artîstement distribués. On ne parle pas ici des chefs qui donnent dé loin le mouvement à toute la machine , et dont l'unique occupation est de faire couler vers leur voluptueuse résidence les contribua fions que des armées innombrables lèvent sans cesse à leur profit dans toutes les parties du royaume. Il n'est question que des subalternes , qui supportent seuls la fatigue et le llanger des expéditions , et dont on a soin d'entretenir Far- Seur en leur abandonnant une petite portion du butin ^ quand les prises sont avantageuses. Il y a àes directeurs qui imitent , tant qu'ils peuvent , la dignité immobile et lucrative de leurs maîtres. Il y a des chefs de bandes qui 8*approprient les dénominations honorables de capitaine$t généraux^ etc. 11 y a enfin les simples milices , connues sous le nom de gardes , de commis , ai employés , qui se per- mettent trop souvent les plus frauduleuses manœuvres, sou& prétexte d^empécher la fraude , et des violences continuelles pour prévenir, disent-ils, la rebellros.

<c Mais , ce n'est pas assez d'avoir des meutes pour forcer )a proie et des pîqueurs pour les gouverner , les instituteurs de la régie ont poussé plus loin leur frévoyauce et leur


16agacl(é. On n'a pas toujours du gibier à suivre. Ils ont établi dans chaque département une espèce d'emploi , h la faveur duquel ils sont sûrs de n'en jamais manquer» H consiste à (aire naître la contrebande à propos , à créer la fraude quand elle n'existe pas , et à préparer ainsi un» prise factice , mais réelle , aux employés , quand la sagesse ou la timidité des négocians les réduit à une trop longue inaction ; c'est ce qu'on appelle dans Targot de la ferme» des qffidés. Ce sont dos hommes qui se chargent de battre les frontières ou les côtes du royaume : ils vont s^abou char avec les propriétaires des râarchandises ; ils feignent d'eB vouloir acheter ; ils en achètent ; ils jouent iprçeisément le rôle de ces animaux dégradés par Téducation , qui trahissent leur propre espèce en faveur de ses tyrans. Les. négocians trop ardeqs , qui se laissent séduire à leurs invitations^ sont amenés peu à peu d«ns ,1e filet du chasseur : on le bais$^ à propos : l'oiseau ^pfivéi rçcjouvre bientôt «tfa^ liberté ipoufc recommencer ses trahisons , et les étrangers captifs déplorent «n vain l'imprudence qui les a perdus. -»'- î ' -^

Les Mémoires secrets de la Républiqu^^ d^S Lettres , qui nous fournissent cet extrait «^ajoutent; <c On a rapporté ce morceau un peu long pourTaire juger ^.par cette peinture énergique et vraie des suppôts de la ferme , à quel point doivent être odieux oà^;kurs.>concitoy eus j^ des hommes l[ui «e vouent>a«it8Î pavétaità espionner^ à Vexerc^ à.tourmenteif^ « rainerll^urB semblables ^à a^engraissér de*JeMKSubstance. i


>{ .'?' : ii\ j ' -j'.


DASSY. Consultation pour le B^ron^et la Bâronnf de Bagge , par. M. Dassy » Avocat* Paris , v^ décembre f 1777,^^-4.

Cette coQsuItation a étéfui\este à son auteur , parce qu*il a o^é y attaquer M. TitoQ de Yillotran ^ conseiller de


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grand'chambre , rapporteur dans cette afTaîre , et rédacteur d'un arrêt contre les consultans. Dassy regarde cet arrêt comme un ouvrage de prévarication ; et , de plus , il se per* met de traiter durement et plaisamment tour à tour Tar* chevèque de Paris impliqué dans cette affaire. Ce Mémoire <a Fait une telle sensation, que l'ordre des avocats s'est assem- i>lé le 3 janvier 1778 , et a rayé M. Dassy du tableau. Le 7 février suivant , le parlement a confirmé cette radiation • a supprimé la Consultation y comme contenant les injures les, plus graves contre la magistrature et les ministres de Téglise, tendant à une diffamation pitblique contre un des membres de la cour, et comme contraire an respect dû aux arrêts d*icelle , et a ordonné que le procès fût fait k M. Dassy , qui , en conséquence , a été décrété de prise de corps ; mais il s'est retiré en Hollande* C'était un avocat riche • cha«^ Titable et qui travaillait beaucoup pour les pauvres : il parait qu'il aimait aussi à traînailler contre les grands.

DAVESNES.' Harmonie de Tamour etdelajiistîc^ de Dieu. Au Roy, à la Royne et à MM. -du Parlement , par François Davesnes. Imprimée en i65o, 2/z-i2« 

'. Cet ouvrage, extravagant' comme ceux de Simon Moria ^ont nous parlons ailleurs > a été snpprivné très^naKaoteinent. JLi'auteur avait été disciple de ce Mdrin. Gette^édîûoaid» j65o,est la plus rare et la plus recherchée ^ à cause de sa suppression. Les autres folies que- ce fanatique a: publiées , sont : La Phiole de l'ire de. Dieu , versée sur Je siège du Dragon et de la Bête, par VAnge ep U Verbe de V Apocalypse^ C= Le Facium de la sapience étemelle au Parlement' — Les huit Béatitudes des deux Cardinaux ( Richelieu et Mazarin )^ confrontées à celles de Jésus^Christ. ;= Des Tragédiée saû


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en trais Théâtres , ou les EpQngUes de Jésus^Christ mis em pocmes. Paris , 1662, f>z-i2 , qui a été supprimé ; et beau- coup d'autres pièces que Toa trouvera au n.^ U48 de I4 Bibliographie de Dcbure. On attribue au même François Darennes l'ouvrage suivant : le Politique du temps, ou^rag^ qui traite de la puissance , authorité et du devoir des Princes; des dif^ers Goui^ernemens , jusqu'où, ton doit supporter la tyrannie ; et si , en une oppression extrême , // est loisible aune sujets de prendre les armes pour défendre leur vie et liberté , qtiand , comment , par qui et par quel moyen cela se peut et doitjaire , imprimé en i65o , in»\2. Cet ouvrage a été supprimé aussitôt qu'il a paru ; et on en a fait uoa contrefaction quelque temps après. On croit que Davennee est mort avant le supplice de Simon Morin, en 1662, Il avait été mis en prison en i65i pour des libelles faits cootr* la roi , et <licii( par la folie et le fanatisme.

DÉCOUVERTE. La découverte de la Vérité et le monde détrompé à Tégard de la Philosophie et de la Religion» z/i-8.

Cet ouvrage a été coodamoé aux flammes» comme rempli d'impiétés. Je n'en connais, oi d'aoteur ^ ni la date ^ ni !• lien d'impression. .

DEFORGES. Vers sur rarrestatîoiudiT.Prétendant d'Angleterre » en 1749 ^ par D^ef orges ou D^Sf

lorges. ..

Cette pièce , qui commence par ces deux vers :

Peuple, jadis si 6er » sujfburd*hi4 si lervUe»

Des prifices malheureux , ta n'es donc plus l'asyle ?

« 

90&ta cher & Tanteuv. Il.était A Topera ^ en 1 749^1 lorsqu'oa


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y arrt^ta le Prétendant. Indlgné'de cette violation de l'Iiospî- talîté, il crut que l'honneur de la nation était compromis par cet acte de violence , et il exhala ses plaintes dans cette pièce de vers. En ayant été reconnu pour auteur, il fut arrêté et conduit au Mont«Saint-Michel, et il y resta enfermé pendant trois ans dans la cage. Cette cage est un caveau de finit pieds carrés , où Ton ne reçoit le jour que par les crevasses des marches de l'église. Deforges soutint avec courage son affreuse captivité. M. de Broglie , abbé de Saint-Michel , eut pitié de cet infortuné : il obtint'qu'il eût |,*abbaye pour prison. Il falhit prendre des précautions pour le faire passer de cette longue et profonde obscurité à la lumière. Deforges gagna les bonnes grâces de cet abbé par son caractère , son esprit et ses qualités personnelles; au bout de cinq ans; il obtint ia lîbehe ; et l'.ibbé de Saint«^ Michel le donna au maréchal de'ftroglie^ son frère, fn qualité de secrétaire. Après .la njiort de madame de Pçm- padour , il fct fait commissaire des guerres. Il mourut eu août 1768,

DE LISLE DE SALES. De la Philosophie de la Nature, ou Traité de morale pour Tespèco humaine, tiré delà philosophie et fondé suiT la nature. (Par M.-J. deLisle de'SaIes.)Fûmi Sailïànù ^t Nyon^ ij6g ,6 doL in*i2, :,


i •■*•


Cet ouvrage a fait beaucoup de bruit, non pas aiji mo- ment où il a paru , mais quelque temps après. Le manus- crit des trois premiers volumes ayait été approuvé par Tabbé Chrétien , censeur royal. Malgré cette approbation , Touvrage fut dénoncé , en 1770 , à l'assemblée du clergé , qui cependant n*y trouva pas de quoi déterminer la censure i^clésia^ti^ue. En 17741 paruucent uois nouveaux vojumes^


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4ont \e, manuscrit fut approuvée par M. Lebas , censeur royal de la classe de chirurgie : mais , en 1776 , Audran , con- seiller au Châtelet, dénonça cet ouvrage avec beaucoup dd chaleur , et conchit , non-seulemc/it à la suppression et à ce q^u'il fut brûle , niais à une punition exemplaire des au- teur , censeurs et imprimeurs. L'auteur fut décrété de prise de corps , les censeurs d'assigné pour être ouï , et l'im- primeur d'ajournement personnel. Au mois de mars 1777 > intervint jugement au Châtéiet qui bannit à perpétuité M. de Lisie , blâme l'abbé Chrétien , admoneste l'antre censeur, M. Lebas, met le libraire Saillant hors de cour, et fait défense aux deux imprimeurs de récidiver , pour s'étro écartés du mantiscrit censuré. La sévérité de ce jugement ne fut pas approuvée du public ; Aussi la détention de M. de Lisie dans la prison du Châtelet , fut pour lui un triomplie plutôt qu'une punition : il y fut logé très-commodément , et y reçut chaque jour des visites nombreuses des hommes de lettres les plus distingués , et d'autres personnes puis- santés qui lui offraient toutes sortes de secours et adoucis- saient l'amertume de sa situation. Au mois de mai 1777, le parlement, plus indulgent que le Châtelet, se contenta d'admonester M. de Lisie , de faire défense à l'abbé Chrétien , premier censeur , d'exercer désormais les fonction» de cette place , et d'enjoindre à Lebas , second censeur, de la classe de chirurgie , de ne plus approuver que des livres de son état. Les libraires furent déchargés de faccusation. J'nî oublie de dire qu'il y eut un procès entre M. de Lisie et l'abbé Chrétien à l'occasion de la censure des trois preoiiers. volumes. La Philosophie de la Nature a eu un grand nombre d^cditions et a été traduite en langues étrangères. M. Jean de Lisie de Sales est membre de Tlnstilut national de France. Il a été exposé , comme tant d'autres , aux persécutions pendant le régime de la terreur. En 1793,1! continuait chc^i^

7


lui l'Impression dVn oavrftgc intitulé Eponinè : uii ouvrier ^ qui tcavaillait à son imprimerie , le dénonça le 27 ventôse an 2> ( 17 mars 1798 ). M de Liste fut arrêté et enfermé à Sainte-Pélagie ; son arrestation dura cent quarante jours , et il obtint -sa liberté peu après le 9 thermidor an 2 ^ jour mémorable qui vit écrouler tous les écbafauds alimentés par la féroce anarchie pendaut dix-huit mois,

DENYS. Dionysii Carthusîan! contra Alchoranum et sectam Machomeiicam , Libri V : acccdunt «jusdeiii de Bello instituendo adversus Turcas, necnon de général! concilia celebrando^ et con-

. tra vîtia superslitipnum. Colonia, apud Peùrum

Quenùel , 1 533 » V/z- 8,

Cet ouvrage a été supprimé à cause des plates caputi^ iiades qu'il renferme. L'auteur , Denys-le-Chartreux , dans le Traité de Belîo instUuendo , exhorte les princes chré- tiens à s'as&embler et à' déterminer une croisade y afin de détruire Tempire de Mahomet : il appui ses exhortations de plusieurs passages de l'Ecriture sainte arrangés à sa ma- nière 9 et fortifiés de trois révélations à lui arrivées et faites de la part de Dieu , avec ordre d'en instruire les princes , leur répondant du succès de Teutreprise. On se moqua du visionnaire* Quelques auteurs pensent que ce livre a été enti^epris par ordre de quelques puissances , qui fai- saient jouer des ressorts pour ébranler les princes chrétiens en faveur du saint siège. Ce Traité , fort rare t n'est point dans les 21 vol, in-foh des Œuvres de Denys. Ce docteur extatique 9 né à Rikel , diocèse de Liège , est mort en 14? ^ à soixanto-neuf ans : il en avait passé quarante-huit chez les chartreux de Ruremotide.


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DERODON. Disputatîo de sopposîto, în qint plurîma iiactenusînauditadeNestorîo tanquam orthodoxo , et de Çyrîllo Alexandrîrvo, aliisque Epbesi în synodura coaciîs^ tanquam hœrelici^ denaonstraatur, utsoli sacrae scrjplurxe inlaillir bilitas asseratur. (Auihore O^ivide Derodon.) Francofurti (Potius m Galliâ) ^ anno i6<j5.

Cet ouvrage, trêfi-rftr«« a été condamné et brûlé par jarret du parlement de Tpplouse. David Derodou^ profes** ficur de philosophie à Nîmes , est auteur de ce livre • qgoi^uo plusieurs personnes Paient attribué à ^gidius Gaillard. Il y a établi un systiime ^contraire à la religion romaine ; outre les erreurs parliculi^res doJit ce livre fouripillc ^ oi» y trouve une jBaiyr.e violenta contre S. Cyrille d'AIexandrjp^ qui y ast taxé d'bérétiquc» Nestorius y est préconisé ^ «t «  selon l'auteur, il est prouvé que S* Cyrille a:ConFondu le» deux natures de Jésus-Christ. Ce yoluQia^.est composé d» 358 pages, sa/is index ni errata^ On joiiflt Qrdinajrernf^f à cet ouvrage Vlmpqsf^r^de fa prétendue Qoi^mon de foi de Cyrille^ patriarche, d/^ Coastflntinoph, Paris , léag , inr?î , qui ne contient que deux lettres sur le ipéoae sujet, à pea près que celui de l'ouvrage pxécéden;:. . On , a encore du ïnôme Derodon , Disputatip dp Ziàertafeeii.dê ^tomit. JV<^^ mausii y i66z , /'^«S , vol unfi^ assez far^^d^iis lequel I4 Traité de liiàertate et çeloi de Aùomis sont séparéjii l^'-^-r théisme conpaincu ^ par David Derodon , Orange^ l6i>9 ^ f/2.8 ; ouvrage qui est peu recherché 9 parce qu'il est rooinii <:urieux et moins rare que les précédons, Dispute de lûf Messe , ou Discours sur cç s paroles ; CECI 8$T MON COf^V^ | J)ar David Dçrodon, Genèf^e ^ duj^çrt , ibèz ^ //!^-8 , a,î$ç»


ïoo

rare. Lé Tombeau de la Messe 9 par le même auteur , Genèpe^. Auhert , \Qi^% , iti-SS, Ce livre a été réimprimé à Amsterdam ^ en 1662^ 2^-12. L'exécution typographique est meilleure dans la réimpression. On attribue à Derodon La Mes&ô trouvée dans VEcritnre , imprimé en 1647 , //î-8 , assez rare. 11 a encore- publié D/5/7w^^ de l'Eucharistie , Genèim ^Auberty i655 ^ 2/2»8.

DESFOKGES. Avantages du Mariage el combien il est salutaire aux Prêtres et aux Evêques de ce temps-ci d'cpouser une fille chrétienne. (Par l'abbé Desforges). A Bruxelles^ Ï7S8, in-8» ou £ DOÎ, in'i2,

ic Mbrin d'Héroaville (dans ses Annales typographique» de juillet 1760 ), dit que cet ouvYage est la production d'un esprit en déliré , qu'on a soustrait avec raison à la lectàre des gens faibles , sur qui les extravagances qu*il contient auraient pu faire une impression dangereuse. L'auteur, se Bentant incapable de garder le célibat auquel il était obligé par état , etpotte ses besoins au roi , aux parlemens' du royaume, aux cours souveraines > aux évêques de France^ et enfin au pape , pour en obtenir la dispense dç ses vœux , ou la liberté de se marier sans renoncer à son caractère de prêtre. La manière indécente dont il peint son état , les écarts qu'il se permet contre les pères de l'église qui ne hii sont pas favorables , le tableau qu'il fait du concile de Trente; ne pouvaient manquei' de lui' attirer l'anima d- version de ses supérieurs et la supprâssion de son ouvrage. » Je dois la connaissance de cet auteur à M. Ch. Weiss y de Besançon, jeune littérateur, aussi instruit en bibliographie fit aussi laborieux que modeste et obligeant.


tôt

DESLANDES. Pigmalîon ou la Statue animée, ( Par Deslandes. ) Paris ^ Londres , {Harding) ^

Cet ouvrage a été condamné au feu p.ir le pai^lettient de Dijon : c'est un roman pliiloabphiqun. L*a«teur est André» François Boureau Deslandns, à qui l'on doit Y Histoire cri^ tique de la Philosophie ^ 4 vol, in»i2. Il existe urte édition de Pigmttlion , Berlin , 1763 , r/7-8. Le méoie littérateur a encore publié la Fortune^ in-12 ; la ComCesse de Montjerrat ^ in-12 ; Réflexions sur les grands Hommes qui sont morts en plat" s an t mit y in-ja ; des Poésies latines , ou la décence n'est pas toujours respectée : quelques-uns de ces petits ouvrages orit été flétris. Il a composé plusieurs autres livres > dont on trouvera la liste dans difFérens Dictionnaires historiques» Deslandcs > né à Pondichery en 1690 ^ est mort, en lySy^ il Paris.

DESPÉRIERS. Cymhaîum mundi^ en fiançais, contenant quatie Dialogues poétiques, antiques^ joyeux et Facétieux , par Thomas Duclevier ^ (Bonaventure Despériers, Valet de chambre de ia Royne de Navarre. } Paris , Jehan Morin ,

Edition originale qui a été brûlée par arr^t du parlement, du 7 mars j537 , et censurée par la Sorbonne ; elle a été supprimée avec tant de soin, qu'on n'en connaît, dit Dè- bure , ( Bibliothèque instructive ^ n.° 409a) qu'un exemplaire qui a été venrJu 35o livres chez M. Gaignat en 1769 , et 120 livres chez IVI. de la Vatliërc en 1784. A la suite de cat exemplaire est une copie de la requête présentée au chancelier par Jean Morin ^ pour le faire sortir de priso^


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où il efait detcnit a cause dé rimpressiofi de cet Otrvf»g<r/ Dcbnrc dit que cette édition est ornëo de quelqufes figurct gravées en bois ; c'est une erreur j il n'y en â qu'une, colle du frontispice. L'édition de Lyon > l538, petit M*8 » est aussi trhi «^ rare i ayailt été supprimée atissitôt qu'elle a pavn (i). L'éditbn do Prosper Marchand de 1782 , irfiZf n'est poitit rare, si ce h'est tirée sur vélin. Celle de 1711' du même ëdUeuri est encore moins techerchée que celle de 1732. On prétend que Ton n'a point condamné q«  li'rie comme impie et détestable, ainsi qu'on lHjBt Cru long- temps ; mais qu'il l'a été » patce qu'on saupçdnbait rjuts fauteur^ ami de Clément Marot^ et attaché k une cour oti la rrli<<ion rc^formce était protégée, avait voulu, sou» des allégories > prêcher cette religion. D'autres prétendent que l'auteur a voulu caractériser , sous de^ noms empruntés , une partie des- personnes de la cour , ttont les moeurs et la conduite lui avnient paru reprëhensibles. Quoi qu^l en sôit , je n'ai rien trouvé dans cet ouvrage qui m*aît paru blossef la religion ^ et )e crois que la censure est la seoler éatiso de la réputation qu'il a ei^. Despériers t'est donna la mort«n 1^44 dana un accès che*frénéMe#

DIDEROT. Lettres sur les Aveugres à Tusâge (îe ceux quî voient. (Par Dente Dkterôt. ) i749r 1/2- 1 a.

Ce [ivre fît beaucoup rfo Bruit forsqu^il pAruf. Les opi-

a0»m d > «1 ! ■ I l ■. .1 Il ■ ■ ■■,.■> ■ ■ *

(t) Dans un oxemplaire de oetto édition , qiri est à la* bibliotlièquer hnpértalc de France, on trouve sur lo feuillet do !*intltul<5 la note sui- vante maïuiscritt : Uanctcuf jBonsvcnture Dupir'urs ^ homme mJchant et àtkic , comme il apparoist par ce détestable livre» lit plus bas : Telle vie^ telïô fini avéré par la mort de ce miv érable ^ indigne de porter le nom d*homme» Oiï fUttNiao la ptcmièt^ liote k de L*£coUe , dateur da Jotnnàt de Hcnr'rlV#


«ions in^res et fortement exprimées qu'il renPerOie « éveil- lèrent l'attention de rautorilé supérieure , et coûiercat la liberté à notre philosophe. Il fut enfermé pendant ùlL mois au château de Tincennes , et Ton sait que cette petite correction faillit le faire devenir fou. Ses autres produo .tions philosophiques sont marquées au miéme coin ^ pour s'en convaincre» il suffit de lire quçlques.pages de ses Pei$^ sées philosophiques y 1746 , in-12 ; de sa Lettre sur les Sàurdt et Muets , à l'usage de eeujf qui eatendeni et qui parlent^ l'jSi y % vol, in-12. ^ de w^ Pensées sur VinterpréiaM^ de la Nature , i^S^j in-12 ;.de scko Code de la Nature.^ "^l^^w in-ia', etCmp etc. Tous oes ouvrages sont écrits d*Qn style éloquent , mais souvent difius , lourd» incorrect ; et quel» quefpis Vauteur est autant obscur que philosophe» CepeiH dant il y aurait de l'injustice k lui refuser de grands talent ^ une imagination vive * féconde » brûlante « et une ardew infatigable pour le travail , ainsi que Taunoncent se| nom- breuses productions y dont M. Naigeon a donné une belltf édition en \i vol. s/1-8» cher Detervillûf en 17979 lioli compris Tinimense jquantité d'articles qu'il a fournis et qu'il a travaillés pour TSiicyclopédie 5 dont nons.alian& parler*

DIDEROT et DALEMBERT. Eflçyclopédîe oi# Dictionnaire râisonnié cTes Sciences ^ des Arts et des Métiers 9 par une société de Getut de Lettres » mis en ordre et publié par M. Didecôt ; ett quant à ta partie Mathématique» par M. d'Alemberté Paris i Briasson , lySt — i^ys^t tj voh 2/2;/b/*/ Planches, 11 voL in-foL =: Sojp^ plément à rEneycIopédie.^m^/en/â'ra ^{Pans% X 776 — 1777,4 voléitpfoU; Planches I s ifoU

in-fol.^^ ;=: .Table,^qxivti|iique et raiaofiipée det


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matières eoticeimes dans les 33 volumes de VEvh cj^clopédîe (par M. Mouchoni), Paris ^ 1780 y St, Dol. infoL^ en loot 35 doL. in fol/

Les éditeurs de cet îoitnense otnrrage ëpr(9uvèrent des contrariétés dès le commenoement de son impres* sion. A peine les deux premiers yolunies paru-rent , que l'impression en fut suspendue par an arréit du conseil di» 7 février 175a , à caase des propositions hardies sur le gouvernement et des opinions 1res - hasardées stnr la reli- gion que Ton y découvrit. On ne leva la défense d'im- primer les volumes suivans qu^à la fin de 1753 : il en parut alors cinq nouveaux tomes ; mais , en 7757, les dénoncia- tions recommencèrent ^ et on arrêt da 8 mars 1759 révo- qua le privilège , et fît défense de continuer l'impression. Cependant, il arriva que, jusqu'en T766 , on en imprima la suite , et on en distribua secrètement dea exemplaires. Le clergé , qni avait proscrit authentiquemcnt cet ouvrage en août 1766, en porta des plaintes » et le gouvernement s'étant fait donner ta liste des souscripteurs qui avaienl retiré des exemplaires , lear envoya nn ordre du roi de lea rapporter au lieutenant de police^ les libraire» f^auteura et coopérateurs des travaux de cette édition fureivl mis k la Bastille* Toutes ceà traverses provinrent du peu der circonspection avec laquelle les auteurs de l'Encyclopédie émirent leurs opinions sur les objets délicat» de la religioi» et de la politique. Cependant, par la sorte, on toléra Tim- pression des derniers volumes , grâces à la protection que MM. de Clioiseul , Malsherbcs et amres grands actordaicnl aux auteurs et éditeurs de cette vaste entreprise.

Nous croyons devoir présentcn: ici une petite notice abré- gée de 1 origine et de la formation de rEncyclopédie. Si l'on en croit M. Luneau de Boisjermain ^ dans son fameuss


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procc?s avec les libraires-imprimeurs do cette grande col- lection , ce n'est point a MM. Diderot et d'Alembert qu# l'oiy est redevable de la première idée d'une Encyclopédie Jlrançaisc, On connaissait déjà depui» plusieurs «nnéei V Encyclopédie anglaise d'Ephraïm Chainbers } et €*eK un anglais , familier arec la langue française , qui , le premiert a voulu traduire Cliambers dans notre langue. Voici com- ment la chose arriva. En 1748, Jean Mills , gentilhomme anglais, entreprit cette traduction , en soci^été avec M. Sel- lius , natif de Dantzick 9 et ancien professeur h Halle. Ayant besoin d*un imprimeur, ils s'adressèrent à Lebreton , im* primeur-libraire à Paris. Comme >ls étaient étrangers , ils ne connaissaient pas les formalités par lesquelles il fallait alors passer pour mettre un ouvrage sous presse. L'impri- meur se chargea de les remplir toutes , et de solliciter en leur nom tin privilège ; mais il ne le fit expédier qu'au 9ieTh, Mills , instruit de cette supercherie > s'en plaigrùt amèrement, et avec tant d'éclat > que Lebreton, dans une reconnaissance en forme de cession , déclara qne le privilège du Dlcllonnairo de Chambers , quoique scellé au nom de Lobreton , appartenait en tourte propriété à Jean Mills. Mais ce titre devint bientôt invalide par un défaut de for* malite à laquelle il aurait dû être soumis > et dont LebretOR ne prévint pas le traducteur en question. Il y eut un arran* gement subséquent ^ par lequel Mills céda à Lebreton une partie de son privilège. Celui*ci proposa h son associé d*an^ noncer rËncyclopédie par souscription : Mills y consentit; mais y dans cette annonce, Lebreton omit encore les for^ malités ordonnées. Le corrcours des souscripteurs fut con* sidérablc* Mills crut pouvoir profiter de ces secours } fl demanda un à-compte à Lebreton. Il n'obtint do lui qu^uA refus accompagné de mauvais traitcmens. Cela donna liem à un procès crimiueU Lebreton accusé fut timpleioeAl


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idécrété d'âsstgnê pour être oui au ChAtelet. MîIIs appela d«( parlement de ce décret , parce qu'il le trouva kisaffîsant* fendant ce tempr, Lebreton se prévalut du défaut de fer* imlités pour faire révoquer le premier privilège ^ et il en obtint un autre en sen nom. Ce. qui fut exécuté le 21 janvier \jlfi^ pour YÊncyclùpédie de Diderot et d'AIem- bert. Alors Mills fut dépouillé d'un ouvrage dout l'idée , le plan > la marche et la première exécution lui apparte^ liaient , sans avoir fart d'autre faute que d'avoir contrevenu ^ Éahs le savoir > à des règlemens^ qu'il ne connaissait pas ^, et pour avoir été indoit en erreur par LebretoB ^ son impri? meur , qui devait le diriger. Alora il fut obligé de repasses en Angleterre ; et Sellius ^ son eoopérateur , mourut à Cfaarentoi> en 1767 : il était devenu fou* Les nouveaux )ibraircs*emrepreneurs pour V Encyclopédie de Diderot et d'Alembert , furent firiasson , l^ebreton , David et Durand^ C'est contre Briasson et Lebreton que Lu-neau de Boisjer* main eut ce proeès si connu et si long au sujet de i'Ëncy^ clopédic; les Mémoires q^u'il fournit furent accueillis ^ parco qu'ils renferment des rechercbes savantes et des détaifat curieux sur l'histoire de ce volumineux ouvrage ^ sur In jnanuteniion de l'imprimerie ^ sur le mécanisme de cet art j| •t sur ^industrie des imprimeurs» L'auteur prétend que ^ sur les 737 livres | n>ontant de la souscription pour les vingts* six premiers volumes de TEncyclopédie ^ chaque souscrip- teur a payé 164 livres de trop , parce que les^ libraires n*onti pas rempli en entier les engagemens portés dan» leur /^ro.T'^ pectus* Ces 1&4 livres , multipliées par le nombre des sous*- criptions\ donnent simplement une somme de i|94S»o5a livi que les libraires auraient eu à restituer aux souscripteurs^ Selon M. Luneaii , les vit>gt*six volumes , tirés à 4a5# exemplaires» ont dii coûter d'impression i^iSSjçâS livrée à sous 6 deniers , et rapporter aux libraires ^ de la j^rt def


touscripteurs seuleioent , 5j'j8(),ZS2 libres. Ma-î^ Brîasson el Lebreton ont soulena cjue Luheau s'était trompé dans teS calculs , et quil avait beaucoup atténué le montant. de«  frais } par exemple ^ il porte à iSo^ooo Hvfes les acquisition^ des manuscrits et les Itonoraires de» éditeurs , tandis qu'ilir ofiC excédé 400,000 livret (i), It compte 60,000 fivrespour les £sivtx Frais qui sont allés li 120,000 livres j* il passe soiitf silence les pertes et banqueioutcs qui peuvent être éra*' luées à i'00,ooo liv« Il doit réduire les é^iSo excmplaifes à 4200 complets , etc. Kous n entreronspas plu5t avantdans les détails de ce procès curietix ^ nous dirons seulement qu^a- prèâ beaucoup de mémoires , die répliques eC de plaidoirie de part et d^autre , Luneau de Boisjennain succomba ; la victoire demeura aux libraires. Nous avons parlé dans aotre Dictionnaire bibliologique (tome 2 , p. 256 ►-^ 268 ) , de l'En- cyclopédie , de sa pré£ace et du système des connaissances Bu-maines qui se trotiveot eo tête, et que Ton doit à Bacon 9 nous ne répéterons pas ici ce que nous en avons dit. Nous Croyons également inutile de présenter de nouveau la notice sur les différentes Bncyelopédies nationales et étrangères avec la série de leurs éditions et les marques pour les cUstin» gucr ; nous avons inséré cette notice dans nos Curioùté* hibïiographique$ ^ pages 41 ^ 46.

DOLET. Sommaire des faits et gestes de Françoîff

1.*' , tant contre l'Empereur que ses sujeta^ et

autres nations étrangères^ composés d'abord en

latin par Dolet, puis translatés en français par


- (?) Je dirii à ce sujet que Diderot, qui a tant travaillé à cet immenss ouvrage, n'en a retiré que 1000 livres de rente viagère ;. tandis, qud Robertson , pour son Histoire de Charles V ^ en y vol. rn-ia, a Ctt da' Son libraire 4^00 gainée», c*est-à«dire , 96,000 livres;


fto8

Iui«mème« î^yon , Etienne Doleù^ 1640, />7*4; S^tephani Dolelt Carmiouai Libri iV» Lugduni^

i538» 1/2*4 . lÈjusdenif Caio cbristianus, id est, Decalogi cxpo^

sitio 9 accessto ad pra^epta Legis ex Christi door

tiinâf etc. LugUuni^ Dolet^ i538^ i/i*8.

BrIeF Discours de la république françoyse, désirant la lecture des livres de FEcriture saiocte luy estre loisible en sa langue vulgaire; ledit Discours est en rinces , etc. Lyon^ Etienne Doleù^ ^^^p in*\6.

La Foncaine de vie {imprimée "vers 154a par,

Doleù)^ in- 16^

Les Epistres et Evangiles des cinquante et deut Dinienches de Tan, avec briefves et très-utiles expositions dycelles.Z«yo/»t Dole^^ (542, in-iOm

Les tTeures de la Compagnie des Pénitens. Lyon^

Doletf 1542 , in-iS. Le vray Moyen de bien et catholiqueinent se

confesser» traduit du latin d'Erasme. Lyon ^

Doleù^ i542y//}-i6. Le Chevalier chrétien » composé en latin pHt

Erasme , puis traduit en françoys. Lyon , Dolei^

1542, in-iô. Le Sommaire du Vieil et du Nouveau-Testament « 

imprimé par ledict Dolet» en françoiSf vers 1642^

Les Œuvres de Melanchthoui imprimées par DoletJ Une Bible de Genève» imprimée par Dolek


T09

Ifistîtmîon de la Religion chrétienne, par Calvin, imprimée par Dolet.

Tous ces ouvrages , dont les uns ont été composés et imprimés par Dolet , et les autres seulement imprimés par lui j sont mentionnés dans un arrêt du parlement de Pariât du 14 février 15^3 , qui les condamne à être brûlés' et con^ i^ertis ensBfnble en cendres , comme contenant damnable ^ pernicieuse et hérétique doctrine. Il y en a encore quelques autres qui ont été mis à la censure, tels que Vlnternell» consolation , Lyon , Dolet , 1642 , 172-16 ; VEpttte du Pécheur à Jésus-Christ ^ par Victor Brode au y imprimée par Dolet en 1642 ; Les Prières et Oraisons de la Bible faites par les SS. Pères , etc. aussi imprimées par Dolet. Je ne rap* porterai pas ici Thistoire de cet imprimeur malheureux ; tout le monde sait qu'il a été condamné à être pendu et brûlé , atteint et convaincu d'être athée , relaps. La sentence, a été exécutée à Paris le 3 août 1546, au. milieu de la place haubert : il était âgé d'environ trente* sept ans. Qaand il fut sur 1 echafaud, il prononça , dit-on |^ cette prière : Mi Deus ^ quem loties ôffendi , propitius esto ; teque Virginem matrem precor ^ dipumque Stephanum ^ ut apud Dominum pro me peccatore intercedatis. On ne sait pas trop quel a été le véritable mgtif de la condamnation de Dolet. Le 4 novembre 1544, la faculté de théologie de Paris étant assemblée , on lut un Dialogue de Platon, ou attribué à Platon , intitulé AxiOCHUS , traduit en fran«  çais par Dolet. Co Dialogue fut vivement censuré , parc» que le traducteur , au lieu de traduire un passage par après la mort , tu ne sercm rien , s avisa de le rendre ainsi, après la mort^ tu ne seras plus rien du tout. La faculté dé- cida que ce passage était mal traduit et contre ^intention de Platon y ofiçuel ny a.^n grec ni çn latin ces mots : fLlETft


DU TOUT ; quo cela sentait Vhérèsié et oiait confornte à J'opînion des sadiicëeus et des épicuriens. (Voilà de plai- jans hérétiques , dit M. Née dans la Vie de Dolet, Paris , 1775^» in-8, et %S exemplaires i/s«-4. ) On regarde cette accu- sation comme un des motifs de la condamnation de Dolct* iM« Née pense que la véritable cause est plutôt dans la Jiaine que \\4 portaient de» eccldslastiques qu'il avait outra* géS| et qu'il avait ble^sésr ce Eu découvrant le pernicieux idessein que les docteurs de Sorbonne avaient conçu de dé- truire en France Tart de Timprimerie , qui y avah été introduit par deux de leurs plus célèbres confrères ; en molestant par des épigrammcs sanglantes les moines et les dévots importuns ; en se raillant enfin, dans une édition de Rabelais» de la société de Sorbonne , par de^ sobriquetc iudécens donnés à ses membres, etc. » II n'en fallait pas davantage pour faire poursuivre Dolet avec acharuement» M. Née dit qu'il lançait des épigrammes contre les moines i j'en trouve une as^ez forte , dans Vogt , adressée par Dol^C

Ad Nicoîaum Fahricium Valesium PB CUCULLATIS.

Incurvlcervîcum cuculUtorum habct

Crcx id subinde in pre » se esse mortuum

Mundo i tamen edtt eximie pecus , bibit

]^on pessime » stertit sepultum crapula , •

Operam voneri dat » et voluptatum assecU

Est omnium, Idne est mortuum tsse mundo ?

Aliter interpretare. Mortul sunt Hercule

Mundo çucullatî , quod iners terrae sunt onus »

Ad rem utiles nuila^ , nisi ad seelus et vitium*

On avouera que ces injures grossières annonceat «ni animositéqui sans doute est condamnable, mais qui cepen^ tiant ne méritait pas le dernier supplice» Cette épigramnit


ne rappelle que le même snjet a été traîié par le fameux baron de Borti : on croirait même qu'il a puisé dans Dolet ce qu'il dit de plus fort contre les moines. C'est en xySS qu'il publia sa MonacTiologia ; il saisit le moment où Joseph II venait de commencer ses réformes religieuses. On peut juger du style de cet auteur caustique par réchantilloi% suivant:

D'escfipHo MonacJU» .

Animal aparum » Jmtidufn , immunâum ^ êUîcuIoswn ^ iners , inediam potiuê Userons quam laborem ; t^ monacl^ vîpunt e rapinâ et quesiu f mundum sui ianCum\cattsa crea^ ium esse predicant ; coemni clandestine ^ nuptias non cele^ hranty fœtus exponunt ; in propriam speciem sœviunt^ 0Ê hostem ex insidiis aggrediuniur. »* VsU$ »-« temz pçnduê inutile, Fruges consumere naii*

Relativement & Tordre des dominicains il dit :

Bximio offaetu pMet , Tfimnn et hatresin è îdnginquo odQ4 Yat» Esurit semper polyphagus. Juniores ^fame probaniurm Veterani y relegata omni cura ei occupaiione ^ gulœ induis gent^ eibis sueculentis nuiriuHiur ^ moliiter cubofÈt ^ tepidef quiescunù , somnunà proirahunl , ef ex suis diœia curant ^ lit esca omnis in aêipem iranseat , lardunigum^ adipiscantur f hinc abdomen proîixum passim prœsefhruht / senéa retftr^ cosi maxime esdmantur» 'VirgimMtis saewœ îa â^enarem wti gicagam proni ruunf. Generi humano ei sanet^reuioni infee^ tissima species ^ incujus oreatiofie 'non\ .se jaètapU muta^ naturœ. ' t' '• . ::r " . , ,,.,,|

L'arcbevêqne da ViéiHié porta coyiire cet ouvrage-. -diit plaintes à Temperenr» qui faii'répondit que cela' n'attaquatti que la partie inutîltf et dtsive des ordvas-r^igiftû«.Cat :OiH ▼rage fut tûeatdt sm^dé U JD^/SmAi joA^^fititt^at tnioiW


V


de Y Anatomîa monacîii. Le baron de Born , né à Carlsbourg eu Transylvanie , est mort à Yienn.e en 1791.

DOMINIS, De Republîcâ ecclesîastîçâ , auctore Marco* Antonip de Dominis. Londini 1617 eu 1620, 3 7)qI. in- fol.

Cet ouvras:e a été censuré le i5 décembre 1627 par la faculté de théologie do Paris , parce qu'il contenait des maxinoes favorables à l'indépendance des princes séculiers et des principes de tolérance ; mais il* avait déjà été brûlé par sentence de l'inquisition avec le corps de son auteur ^ qui a été exliumé à cet eflet. Cette exécution a eu lieu à Rome au Champ de Flore en 1625. Quelques auteurs ont regardé M. -A. de Dominis comme une dos plus illustres victimes de Tinquisition. Il passait à leurs yeux pour un. savant occupé du projet de réunir les communions chré- tiennes ; projet qui fut celui d'un grand nombre d'esprits sages et amis de la paix , dans un siècle 011 les principes de la tolérance étaient inconnus. Cependant il faut avouer que sa conduite et ses opinions n*ont pas toujours été exem- plaires , surtout aux yeux d*un tribunal aussi sévère et aussi soupçonneux que celui de l'inquisition.

De Dominis , d'abord jésuite pendant vingt ans ^ puis évêque de Segni , et ensuite archevêque de Spalatro , aban* donna son archevêché pour se retirer en Angleterre, où il. écrivit avec une liberté dont il ue pouvait joiiir en Italie. C'est-là qu'il publia V Histoire du Concih de Trente de Fra- paolo, son ami , dont il fit la préface ; et son Traité rfa. Republicâ ecclesiasticà , dont nous rapporterons quelques fragmens qui prouvent que Fauteur penchait plus vers lo protestantisme que vers le catholicisme. Quoique très«>bieii venu à Londres 1 il forma le desscia de revenir en Italie {-


ii3

ïe pape Grégoire XV, son atnî cl son condisciple, ayant ■été averti de «e dessein , lui Rt dire par lambassadeur ^'Espagne qu'il pouvait se rendre à Rome sans crainte. 11 y revint après avoir fait à Londres une rétractation écla- tante de ses erreurs, ce qui indisposa contre lui les Anglais» Il renouvela cette rétractation en arrivant à Rome ; mais on sut peu à près qu'elle n*étaît pas tres-sîncère ; car on «urprit des lettres qui firent, juger qu'il se repentait, de sa conversion, Urbain VIII le fit enfermer au château !!>aint«  Ange , où il mourut du poison, selon quelques historiens^ €n 1626 , à soixante-quatre ans. Son cadavre fut brOlé la même année avec son Traité de Repuhlica , etc. M. DrLure raconte un peu diflcremment Thistoire de Dominis dans sa Bibliographie , n.° 944 5 mais les principaux faits sont les mêmes. Il dît seulement que cet auteur ne devait pas revenir à Rome ; qu'au contraire , il devait profiter de cette maxime si souvent répétée dans stii ouvrages : a Qu'on n'offensait Jamais impunément la cour de Rome, qui par- dontiait rarement ; et que, quand on s'était une fois déterminé à tirer l'cpée contre elle, il fallait jeter le fourreau. » Voici quelques opinions hétérodoxes répandues dans ce Traité de Repul>Uca , etc. u L'église y sons l'autorité du papo, n'est plus l'église, mais un état humain sous la mo- narchie temporelle du pontife L'église n'a point un

pouvoir coactif ni ne peut user de contrainte «»xtérieure...,. Le» prêtres n'offrent point le siacrifice de Jésus «Christ , mais ils en célèbrent seulement la commémoraison. . .. •• L'inégalité de puissance entre les apôtres , est une inveo* tion humaine qui n'a aucun fondement dans l'Evangile...,, Le Saint-Esprit est le véritable vicaire do Jésus-Christ suc

terre Jean Hus a été mal condamné par le concile

de Constance JÉsus-Christ a promis son St.*Esprit

k toute l'église , sans l'attacher aux prêtres, aui.évêques....;

8


xi4

L*or(]re n'est pas un SAcrem^nt I/égliso romaine, h

cause do la dignité de la ville dont elle porto le nooi 9

est la première en excellence , et non en jurisdiction •

Les ministres de l'église ne sont pas obligés au célibat.MM* Le vœu solennel des moines n'a point d'effet au-delà du vœa simple.... La papauté est une fiction des hommes. ... , etc» » De Dominis avait com{>osé , vers 1690 « un Traité de Radiis lucis et de iride , qui ne fut imprimé à Venise qu*en i6jx ^ 2/Z-4. Il est le premier qui développa avec sagacité la raison des couleurs de l'arc-en-ciel : il fît voir que les rayons du «oleil > rcHëchis do l'intéiieur m^me des gouttes de pluie ^ forment cette réunion de couleurs quon admire dans le ciel dans certaines circonstances. De Dominis a encore publié Causa suas profeciioiiis ex lialid ^ 1616, i/^-^ 9 et Pythagorioa nova metempsychosa , cdUore Pauîo Boudot ^

DOUCIN. Problême ecclésiastique , proposé à M. Tabbé Boileau de rarchevêché , à qui l'on doit croire de messire Louis- Antoine de NoaiHes , évêque de Châlons en 1695 , approuvant les Réflexions morales du pfcre Quesnel ; ou de messire Louis-Antoine deNoailles, archevêque de Paris en 1&969 condamnant Y Exposition de la Foi^ par l'abbé de Barcos? (Par le père Dou* cin, jésuite. ) Paris , 1698.

Ce libelle difTaraatoirc a été condamné par arrêt du par- lement do Paris, du 10 janvier 1699, h être lacéré et brûlé par l'exécuteur de la haute justice ; ce qui a été exécuté le j5 du môme mois devant la principale porte de TëgUse de faris. Le père Doucin^ à qui Ton attribue ce libelle, y


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ifisinue que l'arcTieyéque doit être mis au nombre des héré* tiques convaincus d*une doctrine abominable et imgie , cooime un des plus déclares jansénistes qui aient jamais été digne d'être placé à la tète de cette secte. L'avocat* général d*Agucsseau loua beaucoup le prélat ^ et blâma la calomnie de l'autcar Ju libelle,

DOUJAT.Rerum gallicarum, impubère Ludovîco XIV , Liber L Res per novenoium apud galloa aiu à galiis, pace belloque gestae, ab excessu Ludovici XIII ad ann. i65a. ^Auctore Johanne Doujat ) , in^.

Cet ouvrage a été supprimé dès le commencement de soa iiDpre«sion ; de sorte qu'il n'en a paru que les premières feuilles. Jean Doujat , né à Toulouse « est mort à Parisr le âj octobre i6S$ ^ à soixante-dix-tieuf ans y après avoir publié plusieurs bons ouvrages, dont le meilleur «st: Ptat^ iioUones canonicçç et civiles» Parisiis , xôSy , /n<-4« 

DRUTHMAR. Cbrîstiani Druthman exposîtîo îa Mathasum Evangelistafiî famUiaris Inculenta et lectu juciindacum epîthomatîbusin Lucam, eCÇ» ArgenùoraUf Grunigety i5i4 , in-foU

L'auteur de cet ouvrage est un moine de Corble du 9.^ siècle. On prétend que ce sont les novateurs qui firent im* primer, au commencement du i6.* siècle , ce livre , et qu'ils jr semèrent quelques propositions erronées surU traossub^tan» liation. Lorsqu'on s'en est aperçu , l^ livre a été expctemept supprimé , mais sourdement , ce qui Ta rendu très-rare. Ea t56o ou en a publia une seconde édition à Haguepavr j


1x6

qui est également rare ^ parce qu'elle a été censurée et sup* primée publiquement par la cour de Rome, qui apiélendu qu'elle n'était point semblable à la première : ce qui est reconnu pour faux. On peut consulter sur cet ouvrage , les Amœnitaies HUer, de Schelhorn , tome 2 , page 429. ; les Amccni taies hisCur. eccles. , tome 1 , page 8a 3 ; le Catalogut% de Vogt , page s,^S ; la Bibliothèque de Clément , tome 7 , page 461 > et la Bibliographie de Debure » qui est d'avis que cet ouvrage est bien éloigné d'être aussi rare que ceux de Michel Scrvet et de Jordanus Brunus , comme Yogt le prétend.

DUCHATEL. Oraîson funèbre de François L" j par Pierre Duchalel, prononcée en 1547.

Ce Discours scandalisa la faculté de théologie do Paris , parce que Fauteur y disait que Vame dn roi était allée tout droit en paradis» Cette phrase se ressent un pen de l'élo- quence du i6.e siècle; mais elle donnait aussi à ehtendre que Ducliatel passait un peu légèrement sur le purgatoire, et l'on savait que François I.er avait bien vécu de manière à y faire une petite pause ; c^est ce qui alarma les théo* logiens. Aussi la faculté nomma des députés pour en aller faire des reproches à l'auteur, alors évéque de MAcon , qui était à Saint-Germain-en-Laye , auprès de Renri \U Eu attendant que le prélat fût averti , on adressa ces députés à un maître-d'hôtel nommé Mendoze ; cet homme facé- tieux commença par les bien régaler ^ et ensuite leur dit ; « Hé l messieurs > vous craignez que 1 evêque de Mâcon n'ait porté atteinte à la croyance du purgatoire, en envoyant l'ame du roi directemient en paradis: rassurez-vous , chacun connaît le caractère du feu roi , mon maître ; il ne s'arré* tait guère dans le même lieu, quelque pM^ir qu'ily troi^vâc^^


117

A supposer qu'il soît allé en purgatoire, il n'aura fait qu'y passer , et tout au plus goûter le vin en passant. » Cette plaisanterie, plus forte que la phrase de l'évéque de Mâcon^ désarma la sévérité des députés et de la faculté en les fai- sant rire ; et l'affaire en resta là. Pierre Ducliatel ( Caslel-'- lanus ) , dont je m'honore d'être le compatriote, est né à Arc-cn-Barrois , en Bourgogne > vers la fin du i5. siècle. Il fut évéque de Tulle en iS'd^g, évéque de Mâcon en 1544 ' grand-aumônier de France^» 1648 , et évéque d'Orléanè en i55i. il y mourut d'apopl^îe/ en préchant le 3 février 1752. Il avait beaucoup d'esprit et d'érudition : il possédait les langues orientales, et était fort éloquent en chaire. C'est à lui qu'appartient cette réponse plaisante faite à Franeoî$ I.er ^ qui lui demandait s'il était gentilhomme. « Sire, re«  pondit le prélat , ils étaient trois frères dans l'arche de Moé ; je ne sais pas bien duquel des trois je suis sorti. »

DULAURENT. Tliéologîe portative, o// Diction- naire abrégé de la Religion chrétienne, par M» l'Abbé Bernier , Licencie en Théologie ( Du- laiirent^, Rome CPan'sJ ^ ^77^ f ^'^-i^. Le même ouvrage», nouvelle édition, cpriigée et aiigraenléepajC, uii: cHaciple de V auteur i, ini^ primé à Rome ^^vec pcrmission^et ptwilége du conclai^e , 177^» 2 "voL in- 12.

Ouvrage infime , qui a été condamné ,pa/ arrêt du par- lement , à être brûlé par la main du bourreau le 16 février 1776. L'arrêt' porte que cette production est scandaleuse > impie, blasphématoire, tendant à anéantir les fondemens de la religion , et conséquemroent à détruire les principes de ]a sûreté et boanételé publique. Ou a lou^* temps attribué


ii Voltaire cette couvre diabolique ^ thaïs cltd ési d^dD ooflMnC t)ulaurent, moine apostat ^ né dans. l'Artois , et qui s^csC réfugié en Hollande où il a composé plusieurs ouvrages du même genre que celui dont nous parlons, et qui sont tons plus dangereui les uns que les autres* Veut-on avoitf une idée du style et de lorthodoxie de cet auteur efiTronté^ qu'on prenne au hasard quelques définitions de ce Diction* jiaire détestable. « Adam. C'est le premier liom^rae; Dieu en fit un grand nigaud , qui <:pouf complaire » sa femme, eut la bêtise de mordre diana une pomme que ses des- cendans n'ont point encore pu digérer, » Quelle délicatesse dans les expressions de cet auteur! Mais suivons-- le«  « Anes. Animaux à longues oreilles , qui sont patiens et.

tnalins 
ils sont les vrais niodèles des chrétiens ^ qui- doivent

te laisser bâter et porter la croix cotmne eux. Jésus monta sur un âne } action par laquelle il a voulu annoncer qu«  «es prêtres auraient le droit de monter et de bâter les chré- tiens et les chrétiennes )usqU'àla consommation dés siëcUs.ir Il faut un peu de courage pour rapporter de pareilles cita* fions; ce ne sont cependant pas les plus fortes du livre* J'en présente encore une ou deux, pour prouver )usqu*ii quel degré* (Certains écrivains ont poussé la licence. « CapU* Cl!^. C'est un bouc à deux pieds chargé de crasse , (f'igno* fftnce et de poux , qui chante du nez dans son couvent , let qui se montre dans les rna9 pour édifier les bonne» femmes et faire peur aux peti|:/ enfana. ËN^BR. C'est le foyer de la cuisine qui fait bouillTr en ce monde la marmite Sficerdotale i il fut fondé en faveur des prêtres ; c'est pour qu*ils fassent bonne chère que le Père -éternel , qui est leur premier cuisinier , met en broche ceux de sos cnfans qui n'auront point pour leurs leçons la déférence qui leur est due. Oie. On appelle de certains contes des contes de ma mère l'oie. Les contes que l'église nous conte, sont des contea


Se ma mcre l'oie, vu que nous sommes des aîsons, et que l'église est notre mère , eec^ » Quel style pitoyable ! quelle» plaisanteries triviales ! Je ne pousserai pa» plus loin les cita- tions ; les articles que je rapporte* quoique les plus faibles» comme je l'ai dit , sufBsent pour donner une idée de la corruption de cet auteur impudent. .il a été réfuté, article par article , par M. l'abbé François , dans un /voL iiv-8. On doit encore à ce Dulaurent les ouvrages suivans : Z> Com" père Mathieu, 3 vol, in- 12 ; VAréli/t moderne , 2 vol, În-I2 5 la Chandelle d* Arras , i vol, iu-8 ; le Balai , 1 vol. in-& j Jmirce , 1 vol. in -8 ; t Abus dans les- Cérémonies , 1 vol, in-8. Tous ces ouvrages, qui ont paru entre X760 et ^770» ont été ou ont dû être condamnés au feu. M. MerG....deComp,«..» littérateur très - fécond » £| fait imprimer en Tan 4 une mau<- vaise brochure , pour faire suite aux Œuvres de Dulaurent : elle a pour titre Lubies ihéologiques , ou Œuvres posthumer du Compère Mathieu, C'est un bien pauvre ouvrage, digne- du sort de celui qui est en tête de cet article.

pu PIN. Observations sur un livre intitulé : De r Esprit des Lois ( par M. Dupin ). ^parties în-8;

Cette Réfutation a été supprimée ei brôlée par l'auteur^ sur linvitaiion de madame de Pompadour. Quoique cet ouvrage n'ait peint été supprimé par autorité de justice ^ je crois pouvoir en parler ici , parce qu'il me donne lieu h révéler une anecdote bibliographique peu connue , et qiie , d'ailleurs, il n'est point déplacé parmi les ouvrages suppri- més. Ce livre passe pour l'une des. meilleures xéfulaAioos qui aient été faites sur diverses parties de VEsprit des lois : on la doit à M Dupin , originaire dé Châteaii»Roux , d^abord capitaine dans le rcgîmeut d'Anjou , cnsuiie receveur de» tailles à Châtesui>Roux , puis fermrcr-généraU. On prétend


que la famille de Montesqulca et ses amis , ont fait torm leurs efforts pour empêcher la distribution de cette Béf4i<«  tation , et qu'ils y jsont parvenus. Ils s'étaieiit adressés k madame de Pompndoiir , qui fit venir M'. Dupin> et lui dit qu'elle prenait YEsprit des Lois son» sa protection , ainsi que son auteur. On retira tous les exemplaires, et on brûl» l'édilion ; ce qui a rendu très-rare cet ouvrage j dont cincf à six exemplaires seulement, ont été répandus clandestine*» xnenc dans le public : le prote de Timprimerie d*où il est sorti , en a vendu , dans le temps , secrètement et par infi«  délité , un exemplaire 84 livres* Ce livre a été la sourcor de quelques erreurs qu'il faut relever ici-. Le» acrteur» de la France littéraire de 1769 l'annoncent sous le titre de Réfu^ talion du Livre de V Esprit dos Lois , en ce qui concerner Je Commerce et les Finances , par M. Dupin , 1749, 3 n^oU rn^i'À, Cet ouvrage n'est point /7z-i2, mais i7z->8. \i en exis- tait un exemplaire dans la riche bibliothèque du dut: de I» Tallièro vendue en i784« M.Debure ne l'a point compri» dans les livres rares 5 et M, Nyon, rédacteur de la seconde partie du Catalogue de la Vetllière ^ l'attribue à tabbé de la Porte {voyez le n o 217 ). Les Observations de l'abbé de la Porte , Amsterdam ( Paris ) , T75r , en un seul vol, in-iz ^ sont bien inférieures à celles de Dupin, et n'ont quun prix Irès-ordinaire. Ces dernières se sont vendues 120 liv. chez M* d'Hangard , eu 1789: elles toni moins chères aujourd'hui.

DUPIN. Bibliothèque universelle des Autenrd ecclésiastiques , contenant l'histoire de leur vie » le catalogue , la critique , la chronologie de leurs ouvrages, tant de ceux que nous avons, que de ceux qui se sont perdus; le sommaire de cequ^'ls contiennent ; ua jugeaient sur leur


Î2t

«tyle , leur doctrine et le dénombrement des difi férentes éditions de leurs ouvrages Jusqties et compris le i8.« siècle, avec les prolégomènes et dissertations si>r la Bible et la Bibliothèque des Historiens , par Louis-Ellies Dupin. Paris ^ Pralard , 1698 et suiç, , 56 vol. //2-8. — Biblio^ thëque des Auteurs ecclésiastiques du i8.« siècle,' pour servir de conlîmiation à celle de Dupin , (par Claude-Pierre Goujel, ) Paris ^ Pralard* 1786, 3 "vol. inS. —Critique de la Bibliothèque des Auteurs ecclésiastiques et des prolégomènes de la Bible, publiés par Oupin, avec des éclaîr- cîssemens , par Hichard Simon. Paris , Ganeau, 1780, 4 vol. in S.

Tel est le titre de la collection des principaaz ouvrages qui composent la Bibliothèque de Dupin ; elle a été con- damnée après la publication des onze premiers volunaes qui renferment les huit premiers siècles de l'église. La Irberti avec laquelle l'auteur s'exprimait sur le style , la doctrine et les autres qualités des écrivains ecclésiastiques, le firent dénoncer par Bossuet à l'archevêque de Paris ( de Harlay) ^ qui Tobllgca de se rétracter sur plusieurs propositions, dont quelques-unes étaient susceptibles d*un sens favorable. L'au- teur se soumit à tout ce que l'on voulut , crainte de voiff son ouvrage supprimé. Cependant il le fut le 16 avril 1693^ mais on lui permit de le continuer en changeant seulement- le titre. Voici les principales erreurs qui oat occasionni la ilctrissure de cette Bibliothèque, i.° L'auteur affaiblit le culte d*hyperdulie(i) que l'église rend à la Mère de Diett»

(0 Hyj^crdulU vient du grec kmf^^ au-dessus » et douUi£^ servitude^


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a.® II favorlâe le nestorianSimo. 3.^ Il afTaiblIt Ic8> preuves de la priaiamé du saint siège. 4-^ U attribue aux SS.. Père» def erreurs sur l'immortalité de l'ame et sur l'éternixé des peines de l'enfer, 5.^ Il parle des SS. Pères avec trop peu de respect, eic, , etc, La Bihliothèqtie de Dupin a été réim- primée en Hollande en ig voh irt"^. Cet auteur n^'ëst pas- Atiss» exact que Kemi Cellier, qui nous a donné un ouvrage dans le même genre , sous le titre de Histoire générale des ^Auteurs sacrés et ecclésiastiques ^ etc. , publiée depuis* 1729 fusqu'cn 1763, 23 voL in-^. Mais Cellier est plus diffus 9. et son ouvrage ne va qae jusqu'à Saint Bernard. Dupin a encore vu son De Antiqud ecclesid disciplina , 1686 ^ censuré par le eardinal de Noaillcs , archevêque de Paris». Il éprouva aussi du désagrément à Toceasion dti Cas da ctonsciêfhcé ; Payant signé il fut privé de sa chaire et^xilé à Châtellerault on 1703 ; ce qui fît plaisir à Clément XI ^ oni remercia Louis XIV de ce châtiment 9 et» dans soti bref, qualifia Tautcur a d*homme d'une très-mauvaise doc» trine, et coupabto de plusieurs excès envers le siège apos«  tollque ». Louis-Ellics Dupin, né à Paris le 17 juin 1667 y, y est mort le 6 juin 1719.

DUPLESSIS. Le M3'8tère d'iniquité, par Philippe^ de Mornaj, Seigneur Duplessis • Marly. Sau^ mur ^ i6ai , irt'li^.

Cet ouvrage satyrique du célèbre Duplessia^Mornay a fait beaucoup de bruit dans le temps. Le fonds de Timpression- était conservé dans le château de Saumur , dont Tauleup était gouverneur ; mais Louis Xlll lui ayant <yté ce gou- vernement en 1721 , Duplessisfut mis hors du château. Le

c*est - à - dire , que le culte criiypcrdulio rendu à la Vierge , est d*ua^ ordre supérieur à celui c^ae Toa rend aux Anges et aux Saiati^ ,


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toi se trouvait à Saumnr dairs ce temps j la veille de soti départ , les gens de sa suite brûlèrent ,. dans la cour dsc cli/Ucau , la plupart des exemplaires du Mystère d*iniquité qui y étaient déposés.

DUPUY. Traités des droits et libertés de réglisc gallicane (par Pierre Dupuy ). 1689, in-foL

Cet ouvrage a été supprimé , ainsi que nous l'annonce Lelong. Voici ses termes : « Ce Recueil, imprimé à Roaea •ur la fin de i65S , contient dix -neuf Traités^ avec les preuves. Ces Traités sont imprimés plus correctement dan» cette édition que dans les précédentes. EFFe eut un si prompt débit, qu'en trois mois toii« les exemplaires furent enlevés^. Mais , comme elle avait été faîte sans privilège du roi > qaoique tous ces Traités eussent déjà paru avec privilège , et quoiqu'il n^y eût de nouveau que le volume des preuves ^ elle fut supprimée par un arrêt du conseil du roi du 29 décembre i63d , à Fa solticitalion du cardinal de la Roche- foucault et du nonce du pape y et par complaisanee pour le cardinal de Richelieu. »

DURAND. Durand commenté, ou l'Accord dé la Philosophie avee la Théologie, touchant la transsubstantiation de l'Eucharistie. (Par Pierre Cally, Curé de St. Martin de Caei>. ) Cologne ^ Pierre Marteau , 1700 , in 8.

Livre singulier, dont un exemplaire existait a Amsterdam dans la bîblîolRëque de M. Crevenn'a ; et à la fin du volume te trouvait le Mandeinene de Tévéque de Baycux, portant confia m nation et défense de lire cet ouvrage. L'auteur est accusé d'avoir renouvelé les sealimens de. Durand^ qui


protundaît qne, ai fumftîi Téglise ilëcido qu'il y a transanb^ ftantiation dans le myalèro do TEucharistie , il Faut qu'il reite quelque clione do ce qui ëtait auparavant le pain , pour mrtht^ do la diliVrcnce cn(re la créntion ou (a produotioi» d^lno (^ho.NU qui n*ouiit point, fît rannihilntion ou la des- truction (funo cliOHc^ réduite au néant. Ce fut Nosmond ^ alors évoque de Bayeux, qui s'éleva coude ce sonlitnentV et Cdlly se r^*tracta.

DURANT. Libelle contre le Roi et sur les affaires du temps, par Durant » en i6i8.

Quel est le vcjritabte titre de cet ouvrage? qui est son auteur ? Voilh ce que je n'ai pu encore découvrir. Ce quo )e snisy cVnt qu'un nororné Durant a été rompu vif cl brûlé fe i6 juillet 1618, pour avoir écrit satyriquement sur les afTaire» du temps. Lo Dictionnaire historiqno de MM. Chau- don et de Liuidinn dit , rjue ce Durant a été rompu avec deux frères florentins de la maison des Patrices , pour un libelle qu*il avait fait contre le roi. Quelques savans prëtendettt que cet auteur pourrait bien être Gilles Durant de la Ber- gerie, qui faissit des vers plaisans relatifs à la ligue , entre autres I une Elégiti adrcsséf^ à sa Commore sur h trefpns de l'/4$ne Jigueur , qni tnonrut do morû riolohiû durant I0 êh^f^ff de Paris , en 1S90, Cette lamentation est naïve et en- jou6<) ; on la trouve dans la Sal:yro rnt^nîpée , édition de 1717 1 inA\, Mais J)caucoup d'autres savans pensent quo Durant do la Hergerie n'est point celui qui a subi le triste aort dont iiotis (varlooH.

EDER. Gooif^ii Ederi Evangelische inquisition Wahrcr und lalbclicr Religion, Z)////i^«, -Wlfl/cr^

Cet ouvrage a été supprimé par ordre particulier d»


Fempcreur MaiLÎmîIIen II. Vogt rapporte des détails înié- ressans relatifs à celte suppression. On avait abusé du nora^ du privilège et de la permission de l'ennpereur pour publier ce livre ; aussi le décret de sa majesté porte que, si Eder veut éviter les peines les plus graves , qu'il ait à rapporter tous les exemplaires imprimés. (Voyez Vogt, Catnlog^ Libr, rar. , edit, 4.* , pag. a53. ) George Eder était un habile jurisconsulte , qui fut honoré de la faveur et du titre de conseiller des empereurs Ferdinand I , Maxîmilien II et Rodolphe II. Il a laissé plusieurs écrits sur le droit : on estime son Œconomia bibliorum seu partilionum bibiica" ru m , Libri V ^ in-foU

ËDZARD. Sébastian! Edzardî, Prof. pub. , îm«  pietas cohortis fanaticae , expropiiîs Spçnerî, Rechenbergii, Peterseniî , Tbomasiî, Arnold! , Schutzil , Boebmeri , aliorumqne fanaticorum scriptis, plusquam apodictis argumentis,ostensa«  Hainburgi ^ Koenig^ lyoS, in-^ de 7opageSt\

Ouvrage supprimé par ordre da sénat de Hambourg. .

ELWAL. Les Sermons du Frère Ehval. Londres^ 1787, //1-12.

Je ne connais cet ouvrage que par le titre et par les principes hardis et impies qu'il renferme ; mais je sais qu'il a été supprimé par tout où il a paru.

£ M I G L I AN. Pompon!! Emiglian! Bella inter anstriacos et venetos gesta. Mediolani ^ in-^.

Ce nom d' Emiglian est supposé y et Fauteur a eu de boanet


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raisons pour cacher son nom. Cet ouvrage est écrit aveé beaucoup trop de liberté ; aussi à-t-il été supprimé.

£ M M I U S. Ubbonîs Emmii , viri celeberrimi , Hisiorîa nostri temporis, in quâ duplex contro- versia; altéra inter Comitem Fiisise orientalis et civitatem EmdâDam separatim ; altéra inter Comitem et Comitatus ordines ^lio quibus Em«  dani quoqiie sunt, ab ipsa origine exponitur«  Opus posthumum , diu deeiratum ; nunc prîmuoi ex MSS. vulgatum. Groningœ^ lySa, in^i^.

Cet ouvrage a été brûlé par la main du bourreau le S9, février 1783, en vertu d'un ordre de George-Albert, prince de la Frise orientale. Ubbo Emmius , né à Grelha en Frise, Tan 1647 , est mort à Groningue en i625. C'était un écri* vain très-estimable , dont on recherche les ouvrages sui* vans : Velus Grœcia illusirata^ Elzevir , i6a6, 3 vol. //2-8, ^Décades rerum Frîsicarum , Elzevir, 1616, in^Jolio. tr Chronologia rerum Romanaruin ^ cum série BonsulUm » 1619 , in-JoL , avec des prolégomènes sur la chronologie romaine , qui sont très*bien écrits»

ENJEDIM. Georgii Enjedimi explicatîones Ioco«  2 um difEcilium veteris et Novi Testamenti , ex quibus Tiinitatis dogma stabiliri solet^ in^^

Cet ouvrage d*un savant socinicn hongrois, est regardé comme très-pernicieux. L'auteur a défiguré les principaux endroits de FEcriture sainte pour les accommoder à son eystème. Cet ouvrage a été très-sévèrement défendu. Oa Ta biûlé dan« dîIFérens endroits , surtout les exemplaire! d#


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la première édition qui a paru en Transylvanie. Feurbor- nius a écrit contre ce livre. George Ënjedim passe pour J'un des plus subtils trinitaires qui aient fait des remarque! ^ur l'Ecriture sainte. Il est mort en 1696.

ENZINAS. ElNuevoTestamentôdeN.Redemptor y Salvador J. C, traduzîdo de griego en lengua castellana, por Fr. de Eozioas. En Ambereu ^ I S43 , z/z-8.

Cet ouvrage a été condamné et supprimé aussitôt sa publi- cation ; ce qui rend cette édition originale très-rare. Un exem- plaire a été vendu 60 livres chez M, d'Hangard, en 1789, L'auteur avait dédié cette traduction espagnole à Charles* Quint; malgré cela, elle fut cause de son emprisonnement pendant quinze mois ; mais ayant trouvé le secret de 8*é«  vader, il se retira à Genève auprès de Calvin. On connaît en France cet auteur sous les noms de Dryander et de Du* chesue. Son Histoire de Vétat des Pays-Bas et de la Reli-m gion d'Espagne ^ Genève, /7i-8,est rare, et fait partie du Martyrologe protestant imprimé en Allemagne. Le frère de François Ënzinas , nommé Jean Dryander, fut déféré, comme èérétique , à Rome où il demeurait : il ne dissimulait nulle* ment ses opinions très-libres sur les abus qui régnaient dans l'église. Le pape, assisté des cardinaux , voulut l'in- terroger. Dryander déclara ses sentimens sans hésiter : il fut condamné au feu et brûlé en i545.

ERASME. Desideriî Erasmi.encomium moriae.sea Laus stultiti£e.

Erasme a fait cet ouvrage en sept jours : tout le monde %d\i que c'est uue satyre aussi libre qu'ingénieuse de tous


128

les états : elle déplut beaucoup aux tbéotoglens et out moines , qui n'y sont pas ménagés ; cependant elle eut Tap* probation de Léon X , de plusieurs cardinaux et de beau- coup d cvéques ; mais la Sorbonne n'a pas été aussi jn«  clulgente ; elle a censuré cet ouvrage , et ensuite il a été mis à Vindex à Rome. On raconte que lorsque Léon X lut cet Eloge de la Folie ^ il dit : l'auteur a aussi la sienne. Ce pape eut le bon esprit de rire de cette satyre , où les sou- verains pontifes ne sont pas épargnés ; et le cardinal* Xi- méncs , quoique plus sévère que Léon X , ne put s*em- / pécher de répondre à un des censeurs d'Erasme : ou faites mieux , eu laissez faire ceux à qui Dieu en a donné le talent. La meilleure édition latine de V Eloge de la Folie , est relie de Basle ^ 1676, z>7-8, avec les notes de Gérard Listrius et los figures d'Holbein ; et la meilleure française est celle d'Amsterdam, 1728, //2-8 , fîg. On estime aussi la jolie édition de 175 r , 7/2-8. J'ai lu dans la Vie d'Erasme > par M, Coupé , que le Saint Hilaire de ce savant homme> dédié à Carondelet, archevêque de Palerme , a été cen- suré dans le temps par la Sorbonne , et depuis critiqué par . les bénédictins : il y reproche aux théologhens leur vaine curiosité sur des questions inutiles et dangereuses. L'esprit de tolérance qui règne dans cet ouvrage a été, dit*on ^ cause do la censure. On peut dire en général que tous les écrits d'Erasme n'ont pas été vus d'un œil bien favorable par le? théologiens , quoiqu'il soit un des premiers qui aient traité les matières théologiques d'une manière noble et dégagée des vaines subtilités et des expressions barbares cle l'école. Son mérite, l'indécision qu*il montra quelquefois .sur certains sujets dogmatiques , la liberté avec laquelle il reprenait les vices de son temps , fignorance , la supersti- tion , le mépris de la belle littérature j l'oisiveté de cer- tains moines , la mollesse des riches ecclésiastiques , lui firent


xa9

«ne foule d'cnnemw. La Sorbonn« , poussée par son syndic , Noël Beda« liomnie aussi ignorant que passionné, censura uno partie de ses ouvrages , et ne craignit point de charger Bon anathém^ des qualifications de fou, d^impie >d*ennemi de Jésus-Christ, de la Vierge et des Saints. Erasme essuya d'autres orages qu'il ne supporta pas avec trop de patiencet M. Coupé parle , dan« son ouvrage que j'ai cité, de la fia tr^igique de Louis de Berquin , ami de notre illustre savant, « Ce Louis de Berquin , dlt-il, gentilhomme d'Artois^ que Badius appelle ]e plus savant de la noblesse, était conseiller de François I.cr ; la liberté qui règne dans les ouvrages d'Erasme lu! inspira une amitié vive pour Tautciir : il tra» duisit son Symbole ^ son Pater ei sa Complainte de la Pai.r^ en y ajoutant beaucoup de traits hardis qui n'étaient point dans le texte. La faculté de théologie de Paris trouva danf les traductions de Louis Berquin des propositions qu'elle taxa d'hérétiques. L'infortuné gentilhomme fut livré à la justice : François Lef voulut assister à son jugement, oi| îl traîna les princes, M. de Vendôràe , M. de Guise et \q9 grands seigneurs de cour. Berquin fut brûlé vif en 1629. ji ( Voyez le tome 7 des Soirées Littéraires, ) D. Erasme , né fl Roterdam le 28 octobre 1467, est mon à Bdislo I0 j% juillet i536.

ESPRIT. L'Esprit du Pape Clément XIV, mis au jour par le R. V. B.***, Confesseur de ce souverain Pontife*, et dépositaire de tous ses secrets; traduit de Ittâliôn par l'abbé C**V

i775.

Cet ouvrajge a été très-sévèrement proscrit par I0 lîen^ tenant de police, à Paris. C'jest une satyre dans laquelle t'i»u(^ur s'élpVe av#c force contre les abus et lèâ erreurs c^ui

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se sont glisses dans Téglise romaine : il y rcgne une grands . causticité ^ mais rien de bien neuf : ce sujet a été tant rabattu^

ESTJENNE. Introduction au Traité des Merveilles, anciennes avec les modernes, ou Traité prépa- ratif à TApologie pour Hérodote , par Henri Ëstienne* Imprimée eu i566 au mois de no^ vemhre , in^'à.

tacite édition est la meilleure et la plus recherchée. Oi\ la distingue des autres , en ce que le volume doit avoir 572 pages f avec le fleuron du frontispice représentant un olivier. Cet ouvrage renferme beaucoup d^invectives contre la religion catholique • et des contes sur les prêtres et sur les moines. Le but de Tautèur est de justifier les fables d'Hc^ rodote par celles qu'il prétend que les catholiques ont débi- tées ) ou , pour mieux dire, c'est une satyre du catholicisme comparée au paganisme. Elle a fait condamner HenrL Slstienne à être brûlé en eŒgîe. Obligé de s'enfuir ^ et réfugié, dans les montagnes d'Auvergne au milieu des neiges , il dit i;rcs«plaisamment qu'il n'avait jamais eu aussi froid que lo jour qu'on le brûlait à Paris. Le Duchat a donné une édition estimée de V Apologie pour Hérodote , avec des notes et des remarqués particulières, la Haye, ^735, 3 voL i>t^8«  Henri Estieune , fils de Robert', né à Paris en i5fir8. , est mort à l'hôpital à Lyon en 1598 , dans un état approchant de l'imbécillité. Il a laissé nombre d*excellens ouvrages dont Qous parlons ailleurs.

■ < « 

EXAMEN. Examen impartial des principales Religions du monde, 2/t-8.

Cet ouvrage a été coodamné au feu par arrê( du parlemçni


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Ho Paris , du i8 août 1770. « L'auteur, dît le ré(j[ulsiioire do Tavocat- général , attaque , dans un examen prétendu des principales religions du monde, tous les faits qui éta- blissent la divinité du christianisme ; et , par une injus* ticc commune à tous les écrivains prévenus, il s*arme ^ d'un côté, d'un pyrrhonisme outré contre co que la religion A de plus évident ; et, de Tautre^ il tombe dans une cré^ dulité puérile sur tout ce qu il est obligé de supposer pouc se dispenser de la foi. » Je n'ai jamais vu cet ouvrage » et j'ignore qui en est TauteMr.

FABRIZI. Libro; délia origine delli volgarî Pm^ verbi di Aloyse Cynthio delli Fabriiii , délia citia di Vinegia cittadino, délie arti et di mede- cina dottore, ad Clémente Settimo. In Vinegia (cou la giatia del sommo Pontifie!) per Macs* tro Bernardino et Maesàri Matheo de i vitali^ JraLcUi ; adi ultimo sopùejnbrio , r5i6, in foL

Ouvrage excessivement rare ^ qui a été supprimé avec le plus <^rand soin , et bn'dé par l'inquisition. On est surpris que ce livre , rempli d'obsçénitéa , ait été dédié au pap6^ Clément VII, et qu'il soit revôtu do sou privilège et do colui de la république de Venise. On a vcndii, chez M. Mcon^ pour la somme de /îoô livres, en i8o3, un exemplaire pro- venant de la bibliotbèquo. de M. Piiris dé Mey/ieu , quet Ton croit être celui de Tauteur ; ce qui le fait présumer, c'est qu'on trouve à la fin un proverbe manuscrit do près de 5oo vers, écrit çur le OQÔme papier que celui de l'ouvrago imprimé. A la suite do co proverbe , sont deux notes aussi maiiuscriies ) l'une porte que cette satyre est vraiment écrite de la propre roain de Tautcur, et qu'il n'en cxisio aucune autre copie j 'que Fabrizi est mort il y a peu d»


jours , on ne dit pas de quelle manière. Ensuite vient l'au(r# cote et trois sonnets , dont le premier est contre le noble François Pezaro y chef du conseil des dix , et les deux autref contre les récollets de Venise, qui avaient dénoncé ce livra au conseil des dix comme hérétique et scandaleux. D*aprës cette dénonciation , l'ouvrage fut condamné, et la publi* cation en fut strictement défendue,

FAYDIT. Vie de Saint Araable, Prêtre et Curé d© Kiom, par Amable Faydit. Paris, 1702 » z/i^ia^.

Cet ouvrage a été supprimé par l'autorité publique.

FALKEMBERG. Diatribe contre Ladislas, Roi dd Poiogne» Par Jean de Falkemberg.

Ce libelle , dont )o ne connais pas textuellement le titre , mais dont Tauteur était religieux dominicain, fut condamné dans le concile général de Constance , tenu en ,1414* Cepen-* dant la condamnation n'en fut confirmée dans aucune ses* sion publique , malgré les sollicitations des Français réunia aux Polonais, parce que les principes de Falkemberg étaient les mêmes que ceux de Jean Petit, autre prédicateur de rhomicide , dont nous parlons ailleurs. Ce mauvais livre fit mettre son auteur en prison à Constance : il est , comme nous le dirons plus haut , dirigé contre Ladislas , roi de Pologne et contre les Polonais. Le fanatique Falkemberg l'adresse à tous les rois , princes , prélats et généralement . à tons les chrétiens : il y promet la vie éternelle à tous ceux qui se ligueront pour exterminer les Polonais et Ladislas. Cette production virulente vit le jour au commencemcnty du i5/ siècle ; elle a rapport aux querelles des cbevaliert Teutoniques avec le roi de Pologne.


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F AVERE AU. Le Gouvernement présent, ou Eloge de son Emînence ; pièce de mille vers % et appelée par cette raison la Miliade, impri», mée à Anvers. Petit inS ^ de 66 pages»

Cette satyre, très-forte cotUre le cardinal de Richelieu et ses partisans , a été sapprîmée avec le plus grand soin. Les uns Tattribuent à un nommé Favereau , conseiller h la cour des aides ; les autres à M. d'Estelan , fils du maréchal de Saint-Luc.

FELIBIEN. Jacobi Felibîen Petitatheacas HistOi ficus , sîve quin(Jlie Libri historici , Josue, judices, Ruth et I et II Regum , cura Commentariis, ex fonte hebraïco , versîone LXX interpretum et vaiiis collectionibus. Parisiis ^ ^7^^ > iri'/^.

Un arrêt du conseil ft supprimé cet ouvrage , qui a fait bcctucoup de bruit lorsqu'il a paru. Les exemplaires ont Souffert un grand nombre de cartons ; et on n'estime que ceux qui ont ces cartons imprimés à la fin du volume* Jacques Félibien est mort en 1716» dans un âge avancée

FÉNELON. Explication des Maximes des Saints sur la Vie intérieure , par M. de Fénélon , ar«  chevêque de Cambray. Paris ^ 1697, in 12.

Cet ouvrage de l'immortel auteur du Téîémaque ^ a été sup- primé parbrefdu pape Innocent XII, du 12 mars 1699. Ce bref porter» Nous, de notre propre mouvement etdenotrescîence certaine, après une mûre délibération, avons , de notre pleine puissance et autorité apostolique , condamné et réprouvé par ces présentes ledit livre , oomme capable , par la lecture et pas


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Tusage, d'induîre insensiblement Icrs fîdblcs dans des erroorif déjà condamnées par l'autorité de Tcglise catholique , et, de plus j comme contenant dos propositions qui sont témé«  raires «scandaleuses , mal sonnantes , ofTensantes les oreilleff pieuses, pernicieuses dans la pratique ^ et même erronée» respectivement, etc^ a Le 4 août 1699^ il y eut déclaration du roi 3 prdonnant Texécution de la constitution du saint père en forme de bref, dont nous venons de parler; cette déclarutk>n a été enregistrée au parlement le 14 août , mai» sans approbation de la clause portant qne ladite constitu- tion est donnée du propre mauvement du pape , et de la défense qu'elle contient de lire le livre qui est condamné^ même à Vi^gard des personnes qui ont besoin d'une mention e.rpresse. Ces deux clauses n'ont pu être approuvées y parce qu'elles touchent de trop près aux libertés de l'église galli- cane. Kien n'est plus beau , plus édifiant et plus admirable que la soumission du vertueux auteur des Maximes à fa déci- sion dr l'église ; on en connaît les détails : nous ne les rap«  porterons pas ici ; mais chaque fois qu*on se les rappelle > ainsi que toutes les actions de la vie do cet homme si respect t^ble , on éprouve toujours de nouveaux sentiment d'une tendre admiration , et on paie à sa mémoire le tribut d» cette douce émotion qu'il est impossible de lui refuser. Aussi )0 pape Innocent XI! disait qu'il avait été moins scanda- lisé du livre des Maximes^ que de la chaleur emportée de ses adversaires : il écrivait à quelques prélats : Peccof^it ex^ cessu arnoris divin i , sed vos peccastis dfjectu ainoris proximû Fit ce reproche s'adressait sans doute au fougueux et impla- cable Bossuet j qui mit dans cette affaire un acharnemant plus propre à faire triompher les vertus de son illustre ad- versaire , qu'à monter l'opinion publique contre lui. Je ne dois pas oublier do parler ici dos difficultés que le Télémaque a éprouvées pour voir le jour* Un valet de chambre ^ à qui


f

î'énélon donnait a transcrire cet ouvrage, en prît une copie. pQur lui-même. Il n*en fit Imprimer d'abord furtivement qu'une petite partie jet il lï'yen ftvait encore que 208 pages sorties de dessous presse , lorsque l'ombrageux Louis XIV fit arrêter l'impression de cet admirable ouvrage , et ordonna des visites très - exactes chez les imprimeurs : on aurait anéanti ce chef-d'œuvre » s'il n'en avait existé qu'une copîe^ Les imprimeurs furent sévèrement puni» ; les éditions clan- destines furent confisquées et jetées au feu ; toutes celle», antérieures à «720 sont incomplètes. Il n'a pas été permit d'y travailler en France , tant que Louis XIV a vécu. Il y voyait sans doute la satyre de son gouvernement; le langaga de la raison , de la vért(é et de la vertu ne lui plaisait pas autant que les basses adulations de l'Horace français» Dans les applications que ta malignité a faite sur cet ouvrage^ on a cini recoiinaitre madame de Montespan dans Calypso ; mademoiselle de Fontai\;];es dans Ëucfaaris ; la duchesse d«  Bourgogno dans Antiope; Louvols dans Protbésilas ; le roi Jacqurs dans Idomenée et Louis XIV dans Sésostris. La réputation de cet ouvrage inimitable est telle, que «tout ce qu'on en pourrait dire devient superflu ; cependant, il faut citer ce vers de M. Fohtanes , qoi peint si bien son auteur i

Son goût fut aussi pur que son ame était belle*

Un autre ouvrage de Fénélon, qui fit encore plus de peine à Louis XIV que le Télémag ne y f ai celui quia ^ourûlvc: Direct tiojis pour la conscience d'un Roi, Ce livre est le fruit d'une correspondance secrètcentre Fénélon et loducdeBourgognt, son élève , lorsque ce prélat fut exilé dans son diocèse k la suite de ses 'démêlés avec Bossuet , au sujet du quiétisme. Lorsque Louis XiV en trouva le manuscrit dans les papiers du Dauphin, après sa mort, ille jeta au feu avec indignation ; sans doute parce qu'il trouva dans la peinture énergique det


I


.i3«S

devoirs de ta rô^aalé , qtlê traçait ténê\ôt\ , tftie ââiyt ê affi^^ de «on règne. Cependant , qa'y a-t-it de plus beau que cette pensée I v 'Tout prince sage doit souhaiter de n*étre que rexécuteiif de$ lois > et d^a voir tin conseil supi éme qui modère son autorité. « On en trouve un grand noofibre de pareiUetf dans les Directions. J*erx citerai quelques-unes que Fénélodl adrenaë à son auguste élevé : or Avez • vous étudié la Vraie forme du gouvernemcut do votre royaume? Il ne suffit pat Ae savoir Icsf lois qui règlent la propriété des terre» et atitres' tiens entre les particuliers | c*est sans doute la moitidfepar^ tie de la justice : il s'agit de celle que vous devez gardet èhtte votre nation et vous , entre vous et tqs voisins. Ave^* 'Vous étuHié sérieusement ce qu*on nomtàele droit des gens ^ droit qa*il est d'autant moihs pefmis à un roi d'igAorer^ que c>8t le droit qui règle sa conduite dans ses plus im** portantes fonctions ^ . . . « . • Avez-voûs cherclié à connaître f éatis vous flatter y quelles sont les bornes de votre auto- rité ?....« comment les choses ont paésé à Tétat présent? âiir quoi ce cbangenrient est fondé? ce que c'est qud l'anar^ thie I ce que c'est que la puissance arbitraire, et ce qae t^est que la royauté réglée par les lois, milieu entrô cet deux extrémités/' •• • .. N*avez-vous point toléré des injus«  tices lors même que vous vous êtes abstenu d'en faire ? AVei^^vons choisi avec assez de soin toutes les personnes qtie vous avea^ mises en autorité , les intcndanà , lès goaver* heur^ i les ministres , c/c, ?..... N'avez-Vous point donné OU laisâé prëbdre à vos ministres des profits excessifs qu6 leui-ë services n*avaient point mérités? Les récompenses que le prince donnent à ceux qui servent sous lui doivent avoif Certaines bornes. . .è • • » Vn ministre , quelques service^ Qu'il ait rendus , ne doit point parvenir tout à coup à dei bien^ immenses pendant que les peuples souflrent. fl est

  1. ucore moins permis de donner de telles fortunes à dee


13/

favoris , qui d'or Jînaîre ont encore moins servi Tétai que let

minisires Avez-voiis cherché les moyens de soulager

les peuples , et de ne prendre sur eux que ce que les vrait besoins de letat Vous ont contraint de prendre pour leur propre avantage? Le bien des peuples ne doit être em* ployé qu'à la vraie utilité des peuples mêmes. ••• N'avez- Vous point mis sur les peuples de nouvelles charges pour soutenir vos dépenses superflues , le luxe de vos tables ^ de vos équipages, do vos meubles; rembelHssement do Vos jardins et- de vos maisons ; les grâces excessives que irons avez accordées à vos favoris ? N*aveZ-vous point mul- tiplié les charges et les offices pour tirer de leur création de nouvelles sommes? Do telles créations ne sont que de# impôts déguisés ) elles se tournent toutes à l'oppression de# peuples* Ceux qui achètent ces offices créés veulent trouver BU plutôt leur argent avec usure , et vous leur livrez le peuple pour l'écorcherj pour 100,000 livres qu'on vous donnera sur une création d'offices , vous livrez le peuple pour Sooyooo livres de vexations qu^il souffrira sans remède* ..." K'avcz-vous point toléré des enrôlemens qui ne fussent pat Véritablement libres? 11 est, vrai que les peuples s« doivent à la défense de l'état. Mais les princes ne doivent faire ^uc des guerres justes et absolument nécessaires ^ mais il faudrait qu'on choisit en chaque village les jeunes homme» libres dont Tabsence ne nuirait en rien , ni au labourage ^ ni au commerce , ni aux autres arts nécessaires , et qui ti'ont point de famille à nourrir | mais il faudrait une fidë* lité inviolable à leur donner leur congé après un petit nombre d'années de service , en sorte que d'autres vinssent les rele** Ver et servir à leur tour. Niais laisser prendre des hommei sans choix et malgré eux ^ faire languir et souvent périr / toute une famille abandonnée par son chef ; arracher le laboureur de sa charrue ^ le tenir dix ou quiuae ans dana


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Je service» où il périt souvent de mls&re dans des h^pitatri dépourvus des secours nécessaires ; c'est ce que rien ne peut

excuser ni devant Dieu ni devant les homnies N'avez-voat

point regardé votre gloire personnelle cocnine une raison d*entreprendre quelque chose , de peur de passer votre vie sans vous distinguer des autres princes ? coainie si les princes pouvaient trouver quelque gloire solide à troubler le bonheur des peuples» dont ils doivent être les pères I Comme si un père de famille pouvait être estimable pair les actions qui rendent ses enSan» nialheoreux l comme si , VD roi avait quelque gloire à espérer ailleurs que dans sa vertu , c'est-à-dire , dans sa justice et dans le bon gouverne^ ment de son peuple! . • • . • Avez-vous fait justice au mérite €le tous les principaux sujets que vous pouviez mettre dans les emplois ? • • • . £n ne comptant pour rien , dans le choix des hommes y ni la vertu ni les talens , c'est à tout votre, état que vous avez fait une injustice irréparable. •••• Le». hommes d'un esprit élevé et d'un cœur droit sont plus rares qu'on ne saurait le croire } il faudrait le» aller chercher jus- qu'au bout du monde N'avez-vous point trop répande^

de bienfaits sur vos ministres » sur vos favoris et sur leur* créatures, pendant que vous avez laissé languir dans le besoin des personnes de mérite qui ont long-temps servi et -^ui manquent de protection ? • • • • Ne vous laissez point éblouir par certains hommes vains , hardis et qui ont l'art de se faire valoir , pendant que vous négligez et laissez loin de vous le mérite simple , modeste, timide.....* N'avez-vou^ point entassé trop d'emplois sur la tête d'un seul homme, soit pour contenter son ambition , soit pour vous épargne» la peine d'avoir beaucoup de gens à qui vous soyiez oblige de parler? .... Cette multitude d'emplois sur une seule téio» souvent assez faible , exclut tous les meilleurs sujets qui ^ourraieut sp former et faire de grandes choses i tout tal^ol


i3^

âcroGuré é(ouQe«««.. L'amour clii ]^(!np1e , le bien public y Viî)U.rvi général de la aociëté, doivent élre la loi immuable ot univorHclIe des souvcrainf ^ cette loi est antérieure à tout contrai ^ olle cat fondée aur la nature mémo ; elle est la source ot la règle sûre do toute les autres lois; celui qui gouverne doit être le premier et le plus obéissant k cette loi ))rimitive : il peut tout sur les peuples^ mais cette loi

doit fout pouvoir i^ur lui Ce n'est pas pour lui-mémtf

quo Dieu i*a Tait roi; il ne Test que pour être Thomme det peuples ; et il n'est digne de la royauté, qu'autant qu'il «'oublie réellement lui-même pour le bien public* Le despo- tisme ty rannique des souverains est un attentat sur les droit* do la fraternité humaine ^ c*est renverser la grande et sage Joi de la nature, dont ils ne doivent être que les conser* valeurs. Le despotisme de la multitude est une puissance folle et aveugle qui se forcené contre elle-même* Un peuplé gâié par une liberté excessive, est le plus insupportable dé tous les tyrans. La sagesse de tout gouvernement, quel qu*il soit , consiste à trouver le juste milieu entre cea deux extré- mités aflreuscs , dans une liberté modérée par la seule au*

toriié des lois Triste état de la nature humainelLet

souverains, jaloux de leur autorité/ veulent toujours i'élen«  dre. Les peuples passionnés pour leur liberté, veulent tou«  jours l'augmenter. Il vaut mieux cependant souQVir pouf Tamour de l'ordre , les maux inévitables dans tous les états ^ même les plus réglés, que de secouer le joug do toute auto- rite , en se livrant sans cesse aux fureurs de la multitude, qui agit sans règle et sans loi. Quand Tautorité souveraine est donc une fois fixée par les lois fondamentales dans un seul, dans peu ou dans plusieurs , il faut en supporter Ica abus , si Ton no peut y remédier par des voies compatiblea avec l'ordre. » Je finirai ces citations par les sages et judi- cieux conseils quo notre illustre pcélitt donne à ioa ftlcfe


ï4o

Cil matière de religion. « Sot toutes choses, lui dît-^it, nv forcez jamais tos sujets à changer de religion ; nulle puis«  sance humaine ne peut forcer le retranchement impéné^ trahie do la liberté du cœur. La force ne peut jamais per«  suader les hommes : elle ne fait que des hypocrites. Quand les rois se mêlent de religion , au Keu de la protéger ilf la mettent en servitude. Accordez k tous la toléranee civile, non en approuvant tout, comme indifférent, mais en souf- frant avec patience tout ce que Dieu souffre , et en tâchant d0

ramener les hommes par une douce persuasion , eic, etc. m

On conçoit bien qu'un pareil avis devait déplaire à faateur

de la révocation de 1 edit de Nantes } et qu'en général tou»

les passages que nous venons de citer , et beaucoup d'antre»

qui ont également trait aux abus du règne de Lonis XIV,

élevaient indisposer contre Fénélon , ce despote sous qui

tout avait plié et qui n'osait pas regarder la vérité en fece*

Il est si doux > si agréable de s'entretenir avec Fénélon, qam

l'on me pardonnera d'avoir prolongé ces citations ; j^aurai»

-pu en prendre raille autres du même genre dans Télémague^

mais ce -que j'ai rapporté suffit pour faire connaître la bell0

ame de notre illustre auteur , .et les vices du gouvernement

€t du gouvernant y dont il voulait inspirer l'horreur k l'hérr»

tier du tr6ne , et qu'il a peints avec une énergie et une vérité

si louables. J'oubliais de dire que les Directions pour la

conscience d^iin Roi j ont vu le jour , pour la première fois ,

«n 1734, dans les grandes éditions du Télémaque faite»

«n Hollande sous les yeux du marquis de Fénélon « qui y

avait ajouté la Vie de son oncle ; maâs cette Vie et lea

Directions furent retranchées en vertu d'ordre supérieur. M*

Félix de Sainl'Gcrmain fit une édition des Directions à 1*

Haye en 1747, et elles ne purent être imprimées en France

^u'en 1774, époque où Louis XVI monta sur le trône f

et réditeur eut «oia d*avertir qu'elles fuient publiée» d9


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i4»

monsâniemenâ erprès du roi. Les cl(iit!ons c!- dessus sont extraites de la dernière édition publiée en Tan XIII »-i'i8o5a chez CoDin, à Paris» i/ï-iS.

François do Salignac de la Motte Fénélon , né le 6 août i65t, est mort le 7 janvier 1715 > trois ans après leducda Bourgogne, son élève, mort à l'âge de trente ans'^ le*iS février 1712 , et huit mois avant Louis XIV , qui mourut le premier septembre iJiS^ Âge de soixante-dix-sept ans* Bossuet était mort le 12 avril 1704, à Tâge de soixante^ dix-sept ans,

FERGUSON, Inquisitio et detectio horribilif homicidii Comitis d'Ëssex. (Auctore Robeito Fcrguson.) Sine loco eu anno.

Cet ouvrage , qui a paru en anglais^ en français et ea flamand , a été sévèrement prohibé en Hollande.

FINANCES. Sur les Finances- Ouvrage pos^ thume de Pierre-André * * * , fils d'un bon Labou^ reur^ mis au jour par M. le Curé de ***. Londres^ 1775 , I Dol. jf/s-8, avec 6 planches.

Cet ouvrage a été proscrit en 1776 , et la police a fait tous ses efforts pour on arrêter le débit. C'est une diatribe sanglante contre les fermiers-généraux et contre ceux qu'ils employaient. Pour la rendre plus touchante, Tauteur met en scène un malheureux , dont les suppôts de la ferme ont ruiné la famille et fait périr le père de chagrin : son curé est Tautro interlocuteur. Le premier se livre à toutes les imprécations que lui .doivent naturellement inspirer sa misère et son désespoir; le second tempère sa fougue par lia esprit sage e^ pbilosophiquet Ou ne peut s'smpècber d»


«4» ^

frémir à ta ledture dé cet ouvrage , qn! parait composé pal% i^n homme très au fait des manxBuvres et extorsions des agens de la ferme. Les partisans de. cette dernière afccu- •aient cet auteur de partialité, de calomnie et d'ineptie.

- FLEURY. Institution au Droît ecclésiastique» par l'Abbé Fleury. Paris ^ 1687, * *^^* «^'8*

• -Cet ouvrage , si estimable et si souvent réimprimé, a été mis à Y index par I-a congrégation du saint office , à Rome./ Fleury a été accusé de prévention et de partialité ; sans Jpute y parce qu'il a présenté un tableau de la discIpUne de Téglise conforme auir usages et aux libertés de l'église gallicane, et qu'il s'est opposé , avec autant de justice, que de force et de vérité , aux prétentions souvent exagérées de la cour de Rome. Son Histoire ecclésiastique n'a point été non plus exempte de reproches de la part de-quelque* censeurs atrabilaires , et entre autres d'un père Baudoin de Housta , religieux augustin. Fleury a été accusé de tnàu- f'alse foi> d'avoir omis , tronqué ou infidèlement Jtjaduit plusieurs passages des SS. Pères > des conciles et desauteurs ecclésiastiques; d'avoir parcouru les siècles de, l'église de* puis son établissement, pour répéter les blasphèmes des hérétiques contre l'église romaine , le saint siège et l'es papes ; d'avoir dévoilé avec trop de naïveté , ou plutôt da partialité , les abus de la cour de Rome ^ etc, , etc, , ecc. Mais l'estime de tous les gens de bien , des savans et des pcr* sonnes sincèrement religieuses , a vengé le respectable Fleur^r^ de ces reproches mal fondés ; et ses nombreux ouvrages , aussi instructifs que savans et curieux, jouissent d'une répuia*. tion solide qu'aucune critique ultramontaine ou autre, ne pourra jamais altérer : ils sont si connus que nous n'en donn nerons pas ici la liste , ni nous n'entrerons poiat; dans 1%*


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Q^lail dos ccrits publiés contre et pour ce laboricus «crîvain , cela nous conduirait trop loin ; d'ailleurs , cette matière ne serait ni neuve ni intéressante après tout ce qui a éii si souvent répété k ce sujet dans plusieurs volumes. Claude Fleury, né à Paris en 1640, est mort en I7a3, à quatre- vingt-deux ans.

FOI. La Foi réduite à ses justes bornes. (Seu Fides intra juslos terminos reducta. ) Roter^ dam , 1687.

Cet ouvrage a été condamné publiquement en 1688 v parce que lâuteur y dit que les dogmes de la Trinité efe de l'Incarnation sont très-indifFérens. Pierre Jurieu Tattrix bue à un certain français qui a été aidé dans ce travail par quelqu'un. Il était protestant; se voyant condamné et privé de sa place de ministre , il abjura la religion réfor* mec , et publia une lettre pastorale au sujet de ce livre ^ afin de prévenir le scandale qu'il pouvait occasionner.

FRANCO. Dîaloghî piacevoUssîmî di Nicola Franco da Benevento 9 in T^eneUa ^ ZuUanig 1693, z/2-8.

X.'auteur de ce petit ouvrage > né à Bénévent en i5iOy a été condamné à être pendu en 15699 par ordre du papa Pic V , à cause de ses libelles dirigés contre des grands : on prétend qu'il s'est évadé de prison , et qu'il n'a ét& pendu qu'en effigie. Cependant y les détails qu'on a sur su mort , et son épitaphe , qui est assez plaisante , ne pei;^ mettent guère dé douter qu'il n'ait été vraiment exécuté* Oti connaît une édition française de son ouvrage sous le jtiire de Dix plaisons Dialogues du sieur Nicolo Franco g


  • 44

traduit d'italien en français , par G. C. ( Gabriel Chapui* ) , Lyon ^ Jean Beraud^ ^^79 > in*\^» On dit que Nicolo Franco , écrivait avec beaucoup de délicatesse en vers et en prose : iOD imagination était féconde en saillies. Il se déchaina eontre le pape Paul III, contre tous les Farnèses , contro les pères du concile de Trente et contre Charles»Quint* Il fut l'anii » puis le rival de l'Arétin ; il censura « comme lui , les vivans et les morts ; mais il fut moins heureux. On assure cependant qu'avec son penchant à la satyre , il avait d'excellentes qualités , et qu'il né fut jamais calomnia* teur. « Son crime , dit l'auteur de VJnnée littéraire de 1778, fut celui d*une ame altiëre que tourmente. le spec** tacle du vice heureux , qui ne sait point dévprer les injaret et les repousse par des vérités dures et hardies. Placez Ni* Colo Franco dans un autre siècle et sous un antre gouver* nement, il ne sera qu'un écrivain libre et courageux, Les Athéniens l'auraient applaudi comme ils applaudissaient Aristophane. On le louerait aujourd'hui de s'être armé du fouet de la satyre contre les méchans et les sots. Mais il ne sentit pas que la différence des temps et des' mœurs corrompt tissez souvent le jugement de la postérité,- et toujours celui des contemporains. Chez une nation frivole et abâtardie » au milieu d'une foule de monsignors .^ plus vains de leur mollesse, que les Scipions ne l'étaient de leurs exploits ) il osa faire entendre une voix républicaine ; soa génie , plus sévère que les lois et l'opinion dominante ^ combattit des abus , flétrit des vices qu'elles avaient respectés ou anoblis. L*ardeur de se montrer y et je ne sais quello audace naturelle lui firent illusion. Telle fut la source da ses malheurs , de %ti fautes et de sa déploiable réputation» ^ On a publié > en 1777, ia Vie de Nicolo Franco^ ou les Dangers de la Satyre^ Paris , Debure , in^i%. Cet auteur , Autre ses Dialogues , a fait plusieurs SonneU sur TArétin f


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^pLi furent imprimes avec 9fis PriapeÎM , x584 | iVr-8 de 225 pages. Les Sonnets satyrîgnôs dirigés contre TArétin sont divisés en cinq parties , dont la première contient qua-, raate*uQ sonnets, la seconde trente- neuf, la troisième cinquante-deux, la quatrième quarante-six et la cinquième quarante ; en tout deux cent dix^huit. Il s'avisa , étant déjà vieux , de commenter les Priapées,. Paul IV en ayant fait brûler tes copies et le manuscrit autographe , Nicalas Franco déchira la mémoire de ce pape. Pie lY , successevir de Paul IV , dissimula cette injure , parce que le cardinal Moron était protecteur du poëte ; mais Pie V , successeur de Pie IV> la vengea cruellement > comme pou» l'avons dit« 

FRANCOWITZ. Mîssa latina qu» olira ante romanam circa annum Domini 700 ^ in usu fuit, bonâ fide ex vetusto authentîcoque codice des» cripta ; item quaedam de vetustatibus Miss:^ ^ 5citu vâlde digaa : adjuncta est beati Blienani praefâtîoin MissamChr^sostoipi àLeoneThueco^ anno 1070 , versam ; édita verô à ( Matthîâ Francowitz) Flaccîo lllyrico* Argentine ^ My^ lias y 1S57, ^/^•8•

Le sort de cet ouvrage de lithui^gie , qui contient la foi et les usages anciens de l'église ^oip^ine dai^s la célébra- tion de la messe > est des plus singuliers ; il a été sup» primé d*abord par .les catholiqaes , parce que , sortant de la plume du célébra luthérien Ftiapcowiiz , connu loua le nom de Flacçius Illyricus , on croyait qu'il é^ait fait pour le parti protestant ; et ensuite par les luthériens , parce qu on a reconnu qu'il servait aux catholiques romains k prouver Tantiquité et Tauthenticité de la iAesse..Ma(tbias


14^

Francowîlz , né à Albano , en Illyrîe, en iSito , est mort j en 1675, à Francfort-sur-le-Mein , après avoir publié beau- coup de Traités violens contre l'église romaine , et sur- tout contre le pape » dans lesquels il cherche à prouver que la papauté est de l'invention du diable y et que le pape est un diable lui-même» Le titre de ses principaux ouvrages en annoncera suffisamment Tesprit. De Secùis ^ dissentio^ nibus , coniradictionibus , et confusionibus doctrinœ et Religionis Pbntificiorum liber, Basileœ , î565, /«-4' '^ Notas quœdam clarissimœ verœ , de Jalsâ Religione quibus etiam ^ rudiores staiuere queunt , Papîsiarum esse Jhisam Religion nem. Magdeburgî , 1649 , m-8. r= Contra Papaùum Roma^ num à Diabolo inventum, i5a5, //2-8. Ce volume est très* rare : on y trouve une préface singulière , qui commence par Saianicissimus Papa ^ etc. On n'est pas bien sûr que cet ouvrage soit de Francowitz, Il a été traduit sous ce titre : Contre la papauté de VEpêque romain , Lyon , Rapot , i564* z/2-8. SS Antilogia P-apm hoc est de corrupto eccîesiœ statu et totius cleri Papistici peroersitate , édita cum prœ^ Jatione Wolfgangi Wuisiemhurgii. Basileœ j Oporinus , z555, zAz-8,

FRERET. Examen crîiîqtie des Apologistes de la Religion chrétienne. Par M. Freret, Secrétaire perpétuel de TAcadémie des Inscriptions et EelIes*Lettres , i^6j ^ in^i2.

Cet ouvrage a été brûlé par arrêt du parlement de Paris , du 18 août 1770. L'auteur , qui , selon M. de la Lande y n'est pas Freret, mais M»- Lévéque de^urigny , examine les motifs de crédibilité que l'on allègue en faveur du chris- tianisme , et il cherche à les détruire , ou du moins à les bien aBaiblir. Freret a encore publié des Lettres de Thrasybnlë


^47

i Leucîppe , m-12 , qu! ont aussi mërlté d'être condamnées , puisque l'on y plaide la cause du matérialisme. Ce savant académicien signala son entrée dans la carrière des lettres par un Discours, De l'origine des Français ^ et de leur étO'* blissement dans les Gauîes 9 1 voL i/i-12. Cet ouvrage savant, mais hardi , joint à des propos Indiscrets sur l'affaire des princes avec 1« régent , le fit mettre à la Bastille. Il soutient, dans ce Discours « que les Francs étaient une nation , ou plutôt une ligue de plusieurs peuples de Germanie établis s^ur le Rhin ; que ces mêmes Francs servaient, dans .les. armées romaines ; enfin , que leurs roiâ ou chefs , lorsqu'ils étaient reconnus par les empereors , recevaient d'eox le titre de palrice avec le diadème , etc. C'est l'abbé àe V«r*> tôt qui , trouvant que l'opinion de Frer^t sur l'origine des Français n'était pas assez glorieuse pour la natioi^ et poue ees premiers rois , la dénonça au ministre > qui fit eiifermei^ l'auteur. Freret est mort le 6 mars 1749 > Âgé de soiiante* deux ans , avec la réputation d'un homme extraordinaire* ment érudit.

FROULLÉ. Liste comparative des cinq appel» nominaux sur le procès et jugement de Louift XVI, avec les t déclarations que les Députés ont faites à chacune des séance8> etc. Paris ^ Frovllè^ 1793 ï in*?i. »— La €onyeDtion telle qu'elle fut et telle qu'elle est, faisant suite à la Liste comparative, 1793» iri^.

Uimpression de oette Lifte fiit fiEitaU au malhenrtux libraire qui l'entreprit». Jacques-François FrouUé > homm» respectable , reçu libraire depuis iT7r* n« pArtugeait p«t les opinions exagérées qui dominaient en i793«)Il fut con- damné à mort pour avoir publié Tupd des «péraUoni^liB^


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pittt marr^nAntM dé Ia convention natlonftle , eonvortio «n tritninël redoutiiblt*. Voioi lo réiiulut de oei cinq itppoli tiominiiux qni ont «u lieu à la convention nutioniile com» po8éo (lo Mt*pt Cnnt cinquanif d^put^M. \ée prcmS«r e$\ relatif à lu tnUf^ on fugi^mmit dr Loni» XVt:iI padSA k Puniini- ntté lo 3 rl/>rflmbrc 1791. Lr iccond «ppcl^ du iS janvier 1793, a pour okjt*t cette r|ufgtlon : « LouIm XVI eit*il oon* pable do coimpiration contre la liberté de la nation | et d'at** tentât contre la lûroté générale de Tétat ? d Répome. Sur lept cent r[iiarante-cinf( députai, Rit cent (tuatre>vingt^gei«e ont roté ouï ; vingt (^talent abneiig par congé ^ cltiri pour oauKt de maladie I un abient sang raigon 1 et vingt «^gix n^ont paa voulu voter. Le troigiàme appel du m/^me jour que )«« précé- dent, A lieu gur cette quegtion : « Le décret de la conven** lion serA*t-il envoyé k la ganciion du peuple ? » Réponse. Sur gept cent quarante-cinq députég , quatre cent quatre» tingt-quAtre ont voté contre Tappel au peuple, deux cent "vingt-troii pour ^ vingt ge gont trouvég abgeng par coinraig«  ^ion , cinq pour caugo do maladie , troig gang ralgon y dis «ont refuge do voter. On procède au quatrième appel | lo (17 jfinvier 179^ , gur la peine que Ton infligera il Louit XVI. Sur sept cent vingt-un députég (la majorité abgolue élant'do troig cent gni^eante-^un ) , trente-quatre votent pour Ja mort aveo dei regtriotiong ot AVito gurgii| deux pour Ici ' ferg , troig cent di«>neul- pour la détention pendant la guerre «t lo banniggement à la paix , et troig oent goixante-gix pour la mort. Quant au cinquième appel du ig janvier 1793 , «ur cotte quegtion : « Sera*r-il gurgia à l'exécution du juge- ment rendu contre Louig XVI^ » 'Le réaultat donne troig cent dix vorx pour le gurgig | «t trois cent quatre-vingta «roix contre. A Dieu ne plaige que je rapporte ici leg ttioms de oeux qui ont figuré dâng ceg terribieg llgteg ; )jU est bien tempa d*tffacar jiiiqtt*Att moindre aouvouir de


tout ce qui peut entretenir la division parmi les Français^ ou rappeler des temps malheureux dont il serait à souhaiter que la mémoire ne souillât jamais les pages de notre Histoir/e. Les Ephémérides littéraires y poli ligues et religieuses [i, ^^9 édition de 1796), rapportent, au sujet du supplice de Louis XVr , un tableau rapide de ceux qui ont attenté aux jours de Henri III , de Henri IV el de Louis XV ; nous nous permettrons de le placer ici , puisque , dans plusieurs articles de notre ouvrage , nous parlons de ces événemeus. » Com«  meiiçons par Henri III ,. le premier des roi» de France c[ui «oit mod assassiné (i)« 

assassin de VLuJX'RX II L

facques Clément ^ moine jacobin , poignardé par ceux qfuZ

étaient chez le roi , au moment où il l'assassina ( le i.er ao&t iSSg }•

Assassins de Henri IV , ou conspirateurs contre sa 9iei

Barrière y batelier de la Loire , écartelé le 3i août iSg?!^ Chatel , fils d'un marchand drapier de Paris y écartclâ le 29 décembre 1594* Guignard, jésuite >^ pendu le 7 janvier suivant»

Gueret , jésuite> condamné à un bannissement perpétuel; Varade ^ Aubri ^ Eùhorel ^ s'étant enfuis, furent écarte

en effigie le 26 janvier; 2595, Merîean y pendu le z mars iS^S, Guedon^ avocat d'Angers , penda le 16 février 15^6^ La Ramée j pendu le 8 mars 1596»


(i) Si noQs en exceptons Chilpétic , fils puîné de Clovisi qni fut assassiné en revenant de la chasse ea jr34« Frédegonde, son épouse ^ et Landri , ammt de cette indigne reine » furent soi^ço&nés d'aveir tx^ yact à ce meurtre*


^*5o

jS\ , » , * ( Le journal de VEioih n'en cTît pn« le tioiir| pensionnaire rlu cardinal d'Autriche , pendu. à Mcaiix en 1596.

JV^. tapissier , pendu lo 4 janvror iS^f*

Charpcntiei*^i^tni\\i le i^ avrit 1.597.

I)cdo^& , son conipHco , pondu le mémo jour»

Ouin ^ charlreuX) cnFerrfié par ses supérieurs, commf foa , dans une prison souterraine. Ridîcoifi^ moine jacobin do Flandres , pendu en xStfjt Argot ) moine du mémo ordre , et son complke^ pendu nvçc lui.

JV. capucin ^fo Milan $ surpris h la suite de lai

cour , déguisé en habit de marmiton , pendu en 1597. Richdti^ seigneur de la Voûte en Dauphiné, décapité Icr rcf février i6o3. Le maréchal do Biron^ ayant cons^pfré contre Tétat et la

personne du roi , décapité lo 3i juillenGoa. Le comte é'/tui^ârgar', le comte A^Aniraigues , la marquise*

de Verneuil^ ayant formé une semblable cons* piratlon, et condamnés à mort le 2 février i6o5 , excepté ta marquise ^ qui fut condamnéa à une prtson perpétuelle, obtinrent leur grAce j mais la marquise de Verneuit fut obligée da remettre au roi la promesse de mariage qu'il lui avait faite dans un de ces momen» oik loa plus grands hommes 8*oublient«  T3cmlei ^ procureur au parlement de Paris : le 19 dé* cemhre j 606 , il arrêta ^ un poignard à la main , le roi qui passait à pied sur la Pont-Neuf, la secoua par le collet de son habit; mais comme, dans son interrogatoire , il persista toujoure k dire qu'il n'avait voulut qu'eflPrayer le rai ,<


ce bon prince voulut absolument qu'on èo contentât de le renfermer corame fou.

Nous voîlà enfla arrivés au nom de ce monstre d'exé* crable mémoire.

Mapàillac , écartelé le 27 mai 1610»

Assassin de Louis XV.

Damlens , écartelé le 28 mars ^ySj, »

Louis X V L

Ce prince , le mieux intentionné des hommes , et le plui ffiforluné des rois y dit M. Lesage , a été décapité le flz janvier 1793.

Les réflexions de ce même M. Lesage sur le supplice du . malheureux Louis XVI et sur le sort de sa famille , sont dignes de figurer ici. « La maison de Bourbon , dit-il , la plus ancienne de l'Europe, ainsi que la piqs puissante et la plus nombreuse, comptant plusieurs siècles d'une illustré existence et d'un bonheur constant , victorieuse de ses ennemis ou héritière de ses rivaux , occupant plusieurs trônes et régnant sur le$ deux hémisphères, comblée de gloire^' d'honneurs et dé pouvoir > était destinée adonner à la terrc^ dans la personne de son chef, un grand et terrible exemple de la fragilité des>jgrandeurs humaines* Un gouffre eflVoyable s'est ouvert tout à coup sous ses pieds y et il s'y est irrésis- tiblement englouti , lui , son trône , sa puissance et sa famille, A peine l'imagination peut*elle suivre la rapidité d*une telle catastrophe. Les eflTets de la foudre ne sont hI jplus terribles ni plus prompts ; en un instant tout a disparu ; let l'esprit consterné cherche en vain quelques vestiges do iant de grandeurs Hommes du mondes grands de !•


« 

terre , phlIosopTies Jo toates les secfef , poTitlqaei de roof les pays , lisez et méditez ! f ! ! 1 ( Voyez VAtlma historique , ^généalogique , chronologique et géographique , par A. Lesager Paris ^ 1804, grand in^foU

FROUMENTEAU. Le Cabînet do Roy de France^ dans lequel il y a trois perles précieuses d'ines* timable valeur , par le moyen desquelles Sa A^ajestés'en va le premier monarque du monde ^^ et ses Sujets dtr tout soulagés » par N. D.C* A«  ( Nicolas Frbumeoteau ) ^ i58i , i«-8r

Satyre très-vive et très-mordante > qui contient la descrip-' fion de la France sous Henri III ; il est rempli de fausseté» et d*infamies« Les trois perles dont il y est question sont les trois états du royaume. La première est la parole de Dieu ou le clergé ^ la seconde la noblesse ^ et la troisicmar le tiers-état. On y trouve un détail singulier de ces troi» perles. Ce livre a été supprimé par ordre de la cour 9 parce qu'il révèle plusieurs secrets relatifs au roi et à Tétat. L# Ducbat pense que l'auteur est Nicolas Froumeatean ^ et il est assez généralement reconnu pour tel»

, FULMEN. Fulmcn de Cœlo delapsumTrinîta-^ riorum Deum Trîunum contundens. Claudio^ -poli^ ifi Transylvanià, •-^TornientumThrona Triûitatem deturbans.

Ces deux ouvrages ont-ils existé ? est-ce le même sont deux titres diReront? Dans le cas où ils ont existé , ont-il» été supprimés comme Scbelhorn l'annonce, du moins quant au premier ? C'est ce ^que je ne puis décider»


F U s I. Le Maslîgopîiore , ou Précur^ear du Zo^ diaque , auquel , par manière apologétique ^ sont brisées les brides à veaux de maistre Juyaia Solanicque , Pénitent repenti , Seigneur do IVIordrect et d'AmpIadémus , en partie du côté de la Moue : traduit du latin en français, par maîstre Victor Grevé , Géographe microsco^ micjue (Antoine Fusi ). Imprimé en 1609, *"® très-mince.

I

Ci^tte satyre personnelle contre Vivian» marguîlller d^ Saint Leii , dont était curé Antoine Fusy , a été sup* primée par sentence de l'officiaUté; Ce livret fut la cause d'un pYocès considérable , qui fit perdre à Fusi , curé dé S* Barthelemi et de S. Leu , son annexe , %^% bénéfices et sa réputation* Condamné ^ par l'ofiiciallté , sur accusation d«  magie et d'incontinence, il se retira à Genève en 1619, et s'y maria. Il y publia le "Franc Arùher de la péritabla £glise 9 1619, /7z-8.Ce curé apostat eut un fils qui se fit turc*

GÀBRIELIS. Specimina Moralis cbristianae eC Moralis diabolicse in praxi» autore ^gidio Gabrielîs S* Theologiae Loyanii BaccaK, etc^ — Echantillon de la morale chrétienne et de ]a Morale diabolique , par le R. P. Gilles Ga«  brielis, Bachelier en Théologie à LouvaÎDf etc^ 1675.

Cet ouvrage a été condamné par un décret de llnquiiî*^ lion de Rome , du 27 septembre 1679 9 comme capabloT d'infecter d'erreurs le peuplé fidèle. L'inquisition d*Espagiië


ïS4

le condamna, par décret du sSaoût i68r,«c eomme côii>' tenant dos propositions hérétiques de Michel Baïus , et des propositions jansénistes , sentant l'hérésie , schisma* ti'«uos , erronées , fatisscs , téméraires , scandaleuses , mal sonnantes » injurieuses à Jésus-Christ , aui conciles et au& SS. Pères. » Gabrielis prétend que quelques commandemens ' de Dieu sont impossibles } que , dans l'état de la nature tom- bée, on ne résiste jamais à la grâce incérieiKe ; • • » • que

la grâce était due à Adam ; qu*il n'y a que deux

Bmours , la charité et la cupidité, la* Essai de Théologie morale^ du même Gabrielis, traduit en français par le Fr Gerberon en 1682 , et publié en latin en 1679 , a été con- damné à Rome le 27 septembre 1679, « comme ub livre capable d'infecter les fidèles. » Et en conséquence il fut défendu en quelque langue qu*il pût être traduit par U suite* L'inquisition de Tolède le condamna le ai août i68i , tt comme contenant les propositions hérétiques de Baïue et de Jansénius. y» La traduction française a été condamnée par le saint office avec la seconde édition latine faite k Rome> en 1680 , chez Tironnl.

GACON. Le Poëte sans fard , ou Discours saly- rîquessur toutes sortes de sujets (parGdcon)^ 1696, 2 ^oL in* 12.

Cet ouvrage a été réimprimé en 1701 avec quelque^ chan* {[emens. C'est un recueil de satyres si méchantes » que le chancelier Boucherat , à qui il fut dénoncé » en fit suppri- mer les exemplaires, et condamna l'auteur à quelques mole de prison. François Gacon mourut en 1726, âgé de cin- quante-huit aiis> après avoir composé un grand nombre d'ouvrages satyriques assez médiocres. Voici un quatraii| tiré du Foëie 9am fard ^ qui annonce de la façilitf :


t25

\Ji\Q beauté, quand elle avance en âge» A SCS amans inspire du dégoût ', Mais, pour le vin , il a cet avantage i Plus il vieillit, plus il flatte le goût.

ïé'IIomère vengé At Gacon, i7t5, in-ia, dirigé contre La MotliG y fut aussi dënonco au chancelier ; et la duchesse du Maine 9 à qui cotte satyre était dédiée ^ désaroua hau«  tciijont cette dédicace.

GAFFAREL. Curîosîtés inouïes. Hoc e8t Jacobi Gailarelli Curiositates inauditae do figuris per- fiarum talismauicis» tioroscopo Patriarcharum et characteribus cœlestibus , latine cum n()ii$ ac figuris editae, opéra M. Gregorii Michaelis. Hamburgi , SchuUzen^ 1676 — 1678, a vol.


«. ^


Cette édition d'un ouvrage assez singulier, qui a et censuré par la Sorbonne , est la plus complète et la plua estimée , à cause des savantes notes de Michaelis ; l'édi^ tion française de iGSy , 1 voL^ est assez rare. L'auteur était très-versé dans les sciences mystérieuses des rabbins et dei cabalistos : il se déchaîne , dans son livre , contre les talis* mans et contre toutes les autres folies de ce genre ; oepen* dant il est assez faible pour accorder quelques vertus i certains talismans ; c'6st ce qui a provoqué la censure de la Sorbonne. Il se proposait de publier une Histoire uni» vcrselle dti Monde souterrain y contenant la description des jjlits beaux antres et des plus rares grottes , capes , POÙtes 9 cavernes et spelonques de la terre. Le prospectus seul a para : il est rare , et prouve jusqu'où allait la folie de cet auteur ^ f[ui prétendait noua donner la description topographi^ue


)'


f56

•t exacte des cavernes solphareoses de renfer , ctu parga^ foire ot des limbes. Jacques GafTarel , né & Mannes en Prorence, est mort h Sîsteron en 1681 , âgé de quatre-vingt» ans : il possédait beaucoup de langues mortes et vivantes.

GARASSE. Le Banquet des sept Sages» dressé an logis de M. Louis Servio , par M. d'Espioœit (François Garasse). Paris, 1617 , ^^-^^

Somme de Théologie , par le même Garasse > i625y in-fol.

Le premier de ces ouvrages ^ devena fort rare « a étA Supprimé ; il s*y trouve quelques bonnes plaisanteries » C9 t[ai n'est pas commun chez cet auteur. Le second a ét^ censuré par la Sorbonne , comme dégradant la majesté de la religion par u;i style bas , trivial et trop familier. Oc» sait que Garasse a toujours été regardé comme le plus bou& fon > le plus grossier et le plus insolent des écrivains ; son nom même a passé en proverbe. 11 est bon d*en donner la preuve dans quelques citations. Il appelle le célèbre avocat Pasquierusot par nature, sot par bécarre > sot par bémol, sot à la plus haute game ^ sot à double semelle 9 sot à double teinture > sot en cramoisi , sot en toutes sortes de sottises, ir Ailleurs » il lui fait ainsi faire %e% adieux : « Adieu* maître Pasquier \ adieu plume sanglante \ adieu avocat sans cons* ciencc \ adieu monophyle sans cervelle ; adieu homme sana bamanité ; adieu chrétien sans religion ; adieu capital ennemi du saint siège de Rome; adieu fils dénaturé ^ qui publiez et augmentez les opprobres de votre mère ;..••• adieu jusqu'au grand parlement où vous ne plaiderez pluf pour l'université. » Je ne me bornerai point à cette cita^ tion pnisëe dans les Recherches des Recherches éPEtiennm PasquUr ; j'en trouverais d'à pea près pareilki è cl^f{ilf


page de ses Œuvres ; mais f en vais rapporter une qui a quelque rapport à Fobjet de mon travail. La dixième sec- tion du livre huitième de sa Doctrine curieuse ^ offre Top îw nioD de ce virulent Zoïle sur quelques livres qu'il condamne avec son amertume ordinaire ; ^'analyserai le passage tout en conservant ia richesse des expressions de l'auteur. Selon lui , cr il n'y eut jamais méchante faction qui n'eût ses livres particuliers et cabalistiques. Saint Irénée est un des plus anciens qui ait pris les armes contre les hérétiques et leurs livres. Le premier de tous les méchans qui se soilr avisé de mettre en lumière certains livres apocryphes y qui ne se lisaient que sous la cape^ est un Cléobius, compa* gnon de Simon le Magicien. Par la suite toutes las sectes d'hérétiques qui ont eu quelques vogues jusques à main* tenant , ont fait état d'avoir leurs livres secrets ^ ainsi les manichéens avaient leur Thrisor , leur Modius , leur Epistre fondamentale , leur Lipre» des Géans j les novatiens avaient leur livre appelé Aurea Theoîogica dicta Chrysomaîi ; les éluzéens avaient leur Palladium ; les valentiniens leur Alphabet de Jésus-Christ ; ceux de la cabale huguenote et luthérienne eurent au commencement de leur soulèvement ^ la Palercée ou la Roy ne de la grande Cité de Bahylone ; ils curent la Polymachie des Marmitons, ia Boutique du Pape y le Razoir des Razés ^ V Agonie de la Messe" ^ et plu- sieurs autres livres qui ne se débitaient qu'en cachette^ à cause qu'ils contenaient des invectives dangereuses etsujètes à la corde contre la sacrée peréoone des rois et des princes, comme il se voit communément en deux livres très-impa* dens , qui s'appellent la Gynecocratie ^ qui fut composéa par le ministre Chandieu contre la royne mère Catherine Médicis , et les Parallèles de Henry II avec Pilate , qui

furent faits par Théodore de Beze Je vois cinq ou

aîx espèces de livres > qui font comme la bibliothèque des


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libertins. Le premier rang contient le Pomponaûê , ]4 Paraoelsô et Machiavel, Quant à la Clavicule dé SaJi^moUf ce ne sont que des imaginations de quelque teste creuse, c'est la quadrature du cercle des athëlstes. Pour le Pomr ponace^ je n*en puis dire autre chose, sinon que c'est un tres-mochant homme , à ce que je puis voir dans le misé- rable Lucilio( Vanini ). Car, n'ayant jamais, grâces à Dieu, perdu le temps à la lecture de %^% impiétés , je n'en sau* rais porter tesmoignage , sinon sur le rapport d^autrui. (1 est vrai que dans les Dialogues de ce misérable vilain ( Vianini ) , je le vois toujours qualifié de tuus Pompona* tius , ou Powponatins Philosophorwn Deus , par son dis- ciple Alexandre , l'un des interlocuteurs ; et lisant les im- piétés par lui rapportées, je dis que cet homme devait être quelque diable incarné , comme Cornelio Agrippa. Paracelse est plutôt un resveur et alchymiste dangereux , qu*un attiéisto ou libertin. •• . En lisant quelques lambeaux de jcs ouvrages sur la magie, rapportés dans les Disquisitions de Martin del Rio, il semble que la teste de cet homme fût comme une vive lanterne remplie d'étranges fantaisies et d'imaginations frénétiques* Machiavel est aussi et plus

coupable que ceux dont nous venons de parler ,. Le

secoud rang de la bibliothèque de nos athéistes contient Hierosme Cardan , Charron et Lucilio Vanino* Pour Car- dan , les impiétés fourmillent à centaine dans ses Œuvres ; les plus méchans livres qui soient sortis au jour de sa façon , ont été sa Sapience , son Immortalité de l'A ma et son Lit^re des Démons, Dans le second de ces trois livrer, il est entièrement brutal et dogmatise que l'ame de l'homme n'est point d'autre nature que celle d'un cheval. Dans le troisième , il est ouvertement magicien , et, sous ce titre, défendu dans l'indice du concile de Trente, Pour Charron ( nous en itvons déjà parlé page 76 ) 1 Vest un très-peraicieus


ignorant, qui a voulu parler de ce qu'il D*enteDdait pas^;

il a fait comme les mauvais maçoQs, bâtissant sur sa tête

Il lui est échappé des impiétés par ignorance ou par malice «  comme sont celles qu*il avance touchant le mystère de la Sainte Trinité 9 de l'incarnation de Jésus-Christ , de 1 exé- cution des hommes défaits par justice , à laquelle tout lo monde court. Sa Sagesse et sa Dîpiniié en sont quasi tontes pleines. Quant au maudit Lucilio Vanino» il ne fit jamars action que de poltron ou d'enragé ; tant qu'il fut en sa liberté , c'estait le plus lâche vilain que la terre porta jamais. Il criait et déclamait contre les athéistes > crainte d'cstre estimé libertin ; il commença môme son Amphithéâtre par ces mots : Aiheismus secta pestilentissima çuotidiê laiiùs et latiùs vires acquirit eundo. • . . • Mais une fois que ce méchant homme fut découvert et déféré par Francon» il se porta à une rage désespéréct, qui lui tira du cœur et de la bouche des blasphèmes si horribles » qu'ils font cog- noistre que le bon Dieu est grandement patient. Il a com«  posé trois ouvrages ; savoir y son Amphithéâtre , dans lequel il parle eu hypocrite , sa Sagesse où il parle en cynique , et ses Dialogues où il parle en parfait athéiste ; ce dernier est le plus pernicieux ouvrage qui soit sorti en lumièra il y a cent ans en matière d'athéisme Le troi- sième ordre qui se voit en la bibliothèque des libertins ^ ïont des livres qui concernent , non-seulement la créance ^ mais qui touchent aussi les moines ; ee sont des livres d'une si horrible impudicité > que j*ai honte d'en parler clairement. Seulement dirai-je que ces vilains ont fait en sorte qu'on estimera désormais comme honnêtes et passables les Priopées , le Petronius y le Martial et les impudidités de Beze. Par dessus ces trois ordres de livres , les libertins ont en maiu le Rabelais , comme l'enchiridion du liber- tinage. Ce vaurien ne mérite pas la peine qu'on ^o parie; "


k6o

je dis seulement que ; pour le bien qualifier , il faut dir» de lui que cVst la peste et la gangrené de la dévotion ; il est impossible d'en lire une page sans danger d'offenser Dieu mortellement ; je dis quand même il ne serait point

défendu parles censures ecclésiastiques Enfin, fes« 

tîme que Rabelais est un très - maudit et très • pernicieux écrivain , qui succe peu à peu l'esprit de piété» qui dérobe insensiMement riiorome de soi-même , qui anéantit la sentiment de religion ; en un mot ^ qui a faict plus de dégât en France par les boufibneries , que Calvin par sea nouveautés. Et nos atbéistes , si oo ne leur coupe les racines^ empruntant la malice de l'un , l'insensibilité de Tautre , y ajoutant l'impudicité de leur crû , soift sur le point de nous faire voir d'étranges et horribles malheurs, » Telle est le style du père Garasse» do ce bateleur théologien , dont la plume était remplie du fiel le plus amère et le plus gros«  sîer ; tandis qu'on prétend , chose incompréhensible ! qu'il était doux et honnête en société. François Garasse > jésuite ^ né à Angoulême en i585, est mort à Poitiers , où il était allé secourir les pestiférés, le 14 juin i63i. Il faut dire » «n son honneur, qu'il avait lui-même demandé à sea supé- rieurs d'aller remplir cette mission , aussi périlleuse, qu'ho* norable pour son humanité et sa religion.

CENEBRABE). De sacrarum electionum jure et necessitate ad Ecclesiae Gallicaose redintegra- tionem, auctore, G. Genebrardo. Parisiis^Ni'- çellius , iSg3, in-S»

Cette édition est plus rare et plus recherchée que celle de i6oi. Ce livre a été brûlé par arrêt du parlement d'Aix » en date du 26 janvier 1696 , et l'auteur banni du royaume ^ javec défense d'y revenir , sous peine de mort. Cependant


%6t

on lui permit d'aller finir ses jours dans son prieuré de Semur en Bourgogne , où il mourut en 1697 , âgé de soixante ans. Gilbert Génébrard fut un déterminé ligueur. Le duc de Mayenne, chef de la confédération , le fit nommer à Tar* chevêcbë d'Aix : Génébrard y fut la trompette de la révolte. La ville s'étant soumise , malgré ses sermons séditieux , et les esprits cessant d'être favorables à son parti , il sa retira à Avignon, d'où il décocha des écrits pleins de har* diesse ; tel est celui que nous citons, et qu'il composa pour soutenir les élections des évêques par le clergé et par le peuple, contre la nomination du roi. Génébrard était très-savant , comme on le voit par ses écrits ; mais il n*était pas un auteur judicieux. Dans, ses ouvrages polémiques , les injures lui tenaient lieu de raisons. 11 épanchait sa bile contre ceux qui n'étaient pas de son avis. Sa gloire litté- raire fut obscurcie par l'emportement qu'il fit éclater contra les princes et les auteurs ; ej: cet emportement est poussé à l'excès dans son livre latin intitulé : Excommunicaiion des Ecclésiastiques qui ont assisté au Service divin ùveé Henri de Valois après l'assassinat du cardinal de Guise . 1589, inS,

L'épitaphe que l'on mît sur le tombeau de C^îibert Géné«  brard est un peu exagérée :

Urna capiù cineres , nomen non orbe ienetuTn

M Des cendres d*un savant, cette urne est la. prison^' » Et Tuniveis entier ne Test pas de son nom.

GERBAIS. Dissertatio de causis majoribus, ad capiit concordatprum de causîs ; aùtore Johanne Gerbais, regio EloquenticB Professore. Pa'risiiSy 1679 , m-4»

Cet ouvrage a été condamné par bref d'Innocent XI, cij

II


!K6a

1680, parce qu'il contient des vérités exprimées assez tlure-^ ment sur les libertés de l'église gallicane ; ce qui déplut à la cour de Rome. L'assemblée du clergé de France de i68r^ ordonna à Gerbais do publier une nouvelle édition de son livre avec des corrections , afin do donner quelque satisfac- tion à la cour de Rome. Cette édition parut , je crois , eu 2691. Cette Dissertation a pour objet de prouver que les causes des évoques doivent être jugées en première instanco , par le métropolitain et par les évéques de la province* Jean Gerbais , né dans le diocèse de Rheims , est mort en 1C99 , à soixante-dix ans^ après avoir publié plusieurs ouvrages estimes.

GEWOLDUS. Chrîstophori Gewokli Defensîo Ludovici IV. Imper, ratione electionis contra Bzovium. Jngolsùad ^ 1618, z/z-4*

Ouvrage excessivement rare , parce qu'il a été supprima avec grand soin , et que l'on en connaît peu d'exemplaires.

GIANNONE. Deir Hîstorîa civile del Regno dî Napoli » dopo Torigine sino ad re Carlo VI , da messer P. Giannone. Napoli^ Nicole Naro ^ 1708, S "vol. in-^.

Edition entière et très-estlmée^ dont il existe des exem- plaires en grand papier , et dont la majeure partie a éié brûlée par l'inquisition. L/Opere posthume forme sans douto lo 5.« volume ; car cette Histoire n'en a que 4* L^^ 5 volumes ontété vendus 200 livres chez M. Paris , à Londres y en i79i« Cet ouvrage , écrit avec pureté, mais avec beau- coup de hardiesse 9 contre les papes et contre les ccclé«  jsiastiques^ irrita la cour de Rome« qui fit tous tQ% efibrts


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pour supprimer ot le livro et l'auteur ; celuî-cl eut beaucoup de peine à échapper an supplice. Coinine ce livre fit beau^ coup de bruit aussitôt qu'il parut y l'auteur s'expatria pour éviter les mauvais traitemens qu'il courait rieque des* «uyer ; et il fit très-bien ; car à peine fut-il évadé , qu'il vint un ordre de l'arrêter de la part de l'inquisition. Mais , comme on ne put le mettre à exécution, on fit saisir sur le champ tous les exemplaires de sou ouvrage^ que Ton supprima avec grand soin , et qui furent condamnés au ' feu , ainsi que l'aurait été l'auteur s'il n'eût pris ses pré«  cautions. Fugitif, il trouva un asyle dans le Piémont, oui le roi de Sardaigne feignit de le retenir comme prison» nier , pour ménager , et ses jours et la cour de Rome justement offensée. Il mourut, en 1748, ûgé de soixante- huit ans. Son Histoire est divisée en quarante Livres. Dcs- monccaux l'a traduite assez exactement j mais son styla est bien éloigné de la pureté de roriginal. Cette traduc- tion , recherchée à cause des remarques qu'elle contient ^ parut ù la Haye on 174a, 4 voU in-^ ^ dont quelques exem- plaires sont aussi en grand papier. L'ouvrage posthume do l'auteur italien a pour titre : Opère poithume de Pietro Giannono in dijensa délia sua Storia civile del Regno di Nopoli con la di lui prnfessione di fede. In hansana » 1760 , in-^. Cette édition est préférée , parce qu elle ren» ferme la profession de foi de l'auteur , qui ne se trouva pas dans les autres.

On a réimprimé l'ouvrage de Giannone \ Genève ; malf cette réimpression est bien moins estimée que rédition originale. Un extrait de ce corps d'ouvrage a été public à Amsterdam en 1788 , soua le titre A* Anecdotes ecçlisia^» tiques t in'i^. Il y a des sentimens hardis sur l'origine do la puissance pontificale. L*original de ces AnsçciQt0f a él6 brûlé à Rome en 1726»


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Gîannone consulta un de ses amis sur son ouvrage lors- qu'il voulut le mettre au jour, u Cela est très-beau , mais bien hardi , lui dit son ami ; vous allez vous mettre sur la tête une couronne d'épines très • piquantes, » Cbt ami avait raison.

GIGL I. Vocabularîo di Santa Caterîna e della lingua Sanebe , per Girolamo Gigli. Sart,ese ^ in 4.

Satyre très-mordante, qui a été condamnée aux flammes le 21 août 1717 » avant que l'impression eu fût terminée : elle a été défendue à Rome sur les instances de la cour de Florence. Les 3 12 premibres pages sont les seules qui aient paru. ^

GILBERT. Histoire de Calejava, ou de l'isle de3 hommes raisonnables , avec le parallèle de leur morale et du christianisme 9 (par Claude Gil- bert, Avocat.) Dijon 9 Jean Ressajyra^ 1700^ tn»i2é

L'édition entière a été br&lée par l'auteur ^ à la réserve d'un exemplaire qui a été vendu 120 livres chez le duc de la Vallière, en 1784. ( Voyez son Catalogua , première partie , n.^ 936. ) Cet ouvrage renferme des choses hardies ; cependant l'imprimeur avait retranché plusieurs endroits dangereux concernant le christianisme et le judaïsme. L'au* leur place l'ile de Calejava en Lithuanie. L'ouvrage est en dialogues : il est divisé en douze livres ^ et les livres en lihapitres. Il a en tout 329 pages»


GODONESCHE. Explication abrégée des princi- pales questions qui ont rapport aux alïaires pré- sentes, (par Jean-Lanrent Boursier, avec des figures dessinées parNicolasGodonesche.) lySi,

2U' I 2.

Cet ouvrage est une des nombreuses brochures que Bour- sier a publiées sur les malheureuses contestations qui ont trop îong-lemps déchiré Téglise. Godonesche a été enfermé à la Bastille pour ayoir fait les figures de ce livre ^ et Tau* tcur a été proscrit, tant pour cet ouvrage que pour d'autres» Kicolas Godonesche, graveur, est mort en 1761 , et Jean* Laurent Boursier, docteur de Sorbonne , est mort à Paris ^ où il était caché, en 1749 > âgé de soiiante-dix ans.

GOETZMANN. Les quatre âges de la Paîrîe en France, on Histoire générale et politique de la Pairie de France dans ses quatre âges^ par L. V» Zemganno , ( Goetzmann. ) Maëstrichù ^ Jeari'Edme Dujour^ ^77^» ^ vol. in-S»

Cet ouvrage a été proscrit par la police. Le premier âge de la pairie contient celle de. naissance ; le second , la pairie de dignité ; le troisième , la pairie d'apanage , et le quatrième, la pairie moderne ou pairie de gentilhomme» Louis -Valentin Goetzmann de Thurn , ancien conseiller au conseil supérieur d'Alsace, conseiller au parlement de Paris en 1771 , est celui qui a eu le. fameux procès avec Beaumarchais ( voyez l'article de ce dernier } ; il était membre de Tacadémie de Metz , et a composé plusieurs ouvrages.


t66

GORIN, Journal de Lonîs Gorîn deSaint-Amocfr^ au sujet de ce qui s'est passé à Rome dans l'at- faire des cinq Propositions, depuis 1646 jusqu'en 1 653. C Hollande. J • Imprimé pour Fauteur ^ 1662 f in* fol.

Cet ouvrage satyrîqoe est curîeuir. Ua arrêt du conseil d*état de 1664 , donné sur les Mémoires de plusieurs pré-^ lats et docteurs > qui y avaient trouvé les cinq propositions de Jansénius , le condamna à être brûlé par la inain di^ ]>ourreau« 

GOtjy^ERNEMENT. Ethocralie, ou le Gou^ vernement fondé sur la morale , 1777*

Cet ouvrage a été sévèrement proscrit , quoiqu'il ait ea des partisans qui l'ont beaucoup loué. Selon eux, «c'est un projet d'union entre la morale et la politique. L'auteur présente l'idée d'une législation conforme à la verta, qui peut être également avantageuse aux souverains » aux nations , aux familles , à chaque citoyen : il mérite la recon- naissance de tous les ordres de la société ; il ne propose rien de chimérique , et son plan peut être aisément exé* cttté par tout législateur sincèrement animé du dé^ir de faire le bonheur des hommes. » Voilà ce que disaient, dans le temps, les prôneurs de cet ouvrage \ mais il n'aurait point été défendu , s'il n'eût renfermé que des principes sages et modérés.

GRANDCOLAS. Histoire abrégée de l'Eglise de la Ville et de TUniversilé de Paris, par Grand- colas. Paris ^ 17^8, 2 TJoL in-i^.

]Le cardinal de Noailles, n'étant point ménagé dans cett


lé'/

flrstolre, on a sollicité U sappressîon près le ministère public y et ce livré a été supprimé ^ cependant il H*esl pa9 infiniment rare.

GRONOVIUS. Joannis.Frederici Gtonovii eleiv chus antidrîatibes Mercurii Frondatoris ad P.' Papinii statii sirvas, Accessft Episiola Clatidii Salmasii ad auctoreta. Pansiis , Pelé ^ 16^0 ^

Ce livre est cxcçssîvem«nt rare > parce qae Gronovfus en avait retiré et brâlé les exemplaires : il en refusa un à son intime amî Grœvîus, L'abbé Rive , qui en possédait un , a souvent refusé de le vendre y çiuoi€[u'oa lui en ofFrlC une somme considérable»

GUENARD. Déclaration des causés de Ta conver- sion de Constance Guenard» Sine loco eùanno y

I TJOL

Cet ouvrage a été condamné aux flammes pa^r arrêt du parlement de Dole. L'auteur, né dans les environs de cette ville , était capucin ; il prêcha pendant quelque temps- avec succès dans les print;ipales villes de Franche-Comté et de9 provinces voisines. Ayant en à se plaindre des religieux der son ordre , il alla à Rome solliciter sa sécularisatîot> , qui lui fut refusée par le pape. Cela Taigrit au point que , de Rome ^ il se rendit h Genève , où il abjora publiquement. Il ^t aussi- tôt paraître un exposé des maltfs de sa conduite dans l'ou* vrage que nous annonçons. Malgré que ce livre ait été brûlé , il en pénétra plusieurs exemplaires dans la province, et Denys de Formond , théologien , le réfuta. On lit dans Tépitre dédicatoire au parlei&ent do Dole ^ qui est tn této


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de cette Réfuutîon , quo Charics-Quint a renda une orJon^ caoce par laquelle il défend, sous peine de mort « la lecture des Œuvres de Luther et autres hérésiarques. M. Cli. Weiss , qui m*a fait connaître Constance Guenard , possède la Réfu- tation de son ouvrage.

GUIA RD. La FataTitc de Saînt-CIoud, près Paris. (Par le Père Guiard, Jacobin.) 1764^ in^foL

Exemplaire que Ton regarde comme aniqoe, par la sup-i pression exacte que Tauteur en fit \ vendu 3o livres chez le duo de la Yaliière en 1784* («a réimpression in^\% n'est ni rare ni chère. Cet ouvrage est une dissertation dans laquelle on cherche à prouver que Jacques Clément n'était pas ^cobio* Cependant on trouve encore quelquefois des estampes da temps où (jet assassin est représenté en habit de jacebin ^ le couteau à la main , comme S. Barthelerai : d'ailleurs , M. da Thou , qui a été l'un des juges de Jacques Clément , assure qu*ii était jacobin, et tous les historiens Tassurerit de même» Jean Godefroi a publié un ouvrage très-curieux contre le livre du père Guiard. Un docteur de Sorbonne^ nommé Aujety prétend avoir vu , au «commencement du 18." siècle , les actes d'une assemblée de la faculté où il fut délibéré, du temps de la ligue , de demander au pape la canonîsatioa de Jacques Clément; et que le doyen ne trouva pas d'autre moyen de l'empêcher, que de proposer de chercher aupa* ravant dans les registres de la faculté, s'il se trouverait des exemples que la faculté eût demandé des canonisation». Au reste , ajoute Tabbé de Longuerue , vous savez que cette pauvre faculté était alors privée de %^% docteurs les plu» sages , et qu'on n'y avait laissé que des fanatiques» Mais il ne serait point surprenant que Ton eût demandé cette


169

canonisation. On a bien vu Sixto-Quint tenir un consîstoiro le II septembre 1689 , dans lequel il loue le zële et le cou«  rage de Jacques Clément , qu'il compare à Judith et à Eléazar, «r On n'ignore pas de qaelle manière fut reçue la nouvelle de l'assassinat de Henri III parmi les ligueurs : pour en témoigner leur joie , ils se vêtirent d'babits de cou- leur verte ; et la duchesse de Montpensier sut si bon gré à celui qui lui en apporta la nouvelle , qu'elle lui sauta au cou, et lui dit en l'embrassant : « Ah! mon ami, soyez le bien venu. Mais est -il vrai au moins? ce méchant, ce perfide , ce tyran est-il mort ? Grand Dieu î que vous me causez de joie! Je ne suil fâchée que d'une chose, c'est qu*il n'ait pas su avant de mourir 9 que c'est moi qui l'ai fait assassiner. » Les théologiens et les prédicateurs criè- rent au peuple, dans leurs sermons , que Jacques Clément^ qui avait souffert la mort avec tant de constance pour déli- vrer le royaume d'un misérable tyran , était un vrai martyr* On le comparait à Judith^ Henri III à Holopherne^ et la délivrance de Paris à celle de Béthulie. On ordonna des prières publiques dans toutes les églises , pour rendre à Dieu de solennelles actions de grâces de cdt assassinat* On fit des processions qui durèrent une semaine , et dans lesquelles les paroisses allaient à l'église des jacobins pour honorer la mémoire de leur confrère, dont on exposait l'image sur les autels il la vénération du peupU. Il y eut même des ligueurs assez insensés qui proposèrent de llii ériger une statue dans l'église de Notre-Dame. ( Voyez V Histoire ecclé^ siasiiqne de Fleury , livre 178.0, n.® 119 et 120.) » Henri Hl fut assassiné par Jacques Clément à sept heures et demie du malin du premier août'iSSg , èl il n'expira que le len- demain à deux heures après piidi. 11 existe deux ouvrages Très-curieux sur Jacques Clément* Le premier est intitulé \ Ze Martyre de Frère Jacques Clément , de l'ordre de Sain%


Dominique , contenant toutes les -particularités Tes pTuÉ remarquables de sa résolution et heureuse entreprise à l'en'* contre de Henri de Valois. Paris , iSSg, /«-S , apec lajigurem Ce livre est regardé comme îe plus dTctestable qai ait été publié du temps rie la ligue : il est aussi le plus rare ; l'areu- glcment et îc fanatisme des ligueurs J sont exprimés dana toute leur fureur. L'antre ouvrage a pour titre : Lettre de VE^esque du Mans p avec la Réponse à eTleJaite par un Docteur en Tfiéologîe , en laquelle est répondu à ces deux doutes : Si Von peut suivre en sûreté le Roi de Navarre et le reconnaître pour Roi ? Et si Vacte de Frère Jacques^ Clément doit être approuvé en conscience ^ et iil est louable ou non ? Paris , iSSçs jVz-8. Ou croit que cette Lettre est de Claude d^Angennes, évoque du Mans, et que la Réponse est de Jean Boucher , s\ connu par ses infâmes écrits contre Henri III et Henri IV. On sait que le père Hourgoing , prieur des jacobins , a été tiré à quatre chevaux à Tours ^ comme le plus criminel complice de Jacques Clément : ce supplice eut lieu en iSço. Huranh de l'HôpitaT, depufff archevêque d^Aix , et l'un des fuges deBourgoing^ opina ^ dans le cours du procès , que , dorénavant^ en horreur de Tordre dont était ce monstre , il fallait que ïe bourreau fût velu en jacobîu.

GUIBERT. Essai général «le Tactique, précédé d'un Discours sur l'état actuel de la politrqtie .et de la science militaire en Europe. (Par M» le Comte de Guibert. ) Londres, chez les Lir braires associés , 1772,2 voi. w-4.

Cet ouvrage a été très - recherché et très-dëfeadu , Il cause des choses extrêmement fortes et hardies qui 89 irouveut dans le discours préliminaire» et qui ont fU0


ï7t

trës-rëpréhensibles aux jem du g^ttrernement ; eependant il faat avouer qae -ce discours , à part qàelques opiniooij exagérées y est plein d*eiithousiasAe national et db Tnei profondes ; les militaires ont beaucoup loué cette produe* ' lion , qui est la meilleure de M. 'Guibert. Il ne faut pai^ oublier son Eloge de VH&pital , cbancelier de France. Il parut sans nom d'auteur; mais avec cette de?ise:lc Ce n'été ' point aux esclaves à loner les grands hommes. » On y trouve beaucoup de Kardiesse dans iea idées « une attaqaii directe contre le ministère , nne marche rapide , on mcrc.eaa '. éloquent, où l'écrivain reproche à la France de souffrir un commissaire anglais à Dunkerque. Voici ce moroêaa*' & Nos ministres actuels voient patiemment la nation hami« .' liée sous le poids de ses anciennes injures. Ils né comptent pour rien l'énergie h redonner k nos esprits, et Phonnenr li rendre à nos armes. Le Havre n'est point auxAnglais eommë ' du temps de THôpital ; mais Dunkerque est ppjif nous na monument de honte bien; plus grand* Un député de cette ficrc nation y commande^ «n répoblicatif* Semblable è cet ambassadeur romain qui traçait nm cercle '$or Je: sable ait* tour d'Antiochus, en lui dtsapt ces paroles terribles xVùum ne sortirez pas de ce e^rctô que youa ne nieyiez refondu f • tous les )our^ il nous dit : Vous m* élèverez pas une pierre sur cette pierre.^ ou nous vous en punirons. Q l'Hôpital!' l'Hôpital ! tu étais magistrat et philosophe , ét^tui aurais soulevé toutes les forces du royaume contre cet intolérable affront. C'est devant tes |iiânes que je' dénoncé ces ministres ^ coupables ! Us se disent pacifiques et ils ne sobt^iee faibles. Ce n'est point la paix qu'ils veulent conservjir, ce sont les places qu'ils occupent. Ils sentent que leur activité ne suffi* rait pas à des mouvenieiis plos vifs» et que le c&oé dès

grandes occasions briserait leur caractère s ApdliBefj

fDomte de Guibert, né à Monl««ba« Itxt^ùi^wJBftêï^l*


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est mort, en 1790 , du cbagrin qu'il ^proura de n'être pfti^ nommé , en 1789 , député à l'assemblée constituante « noa- du Bourbonnais, comme Tont dit les auteurs du Z^ic/iois- vaire historique ^ mais du Berrj. M. de Guibert a donné au théâtre t en 1775» une tragédie întîtulëe le Sbnnéèable de Bouibon. Louis XVI , qui assistait à la représentation , fui surpris que Ton mit socrs ^es yeux et sous ceux de sa famille ^ un semblable sujet ; il se récria qu'il avait été trompé à la lecture > et qui! ne souffrirait pas que cette tragédie repa* rût. En conséquence , les comédiens français reçurent ordre de remettre chacun leur rôle sur le champ, et de brûlet les copies qu'ils pourraient en avoir tirées , avec défense d'en tirer à Tavepir. Cependant, cette pièce a été jouée depuis , avec des cHangemens ( grAces à la protection que/ la reine accordait à l'auteur); mais avec un soccès pluf fu équivoque.

GUIMENIUS. Adversùs quorumdam expostula* tiones contra nonnullas Jesuitarum opiniooes morales , autore ÂmadseaGuimeDi'o, etc. Bam^ herga eu Panorum^ 1667 ; subindëi f^aleMim^ Lugduni f Madrid^ anno ^ 1664.

Amadsei Guimeniî Lomariensis, olim prîmari! S. Theol. Professons» Opusculum, singularia un»* versae ferè Theologiae înoralis complectens , adveisus quorumdacn expostulationes » contra nonnullas Jesuitarum opiniones morales, Typia Recusus.

Dès Tannée i665, le pape Alexandre VU s'était réservA Fcxamen du livre de Guimenius que- la Sorbonne avait entrepris de censurer } mais Innocent XI y par décret du


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î6 septembre i68o, le condamna dcfinîtivcment , à cause de la pernicieuse doctrine qu'il renferme. ^^

GULLENSTOLPE. Micliselis O. (Olai) Vexoniî (\(\ est Giîllcnstolpe seii Gullenstope Olai filii) epitome derciiptionis Sueciae , Fenuingîee , et subjectarum provinciarum. Aboa ^ apud Pe- trum Bald , anno , i56o , ï>2-8.

« Cet ouvrage^ fort rare , dit M. Deburc , a été , à ce que Ton croit , supprimé avec grand soin , parce qu'il décou- Trait diflerens secrets de la monarchie de Suéde. »

HARDOUIN. Adjunctio Senatus-consullo décréta ad novam conciliorumcollectionem à P.*J. Har- duino corife:tam. — Addition ordonnée par Arrêt du Parlement^ pour être jointe à la nou- velle collection des Conciles, par le Père Jean Hardouin. Lutetia^ in typ. reg.^ 1722, in-fol.

Ce volume est composé de plusieurs cartons qui ne sq trouvent pas facilement ainsi réunis. Voici ce qui a donné naissance à ces changemens. Lorsque le père Hardouin eut terminé son édition des Conciles eu 12 vol, iri'Jbh , le débit en fut arrêté par le parlement sur le rapport des doc- teurs VYitagse , Pirot , Dupin , Bertin , Anquctil et Lemerre, nommés pour examiner son ouvrage. On y trouva plusieurs maximes contraires à celles de l'église gallicane; et l'édi- teur avait écarté plusieurs pièces essentielles et authen- tiques qu'il avait remplacées par des pièces futiles et fausses* Il fut donc obligé de faire beaucoup de changemens qui produisirent plusieurs cartons qui sont rares. On défendit


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expressément de Tendre des exemplaires sans que Vaddt/imi ci-dessus s'y trouvât. Et le roi ordonna qu'on livrât aux flaoïmes le petit nombre des exemplaires de cette addUiom qui se trouveraient isolés et séparés de la grande collec- tion. Jean Hardouin , l'un des plus habiles, et peut-être Férudit le plus îoxx de^ jésuites , né à Quimper en 1646 ^ est mort à Paris en 1729.

HAUDICQUER. Le Nobiliaire de Picardie, con- tenant les Généralités d'Amiens, de SoissooS', des pays reconquis, et partie de l'Election de Beauvaîs , le tout justi6é conformément aux Jugement rendus en faveur de la Province. Par François Haudicquer de Blancourt. Paris ^ 1698, in'\.

Cet ouvrage , proscri t sur les plaintes qu*il a occasionnées , a fait condamner son auteur aux galères. Haudicquer avait employé , dit-on , de faux actes et de faux diplômes à des- sein de déshonorer plusieurs familles dont il était mécontent. Ce livre , tout infidèle qu'il e3t , a conservé quelque crédit aux yeux des curieux , parce que les exemplaires en sont rares. Mais il est bon de savoir que , parmi le petit nombre d*exemplaires échappés à la suppression^ il en existe bien peu qui soient entiers , par rapport aux cartons que le livre a soufferts. Pour qu'un exemplaire soit complet , il faut trouver après la généalogie de la famille Faguei, page i85«  les généalogies des familles suivantes : Failly , Famechon , Fapier , Favin , Faupilliers , Fay , Eusiache Le Febi>re , Jean Le Febvre • François Le Fehvre , La Felonière et FeraulU Ces onze familles ont été supprimées , et ne se trouvent plus dans les exemplaires imparfaits , qui , de la famiUa


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  • Fagnet ^ passent immécliatement h la Famille Lo Feron, II

y a des exemplaires dont le frontispice a été changé , et portent la date de iSçS. On pense que Louis XIV a ordonna à M. Bignon , intendant de Picardie^ d'entreprendre un nouveau nobiliaire de cette généralité , pour effacer celui de Flaudicquer. Ce Nouveau Nobiliaire , ou Recherches de la Nablesse de Picardie , de la Généralité d*^ miens , etc. a commencé à être publié ( par grai^des feuilles détachées ^ grand in^foL atlantii^ue , ) en 1708 ^ et les dernières ont été achevées eu 1717. On en po.rte le nombre jusqu'à 427*

HÉDOUIN. Esprit de TAbbé Raynal (par Hédouin), i777,z/î*8.

Cet ouvrage , qui est extrait des TAahlissemens des Eurom pèens dans les deux Indes , a été proscrit , par \e garde des sceaux, dans le mois de Juin 1777* L'imprimeur, nomnfié Lequaire , établi à Montargis , et les libraires de Paris ^ ïlardouin et Lcjay > ont été destitués de leur état et con- damnés à Tamende. Il j a une édition de cet Esprit , Gentwe , 1782 , 1/2-8. On prétend que Fauteur , nommé Ilédouin , était un fou né à Rheims , et qu^il a composé son livre au château de Ham > où il était enfermé.

HELOT. UEscole des Filles, par dialogues, (par Hélot). Paris ^ 167a, z/ï*i2.

Cet ouvrage , très - scandaleux , a été cpmposé par un nommé Hélot , fils d*un lieutanaot des Cent-Suisses du roi. La justice , ayant pris connaissance de ce liv^'re , a condamné l'auteur , qui s'était enfui , à être pendu en effigie , et tous les exemplaires de^^on livre ont été brûlés au pied de la potence. Le libraire a été condamna à une peine afflictive*


ChauveaUf le célèbre grayeur, avait fait un )oH dessin demandé par Hélot , sans savoir que ce dessin était destiné à être mis en tête du livre eu question. Il n'en fut pas moins inquiété ; mais comme il ignorait l'usage que l'on voulait faire de son dessin , il en fut quitte pour voir casser la planche qu*il avait gravée , avec défense de récidiver* On a réimprimé ce mauvais livre en Hollande ; mais il s'en faut beaucoup que l'estampe qui est en tête de cette réim- pression soit aussi correcte que celle de Chauveau. Peu de personnes ont des épreuves de celle qui fut brûlée à Paris avec le livre,

HELVÉTIUS. De FEsprit ( par Hel vélius )• Paris , Durand y ^758, i doI. in-^.

Cet ouvrage fit beaucoup de bruit lorsqu'il parut , et causa du désagrément et des persécutions à son auteur et à M. Texier , son censeur. Plus les philosophes le prônèrent» plus les théologiens firent d*eflbrts pour faire proscrire et le livre et Tauteur. La Sorbonne s'apprêtait à le foudroyer de ses censures , lorsque Helvétius y par égard et par amitié pour son censeur , signa une rétractation : cela ne désarma point ses ennemis ; on continua à l'accuser ; les haines et le désir de la vengeance ne furent assouvis qu'après qu*un arrêt du conseil eut supprimé le livre de V Esprit , « comme bornant les fatuités de Thomme à la sensibilité physique , et comme encourageant au vice , en donnant des motifs trop peu nobles a la vertu. » Il est vrai que l'-auteur pose en principe dans cet ouvrage , que « l'intérêt personnel est Tunique et universel appréciateur du mérite des actions des hommes ; et que la probité, par rapport à un particu. lier, n^est que Thabitude des actions personnelles utiles à ce particulier. » Âii2si> Tintérét personnel est doue Tuniquo .


»77

tipprjcialtîur du mérite et de la probité. L'hotnnse vr«iU Tncnt vertueux sent combi,en de pArcilles. opinion^ sont dénuées de fondement et avilissante pour Tespiice humaine. Los eVemplaîrds dû livre de VËspYît^ de î758 , en grand papier et sans cartons, sont trës«rarcs. Il existe un autre ouvrage d'Holvétius^ <jui n'a été publié qu'après sa moft^ «t qui nVst pas moins fortement écrit que le prëcéclent^ t:'ost son Traité de î Homme , de ^es Jacuftés et de son édu^ •cation , 1772 , a voh in-8. L'iiomme y est représenté tel que la nature et la société l'ontfait dans tous les temps ot dan^ tous \v^ lieux. I. auteur soutient d^un bout du livre à l'^^utre cot étrange paradoxe, « que les hommes naissent avec Icf mêmes talons , et qu'ils doivent tout leur esprit à l'édu- cation. » On trouve quelque choae d-asse£ Fort dana Ja pré» lace de cet ouvrage , et je pense qu'Hclvétiu^ n^aurait pas osé publier de pareilles tirades de aon vivai^t » l^a persé- cutions qu'il avail essuyées relativement au Traité d^ rEs/jrit y l'avaient rendu circonspect. Voici comme il s'ex- prime dans la préface en question. « Ma patrie a reçu enfin lo joug du despotisme ; elle ne produira doue plua d'écrivains célèbres. Le propre du despotisme est d'étoufier la pensée dans les esprits et la vertu dans les âmes. Ce n'est donc plus sous le nom de Français que le peuple pourra de nouveau se rendre célèbre; cette nation avilie est aujour-» d'hui lo mépris de l'Europe. Nulle crise salutaire ne lui rendra la liberté ; c'est par la consomption qu'elle périra ; la conquête est le seul remède àites malheurs. » Lorsque tjel* vétius a tracé ces lignes , il était loin de prévoir que la nation française , après avoir éprouvé uqe révolution qui l'a boule- Versée de fond en comble , en Sortirait triomphante, plus majestueuse et plus puissante qu'elle n*a jamais été. Cllaude«  Adrien Helvélius, philosophe aussi aimable que bienfaisant, est no à Paris en 1715 : il est mort le fl6 déccmbr.e i77X*


17^ HEMMËRLIN. ClânVsîmî vîrî jarîumqtie Doci

torîs Felicis Malleoli Hemmerlînî varîae oblec-

tationis Opuscula etTractatu8, Basilea^ ^494!»

in-foU

Cet ouvrage, trcs - rare » a été funeste à son auteur ^ tn ce qu*il lui a fait perdre ses bénéfices et sa liberté» Ce sont des satyres contre la ville de Zurich , patrie d*Hem- merlin , et contre le clergé sécalier et régulier. Le volume renferme deux parties ; dans l'une , on trouve Dtalogus de Nobilitaie et Rusticitate , etc. ; et dans Fautre ^ Trac* iatus contra validas mendicantes , Beghardos et Beghi* nas , Monachos , etc. Ces facéties ne sont pas très-fines , cependant «9 les recherche, Félix- Malleolus Hemmèrlin était chahtre et chanoine de Zurich en 1428. Pa'uzcr regardo comme douteuse l'édition que nous annonçons sous la date do 1494* Il ^Q existe une de Bâte, 1497 > </t-^/fo , très* avérée ; une autre sans date et sans désignation de lieu ; mais elle est de Nicolas Kessier, de Bâte. Il en existe encore une autre sans date y que l'on croît de Strasbourg ; et enfin une qui est également sans date et sans désignation de lieu* ( Voyez Annales typographici , tom. 1 , pag. 9a , 177 , 199 ; tom. 4 y pag, 238, et tom. 11 , pag, 314. ) Debure parle de cet ouvrage dans sa Bibliographie ^ n.° 4^4^ 1 ®' Freytag dans ses Analecta litteraria , Lipsiœ , 1760.

HÉROS. Les Héros de la Lîgue , ou Procession monacale pour la conversion des Protestans de France. Paris ( Hollande)^ chez père Peter s , 1691 1 in 4*

Ouvrage satyrique et grotesque en vingt-quatre figures gravées en manière noire. II a été sévèreoient défendu


. ï79

Tw Fraiit« , tel le ministère a fait faire les perquisitions les plus exactes pour Je supprimer. On y a dépeint, sous la Tcprésentation la plus grotesque, dificrcns personnages des plus qualifiés de France , jouant un r^le particulier dans îos troubles de religion qui agitèrent la monarchie sops le règne de Louis XIV , à l'occasion de la révocation do l'édit de Nantes. Chaque estampe est accompagnées d'ex- plicalion d'un style très-satyriquc.

HERSEiNT. Optaii Galli (Caroli Hersent )dç Ca- vendo schîsmate liber parfienelicus^ ad illusl. Galliae primates, Archîep. , etc. Pnnsiis , 1640 » 2/2-8. — Arrêt de la Cour du Parlement de Paris, du 23 mars 1640 , qui ordonne que cet ouvrage sera lacéré et brûlé, e^c, Paris ^ 1640, //z-S.

Le but principal de cet ouvrage «st d'engager les pré- lats de France à s'opposer fortement au projet que l'oit, formait d'élire un patriarche dans le royaume* Ce livre est très-rare de cette édition , parce que le caxdîoal de Riche^ lieu , contre qui cetie «aiyre^s^ dirigée , e» a. fait scru«  puleuseoient rechercher lea exeBiplaires pour les supprimer»' L'arrêt px)rte, que ce libelle diffamatoire contre l'honneur du roi , la souveraineté de sf couronne» tend à sédidon p qu'il peut troubler le repos et la tranquillité publique t» ordonne en conséquence qu'il aéra brûlé en la cour du palais , au-devant des graads degrés , par l'exécuteur de la haute-justice^ Il y a une contre^factiôn dé cet ouvrage portant même date : ou peut la distinguer à diiTérentes marques que rapporte Debure , Bibliogr: insir. , tom. xi ^ pag, 49* ( Voyez d'ailleurs les n.os 981 , et les sik Réponse» à ce libelle contc&ucs dans les n.os çt5a » ^Cc* do cette Bibliographie, )


x8o HETZER. Biblia Germanîca , ex versîone Ludo- vic! Hetzerly juvante JoanneDenckio^populari 8UO, yormaùia ^ Fangionum , 1629, in-foU

Cet ouvrage , publié par les socînîens , a été supprimé avec grand soin , ce qui rend les exemplaires de cette édition très-rare , ainsi qu^on peut le voir dans la Biblio^ iheca sacra du përe Lelong.

« 

HOLBÂC. La Contagion sacrée, ou THistoire naturelle de la Superstition : ouvrage traduit de raDglais(par le Baron d'Holbac), avec cette épigraphe : prima mali labes. Londres , 1768 f in-S.

Cet ouvrage a été brûlé par arrêt du parlement de Paris , du 18 août 1770. « C'est , dit l'arrêt , une invective amëre contre la révélation prise en elle-même. L*auteur la montre comme une imposture , comme une contagion sacrée, dont tous les esprits et tous 1er gouvernemens ont éprouvé |es sinistres effets , comme le fatal instrument dont l'am- bition s'est servi pour opprimer la terre , et enfin comme vue invention funeste, incompatible avec la saine morale, bt nécessairement liée avec la servitude , le fanatisme etia superstition. » On a réimprimé et répandu en grande pro- fusion cet ouvrage pendant la révolution française. On sait , à n*en pas douter , que le baron d'IIolbac a pris la plus grande part à la rédaction et à la publication clan- destine de la plupart des ouvrages du même genre, que telui-ci , et qui ont paru anonymement à peu près, dans le même temps.


i8r

HOLBAC. Système de la Nature ou des Lois du inonde physique et du monde nioraK Par M. Mirabaud, secrétaire perpétuel, Tun des qua- rante de rAcadémie française (le Baron d'Hot* bac). Londres^ ^11^ i ^ '^^^' i/i-8.

Cet ouvrcige a été condamné à la suppresaiou et au (ctt ^ par arrêt du parlement de P<iri8 du i8 août 1770* On lait combien ri a fait de bruit dans le temps. Il est divisé en doux parties ; dans la première , l'autetir examine ce que r/c8t que la matière et le mouvement : il traite ensuite de l'homme, de son origine et de sa fin ; delà fl passe à la nature do l'amc. Cette discussion le conduit à agiter lea fameuses questions de la liberté y de immortalité , du dogme de la vie future , du fanatisme ^ de la nécessité et du suicide ; il finit par apprécier les devoirs de Tbommc envers set semblables y par déterminer l'origine de la société et par fixer tous les droits de la souveraineté. Dans la seconde partie » ou traite de la religion , de l'existence de Dieu , des preuves de celte cxifltcncc ; du déisme et de l'optimisme , de futi» lilé de la théologie et du l'inutilité de la conduite dff hommes envers Dieu ; enfin, on termine par l'apologie da l'athéisme et par un abrégé du code de la nature. Voici quel* ques-uns des principes faux et abominables répandus daoïi cet ouvrage monstrueux. Je vais les puiser dans le réqui- sitoire de l'avocat général Seguicr, d'après lequel le livre a été condamné aux flammes. « Les hommes^ dit l'auteur , en tout pays ont adoré des Dieux bizarres , injustes , san^ui^ naircs , implacables , dont ils n'osèrent jamais examiner les droits. Ces Dieux furent partout dissolus , cruels ^ partiaux ; i/s rosscmblèrcnù à ces tyrans effrénés qui se jouent impuné^ ment de leurs sujets malheureux^ C'est ua Dieu de cet qffreua^


caractère que niême aujourd'hui ton nous Jaît adorer ttm Dieu des chrétiens , comme ceux des grecs et des ron^aitis ^ nous punit en ce monde ^ et nous punira dans Vautre^ deék jfautes dont la nature quil nous a donnée nous a rendu susceptibles ; semblable à un monarque eniprd de son pou-^ t^oir , il fait parade de sa puissance, . é • » • Et la théologie- nous montre , dan^ tous les dçes , les mortels punis pour des ^fautes inévitables et nécessaires , et comme les fouets infortunés Sun Dieu tyrannique et méchant.

«e II paraît ^ iijoate*t-i), qu'Hun Dieu raisonnable ne co7t«  tiendrait pas aux intérêts des prêtres ; aussi ses ministres fournissent aax scélérats les moyens de parvenir à laféli'» cité éternelle ; et ^ dans le fait , la religion accorde le ciel aux méchans-, • • Elle y place les plus inutiles et les plus^ méchans des hçmmes.

« Tels sont ^ dit cet auteur^ Moyse^ Samuel^ Dapid ^ chez les juifi ; Mahomet chez les musulmans ; chez les chrétiens Constantin , Saint Cyrille , Saint Athanase , Saint Dominique^ et tant d'autres brigands religieux^ et zélés 'persécuteurs que t église rétfère : on peut encore leur joindra les croisés , les ligueurs ^ eic.

« Les opinions religieuses mettent Içs hommes perpë* tuellement en dispute : ils se haïssent et se persécutent % et croient souvent bien faire en commettant def CTimea pour soutenir leurs opinions* Cest ainsi que la refigion eniffre les hommes , dès V enfance , de vanité , dejhnatism^ et de fureur ^ s'ils ont une imagination échauffée ; si ^ au contraire , ils sont flegmatiques et lâches , elle en fait des Jkommes inutiles à la société ; s*ils ont de raeiit^ité , elle en fart des frénétiques y soutient aussi cruels pour eux-mêmes qu'incommodes pour les autres* .

« Non-seulement la religiorr est le principe des malheurt de rhumanité ^ mais cncoris elle a rendu lei» minitltea dM


i83

autels orgueilleux , fourbes , vicieux et malfaisant ; et entre les mains des prêtres de tout pays , la Divinité ressemble à la tête de Méduse^ ^ui , sans nuire à celui qui la montrais ^ pétrifiait tous les autres.

« Le sacerdoce et Tempire savent combiner leurs intérêts. La religion, sotiCeiiue de la tyrannie» tient lieu de tout. Elle a rendu aveugles et souples les peuples que le gou'^ pernement se propose de dépouiller*

« La religion corrompt les princes ^ les princes corrompent

la loi , qui , comme eux , devient injuste ; et ^ dans une

société corrompue , il faut se corrompre pour devenir heureux*

(c Le despote trouva la religion merveilleuse quand elle l'assura qu'il était Dieu sur la terre; il la négligea quand elle lui dit d'être juste ; et d'ailleurs il fui assuré que son Dieu lui pardonnerait ioac , dèsquil consentirait de recourir eux prêtres , toujours prêts à le réconcilier. » L'auteur con- clut que Tathéisme n'est point un système dangereux pour la société ; que la morale naturelle , les lois , la politique ^ un gouvernement sage et Téducation , suffisent'pour répri* mer les passions ; en un mot , Timpiété y selon lu! , n'est qu'une accusation vague et imaginaire; et le superstitieux mérite plutôt le nom d^atbée que le matérialiste. L'auteur, en finissant , se caractérise par cette assertion impie ; « Qud Tami des hommes ne peut Atre l'ami des Dieux , qui furent^ dans tous les âges , les vrais fléaux de la terre. » On sent bien que toulrs le^ absurdités répandues dans cet ouvrage se réfutent d'elles*mêmes , et que l'homme réfléchi et im» partial les fera tourner plutôt au triomphe de la religion qu'a son détriment. Revenons à l'auteur de ce livre infernal. On sait depuis long-temps , et je l'ai dit ailleurs , que ce n'est point Mirabeau, l'académicien» mort mn 1760, qui a mis au jour cette insolente philippique contre Dieu> mais c'est le baron d'Holbac ; et s'il ii*eu est pas tou(;-*à-£ail


c I


sB4

Tauteart H en est aa moins te rédacteur > et e^ett lui qui l'a fait imprimer. Comme il avait érigé en principe que les rois et les prêtres font cause commune , cefa frappa telle^ znent le grand Frédéric, qu'il cessa tout à coup de pro- téger les philosophes» D'Aîembert » qui rapporte cette Anecdote , ne parvint à guérir ce roi de ses terreur» , qu^a- près deux années de soins assidus. Paul Thiry , baron d*Hot-> bac , membre de l'Académie de Berlin ^ est mort te a» Janvier 1789 > âgé de soixante-six ans. Il a publié un grand nombre d^ouvrages , surtout sur la minéralogie , etc. Un nommé Holland a fait une Réfutation du Sytème de là Nature, Cette Réfutation a été supprimée. ( Y. Hollaho. )

HOLINSHED. Raph. Holmshed, GaiH. Harrissoir^ et aliorum ChroDÎca Angliae, Scotise et HIber* nise, continuata ad aonum lôSj, per Johanow Hooker^ seu Wowell et alios> Anglicë. Lon^ diniy 1587 , 3 vol. in- fat ^

Le ministère anglais a fait supprimer eet ouvrage >. parce f[u'il renferme des traits hardis qui firent beaucoup de bruit dans le temps. La première édition de cet ouvrage est de 1577 > 2 vol, in^foU Celle que nous annonçons est plus ample. Mais on y a retranché les passages qui attaquaient le gouvernement : il est donc bon de réunir les deux édi«» lions. Raoul Holioshed est mort en i5?0y à peu près.

HOLLAND. Réflexions philosophiques sur le Sys- tème de la Nature , par M. HoIIancL Pari^ ^ Valade^ ( 1772 ) , a Lom&s , z/i-8#

Ce livre, imprimé d'abord chez Tétranger, et ensuit» réimprinâé en France avec une approbation trjès-lon;gue im


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Kil;AilIor, (Ificteur en Sorbonna et fiyndic cfo la fAcuhi!, a étc? fiMp|>rim6 par itrrôt du parlomnnt du 17 janvier 1773^ cpioîqu'il r(1t dcilini^ h réruter lo SyHr^mê do ta Nntnrti, Lo goiivortuifnrnt y a rrronnit dr» ]>iincipc« dangereux en nuiti\\v f pn potitiqun e( <ui religion 9 et oVit ce qui l'a ertgAg<) A en arrêter lo di^bil. Voici r|uetquef*uns dm pai- •ageii «ur leiiqnc'lfi a porto particnliereinrnt Ytxtttti : « Un liotnme a droit de f/tiro une clioMt* ^ toriiqu'en la fuiiant il n'^ifftt point contre nott bonheur r^et et durable* Ta mfin* niAxitne a lirn par rAp])ort k tine lociété ^ qui eut alors p.wvmxyjit^ eoinme une per«onne morale. 1 .•. • Le defipn* tinnin , cfui ne connaît d'antre loi que là volonté CApri- cifMiflri (lu »onverAin , e»t en contradiction avec toun lea iritér^iN du corpi politique. J<e peuple, qui le met en drvoir <!(• le .^ncoueri no ri«que jamai« rien ^ parce que l^eiclavAge « nt /iNituretnent le charnier degré de la misère. Non^ieule* rnortt il a le droit de ne point recevoir cette forme do gr>iivrrtMMnent 9 il a encore celui de Ia détruire, «'il n l# tri/dhrnr d'y tomber. .•......• Le gouvernement e«t innnp-

poruible «'il tond 1% ta ruine de la liberté; ill est ninni- frnirnidnt iUy^ènétb en tyrannie, Ator« il eit de l'intitrét cto Ia nation de réprimer eilicacement lei violencei du ton- Yerain ^ non pai on le deitituanti mai« en lui donnant un cottsoil , pAf exemple I ou un tuteur qui gouverne en «ort nom. Nulle société n*A pu vouloir conférer irrévocablement Il ioi cliefs le droit de lui nuire* Jo dii plui , nulln société

n*tt jamuin donné ce droit contradictoire h perMonne

Il e»t incontestable que les souverains ne licuunit leur autorité que du consentement de In nation. . • . . . Dans un ixiki où I par la conititution, lo souversin ml trnu de con- férer Avoo son con»eil ntir l'adminiMtraiion publique , il est claire I qu'outre Ia Divinilô , il y a drN hornnies sur bi terre légitimés à lui deinAnder compte de sa conduite. .«...mm.


i8(5

Un prÎQce esclare de ses payions , et qni , pTongé suit» cesse dans un tourbillon de distractions , n'a ni le temps ni 1» ▼olonté. de se replier sur soi-même , est aussi peu atfaée^ qae religieux ; il n'est pas même homme. C'est un é(re per«  ▼erti , un frénétique» qui n*a point de système , parce qu'il passe sa vie dans un délire continuel. Il croit en Diea par préjugé et malgré lui ; mais il fait tous ses efforts pour en éloigner l'idée. Lorsque , dans les angoisses de sa conscience bourrelée ^ la yoix du cœur et les préjugés de Tenfance reprennent quelque force , il passe d'une espèce de vertige et de démence à Vautre ; il tAche de se réconcilier par des pratiques futiles, et souvent par des forfaits , avec une divinité qu il ne connaît pas. Dans le cours de ses injustices et de ses débauches ^ il pense à Fëternité y comme un criminel pense au gibet et à la roue. Sa dévotion est celle d'un malfaiteur qu'on va exécuter. » On a cru reconnaître dans ce dernier portrait une allusioa très-ressemblante à Louis XV. C'est sans doute ce que^ ji^avaît pas vu le docteur Ambroise Ribailler ; lorsqu'il avait approuvé ce livre, il ne songeait qu'à louer un livre qui en réfutait un aussi dangereux que le Système de la Nature^ '

HUGON, Traité historique et critique de Porigine et de la généalogie de la Maison de Lorraine» avec les charties servant de preuves aut faît& avancés dans le corps de Touvrage , et Texpli* cation des sceaux, des monnaies et médaille^ des Ducs de Lorraine ; par le sieur de Baleicourt (Louis* Charles Hugon). Berlin^ {^Nancy^^ 171 1, /»8.

Ce lirre , rempli de traits hardie et aédiileux qui déplureo*


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AU gouvernement français , a été fîétr! par arrêt du par«  loment , du 17 décembre 1712 , avec le suivant du même auteur : Réflexions sur Iss deux ouvrages nouvellement imprimés , concernant l'Histoire de la Maison de Lorraine ^ 1712 , in-tz,

HUMBLOT, Sacrorum bibliorum notîo geoeralis, seu compendium Biblicum In quode sacra scrip* tura in se de ejusdem auetoritate^ de auctoribus sacris , de variis edilionibus ^ de Antologiis agi- tnr, io usum Theologiae candidatorum. (Auc- tore Mar. Humblot)* Parisiis y 1700 » //xiâ.

Cet ouvrage est rare , parce que les exemplaires ont tous èlé saisis , à cause de quelques opinions sur rinfaillibiUté du pape et sur les traductions de la Bible en langue vuU gaire , an sujet desquelles l'auteur dit: Hoc esse opus S a tance iransfi^nrufUis sese in Angelum lucis»

HUSS. Joaniîîs Huss et Hîronymî Pragensîs, HiV toria et monuments, Noriber^ex , Montanus , IÔ58, a ^oL infoL Le même ouvrage, lyiS, s* "vol. in-foL Joan. Huss Opuscula in très tomes dinstincta cum appendice Othonis Brunsfelsii» absque nota editionis. — Epistola LIV nôbilium Moravise pro defensione Joannis Huss , ad Coq* silium Constantiense. »-< Processus Consistorialis mariyrii Joannis Huss cum correspondantiâ legis gratiae ad jus papisticum, in simoniacoset for* nicatores papistas et de Victoria Chrîstî, denique AniiChri^tir^gi'^dâtione ac deposîtione , ^^


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Haec omnfa àbsque nota editionU et armt i 2/2-4. —JoannesHuss deuoîlaleEccIcsiœ , lôao^ 2>/-4- Très Epistolae ëcarceie Constaniiensî ad Bohemos scriptse 9 cum [.rsefationc Lutherû x JVitteh. Klug^ i536, z/z*8. — Episrolae quae- dam piissîmse et eruditissiraa& quae solse satîs déclarant papistarnm pietates esse Satanse Furiai^» cum Lotlierî praefationei IVittemh. , i537, i/iô«  ^ Dîputatîo Joan. Hassi quam absoiuic dùm ageret Constantiae , priasquam in carcerem con* jiceretur ; condemnatio utriusqiie specrei îq Eucharistlâ à Concilio ConstaDtiensi* Et protes* tatio quam m Epistolis «Tanservatam cupît , TVitteb.^ loSy, wS. ^ Joan. Hussi Postilla linguœ Bohemica conscripta^ \h6\^in'foL

Je nomme ici la majeure partie des ouvrages de c^ célèbre hérésiarque , sort rëônis, soit détaïllés. On sait qu'ils ont tous été condamnés aux Hammes dans la i5.e &essionr du concile de Constance en 1414. L'histoire de J. Huss^ est tellement connue, que je crois qu*il est inutile de 8*ap-^ pésanûr ici sur les détails. Il avait un sauf-conduit de Tem- percur Sigismond pour se rendre au concHe de Constance- et y défendre ses opinions» Les pères de ce eoncile Ten* tendirent et lui présentèrent vingt-neuf articles renfermant les principales erreurs tirées de son ouvrage sur Téglise ^ il les soutint conformes à sa conscience. Ne voulant point Se rciractcr, il fut condamné à la dégradation et livré au bras séculier , malgré le sauf - conduit de l'empereor, Lo magish-at de Constance le condamna à expirer dans le» flammes. Les valets de ville se saisirent dc^ lui ,'ei après


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J'avoîr fait passer devant le palais ëpîscopalpour voîrbrnler ses livres^ ils le conduisirent au lieu du supplice. Après l'exé- cution , ses cendres furent soigneusement ramassées , et on les )eta dans le Rhin. Cette exécution eut lieu en 1415. ËUq n'éteignit ni (es erreurs de J. Huss ni l'enthousiasme de ses sectateurs ; au contraire , pour venger la mort de leur chef, ils remplirent la Bohême de sang et de carnage : ils étaient au nombre de 40,000 ; tous les prêtres qu'ils rencontraient payaient de leur tête la rigueur du magistrat de Constance. Jean Huss avait été recteur de Tuoiversité de Prague et confesseur de Sophie de Bavière y épouse de Venceslas , roi de Bohême. 11 partagea la plupart des erreurs de VicleF, ou plutôt il y trouva la source des siennes. Je ne les rap- pellerai pas ici, parce qu^elles m'entraîneraient trop loin ^ d'ailleurs , on les trouve dans une infinité d'auteurs,

HUTTEN. Episiolse obscurorum vîrorum ad Dominum Magistrum Oi tuinum gratium» (Attri- buées à Ulric de Hutten , à Reuchiin , à Cro.

tus, etc.) i5i6 et 1617, 2 parties j in/^.

■ *

Léon X a condamné ce livre le iS mars 1617 , parce qu'il préparait» dit-on , les esprits aux nouveautés du luthé- rianisme. C'est une plaisanterie fort ingénieuse attribuée, par les uns , à Reuchiin , parce qu'il avait eu de fortes disputes avec les dominicains; et par les autr.es ^ à Ulric de Hutten. J*ai lu quelque part que Jean Crotuç , ami de Luther ( et surnommé Rubianus par Camerarius ) > est auteur du premier volume de ces. Lettres , qui parut en i5i6> 1/2-4* ^^ Jean Crolus était ami de Ulric de Hutten qui lui dédia son poënie du Nemo ^ impriméen lÔrç , 2V/-4. Ils ont bien pu y travailler en commun. Quoi qu'il en soit, ct's Lettres sont très-plaisantes : on y tourue en ridicule le


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langage barbare des théologiens schol astiques et quelques* unes de leurs opinions , en imitant lettr style. Elles ont été souvent réimprimées, surtout à Londreâ,en i7iOyt/i*i3«  Gratius, ou plutôt Graës, car c'est son yrai nom, opposa à cette plaisanterie dirigjée contre lui ': Lamentâtiones obcurorum virorum non prohihiim per sedem apostolicanté Coloniœ, i5i8 , i/i-S, réimprimées en 1649.

IGNACE. Traduction de trois Sermons prononcés à la Fête de la béatification de Saint Ignace ^ faits, Tcin par Pierre Valderame, Augustin de Séville ; l'autre par Pierre Dèza , Dominicdia de Valeace , et le troisiënae par Jacques Rebul- losa , Dominicain de Barcelone* Paris ^ 1611 » z/z-o»

Ces trois sermons ont été censurés par Ta faculté da Paris le ce^ octobre 1.611, quoique la traduction en ait été approuvée par Mathieu le Heurt» docteur en Sorbonne. Les causes de la censure portent sur quatre propositions , plus ridicules et plus blâmables les unes que les autres. Les voici. K i.^ Le nom de Saint Ignace , écrit sur du papier , fait plus de miracles que Moyse avec sa baguette sur laquelle était écrit le nom de Dieu^ et autant que les Apôtres au nom de Dieu et par la vertu qu'il leur avait donnée. Son nom a tant d*autorité , que toutes les cxpatures lui obéissent sur le champ, ft.® Quand Saint Ignace vivait ^ «a vie et %tz mœurs étaient si graves , ^i saintes et si relevées , même en l'opinion du ciel , qu'il n'y avait quo les papes , comme Saint Pierre , les impératrices , commo 1a tnere de Dieu, quelques souverains xyonarques , comme Dieu le Père et le Fila qui eussent le bonheur de Iç voir»


5.° Les Fonda teurf Heê autres ordres religieux furent en* voyés en faveur de Téglise : Nopîssime autem lactUus est iit filio suo Ignatio quem constituit hœredem universorûm, 4.0 Le martyr Ignace porte au saint père une affection particu- lière, comme au successeur de Jésus-Christ et son vicaire en terre. » Il est difUcile de réunir plus de sottises en peu de mots. On ne conçoit pas comment les jésuites ont laissé publier de pareilles absurdités.

INCONJ^ÈNIENS. Des înconv^nîens des Droits féodaux. (^Voyez ^^cîLfiY 9 p^g^ 4^»y

Quoique nous ayons déjà parlé de cet oiYVrage, nous y revenons pour réparer une omission qui a eu lieu lors de l'impression de cet article. Les motifitf de la condam- nation de cette production hardie , sont qu'elle a été consi- dérée <c comme injurieuse aux lois etcoutymes de la France^ aux droits sacrés et inaliénables de la couronoe , et aux dioiis des propriétés des particuliers ^ comme tendant à ébranler toute la constitution de la moDarchie<| eo soulevant tous les vassaux contre leurs seigneurs et contre le roi mérae. en leur présentant tous les droits féodaux et doroaniaut' comme autant d'usurpations 9 de vexations et de violencef également odieuses et ridicules , et en leuiç suggérant les pré- tendus moyens de les abolir, qui sont aussi contraires au respect dû au roi et à ses ministres , qu'à la tranquillité du royaume. » Le libraire Valade débitait Touvragedé 8oDcerC« approufé par Tavocat Coqueley de Cfaanssepierre. Je crois que Boncerf a été mis à la Bastille pour cette productioj3.il était des* tiné à être en but aux gouvernant sous les diff*érens régimes; En 1798 il a paru autribHnalrévolu<îofliDaire, et n'a échappé À la mort qu à la majorité d'une seule Toix* Il a a survécu à cet événement ^e pe$i de teoipt.


INFORMATIO. Informatîo pro Veritatecootra* îniquiorem Fâmam sparsam per sinas cum calum» nia in Patres Soc. Jesn, et detrimentomissionîs ; communicata mIssioDariis, in Imperio sinensL Anno^ 1717 , /A2-4.

Ce Tolume a été défendu par décret de la sainte inqu{«  silîon de Borne, du 24 janvier 1720. II a été réimprimé à la Chine sur papier de soie.

ISLA. Hî&toria del famoso Predigador fray Gerun* dio de Coropazas , alias Zotes ; escrita por el Lie. don Francisco Lobon de Salazar (Isla^. Madrid^ 1758—1770, a tomes en un doL

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Ce livre , rare et curieux y dont le pcre Isla , jésuite , est auteur , a été défendu et supprimé eh Espagne peu de temps après sa publication^ C*est une critique fine , gaie et judicieuse des prédicateurs espagnols : il est à leur égard ce que Don Quichotte est à l'égard des romans de chevalerie*

JANSENIUS. Aqgustînus Cornelii Jansenii Epis* copi^ seu doctrina Sancti Augustin! de humanae naturse sanitate, segritudine» mçdicinâ, adversÙB Peligianos et Massilienses tribus tomis corn* prehensa, Lovanii ^ 1640 , in^foU a.* editio |^ Luteàia et 3.^ Rolhomagi , i652 , in^foU

Ce fameux ouvrage de levéque d'Ypres a été condamfié* parla bulle Ineminenti^ du 6 mars 1641, donnée par Ur- bain Vlll , ainsi que les deux ouvrages suirans : Likcr^k


Tromondi y S, Th, D.Brepîs anatomia hominis, Lovanii ^ 1641 ; et Conp^ntus Africanus sipe diseeptatiofudicialis apud tribunal prœsuîis Augustini , etc. Enarratore Artemidoro Dneiro'Criiico. Rouen , 1641. Voici l'opinion du père de Colonia, auteur du Dictionnaire des lipres jansénistes ^ sur ce que V Augustin de Jansénîus lui a paru renfermer de répréhcnsible. « Tout le système de ce livre , dit le fongueux anti-jîinséniste (i) > se réduit à ce point capital : que» depuis la chfite d*Adam, le plaisir est Punique ressort qui remue le cœur de l 'homme ; que ce plaisir est inévitable quand il vient, et invincible quand il est venu. Si ce plaisir est céleste , il porte à la vertu ; s'il est terrestre , il détermine au vice ; et la volonté se trouve nécessairement entraînée par celui des deux qui est actuellement le plus fort. Ce» deux délectations, dit Tauteur, sont comme les deux plats d'une balance 3 l'un ne peut monter* sans que Tautre ne descende. Ainsi l'homme fait invinciblement, quoique volon* tairement, le bien ou le mal, selon qu'il est dominé pat la grâce ou par la cupidité. Voilà le fonds de l'ouvrage ^ et tout le reste n'en est qu^une suite néceissaire.

y» Au reste, Jansénius prétend qu'avant Saint Augustin ^ tout ce systènfte de la grâce était dans d'épaisses ténèbres ^ et qu'il y est de nouveau retombé depuis cinq ou six cents ans. D'où il s'ensuit visiblement que ^ selon lui> l'ancienne


(i) N^oublions pas que ce jésuite ( le père de Colonia ) avait d'abord compose une Bibliothèque des livres jansénistes , qui a été censurée à Rome en 1749 ; elle a ensuite été reproduite sous le titre de Dictionnaire des livres jansénistes , 1751 , 4 vol. /«-Il ; et postérieurement on a^hangé le frontispice seul de cet Ouvrage et supprimé la préface. Cette édition» qui est absolument la même que celle du Dictionnaire » a pour titre ; Dictionnaire des livres opposés à la morale -des soi-disant jésuites. Bru* xelles, 1763 , 4 vol. i/i-ii. L'auteur s*e$t livré, dans ce livre , à un xèle très-amer. Il est mort à Lyon en 1741, âgé de quatre-ringt*deux ans.

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tradition sur un point de foi essentiel ^ s'est perdue dant l'église depuis cinq à six siècles. •

» Or, ce système du plaisir prédominant détruit visible* ment tout mérite et tout démérite » tout vice et tonte vertu. Il livre l'homme à un libertinage affreux et à un désespoir certain ; enfin > il fait de l'homme une béte , et de Dieur un tyran. C'est le pur calvinisme tant soiFpeu déguisé. L'un et l'autre s*appuient sur les mêmes principes , et se prouvent par les mêmes argumens } de sorte que le jansénisme peut être défini en deux mots : le huguenotisme un peu mitigé^ » On voit aisément que l'auteur de cette opinion n'est point impartial. Racine , dans son Histoire ecclésiastique ^ a parlé de Jansénius avec moins de passion et d'une manière diffé- rente de celle du père de Colonia. La Sorbonne censura cinq propositions extraites de Y Augustin en question ; et Innocent X les condamna par sa bulle Cum occasione , du 3i mai i653* Je vais faire connaître ces cinq propositions, par un extrait de cette bulle, où elles sont nominativement condamnées. «..•... Or , comme nous avions , dès le com* tnencement de cette discussion , ordonné des prières » tant en particulier qu'en public , pour exhorter les fidèles d'im* plorer le secours de Dieu , nous les avons encore ensuite fait réitérer avec p)us de ferveur ; et nous-mêmes y après, avoir imploré aveb sollicitude l'assistance du Saint EUprit^ enfin secourus de la faveur de cet esprit divin , nous avons fait la déclaration et définition suivante.

» La première des propositions susdites : Quelques com" ificndemens de Dieu sont impossibles aux hommes justes , lors même quUls veulent et s*efforcent de les accomplir selon les forces qu'ils ont présentes , et la grâce leur manque par laquelle ils soient rendus possibles ; nous la déclarons témé- raire , impie, blasphématoire, condamnée d'anatliètte el hérétique , et comme telle nous la condamnons.


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>' La seconde : Dans Vétat de la nature corrompue , on fie résiste jamais à la grâce intérieure ; nous la déclarons hérétique , et comme telle nous la condamuons.

» La troisième .* Pour mériter et démériter dans Vétat de la nature conompue ^ la liberté qui exclu d la nécessité n'est pas requise en Vliomme , mais suffit la liberté qui e.rclud la contrainte ; nous la déclarons hérëiique , et comme telle nous la condamnons.

» La quatrième : Les sémi^pélagiens admettaient la néces" site de la grâce intérieure préi^enante pour cliaque acte en particulier i même pour le commencement de la foi ; et ils étaient hérétiques , en ce qu'ils voulaient que cette grâce jfùt telle , que la volonté put lui résister ou obéir ; nous la déclarons fausse et hérétique , et comme telle nous la condamnons.

3». La cinquième; C^est semi*pélagianisme de dire que Jésus^Christ est mort , ou qu'il a répandu son sang gêné" ralement pour tous les hommes ; nous la déclarons fausse, téméraire , scandaleuse : et étant entendue en ce sens que Jésus- Christ soit mort pour le salut seulement des prédeS" iinés ; nous la déclarons impie, blasphématoire , contu* melieuse^ dérogeante à la bonté de Dieu, et hérétique, et comu»e telle nous la condamnons, n Cette bulle est fort claire ; cependant les jansénistes ne la trouvèrent pas telle ; « et ils crurent, disent les auteurs du Dictionnaire historique ^ l'éluder en distinguant entre le sens hérétique et le sens orthodoxe : ils prétendirent que ces cinq propositions n^é- taient point dans l'ouvrage de l'évéque flamand » ou que, si elles y étaient , on leur donnait un mauvais sens. » Le niéme Dictionnaire va nous fournir \a suite de l'histoire^ abrégée de l'origine de cette fameuse querelle qui a tant fait couler de flots d'encre, de biJe et dinjures. « Trente- huit évéques , assemblés à Paris, écrivirent «t ce sujet une


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lettre au papo le 28 mars l654 , clans laquelle ils marquaient « qu'un pcti^nombre d ecclésiastiques rabaissaient honteû* sèment la majesté du décret apostolique , comme s'il n'a«* yait terminé que des controverses inventées à plaisir ; qu'ilè faisaient bien profession de condamner les cinq proposi- tions > mais en un autre sens que celui de Jansénius ; qu'ils prétendaient , par cet artifice , se laisser un champ ouvert pour y rétablir les mêmes disputes : qu^afin de pré* ^ venir ces inconvéniens , les évéques soussignés > assem* blés à Paris , avaient déclaré , par une lettre circi/laire ^ jointe à celle qu'ils écrivaient au pape , que ces cinq pro- positions sont de Jansénius ; que sa sainteté les avait condamnées en termes exprès et très - cla4rs auf sens de Jansénius , et que Ton pourrait poursuivre comme héré- tiques ceux qui les soutiendrait, » •— Innocent X répondit par un bref du 29 septembre > dans lequel il déclara que, dans les cinq propositions de Corneille Jansénius^ il avait condamné la doctrine contenue dans son l'iy te, Alexandre VU confirma la décision à! Innocent X par une bulle du 16 octobre i656. Il y déclare que les cinq propositions soni tirées du lipre de Jansénius , et quelles ont été condamnées dans le sens de cet auteur. Ce pape agissait de concert avec le plus grand nombre des évéques de France. Ces évéques , non contens d'un formulaire qu'ils avaient déjà fait, en dressèrent un second En voici les termes : Je con^ damne , de cœur et de bouche , la doctrine des cinq propo^ sillons contenues dans le lipre de Corneille Jaoséuius ^ laquelle doctrine n'est point celle de Saint Augustin , que Jansénius a mal expliquée. Cette formule fît une foule de rebelles , et encore plus d'hypocrites. Ou exigea la signature de tous ceux qui prétendaient aux ordres et aux bénéfices. Le mépris des gens sages» le ridicule répandu par les beaux- esprits sur les fanatiques des deux partis , ont éteint ce»


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tristes querelles , ei il faut espérer qu*!l n'en sera plus question en France. Un auteur uriodernc a cherché à prouver qu'elles avaient été Tune des causes de la révolution fraii* çaise. » Corneille Jansénius, né en Hollande en i585, est inort à Ypres , dont il était évéque , te 8 mai i638.

Je pourrais donner ici une longue Hste de tous les livres relatifs au jansénisme, qui ont été censurés par le pape on par des évéques , et défendus sous peine d'excommuni- cation ; mais cela présenterait une nomenclature aussi Tolumineuse que peu intéressante, dans ce moment, pour la plupart des lecteurs; d'ailleurs, je me suis attaché aux plus importans , et j'en ai parlé dans le cours du présent volume ; quant aux autres que je n'ai pas cru devoir men- tionner ^ on les trouvera dans un livre ayant pour titre* Recueil historique des Bulles et Constitutions , Brefs , Décrets et autres actes concernant les erreurs de ces deux derniers siècles y tant dans les macères de Ta foi y qwç dans celle des mœurs ^ depuis le saint Concile de Trente jusqu'à notre temps. 5.* édition. Mens, 17»© > m-S ; dans le Dictionnaire des livres jansénistes ou qui Javorisent le jansénisme {^^Jkx\^ père de Colonia , jésnite|)> Anvers, 1752, ^7>oL z/2-12, et dans d'autres ouvrages.

JEAN. Discours d'Erasme Jean , où Ton fait voir claireoient que le règne de TAntichrist com- mença à paroître dans TËglise immédiatenEient après la mort des Apôtres; et par conséquent que tous les Conciles qui se sont assemblés et tous les livres des Pères , qui ont été écrits depuis ce temps-là, sont infectés de plusieurs erreurs antichrétiennes , et même le fameux

Concile de Nicée qui se tim ea l'an Si 8» .


Erasmî Johann îs antîthesis Çhristi et Anlî-Chrîslî de vero et uno Deo- Impn anno , i585, z/i-8.

L'un de ces deux ouvrages est-il une traduction de Tautre? Plusieurs savans sont de cet avis \ mais je ne puis rien' décider à ce sujet : ce que je sais, c'est que le premier a été supprimé, et que l'on fit semblant de vouloir arrêter l'auteur y qui sortit de Hollande secrètement. Le second ouvrage a fait également beaucoup de bruit : l'auteur n'y avait pas mis son nom. On prétend que cet Erasme Jean est le premier qui a cherché à établir le socinianisme en Hollande. Son livre a pour objet la Trinité, qu'il attaque grossièrement : il est divisé en deux parties \ la première contient yingt-une antithèses tirées de diOerens passages de TËcriture , que l'auteur oppose aux sentimens de Péglise et qu'il explique à sa manière. La seconde renferme qua* rante - cinq autres antithèses tirées , pour la plupart , des passages des théologiens et des docteurs chrétiens, qu'il a dénaturés et qui paraissent se contredire , pour en établir ^fi^ conséquences conformes à son système.

JÉSUS. Jésus-Christ sous raaathême* ^/n^r/er- dam j 173 1, in S*

Cet écrit est dirigé contre la constitution Unîgeniiuu U ft été brûlé par la main du bourreau en 1734*

JOLY. Recueil des Ma^ximes véritables et impor- tantes poui* rinstitution du Roi , contre la fausse et pernicieuse politique du cardinal Mazarin, prétendu surintendant de Tëducation de Louis XIV. Par (Claude JoJy), Paris ^ i6b%f in*^


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Le même ouvrage, Paris (^Amsterdam) ^ i653, ï/2-ia. Le même ouvrage, avec deux Lettres apologétiques pour ledit Recueil , contre Tex* trait du S. N., Avocat du Kui au Châtelet*) Paris (^ Amsterdam^ f i663, ï/2-i2.

Cet ouvrage » écrit avec beaucoup de vivacité et do har- diesse , a été brûlé par la main du bourreau en i665 ; la semence du cbAtelct qui Ta condamné , doit être ordi- nairement jointe à la fin des premières éditions : elle se trouve presque toujours dans Tcdition de i663. L*autcur a encore publié un autre ouvrage relatif au précédent, sous le titre de Codicille d^or^ qui renferme des maximes tirées d'Erasme et d*autrcs écrivains pour Téducation d'un prince chrétien. Le même auteur , dans un autre livre qu'il a corn* posé sous le nom de Stella , et qui a pour titre : De liefor^ mandis lioris canonicis , ac rite constituendis clericorum munerihus consulta tlo ; auciore Stella , 1644 — 1675 , //z-12 , recherche l'origine de réciter l'Office divin en particulier; et il penche à croire qn*un ecclésiastique peut, sans pécher , se dispenser de réciter son Bréviaire , lorsqu'il a des occupa* lions indispensables. Claude Joly ^ né à Paris en 1607, fut chanoine de la cathédrale en i63i , et mourut, en 1700 ^ d'une chute, après avoir légué sa nombreuse bibliothèG[U6 à sou chapitre.

JORGER. Jo. Quintînî Comîtîs Jorger de Tollet et Zagging , intimi status ministri Caesarei » Commentarii Historicî de rébus memorabilibus 6ui temporis , S vol. inQ»

C«t ouvrage fut supprimé par ordre deTempereor aaisitM


soo

qu'il vit le jour , parce qu*n renfermait des secrett que sa majesté ne voulait pas voir divulguer.

JOUVENCY. Joseph! Juvencn Historîse Societatîs JesUy partis quintae tomus posterior, ab anno iSgi »ad annum i6i6éRoma,i'jio^ in-fol.

Ce volume est le plus intéressant de cette collection , dont mous donnerons le détail à la fin de cet article. Il a étA condamné par deux arrêts du parlement de Paris ; l'on da ^% février et l'autre du 24 mars lyiS. Ce dernier arrêt snp» prime Touvrage, et contient la déclaration des jésuites français touchant la souveraineté du roi« On ne peut coii«» cevoir comment un français a pu manifester les sentimeos dont le jésuite Jouvency a souillé l'Histoire de son ordre. En parlant du fameux arrêt rendu en 1694 contre Jea» Cbatel (1), il fait l'apologie du jésuite Guignard, peodn et brûlé à Toccasion du crime de cet assassin. Il regarda Tarrêt du parlement qui condamne son con&ère comme un jugement inique \ il loue surtout ce martyr dé la vérité ^ ce héros chrétien , cet imitateur d^ la charité de Jésus^Christ ^ de n'avoir Jamais voulti demander pardon au roi et à ta justice lorsqu'il fit amende honorable. Les juges qui le con* damnèrent sont à ze^ yeux des persécuteurs ; et il ne craint pas de comparer le premier président de Harlay à Pilate , et le parlement aux juifs. On voit» par ce que nous venons


(i) Il est vrai qu» cet arrêt, après avoir porté contre ce monstre les peines accoutamées pour semblables parricides , ordonne qut Us pritrt» ff autres soi'disant de la société de Jésus « comme étant eorrupifurs de l^ jeunesse , perturbateurs du repos public , ennemis du roi et de l'état ^ viduomg dans trois jours de liur* maisoas et collèges ^ a dams fuin[€ d» tOM$ it 9oyaum4»


lot

de dire , combien ce livre a mérité la eondamnatîon qu*il a encourue. Cependant il faut dire qu'il est estimable à quelques égards : il est écrit avec autant de pureté que c'élégance. On trouve un détail fort exact et fort instructif sar la suppression de cet ouvrage dans un volume imprime sous ce titre : Recueil de pièces touchant F Histoire de la Compagnie de Jésus , publié par le père Jeutency , et sup* primé par arrêt de la cour dû Parlement de Paris. Liège (Hollande ) , ï'ji^, in-iz. Il faut faire attention si, dans ce volume , existe une estampe représentant la fiimeuse pyramide élevée, en iSgS k Paris , devant la porte du palais ^ au sujet de Texécrable assassinat commis en la personne de Henri IV par Jean Chatel. Souvent cette gravure est arrachée , comme dans l'exemplaire que j'ai sous les yeux; elle est cependant intéressante ; car elle sert à conserver la représentation d'un monument que la société des jésuites est parvenue à faire abolir. Voici le détail de la collec- tion de l'Histoire des jésuites..

Nicolai Orlandini Historiée Societatis fesu , pars prima g site Ignatius, Romce , 161 5, seu Antvecpi8& , i6so « in^/ol.

Francisci Sacchini , Ilist, Soc. Jesu ^ pars secunda , siP0 Lainius. Antverpia&, i6ao , in-foL

Fr» Sacchini , Hist. Soc. Jes» pars tertia ^ si^e Borgia. RoraîB , 1649 , in-foL

Fr. Sacchini j Hist. Soc. Jes»,pars quarta^ sii^e Eperardus^ Romce, i652 , in^foL

Fr, Sacchini , necnon Pétri Possini , Histor. Soc* JêS. ^ pars quinta i sioe Claudius y Romœ, i66i > in-JoK

Josephi Jut>enciiy etc, Romss, 1710 , in^L

Le père Joseph Jouvency> né à Paris en 164?^ est mort le 29 janvier 17 19 à Rome, après avoir dooné d'excellent ouvrages classiques.


JUE^}IN• InstltutîonesTheoIogîcge ad usum Semi* nariorum , autore Gaspare Joenio , Oratorîi galllcani Presbyteri. Lugduni^ 17^4» 7 "^^^ in^ix^terlia editio.

Cet ouvrage a été proscrit à Rome par décret du i5 septembre 1708 , et par plusieurs évéques français. Le pèr» de Colonia dit, avec son aigreur ordinaire, que « ce coar» de 'théologie n*esc pas un des moins fîinestes présens que ]a congrégation de TOratoire ait Ëiit à l'église. Le jfant^ nisme , quoique déguisé avec quelqu*art , s*y rencontre à chaque instant ; tout y est semé de propositions entortillées » captieuses et tfendatites à renouveler les erreurs condamnées.» L'auteur , dit Tévéque de Meauv , enseigne aux ecclésias^ tiques Tart pernicieux de tenir un double langage en me* tière de foi. Le père Gaspard Joenin , oratorien , est mort à Paris le 16 décembre lyiS , à soixante-trois ani^

KELLER. 6. G. R. Theologî , admonitio ad Liido vicam XIII, quâ brevlter et Nervosë démons* tratur gallîam faedë et turpiter impium Fœdus '^ iniisse , et injustum bellum hoc tempore contra catholîcos movîsse;sal^âque religioae proseqoi non posse ( auctore Kellero )• Augusùx Froiw^, corum , 1625 , petit in»é^.

Cet écrit est un libelle séditieux rempli d^injures et dé calomnies , auquel la guerre de la Yalteline avait donné lieià Les uns l'attribuent à Jean Boucher , fameux ligueur ; les autres à un grec nommé André-Eudsemon Jobanncs ; mais» suivant l'arrêt du parlement qui condamne ce livre y l'an* leur s'appelait Jacques Ceilarius ^ autrement Keller. Xm


203 Dictionnaire historique de MM. Chaudon et Landîne Tat- tribue à André Ëuda^mon-Jean. Ce libelle a été réfuté par Garasse. Il en a été imprimé une traduction française en 1627 , z>2-4 ; mais on a toujours donné la préférence à l'original latin , que l'auteur voulait faire passer pour une Version latine d'un ouvrage français. Il parut en mcnpe temps que VAdmonitio ^ plusieurs autres ouvrages du mêipe genre, qui furent censurés par le clergé de France; mais cette censure excita des altercations assez vives entre le parlement de Paris et plusieurs évêqucs. L'auteur du Dic" iionnaire des Arrêts s'en explique ainsi': « Le clergé de France , représentant en son assemblée l'église gallicane , avait censuré^ non - seulement le livre miiiMlè i Admonitio ad Regem Ludovicum XIII , mais aussi quelques autres qu'on semait à mauvais dessein parmi le peuple , comme un Çuodlibetarice quœstiones , un Veritas odiosa , et autres semblables. Les auteurs , pour énerver la censure , feignaient d'improuver la doctrine ; mais ils disaient que la censure péchait en la forme > et blâmaient l'assemblée, tant par défaut de puissance , que pour avoir même erré en la doc«  trîne qu'elle contenait ; et sur la plainte qu'en fit M. Ser- viu , premier avocat général du roi , le 21 janvier 1726 , est intervenu arrêt, par lequel, vu la censure du clergé da iS décembre précédent , la cour , les grand'chambre > tour*- nelle, etédit,assemblés9 a ordonné que le procureur-général du roi aura comcnission pour informer des menées , pra- tiques ^ sollicitations et assemblées secrètes, faites contre l'autorité royale et lois de l'état ; fait inhibitions et défenses à toutes personnes de s'assembler » écrire , imprimer ni publier aucune autre déclaration que celle de rassemblée du clergé du i3 décembre ^ à peine, contre les conl^reve- tians , d'être punis comme peiturbateurs du repos public: ordonne que cet arrêt sera signifié au syndic des libraires


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et imprlmears de Paris ; et à laî enjoint de le faire t&Toîr ^ tous les autres libraires , à ce qu'ils n'en prétendeirt cause d'ignorance. Quelques-uns du clergé tinrent une assemblée i, Sainte Geneviève, les 16 et 17 février 1626, où ils désa- vouèrent cette censure et l'arrêt du parlement ; sur qnoî la cour, par arrêt du 3 mars 1626 , donné , les trois chambres assemblées , cassa et annulla tout ce qu'ils avaient fah , comme attentat ; ordonna qu'il serait informé des contraventiooi ^ réitéra les défenses, et ordonna que l'arrêt serait signifié aux prélats étant eu la ville et aux agens du clergé ; k eux enjoint de se retirer chacun en leur diocèse. Cet arrêt Au signifié à l'archevêque d*Auch. Il répondit, par t'avift una- nime de tous , que messieurs du parlement n^ont aoeana autorité sur le clergé de France » qu*ils représentent ^soumie an roi seul ; que les arrêts dont il s'agit sont an aiientat intolérable ; que les prélats ont pouvoir et obligation do tout droit divin et hunsain de s'assembler pour les affairée de la religion ; et qu'à présent ils sont assemblés , tant pour l'ouverture du jubilé, que pour aviser ce qo'ils peaveot et doivent faire pour obtenir du roi la cassation des arrête dont il s'agit.

31 Le lundi 9 mars 1626 , arrêt par lequel il fut dit que cette réponse serait brûlée au bas des grands degrés, da palais par l'exécuteur de la haute justice , et ajournemena personnels décernés contre les prélats , eonformément aos conclusions des gens da roi } l'exécution néanmoins difieréo^ an lendemain.

9> Le mardi 10 mars, lettres du roi au parlement , par lesquelles il était mandé à la cour de surseoir rexécutioa de son arrêt. On trouva une clause étrange et insolite^ 9ur peine d'encourir ï^ indignation du poi^ attendu que co qu'en avait fait le parlement ^ n était ({ue pour maiotaair l'autorité royale. 3|


so5 RELLER. Mysterîa politîca, anctore Jacobo CeU lario (aliàs Kellero), 1610^ in-^.

Cet ouvrage a été censuré par la Sorbonne , condamna par le clergé de France et brûlé par sentence du Châtelet. Ce fut Léonor d*Estampes qui rédigea la censure de Tas* semblée du Clergé eu 1626. Keller , confesseur du prince et de la princesse de Bavière, a composé plusieurs ouvrages contre les Luthériens et contre les puissances ennemies de l'Allemagne ; c'est sous ce dernier rapport que son livre a encouru Ta nîmad version de l'église et de la justice en France. Keller déguisait souvent son nom sous ceux de Fabius Hercinianus , de Didacus Tamias , S Aurimoniius y eto. Ce jésuite ^ bon professeur de belles-lettres , de philoso«  phie et de théologie , né à Seckinghen en 1568^ est mort à Munich le 23 février i63i.

KEMPE. Andrese Kempii Israëls erfreuliche bots- chaft {^Hamburgi)^anno^ i688« 

Cet ouvrage a été supprimé et tous les exemplaires en ont été confisqués. II est rempli d'invectives et de blasphèmes contre Jésus-Christ ; le sénat de Hambourg , après avoir condamné l'ouvrage, fit enfermer l'auteur. On lui envoya des ecclésiastiques dans sa prison pour Tengager à se rétrac- ter ; mais , comme on ne put rien gagner sur son esprit, et qu'il répétait toujours les mêmes blasphèmes, un décret du sénat le bannit à perpétuité de Hambourg. On le regar* daît comme un fou : il en donne une assez forte preuve dans son ridicule ouvrage des Langues du Paradis : il y soutient que Dieu parla à nos premiers pareus en suédois , qu'Adam répondit en danois, et que le sapent tefnta Eve «n français. C'est faire remonter uo peu haut l'origine de


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la galanterie française. L'auteor a-i-îl voulu montrer qao notre langue est la plus propre k persuader le beau sexe? André Kempe , médecin suédois , est mort à Altona en 1689*

KOR B. Itînerarîum Moschovîae perîIIoslrîsDomioî de Giiarient à Leopolclo P ad Tzarnm et mag- num Moschoviae Ducem Petrum Alexîowîcîom anno 1698 ablegati exti aoi dinarîî ; descriptum à Jo. Georgîo Korb : accessit reditus suae Tzâ- rese majestatisà provinciis Europseisad proprios limites periculosce rebellionis Strelîziorum et latae in eosdem sententiab, cum subsecutâ san- guineâ executîone : necnon prsecîpuarum Mos- chovîae rerum compendiosa et accurata descrîp- tîo; cum fîguris aeneis. FUenna Ausirîa, typ. Zàéopoldi y^oigù » ^nno ,: 1 700 j in-fpl.^.

Cet ouvrage a été supprimé par la cour de vienne , et presque tous les exemplaires en on t été enlevés sur les plaintes que porta le Czar Pierre I.er, parce qu'on y trouvait cer«  laines choses qui ^'étaient point à l'honneur des Moscovites* Ce livre est curieux et renferme beaucoup d'anecdotes his-_ toriques très-intéressantes sur l'empire de Russie, et même un grand éloge de Pierre I."

KUNRATH. Amphitheatrum sapientraa seternae , christiano-cabalisticum ^ divino-magicum » auc* tore Henrico Kunrath. Hanovice^ 1609, in-foK^ avec un nouveau titre, i653, in-foL

Ce livre a été censuré par la faculté de théologie de Paris;


207 ,

il est très-obscur, et renFerme des opinions hasardées. Henri Kunrath , médecin, est mort à Dresde en 1607»

KYRIANDER. Guillelmî Kyrîandrî Jurîsconsultî, et Syndîcî Trevîrensîs, Augustae Treviroruna annales, et commentarii historici, quibus tirbi$ in universo têrrarum orbe antiquissimse orîgo et status, ab anno mundi 1966 usque ad banc nostram aetatem , ex ipsis archivîs conscrîpti* Coloriiez^ i5y6f in-foL

Cet ouvrage a été imprimé secrètement à Cologne en 1076 ; mais l'imprimeur ayant été découvert , tous les exemplaires furent supprimés par ordre de l'archevêque de Trêves, Jacques de Heltz. Il s'en fit une seconde éditioa en i6o3 , en 1609 et en 1626 : on croit que c*est la mêm.e édition dont on a changé la date. La cause de la suppres* sion de cette histoire provient de ce que Fauteur, syndic de Trêves , soutenait les intérêts du peu^ple de cette ville dans ses démêlés avec l'archevêque. E^ donnant l'histoire à^z prélats , il se déclare toujours contre eux , et entre-méle son Histoire de quelques traits contre I9 religion catho«  liquc. Il V^n fallait pas davantage pour que Tautorité sévit contre ce livre. L'électeur-achevéque /he se contenta pas de le proscrire, il lui opposa Antiquiiatum et Annalium Treplrensium Libri XXV ^ auctoribus Christophoro Bro^ wero et Jacoho Masenio , 2 vol. in^fah, Ouyrage qui , par la suite, a été aussi supprimé*

LA BORDE. Témoignage de la vérité dans rÉglise, Dissertation théologiqtie où Ton exa«  niiue quel est ce téaioignage ^ tant en général


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qu en particulier , au regard . de la derpiëre constitution ^ pour servir de précaution aux fidèles et d'apologie à l'église catholique contre les calomnies des protestans. ( Par le P. Laborde^ oratorien. ) 1714, //2-i2.

Cet ouvrage 9 qui a rapport aux quereller du jansénisme» a été proscrit par arrêt du parlement du ai février 1715. Il a été également condamné par le pape , par l'assemblée du clergé , par les archevêques de Lyon , de Rheims , etc, et réfuté par le père Daniel. Veut-on savoir le^ causes jde la condamnation de cet ouvrage ; que l'on consulte le père Colonia , il dira , avec son aménité ordinaire , qoe l'anteak*, « non content d'avancer que la constitution Unigenitiis condamne des vérités et qu'elle autorise des erreurs; que l'acceptation de cette bulle par le clergé de France > est l'effet de l'ignorance , de la surprise , de la faiblesse, de la politique ; que c'est l'autorité de la cour qui a entraîné les suffrages des prélats, e/c. Nori content de semblables expressions 9 toutes injurieuses qu'elles étaient ^ le père Laborde a porté l'outrage et l'insolence jusqu'à oser dire que la constitution ébranle les fondemens de la religion ^ et qu*elle altère sans ménagement le dépôt sacré ; jusqu'à soutenir qu'en acceptant cette bulle , les prélats ont dit anathème à Jésus-Christ ; qu'ils se sont chargés d'une ini- quité plus criante que ne le fut la prévarication de ceux qui signèrent contre la divinité du Verbe à Rimini ; jus* qu'à mettre en parallèle la conduite du roi dans l'affaire de la constitution avec celle d'un empereur arien ^ l'ennemi déclaré des catholiques > et à la représenter même comme plus injuste et plus violente 5 c'est-à-dire, que l'on n'ajouterait rien à la force des expressions de l'aiîteur , quant, avec Luther e( Ca]vin , ou donnerait au pape le nom d'auteclirijSt ^ au


5L0^ tUge de Saîot Pierre le nem de k prostituée de TApo* calypse ; à rassemblée du clergé le nom do coaciliabuJ^ et de brigandage j au roi le nom de persécuteur et de tyran, ^ic. » Le père Labofde , oratioriea> est mort ea 1748.

LA GRANGE. L^sPhîIîppîques, Odes, par M; de la Gfange-Chancel, seigneur d'Antoniat en Périgord, avec des notes historiques, ciitîques et littéraires f composées ea xyao)* Paris ^ 179^, in^iT,.

On sait combien cette pièce a été funeste à son 'auteur , qui , poursuivi par le régent justement courroucé , fui oblige de fuir à Avignon, Trahi par un faux ami qui l'at* tira hors des limites du Comtat et le livra lâchement à des gens apostés pour le prendre ; il fut conduit aux lies Sdinte*Marguerite ^ et mis aa cachot. Le gouverneur, en* chanté de ses talons et de sa gaîté > lui accorda quelque liberté dans le château \ mais la Grange fit ûne^pigramma contre sou bienfaiteur qui le fit remettre au cachot. Une Ode que ce poète adressa' au régent et dans laquelle il avouait sa faute et implorait son pardon , lui valut d'être traité un peu moins durement dans sa prison^ D s'échappa et parcourut diOTérens pays étrangers jusqu'à la;. npprt du duc d'Orléans > en 1728 , épbque de son retour enFtr&nce. On ne sait-pas ce qui peut avoir inspiré à la Grange^ ta ni d'animo- siié et tant de fiel contre ce prince; Taudace est poussée jusqu à la frénésie dans la plupart des strophps. Qn peut en jngtr par quelques-unes que je vais extraire d'un manus- crit que l'on possède à la bibirotheqnè de fe'ville'fle Vesoul , tt qui a pour tilre : Les PhîUppîçues ^ divisées eji quatre Odes , dédiâtes à son jiU^ïsijioxah Mçnseignei^r l& Du0

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é^ Orléans , Régent Je FraHcê. La prendière Ode ^ cottipoiAi de trente-quatre strophes , commence ainsi :

I. Vous y dont réloquence rapide , Contre deux tyrans inhnmains » Eut jadis l'audace intrépide '

D'armer les Grecs et les Romains! Contre nn monstre encoi plus faroudie^ Versez rotre fiel dans ma boache: Je br&le de suirre vos pas; £t îe vais tenter cet ouvrage ^ /

Plus charmé de votre courigè » Qu*effrayé de votre trépas.

2« Il envrit à peine les paupières »

Que^i tel qu'il se montre aujourd'hui»

Il fut indigné des barrières

Qu'il vit entre le trône et lui*

Dans ces détestables idées •:0'"i

De l'art des Circés , des Médées ,

11 fit ses uniques plaisirs :

Il crut cette voie infernale

Digne de remplir l'intervalle

Qui s'opposait à ses désirs.

5. Nocher des ondes infernales 9 Prépare-toi , sans t*effrayer» A. passer les ombres royales Que Philippe va t'envoyer. O disgrâces toujours récentes ! ■ O pertes toujours renaissantes! Eternels sujets de sanglots ; Tels dessus la plaine liquide , D'un cours éternel et rapide. Les fiots sont suivis par les fiots*

^ Ainsi le fils , pleurant le père , Tombe frappé des mêmes coups } Le frère est suivi par le frère» L'épouse devance l'époux.


Mtîs » p coup! tOHJoiiri plus funMteti Siir deux lys» nos uniques restes «  Lt faylx de la Pa que s'étend. Le premier est joint à sa xace^

L'autre » dont la couleur s*efFace«  Penche vers son dernier instant*

« •

7. Que de divonces» que d*incestef9 Seront Je fruit ^e $e$ complots! Verrons- nous les Aambeaux jcélestee Eecui&r encor sous les flots } Peuple « arme-toi, -défends ton.makrsi C*est peu qiLe la nain de ce traître Cherche & lut Mvir sos iuts. Le lit même de ton Philippe Doit voir de Thieste et d'OEdipt Renouveler les attentats*

kS« Vous • dont les palais magnifiques i Se sont formés de nos débris; Auteurs des misères publiques ^ Monstres de notre sang nourris; Tels qu'on vit les FiU de la Terr«  Dans un champ semé pour la guerre » Aussit&< détruits qu^enfaniés: Thémis s*arme pour v«ms poursuivre; Rentrez, troupe indigne de vivre» Dans le néant d*où vous sortez»

ft2. Royal enfant» }eune monarque» Ce coup a réglé ton destin | Par lui rinévitaM* Parque Ne lâchera plus son Outin. Tant qu'on te verra tant tféfenst Dans urte assez paisible enfance » On laissera couler tes jours ; Mais quand , par le secours- de l'âge | Tes yeux s'ouvriront davantage » On les 'fermera pour toujoucf*


  • «i


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a6. Ombres dont» par toute 1t terre»' On connt!t let illuitrei nomi » Polîgnac » BnufFremont » Tonnerre » Et vous , mânes des Châtillons , Je vous vois sur le noir rivage Frémir de l*indigne esclavage Où vos neveux sont retenus » Pour desr noms égiux à tant d'eutrei ^ ' Des noms obscurcis par les vôtres «  Et qni ne vous sont point connue*

}7. Centre vonii Filles d» mémoire » Le tyran n'est pas moins aigri | Des traits d*ane fidèle histoire 11 voudrait se mettre & Tabri. Surtout ennemi de la scène»

Que, par une rivale obscène {la epmidU iialkn/n)p Il a cru pouvoir avilir: Il craint que vos jeux dramatiques Mutaient , sous dos nomiv aiitiquei«  Ce qu'il voudrait enievelir*

a8. De cette crainte Imigintfrt Aroeec ressent les effets i On punit lei vers qu'il peut fiirt Plutôt que les vers qa*il a faits. C'est sur des alarmes pareilles , Que l'imitateur des Corneillee Gémit au fond du Pdrigord. £t quoi qu'atteint de mille crimes» Celui dont on craint peu les rioiei Ne craindra^ pas le même sort»

)o* Infâmes Héliogibales»

Votre temps revient parmi nous^

Voluptueux Sardanapales

Philippe va plus loin que vous.

Vus excès n'ont rien qui le tente i

5on 4me syrait pet) contente >


Ve les avoîr tous tinmti S'il n'effaçait votre mémoire t En faisant revivre rhistoire De la naissance d*Adonis« 

jji. Toi [la duchesse de Béni] , qui joins au nomd qui VOUI lii Des nœuds dont tu n'as point d'effroi : Ni Messaline ni Julie Ne sont plus rien auprès de toi : De ton pèr'e, amante et rivale» Avec une fureur égale Tu poursîiis les mêmes plaisirs ; Et toujours plus insatiable , Quand le nombre même t'accable | Il n'assouvit point tes déstfs.


/ '


Telles sont les stropliesf ie la première Ode qui m'ont paru les plus poétiques et les plus fortes» La seconde, dans laquelle Tauleur peint les intrigues de la cour , m'a paru plus faible du côté de la poésie ; cependant les trois der* tiières strophes y adressées au roi d'Espagne /sont éciiiea avec chaleur , surtout cette dernière contre Philippe ;

24. Poursuis ce prince sans courage » Par tes frayeurs déjà vaincu , Fais que, dans l'opprobre «et la rage ^ Il meure comme il a vécu ; Que sur sa tête scélérate Tombe le sort de Mithridate Pressé des armes des Rotsains; Et que son désespoir eiurâine Ait, recours k stê poisons même Pour se garantie de i«s mains»

La troisième Ode a rapport «ux débauches incroyablci


qui ont souîUé la cour dn fégent (î). Voicî Éfe qai m'y paru de plus audacieÂx et de plus crîmioeU


Aujourd'hui son pouvoir plus TisCtf Porte' sa fureur et son faste Dans un excès encore plus grand; £t de tant d^horreurs qu'il prodigi^» Le fer serah la seule digue Qui pût arrêter ce tonent.

10. Quoi! Thémîs, ta brillante ip44 Est inutile dans ta niain? Pourquoi n'e&t-'clle pas tiempée Dans fe sang de eet inhumain t Pourquoi , pour prévenir leur ch(ttê f Sous unt de bras qu*il persécute , K*est-il pas encor abattu)" Soit par force ou par industrie f Tout crime fait pour la patrie Devient un acte de irertn.


Voici une strophe qui ne se trouvait rfue dans te manuscrit

de Micabeau , vendu en 179a .; elle y était écrite de sa maia ^ et a été imprioiée pour la première fois en l'an vi^ 179^*

II. La patrie, en vaxo vous implofe» Vils français ! tremblez que sar vous Le cvel n*appésantisse encore Les fers dont yous semblez jaloux* Qui vit esclave est né pour Tétre. Armez-vous : dans le sang du traûtre


■*irfM« 


(i) Ce prince souffrait avec assez de complaisance les plaisanteries de ses inaitrcsses et de ses favoris. La comtesse de Sabran lu) dit un jour en plein souper : «« Que Dieu , après av#ir créé Thomifie, eut un petit reste de boue avec lequel il forma Tame des princes et des laquais, m Le régenc rit de cette espèce de bon mot, qui aurait beaucoup mieux convetfu

à^on petit-fls Pliilippe-égalité» dont L*amc it rtMSataît bitn pins iM

Settt fangeUss origine*


ai5

Effacez roeré d^shonnear* Dieu suspend souvent son tonnerre; Mais 11 mit le fer dans la terre Pour en frapper Tusurpateur.

Dans la 4«* Ode le poëte suppose que Philippe « & sa mort^ est reçu dans le Tartare , par tous les monstres qui i'ha«  bitcnt, comme un scélérat bien digne d'avoir place aa milieu d'eux. Je n'ai rien trouré de bien saillant dans cette Ode, qui est la dernière des Philippiques que j*ai sous les yeux. A la suite des quatre Odes , il en est une cinquième adressée , par la Grange , à madame la princesse de Conti , dans laquelle il parle de ces quatre productions mons«  trueuses et de l'histoire des malheurs qu'elles lui ont atti* ris : en voici quelques passages*


Tantdt plus charmé peur Athènes

Des traits lancés par Démosthènes»

Qu*intimidé par ses malheurs »

Je n*ai pas craint sous vos auspices* (^ Muuiy

De parcourir des précipices

Que vous m*aviez semés de fleurs*

Que de jours remplis d'amertame M*attlra le courroux du ciel , Quand je laissai couler le fiel Où vous aviez trempé ma plume ! N'aurais-je pas perdu le jour , Dans l'horreur d*un affreux séjour» Voisin de Tempire des mânes» Si mes vœux s'étaient reposés Sur vos Hercules suppôts Ou sur vos feintes Arîancs ?


4* J'adressai mes humbles regrets Au Dieu qu'adare une princesse #


i^i&


Dont on prhe aufxne U itgèssw Qu*(^n fat charmé dt se^ ntraits^ Alors, agréable surprise! LVirain de mes portes se brise |: Ma ftiitc devance les vents ; £t }e rois la plaine liquide IVl*ouvrrr une route* solide #

A trayer« deux rcmptrts mouvanr* i ^ ■ ■

Armé d*an si puissant secours (<fe Ùttu}, J*ai rendu ma course célèbre Depuis le Po, le Tage et rfibrt^ Jusqu'où TAmstel finie son course De l'Apennin aux Pyrénées » J'ai vu des têtes couronnées * Relever mort sort abattu : Souvent les âmes généreuses* Donnent aux fautes malheureuse» Les éloges de la vertu*

• ■ ■ •

Sorti des terres étrangères

Où i*ai va dix ans s' écouler ,

Qu'il m'est doux de ne plus foufer

Que l^éritagc de mes pères /

Je vis sous leurs antiques toits »

Qu'aux superbes palais des rois.

Préfère mon ame charmée ,

Où plus heureux et ptus chrétien ^

Mon cœur ne se plaint plus de rie»

Que d'un peu trop de renommée.


CeUe Ode a dix straphes. Je ne prolongerai pat ^avan«» fage les citations ; peut être même on trouvera qu'elles sont déjà trop longues ; mais on voudra bien faire attention q»e ces Phiîippicfues ont ët'é imprimées avant la révolution > si furtivement qu'elles n'existaient qu'en manuscrll dains le» bibliothèques les plus curieuses» Diios U btbUotbèqi»e àm


ai7

M. Fîlhcul , on en voyait une copie 1/2-8 irès-bîen écrite; et transcrite sur Torigioal de 1720 : elle a été vendue 24 Hv* 6 sous, en 1^79. Dans celle de Mirabeau, on en trouraic un manuscrit également //z-8 , mais plus prëcieQx en ce qu'on y avait ajouté beaucoup de portraits et de figures qui avaient rapport à l'ouvrage , et à la fin duquel on troavaiC une strophe des plus hardies que j'ai citée plus haut: elle avait été supprimée dans le temps avec le plus grand soin^ et n'avait jamais paru dans les Philippiqaes imprimées ; fiussi ce manuscrit a-t-il été vendu ti3 livres 10 sous en 1792. Dans la bibliothèque de M. Delcroz , il existait un manuscrit du même ouvrage > de ^755, in^^^ qui a été vendu 3o livres, en î8o2. Les Philippiques ont été publiée! à Paris en 1795, in^ia. Un exemplaire a été vendu 12 livres papier vélin, relié en maroquin, chez M. Renouard, en 1804. On voit dan? la préface de cette édition, oà les Philips y/ques sont au nombre de cinq , que cet ouvrage a été imprimé en HoIIaiidé , format //x-ia , dès 1723 ; mais cette édition ne renfermait qne les trois premières Odes« On en trouve* cinq- dans les pièces justificatives de la f^îe privée de Lonis XV y 4 ^o'* 9 publiée > pour la première fois , en 1779 ; le texte y est défiguré par des fautes grossières, et xnême par des contre -> sens. La meilleure, la plus corn* plette et la plus belle édit uni est donc celle de 1795, en i32 pages f/z- 12 , dont 65 pour les notes* La première Ode renferme trente - quatre strophes ; la seconde ^ vingt* quatre ; la troisième, quatorze; la quatrième, seize , et la cinquième, huit. J'aurais désiré qu'on ajoutât à cette jolie édition la vie de l'auteur et tontes les pièces, littéraireè relatives alix Philippiques ; telle qu^ VEpStre an Régent^ toute faillie- qu'elle est, et qui se trouve dans les Œupré9 de la Grange ; YÉptlre à madame la Prin cesse de Conti ^ f[ui est en tête -de la Tragédie de Cassiu^ et Videii^uê dv


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même autevr , et plnsieurt antres morceaax qaî atmienr €ompIété tour ce qu'il y avait à dire sur ces fameuses Phi^ lippîqueê. Joseph de la Grange Chancel , né eo 1676 , prè» Périgueux» à Ântoniat , est mort dans son endroit natal en 1758 , après avoir composé beaucoup de pièces de théAtr# •t d'autres poésies.

LAHARPE. Ëloge de François de Salignac do la Mothe deFénélont Archevêque de Cambrai^ par M. de Laharpe , qui a remporté le prix à rAcadémie française le jour de Saint Louis ^

1771.

Cet Eloge a été supprimé par arrêt da conseil da aa septembre 1771 , sur les plaintes de ràrchevéqoe de Paria. On reproche à Tauteur d'avoir rempli son ouvrage de traita capables d'altérer le respect d& à la religion ; da ne voir dans les vertus héroïques des Saints qu*un por.entbou* aiasme , ouvrage de Timaginatiou ; de chercher à flétrir I» réputation de Bossuet , en travestissant son .xaleppur la pureté du dogme , en haine et en jalousie^ et enfin da blâmer dans ce célèbre évoque (da Meaux ) une conduite juitifiée par le jugement du souverain pontife et^ par l'appro- bation de l'église. Le même arrêt a condamné également à la suppression un second Discours sur le même sujet» dans lequel on déclame contre les engagemens sacrés de la religion ; l'on donne à ses dogmes le nom d'opinions ^ at Ton se déchaîne contre des opérations que les circons«  tances avaient fait juger à Louis XIV néceséaires à Fin- térét de la religion et à la tranquillité de Tétat» Xignore quel est Tauteur de ce second Discours. Jean*François La- harpe, né à Paris en 1739 , est mort le ta pluviôse an il' ( i8o3}. On a long-temps ampâcha la repréiMtation da soo


drame de Méîanie , parce qu'il y a mis en scène des per«  8(>' nages religieux , tels qu'un curé , une jeune novice , eOû» Il a ordonné, par son testament > que cette pièce ne fût plus jouée. Tant de journaux et de biographes ont parla des nombreux ouvrages et de la conversion de Labarpe ^ que je me crois dispensé de répéter ici ce qu'ils en ont dit* Cependant je crois pouvoir citer ici un fragment de son Apologie de la Religion , ouvrage qu'il n'a pu achever et que l'on doit regretter. Apres avoir parlé de Timportanca d'un fravaii de cette nature, il dit : « Les hommes peuvent me demander comment, occupé depuis si Ipng-temps d'é- tudes si différentes , et > pour dire encore plus , si opposées, je puis me flatter sitôt d'en avoir assez appris ponr ensei- gner aux autres ce qu'à peine puis-je encore savoir biei| moi-même ; comment j'ai la con6ance , après tant de voix religieuses et vénérables , de faire entendre une voix pro* fane. Que dis*je , hélas! de monter dans la chaire de vérité ^ après avoir été assis dans celledu mensonge et du blasphème» On peut me demander ce que je crois pouvoir a^uter a une évidence de di3(-}i.uit siècles ; et sr une religion , ensei^ gnée depuis ce temps par tant d'illustres maîtres , peut encore avoir besoin/de la plume d'un cathécaroène si i-ocemment réconcilié ?. pourquoi j'ose approcher une main si novice è Tappui.djç Tarcbedu Seigneur, oubliant que» quand elle fut tombée aux mains des Philistins, il ne se servit pas, pour l'en tirer, de celle des Israëlitas, qu'il châ- tiait encore , et força ses propres ennemis à la renvoyer che;z son peuple ? C'est ^.rCes 'questions, toutes naturelles , que jie crois devoir répondre, et nullement à ceux qui m'ont fait un si étrange reproche d'être revenu» dans l'âge de I4 maturité et des réflexions-, à la foi que j'avais si follement abjurée dans les égaremeus tle la jeimesse et dans les vani* tés du monde. C'estpeut-élre la première fois que le repeaiif


t*est appelé inconstance ; et )*avove que ces ïayectîres déhontëes m'avaient d'abord indigné. Mais j*aî conpriè depuis que c'était encore one leçon de celui qui Teat ai lostement que toujours le péché soit puni par le péché même ; et coname je n'avais jamais été plus coupable qa# lorsque je m'étais associé aux impies , je ne pouvais non pliM être jamais plus humilié , que lorsqu'ils ont pu me dire pour toute réponse : Souviens-toi du moins que lu as été long^ temps comme un de nous. y> On trouve à la suite de €• morceau uo magnifique é\og^ des livres saints. « Tout eai dans ces livres divins, dit Laharpe; et le malheur le plus commun et le plus grand est de ne pas les lire. Il y a « eutr»- autreSy un sermon de la Cène^ qui me parut contenir toute notre religion, et oh chaque parole est on oracle du ciel ^ je ne l'ai jamais lu sans une émotion singulière. •••••• a

Plus loin': « Depuis que j*ai le bonheur de lire les divinea écritures , chaque mot , chaque ligne appelle en neî nn^ abondance d'idées et de senlimena qui semblent se féveille^ dans mon ame , où ils étaient comme endormis daus le loog sommeil des erreurs de ma vie !•••••••» —

LALLITOLENDAL. Mémoire da Comte de Lalli -Tolendal , en réponse au dernier libelle de M. Duval d'Eprémesnil, conseiller de la pre«  miëre des Enquêtes. (Ptf/xf} 5 juin ^ijSi ^

Cette brochure a été supprimée le 7 août 1781 » par arrél da parlement sur réquisitoire de l'avocat général Seguien Selon ce dernier , ce Mémoire , ne portant ni le lieu de l'impression » ni le nom de llmprimeur, est dans le cas de la clandestinité 9 et par conséquent répréhensible comme contraire auxrèglemena de la librairie. De plus , il sort des bornef de la modératioir^


£21

Be la Aecence , du respect dû aux personnes revêtues d'ua caractère public* Il est rempli de sarcasmes amers j de plai* eanteries indécentes • de méchancetés grossières , d'injures même les plus graves. T«^ts sont les termes de M» Seguier» On voit par là que M. d'Eprémesnil eSt tourné en.rîdicule dans ce Mémoire , jçt .q^u'il y est on ne peut pas plus malfi traité. Le fond de cet écrit a rapport à l'afFaire de Lalli père , qui a été condamné à avoir la tête trancliée le 6 mai 2766 (1 ). M. Lalli-.Toieiidal avait obtenu', le 21 avril 1777 ^ un arrêt du conseil pour la révision du iprocès de son père* £n vertu de cet arrêt, le conseil ^' sur le rapport de M* Lambert, maure des requêtes et conseill^er d'état , et après trente-deux «eance» des commissaires , cassa , le 25 mai 1778 , l'arrêt, du parlement proéioncé contre M. >Lalli père. L«  fond .de raff*aire fut rehvoy'éau parlement de Dijon ; et Poa voit dans le Mémoire ^ue) nous citons, que M. Lalli«»To«  lendal y va poursuivre avec chaleur la justification de son père ; mais il n*y réussit. pes.; car le parlement de Dijon ^ ^u lieu de rehabiliter :1a mémoire du comité .de Laili père^ confirma, le 23 aoiût;i783 ^ le' jugement dit parlement de Paris ; mais , par la suite •' cette rébabilita€ioQ>.eUt lieu. Tho«  mas-Arthur, comte de Lalli*, a été décapité en 1766,4 soixante-huit ans. Trophime-Gerard de.Lalli'^TQlendlal a ét-é l'un des membres distingués de l'assemblée constituante :

(i) L'arrêt qui Ta condamné a porté suppression de^ Mémoires qu'il avait publiés pour sa défense, et dans lesquels il dccfisait M. Durai d^ Leyrit, gouverneur de Pondiohery , et le conseil supérieur de laville, d*avoir été cause de la reddition d^ cette ville aux anglais* M. de Leyrie était mort en 1764 avec la réputation d'un brave .hopMne,. M. Déprémesoil p son neveu , a voulu venger sa mémoire contre M. de Lalli-Tolendal : tcHa est la cause de l'écrit dont il est question dans cet article. L'arrêt du parlement de Dijon, quia confirmé* celui de Paris , ainsi que je le dis plus bas , l'a également coafincié dans ce qui r^ré^hl. ïda Leyrit^ .


^2%

il a publié plusieurt ouvrages de politique et de littéiretufè qui sont eitimés.

LANGLE. Voyage en Espagne ( par M. le marM quis de Langle ), sixième édition , setile avouée par Pauteur. Paris ^ Perleù et Lebour, r8o3; 1 nfoL in-S*

Cet ouvrage, pifuant par son originalité, quoiqu'il soit^ dit un auteur, aussi dépourvu de style que de bon sens ^ A été condamné par le parlement de Paris k être brûli en 1788. Il avait paru , dès 1786, sous le titre de Voyage de Figaro en Espagne , % vol. i/s-ia. Cette flétrissure lui a donné de la vogue , et il en est il aa sixième édition. Voici le compte qu*ont rendu de cette condamnation les MiimoireSi secrets du temps : « Aujourd'hui a6 février 1788 ^ le parle» ment de Paris a condamné le Voyage en Espagne , sans nom ^*auteur ni d'imprimeur i à être lacère et brûlé au pied da grand escalier du palais^ Le nom de l'auteur , au- resté '^ n'est pas un mystère ; on le nomme hautement , c*est le marquis de Laogle; tout le monde veut le voir et le con* naître. Beaucoup plus jeune que le comte de Mirabeau:» moins instruit, mais -plus gai » il a de commun avec lut d'avoir été persécuté par sa famille'» et d'être resté- exiii pendant deux ans dans une petite ville de province* » L'ou- vrage de M. de Langle a été traduit en anglais « en. alle«  mand et en italien. Cependant des critiques ont dit que cette production se faisait lire avec le plus grand injtéret^ mais qu'il n*ea restait rien dans la mémoire npr^s qu'on Tavait lu. D'autres ont parlé plus librement et de l'auleu^ et du livre. Un nouveau voyageur en Espagne prétend « que de Langle n'a fait qu*un roman ; qu*il n*est allé en Espagne que pour y bÂiir des cbAteaux ^ que ses jugemens sont aus^i


faux qae tes Faits ; qu'il b'« va ce pays qu'à travers te prisme de son impiété , et que , tout barbouillé d'idées révolution*» tiaîres» il ne parle de politique qu'en illuminé , de tolérance qu'en énergumëne , et d'humanité qu'en orateur de club. » Ce jugement est un peu dur, quoiqu'il soit fondé à bica des égards ; mais il paraîtra bien doux , si on le compara a celui porté par Ebel , auteur des Instructions pour i/n Voyageur qui se propose de parcourir la Suisse^ etc. Bâle ^ X795 9 9 vol. I/1-12. De Langle est singulièrement maltraité dans cet ouvrage , an sujet de son Tableau pittoresque de la Suisse, Paris , 1790 , in»i2. Ce Tableau est presque entiè- rement le même livre que le Vojrage en Espagne ; l'auteur n'a fait que changer les noms des villes et un très- petit nombre de phrases ; aussi Ebel attaque vigoureusement sa délicatesse, sa probité, ses principes philosophiques , soa etyU> ,e/r. Mais faisons connaître, par quelques citations, la manière d'écrire de M. de Langle* « En Espagne, dit-il 1 pour peu qu'un ouvrage soit un peu libre , on le brûle. Si jamais celui-ci passe les Pyrénées , il sera brûlé sans doute. Tant mieux : salut aux ouvrages qu'ion brûle I Le lecteur aime les livres qu'on brûle ; le libraire- aussi , l'auteur aussi ; c'est son cordon bleu. » L'auteur, à l'article Légbn de^ s'exprime ainsi :« Hume, qUi' félicitait le clergé anglican d'avoir purifié la légende britannique , eût trpuvé bien des réformes à faire dans le calendrier espagnol. Ce calendrier fourmille de saints qu'aucun pays ne connaît.

» Si Ton en croit la plupart des habitans de Madrid , presque, tous ont un bienheui'eux dans leur famille ; et je connais vingt femmes qui ont le bonheur inestimable d'être •u mères , ou sœurs, ou nièces d'un Saint.

n Benoit XIV répétait souvent : qu'on r^ accuse pas Rome d'ouprir au plus offrant les barrières du ciel. Rien pour* tant ne coûte plus cher qu'une canonisation ; elcét^argant»


qui passe à Rome» qui teste à Roms » est povc le pape oii pour les siens. . . . . ' .

» «Sojv'ffiT honnêtes gens , jamais sai/its ^ disait à set en£a|is un oncle , à la mode de Bretagne » du cajrdiual Borrpmée ; c'est la canonisation du cousin qui a. ruiné U fa^^ilie j p*c8t sa fureur de faire des oiiracles qui vous réduit à l'aumi^oe.

» Depuis que les bourreaux pnyens ne peuplent p}ut les voûtes célestes; depuis la mort de Saint Bernard jet de Paul l'hermite , depuis i|U€ des rois fainéant , ides «princey vagabonds ne vont plus chercher , sur le tombeau du Christ» des indulgences , des chiffons ^ des images et la peste > les canonisations sont devenues rares, et le fisc du jjaradis rap- porte peu. , ,.,, ;. . ,

» Il n*y a pas six semaines cependant qu'on c^o^onisa ui| dominicain de Tolède, pour être resté trente a>is. ^^jQS si|' cellule, seul > absolument seul , sans soutire et «anspiU'ier*

9 Telles sont les vertus que la cour de Rome place. SUT ramel , tels sont les gens qu*elle ordonne d 'invoquer ;.<;|ir, depuis Tinvention du Ciel , je défie qu'on me cite.pou|r;faint un homme aimable > un homme de bonue compagnie > quo j'eusse avoué pour mon ami. » M. de Langle % qui .f st^.oo|7imo l'on voit , UQ peu trop libre sur des choses qu'il aurait d4 respecter» voudrait, qu'excepté la Bible ^Vf^ita^tiçT^^d^ Jésus ^ Christ , Bourdaloue et 'Nicole, on mit en pièce et l'on jetât au feu tous les ouvrages religieux, tOAis les liyres nscétiques ; qu*on lût sans cesse , qu'on méditât sans ces$o> les Œiwres de Rousseau ; alors » dit-il , on adorera Dieu . on aimera Dieu, on aimera les hommes. » ie nç sais pas si Rousseau aimait beaucoup les hommes ; mais sa manièro de vivre ne Tannonçait guère* M. de Lnngle, parlant d^ l'inquisition , dit : « L'effigie des victimes que l'inquisiliou s*est immolées depuis environ deux siècles » est suspendue daus les cathédrales et dans. les principales paroisses oi%


couvons. L^s temples/ en Espagne, sont remplis de ces épouvantables tableaux ; ce fut toujours , ce sont encore les sujets favoris de l'école espagnole. Quand on s'attend à voir sur le maître-autel, ou dans quelque chapelle laté- rale , ou dans la sacristie, Sainte Thérèse ^ la Magdeleine ^ le$ Noces de Cana , ou quelqu'autre chef-d'œuvre de Ra* phaël , de Luc Jourdain , etc, on voit un bûcher, des bour* reaux , une jeune fille, un vieillard, une famille toute entière marcher au bûcher et expirer dans les flammes.

9 Le nom de ces malheureux est tracé au bas de chaque tableau. On y lit des noms connus , des noms célèbres , des noms qui honorèrent l'Espagne durant ses beaux jours et

durant ses rêves d'ambition et d'orgueil Dans je ne

sais quelle église de Burgos , j'ai craché trois fois sur ua de ces tableaux. Le chanoine, ou plutôt le moine Marsol- lior, auteur de la Vie du Cardinal Ximenès ^ de celle de Henri Vïll et d'un Panégyrique de Louib XII , s'est amusé à faire V Histoire de f Inquisition ; mais sa plume, amie du saint office, a dénaturé tous les faits : ce prêtre ^ pensionné par la cour de Madrid , et payé pour mentir, a menti. Jamais l'inquisition ne s'immola de victime plus intéressante que Cornelia Borhorquia, fille unique du mar- quis de Borhorquia , capitaine général de l'Andalousie » puis vice-roi du Pérou. Jamais assassinat plus révoltant n'a souillé les pages de l'Histoire. Rien n'égalait la beauté de Borhorquia ; l'archevêque de Séville la vit, en devint

épcrdument amoureux » la fit enlever et voulut

Borhorquia 9 furieuse, veut le poignarder; et, de rage, ce monstre la livre au tribunal du saint office : elle est con- damnée et brûlée comme athée. Borhorquia invoqua Dieu jusqu'au dernier soupir. Elle criait, du milieu des flammes , en fixant le ciel : Dieu est là ; il me voit ; il m^ appelle ; il tfhe tend Us bras. C'est lo bourreau qui l'a entendue ; c'est

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le bourreau qui Ta dit* Henri IV ^ qui vécut adoré , q«i fut pendant son règne l'honneur et la gloire de la monar* chîe française > Henri IV , Pobjet de l'amour , de l'admira* ^on des siècles , a été assassiné ; et Torquemada , inventeur' de l'inquisition , est mort paisiblement dans son lit! Quand on songe à ce Torquemada ; quand on pense à ses for&ita et qu'on lit son histoire , on se demande avec étonnement si l'Espagne n'avait pas , de son temps y des gibets , dea bourreaux , ou quelques bras assez hardis pour le poignar- der. Au reste , chargé de la haine et du mépris des natious^ Torquemada , en dt^pit de lui , et malgré lui est immorteU Voyez s'avancer , à travers les siècles , un moine au front sinistre , au regard furieux , une torche à la main> et lais- sant derrière lui des tourbillons de flammes et des tracas

de sang ; c'est c*est Tobqubmada. » M. de Langle

ajoute en note : a Ce Torquemada se vantait d*avoir fitît brûler plus de quatre-vingt mille hérétiques dans Tespac» de trente ans. Quand Chaulieu a dit :

Ce doux inquisiteur, le crucifix en maîn , Au feu , par charité > fait jeter son prochain*

Chaulieu peignait Torquemada.

C'est aussi Torquemada qui inspirait à l'auteur do la Hêtà» riade ces vers que tout le monde sait par cœur :

Ce sanglant tribunal ,

Ce monument afFrenx du pouvoir monacal» Que TËspagne a reçu , mais qu*elle*même abhorre f Qui venge les autels, et qui les déshonore; Qui , tout couvert de sang , de flammes entouré » Egorge les mortels avec un fer sacré.

Au sujet des jugemens de Tinquisition , l'auteur annonce? % Qu'en dépit du moine jacobin , Macanaz , qui publia^


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il y a vingt ans, un écrit très - volamineux , sous le titre d'Eloge de V Inquisition , radoucissement des mœurs et les principes de philantropie connus de la dynastie régnante, promettent à TËspagne l'abolition totale des anio-da-J^é ^ le licenciement de la Sainte-Hermandad et la démolition absolue des cachots du saint office.

» Ce bienheureux jour se fait attendre : l'inquisition va son train ; elle procède, elle condamne , si ce n'est pas au feu , c*est au fouet , c'est à la réclusion. Les villes de Tolède, de Valence , de Valladolid , en offrent des exemples récens. Rien au monde de plus inique et de plus odieusement mystérieux , que le mode des jugemens rendus par le sainc office. La page la plus sanglante du code noir et ces sen* tences prononcées à huis clos , sans témoins et sans exa- men contre les malheureux ilotes , ne présentent pas dans leur ensemble autant de férocité*

» Le malheureux condamné par le saint office , ou à la réclusion , ou au feu , ignore toujours pourquoi on Tenferme, ou pourquoi on le brûle ; jamais la sentence n'est motivée. Semblables aux muets du grand-seigneur, les "'inquisiteurs vous condamnent et vous tuent sans vous parler. » Finissons ces citations par ce que M. de Langle dit des auto-da-fé. u Ce spectacle , qui , sous Philippe II , Philippe III , était presque journalier , est devenu très-rare depuis un siècle. Quelquefois néanmoins , pour égayer le peuple, pour appe* 1er sur le souverain les bénédictions du ciel , pour obtenir du Très -Haut de la pluie ou du beau temps, on brûle quelques sorciers.

Il y a deux ans qu'on brûla à Séville une femme jeune et belle , convaincue d'aimer le diable , de coucher avec lui» et de savoir l'avenir par cœur. Il y a six mois qu'un tailleur de Cordoue , aussi soicier , mais plus heureux , en fut quitte pour la déteatioQ et pour les étriviercs.


ss8

» C*e8t dans une salle attenante au couyent du saint office ^ que s'instruit le procès et que la sentence est prononcée. Une place est exclusivement consacrée aux exécutions ordon- nées par ce tribunal. C'est à l'issue d'un sermon qu'on traîne le criminel sur cette place pour entendre la messe , deman* der pardon à Dieu , au roi , au saint office , et pour élre brûlé. On dresse , à cet effet , un autel , un bûcher ; iie missa est sert de signal pour jeter ce malheureux dans le feu ; on asperge le bûcher, le patient ; on chante le mise^ rere ; à chaque verset, on arrange les tisons , on retourne le cadavre. Vingt mille âmes » plus ou moins , sont là qu| frémissent , qui regardent \ et le saint office s*eu retourne en chantant. »

LÂNGUËT. Vindiciae contra tvrannos, sive de principis In populum, populiqiie in prîncipem légitima potestate. Auctore Stephano Jiinio Briito(Huberlo Langueto), Edimburgi ^ ^^79»

Cet ouvrage , dont la matière est intéressante et délicate, est attribué à Hubert Languet : il y en a en plusieurs édi* lions latines > dont la plus estimée est celle-ci. Il a été traduit en français par François Etienne y à ce que I*OD croit, sous ce titre : De îa puissance légitime du Prince sur le Fettple , et du Peuple sur le Prince ^ l58i , i>i"8 de 264 ptigf'S. Les personnes instruites savent que ce livre a fait beaucoup de bruit dans son temps et a été supprimé» Cl" qui a causé la rareté des exemplaires de cette traduction française, la seule qui en ait été faite ; aussi la recherche* t-on avec empressement. Cette production est celle d'un aident républicain , qui , en traitant du pouvoir du prince sur le peuple et du peuple sur le prince , penche toujours


â99

pour 1o peuple. Elle avait èiê attribuée k François Hotmaa, auteur (lu BriiCum ftifmsn^ écrit on faveur du roi de NavarrO| excommunié à Home , et du FrancO'Gallia ^ i5y3 ^ i/»-8 «  dans lequel cet écrivain dit : « Que le royaume de France D*e8t point successif, comme sont les héritages des parti- culiers ; et qu^autrofois on ne venait à la couronne que par les suffrages de la noblesse et du peuple; si bien que» comme anciennement, le pouvoir et l'autorité d*élire lea rois appartenaient aux états du royaume et à toute la nation asRemblt^e en corps ; au.ssi était-ce les états qui les dépo* SHÏent (lu gouvernement. » LJI-dcssus il apporte les exemples de Philippe-de- Valois , de Jean , de Charles V, de Cliarirs VI et de Louis X( ; mais il s'attache principalement à démontrer eommr , de tout temps ^ on a jut^é que ins Jftmmes citaient incapables de la royauté^ on doit aussi les e^rclure de Coûté charge et administration publique, » Ce passage est tiré dct additions aux éloges de M. de Thou. Je crois que le der«  nier article de ce passage > relatif a la nécessité d'exclure les femmes du droit de régner , a f^it attribuer à Hotmaa un Traité , dont le titre singulier est De regno vulparnm ^ et dont la réalité est un problème. Ce Traité pourrait bien se réduire à une épififramme qui a couru en i.56i , époque à laquelle la plupart des états de l'Europe étaient adminis» très par des femmes. La voici telle qu'elle est rapportée dane le Dictionnaire de Bayle :

Vulva régit Scotos (i) . hcret tenet (i) lllt Britannos » Flaodros et Batavos , nunc Noths vulvs ()) tt%iu


(i) Marie Stuarf.

(2) Elisabeth d* Angleterre.

(3) Marguerite , fîile niturelle ds l'enipersur Chsrlss Vidnehesse df Parme.


a3o

Vulra régit poputos qtros signât Galtla-Porta (i)|

Et fortes Gallos itaU vulva rejçit (a>.

His furiam furiisi vulvam conjungitc vulvia.

Sic natura capax omnia régna capit.

Ad medicem ()) artem incertain Gallia saucîa fendit (4)*

Non uti medicis est tnedicina tibi.

Non credas medicis , vena qui sanguinis hausta

Conantur vires dcbilitare tuas.

Ut régi matrique sux sis fida deoque*

Utere consilio Gallia docta meo ,

Et pacem tu inter proceres non ponito bellum ,

Hospita (/) lis artut redit agitque tuos.

Je pense que le Traité De regno vulvarum n'a jamais exista. Hubert Languet , ué en i5i8y est mort en i58i , et François Hotman , né à Paris en i5a4> ^'^ mort à BAle en 1590.

LANJUINAIS. Le monarque accompli, om Pro^ diges de bonté» de savoir et de sagesse, qui font reloge de Sa Majesté impériale Joseph II» et qui rendent cet auguste monarque si précieux è riiumanité, discutés au tribunal de la raisoki et de réqnitéy par M. Lanjuinais, principal du Collège de Moudon. Lausanne p Jean^^ Pierre Heuhach^ ^774 » 3 ^voL z/2-8. \

Cet ouvrage a été condamné à être brûlé par arrêt da


(1) Catherine d'Autriche, sœur de Charles V, veuve de Jean III; roi de Portugal , et régente pendant la mmorîté de Sébastien » son fils*

(1) Catherine de Medicis.

(") Mcdicantm

(4) Tendu,

(5} Allusion sur le nom du chancelier de l'Hôpital , à qui Catherine de Medicis ëtuic principalement obligée de la régence.


s3r

parlement de Paris en T776. L'avoeat général Segaier a reproché à l'auteur d'avoir prêché la sédition , la guerre civile , la vengeance contre les tyrans, et do mettre ses pro- jets sanguinaires dans la bouche de sa majesté impériale, £n conséquence le livre a été proscrit comme séditieux , tendant à la révolte et à soulever les esprits contre toute autorité légitime > attentatoire à la souveraineté des rois y et destructive de toute subordination , en cherchant à anéan- tir dans les cœurs des peuples les sentimens d^obéissance ^ de respect et d'amour qu'ils doivent à leurs souverains. M. do I^anjuiriais , principal du collège de Moudon en Suisse , était d'abord ecclésiastique : il a quitté la religion catholique pour la réformée.

LAS -CASAS. D. Bartholomœi de Las «Casas» Episcopi Chiapensis» Yi'ri in omni doctn'narum génère exercitatissiroi , erudlta et elegans explî- catio qnaestionis : Uùrùnt reges Del principes jure aliquo ^el titulo y eu sahâ conscientiâ f cwes ac subdiùos à regià coronâ alienare , eb alteriu^ Domini particuîaris ditioni subjicere possinù? antehàc nunquam ab ullo doctorum ita luculenter ùractata, Âdtinguutur ibi pas- siniy vera politices imperiorum» ac )iiris impe* randii eaque Fundamenta^ex quibusomnes ferb circa potestatcm legibus soKitam » majestatem- que realem occurentes qnœstiones ôperâ facil* limâ decidi possunt. Edita quondàm cura et studio TVolfgangi Griestetteri ; nunc i>erà multo correcùiùs récusa , curante Jacobo KyU


sk3^

lirtfferOf 7. C. eô inclatœ reip, Nordlingtnsis consiliario , etc. Accessit Tractalns Guillelmi de Monseirat desncces^ione rcgum et precipuë Galliap. (Ediins verô à Chrislophoro Besoldo) Tuhirtf^œ ev ofjicinâ ùypographicà Eberhardi Wildii ^ annq 162a, petin in-^.

Cet ouvrage du vertueux Las-Casas a été supprimé avec la plus grande exactitude , k cause de certains articles où ^l'auteur touche de trop près des points délicats, en réglant les droits des princes souverains envers leurs peuples et. leurs sujets. Ceux qui désireront des détails bibliographique! sur ce livre, les trouveront dans la Bibliographie instructips de Debure^n.^ i355. Nous nous contenterons de dire qu*il a été imprimé deux fois en Allemagne^ et que les deux, éditions sont aussi rares l'une que l'autre , ayant été sup- primées avec la même exactitude.

LAU. Meditationes philosopbicae de Deo, mUDdo et homine. ( AuctoreTheodoro-Ludovic^L/iu.) Francofurtip 1717 1 «'/i-8.

Ce livre a été proscrit à juste titre ; c'est un recueil dea plus impies : Tauteur y dit (paragraphe IV) : Deus esi

materia simplex , ego modijicata Deus oceanus , ego

Jlupius Deus terra , ego gleha On doit encore

au mém^ Lau un ouvrage plus fort que le précédent, et qui a paru sous ce titre \ Meditationes ^ Dubia FhilosophicO" iheologica , placidm eruditorum disquisiiioni Religioni çujus'^ pis et nntionis , in magno' mundi auditnrio submissa à 9»^riVti^/j0/<fc//c^/7/7?i(7o.Freystadii (Francofurti adMœnum), Z719 , 2/>-8. Ce fameux spinosiste s'est rétracté de ses erreurs avant de mourir. Oa trouve sa confesiion de foi daffs. dif- férens ouvrages.


a33

LEMNIUS. Simonis Lemnii Epigrammatum , ' Libri 11. f^itenibetga^ i538, i/ï-8.

Ces Epigrarames très - salyriques sont dîrigéet coDtrti Luther et contre les autres professeurs witembourgcois ^ l'électeur de Saxe et beaucoup d'autres personnes n*y sont pas ménagés. L'auteur fut obligé de fuir de Wirtembergë Lo sénat de carte ville Tayant cité à comparaître, mais en vain , le haiinissement fut prononcé , et tous les exeoh* plaîres de son ouvrage que l'on put découvrir furent con- damnés au fou. Un auteur a ainsi caractérisé les Epigrammes de Lemnius : Maledici versus pleni mendaciorum et calante niarum , in quîhus pariim eos j qui profsunt^ séditiose êê S^lso criminatur , partim alios intolerabili afficit injuriâm

LENGLET DUFRESNOY. Mémoires de Condé: nouvelle édition , augmentée de plusieurs pièces, avec des notes historiques , par Denys-François Secousse, et d'un Supplément qui contient la légende du Cardinal de Lorraine , celle de Claude de Guise, Tapologie et le procès de Jean Chate! , etc. , par TAbbé Lenglet Dufres- noy. Paris 9 ^7\^f ^ "^^^^ in-^.

Le tome Vt a été supprimé par ordre des magistrats > à cause des pièces satyriques qu^il renferme. Il forme le sup«  plémeni de ces Mémoires , et a été rédigé par Lenglet Dufresnoy , ce qui lui a vaJu un assez long séjour à la Ba«« ' tille. Il y a été mis dix à douze fois dans le cours de sf vie , pour difTércns ouvrages dans lesquels il s'exprimait av«!c une liberté excessive ; c'est ce qui lui occasionnait tant d« querelles avec les censeurs de te% manuscrits } il af


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pouvait souffrir qu'on laî retrancliât une seule phrase; et s*it arrivait que l'on rayât quelqu^endroit auquel il fÙt atta- ché» il le rétablissait à l'impression. La cinquième édition de sa Métltode pour étudier V Histoire , 1729 , 4 ^^^« '^•4 ». et le Supplément ^ ^74^9 ^ ^^^* '^*49 > flUiré l'attention du ministère qui y fit mettre un grand nombre de cartons» ■ Le Recueil des morceaux supprimés forme un i/1-4 9*>î ** Tendait sous le manteau. ( Voyez le Catalogue de la Vatm lière^ n.® 44^7*) Nicolas Leuglet Dufresnoy , né à Beau» tais en 1674 9 est mort à Paris , d'une manière funeste ^ en tombant dans son feu , le 16 janvier 1765. Il a composi tin très-grand nombre d'ouvrages, dont la plupart sont trët- êstimés. Je n*en donnerai pas ici la liste ; mais on la trou* vera très-dé taillée dans les Mémoires pour servir à VHis^ toire de la vie et des ouvrages de VAbbé Lenglet Dufresnoy ^ par M. AAicbaud , de Dijon , 1761 , 1/1-12. Ces Mémoires^ qui sont tres-curicux y renferment , non-seulement la liste des ouvrages imprimés , mais encore celle de ceux qui sont restés manuscrits*

LENOIR. Recueil de Requêtes et de Facturas^ composés par Jean Lenoir , ChanoÎDe et Théo- logal de Séez, injol.

Ce Recueil > et d'autres ouvrages de Lenoir , dans lequel on trouve une éloquence impétueuse et une grande connais* sance du droit , renferme des* pièces qui ont été fatales à leur auteur. Il a été condamné, le 24 avril 1684» à &ire amende honorable devant l'église Notre-Dame « à Paris > et aux galères à perpétuité. On fit courir à ce sujet une Contre plainte latine , dans laquelle on disait que cet écrivain était noir de nom» mais blanc par ses vertus et par son carao«  .1ère. La peine des galères fut commuée contre celle de lit


prison qu'il a subie • tant \ Saint^Malo qu'à Brest , et à Nantes , où il est mort le 22 avril 1692. Son Hérésie de la domination éoiscopale que Von établit en France ^ in-il ^ «on Eçêque de Cour , in-i2 ; sa Protestation contre les Assemblées du Clergé de 1681 , în-49 etc. y n'ont pas pea Gontiibué à ses inalh(>urs. Il a laissé en manuscrit un écrit contre le Catéchisme de Séez, qui est curieux. Cet ouvrage y publié par le sieur Enquessen « sous le titre de Catéchisme champêtre , est singulier , si , comme on l'assure 9 il y est dit : <r Qu'il y a quatre personnes divines qui doivent étrd l'objet de la dévotion des fidèles ; savoir , Jésus <- Christ , Saint Joseph , Sainte Anne et Saint Joachim ; • • • •• que notre Seigneur est dans le Saint Sacrement de l'autel « comme un poulet dans la coque d un œuf. » Quelles trivialités ! Ce Catéchisme fut dénoncé à l'évêque de Séez par Lenoir ; l'évéque ne tint aucun compte de cette deDonciation , et Lenoir accusa juridiquement l'évéque de favoriser des er» reurs ; il présenta même requête au roi à ce sujet , et publia plusieurs écrits contre le corps épiscopal , dans lesquels it franchit les bornes de la modération. Voilà la source des persécutions et des malheurs dont il a été la yictime*

LESSIUS* De justitiâ et jure Libri IV,auctore Leonardo Lessio* Lugduni ^ 1622 ^ inJoU

Cet ouvrage a été proscrit par plusieurs parlemens ^ parce que l'auteur y a Inséré quelques propositions qui ont choqué les idées reçues en France. Le De potesiàte summi Pan* tljicis du même auteur a également été condamné par quelques parlemens , comme accordant au souverain pontife une autorité trop grande sur les puissances temporelles* Selon Fauteur , le pape est le roi des rois , et il a lé droit xle les déposer à ton gré; Le jésnite Léonard- L^ssiat tel


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ée fortes querelles avec les Jacobins an sujet de 1b grâce. Voici comment les auteurs de la dernière ëdilion du Dic» lionnaire historique en parlent : « La doctrine de Saint Thomas sur la grâce arait été recommandée par Saint Ignace à st^ enfans : Lessius ne la goûtait pas ; et malgré les coti!» seils de son fondateur , il fit soutenir , de concert avec HaméNus ^ $on confrère, en i586,des Thèses qui étaient entièrement opposées aux sentiraens de Tangb de l'école* La faculté de théologie de Louvain alarmée censura , ea l588 , trente«quatre proposiiiorts tirées des thèses de Lesm sius. Elle crut voir que le jésuite , en combattant le baïa» nisme , s'était jeté dans le sémi-pélagianisme. L'université de Douay se joignit à celle de Louvain; et une partie dès Pays-bas s'éJera .contre la nouvelle doctrine. Cette dispute fut portée à Rome sous Sirle J^, qui ne trouva pas les propositions à^ Lessius dignes de censure. Ce jésuite fit déclarer pour lui les universités de Nlayence , de Trêves et d'Iugolstad ; et mourut à Louvain le i5 janvier }623« à aoixante-neuf ans, regardé dans sa compagnie comme le vainqueur des thomistes. On a prétendu que ze% confrères * firent enchâsser dans un reliquaire le doigt avec lequel il avait écrit ses ouvrages sur la grâce. On ajoute même qu'ils voulurent s'en servft- pour chasser le diable du corps d'une possédée ; et que ce doigt , qui avait fait trembler les jaco- bins ^ ne put rien sur les démons* »

LETI. Teatro Brîtannîco, ô ver6 Istorîa délia Grande-Biitannia. (Par Grégoire Leti. ) Amsm tcrdamj 1684, 5 'voL in^\^*

m

Cet ouvrage , qui avait d'abord été imprimé à Londres 9 en a vol. i/?-4 , est écrit avec beaucoup de licence ; ce .qui ja*avaii poiut empêché rautçur de le préaeoter à Charles U^


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qui raimait , et qui même lui avait fait précédemment une pension de mille ëcua , et lui avait promis la place d*his- |Orîographe. Ce roi avait même très-bien accueilli cette His* toire ; mais les traits hardis que Ton découvrit dans c«  livre par la suite le firent supprimer et firent donner lo congé k Tauteur. C'est k cette occasion qu'un seigneur an- glais lui dit : ce Leti , vous avez fait une histoire pour lea autres et non pour vous ; il fallait au contraire la faire pour vous , sans vous embarrasser des autres. » Leti a composa un très-grand nombre d*ouvragc8 ; entre autres, ie Syndicat «  d* Alexandre Vil apôc son f^oyage en T autre monde , 1669 I7Z-I2. C*est une satyre emportée, comme beaucoup d'autres, que Ton doit à Thumeur querelleuse de cet écrivain , dont la plume, tantôt flatteuse et tantôt passionnée, est souvent aouillëe par des injures , par des mensonges cl par des inexac- titudes. Son style est cependant asseasvif, mais diffus, mot* dant , hérissé de réflexions pédantesques et parfois dange* reuses. Comme historien • il s'attache plus aux faits extraor- dinaires qu'à la vérité On le regarde comme ie Varillas de riialic. Grégoire Leti, né k Milan en i63o ^ est mort à Amsterdam en 1701.

LETTRE. Lettre de sept Evêqnes à notre Saîot Pëie le Pape Innocent XIII , au sujet de la Bulle Vnigeniùus^ datée du 19 juin 17211 ^ in^-^

Cette Lettre a été supprimée par un arrêt du conseil, du 19 avril 172a , « comme téméraire, calomnieuse, injurieuse h la mémoire du Feu pape ( Clément XI } , au saint siège, aux ëvé(|ue8 et à Tégiise de France, contraire à raffermissement de la paix de l'église et aux déclarations de 1714 et 1720 attontatoiro à l'autorité royale, séditieuse et tendante à la r.volic. » £lle a été flétrie à Rome le 8 janvier 1722 par


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un décret de l'inquîsiiîon ^ rendu en présence du pape , por» tant : Damnamus vC . . • . injuriosam quant plurimis rpîs* copis catholicis et prctsuHbus Gafliœ , et sedi apostolicte y et titi secundùm se tolam schismaticam ^ et spiritu ftasretico plenam. Les sept évéqucs qui ont souscrit cette lettre, sont François de la Salle , ancien évéquc de Tournon ; J. B. de Verthamont, évêque de Pamiers ; Jean Soanen , évéquc de Senez ; de Torcy, évéque de Montpellier ;.de Langlo , évéque de Boulogne ; de Caylus , ëvéque d'Auzerre , et Michel Tilladet , évêque de Mâcon.

Ces évêques écrivirent au roi une Lettre au sujet de t arrêt ei^dessus du 39 avril 1722: cette Lettre, datée de juillet 1722 y éprouva le même sort que la précédente ; elle fut supprimée par un autre arrêt du conseil du 19 décenibre 1723.

LETTRE. Lettre pastorale (\e M. de Montpel- lier, aa sujet du miracle de rhémerroïsse arrivé à Paris. 1725 9 2/Z-4»

On porte le saint Sacrement à une femme malade ; cette femme guérit ; on regarde cela comme un miracle. Mais M* Goy , curé de Sainte Marguerite , qui avait porté le saint Sacrement, était appelant de la bulle Unigenitns. Aussitôt on crie que le miracle a été fait en fav«>ur de la cause des «ppelans. C'est à ce sujet qu*a paru la Lettre ci-dessus du %0 octobre 1726 , qui a été supprimée» par arrêt du parlement de Paris , du i5 avril 1726. Cet arrêt porte que : « Sous pro* texte de célébrer le miracle que le bras tout -puissant de Dieu vient d'opérer sous nos yeux » on eut ie[>rend de péné- trer dans les secrets impénétrables de la Providence; ou ne se contente pas de l'employer contre les excès les plus énormes , condamnables par eux-mêmes , on s*en fait uu


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Argument de parti , et nne vaine idée de Iriomplie. » Un dans cette vue ^ jusqu'aux écrits les plus outrés , qui sont moins une apolo* gie du scandale qu'a causé la fuite de quelques religieux sortis du royaume , qu*une déclamation contre la constitu* tîon Vrngenitus, « Voici comme le père Colonia s'exprima sur la fuite de ces religieux, en rendant compte de l'appel de la bulle Unigenitus par quinze chartreux du coupent de Paris, K Le jansénisme 8*étant glissé dans cette maison, on engagea quinze chartreux à se déclarer pour les appe«  lans. Ils ne le firent pas impunément ; quelques-uns furent interdits et les autres excommuniés par le chapitre général» Mais la séduction ne fit qu'augmenter. Yingt-six chartreux sautèrent de nuit les murailles de leur couvent, trouvèrent des chevaux tout prêts avec des habits de cavaliers et des gens pour les conduire , et se retirèrent en Hollande, aux «n virons de la ville d'Utrecht. Le père général n'en fut pas plutôt informé , qu'il les exhorta , par des lettres paternelles ^ à revenir > et leur promit, à ce prix, le pardon et une en* tière impunité. Quelques-uns, en petit nombre, revinrent à résipiscence : les autres s'endurcirent et sont demeurés dans leur double apostasie. Peu de temps après, quinze reli«  gieux d'Orval suivirent l'exemple des chartreux , et allèrent les joindre auprès d*Utreclit« Le tour des religieuses est vena ensuite , et Tévasion scandaleuse de plusieurs filles « tant carmélites , que de Fontevrault, de THôtel-Dieu de Paris et de celui de Reims , a fait comprendre que le libertinaga ^taii presque iQnjours la cause ou reflTat de rhérésia. 9 Oa


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reconnait bien Ik le style et racrimonie ie I*autear da Die* tionnaire des litfres jansénistes.

LETTRE. Lettre à un Prêtre de lOrfltoîrc, an sujet de l'assemblée de cette CongrégatioD , indiquée au la juin 1733.

« Cet écrit , dit le père Colonia , a ëté supprimé par arrêt du conseil, du premier juin 1733, comme un libelle qui porte avec lui tous les caractères d'un ouvrage séditieux , et dont Tauteur s'élève avec témérité contre la déclaration du 4 août 1720 y au sujet de la constitution Vriigenittis. »

LETTRE. Lettre sur le nouveau Bréviaire de Paris» imprimé en 1786 , datée du 5l6 mars de la même année» onze pages in.4.

Cette Lettre a été condamnée à être brûlée par arrêt da parlement de Paris , le 8 janvier 1737. Elle contient les accusations les plus ridicules contre les auteurs du nouveau Bréviaire de Paris , et particulièrement contre M. Cossin » que l'archevêque de Paris avait chargé de retoucher le style un peu suranné de quelques hymnes. L'arrêt du parlement n'arrêta pas les ennemis de ce savant professeur \ et il parut» sur le même sujet, deux nouvelles Lettres qui ne restèrent pat sans réponse , mais qui sont totalement oubliées. Je dois la connaissauce de cette brochure condamnée à M. Ch. Weiss.

LETTRE. Lettre d un Chevalier de Malthe k M. TEvêque de ( 1764 ) , //2-i2 de 62 pag.

Cette lettre > relative aux jésuites , a été brûlée par arrêt


2^X de plusieurs parlemens* On Pattribue au père Patouillet } elle est écrite avec beaucoup de chaleur, a C'est, dit Bachau- mont , l'écrit le plus fougueux et le plus fanatique qui ait paru (contre la destruction «des jésuites) : il respire la ven- geance par les voles les plus odieuses et les plus criminelles.» (Voyez les Mémoires secrets , tome ii, page 120. )

LI.NGUET. Histoire Impartiale des Jésuites, depuis leur établissement jusqu^à leur première expulsion. (Par Linguet.) 1768, :a 7}oL z>2-i2.

Cet ouvrage a été brûlé par arrêt du parlement de Paris , du 29 janvier 1768. On reproche à Tauteur d'avoir émis des maximes dangereuses, des principes erronés, et de décla- mer indécemment contre les ordres monastiques. « Linguet^ dit un biographe instruit , obtînt au barreau de l'éciat et des contradictions > de la renommée et des revers : il mérita les uns et les autres par la hardiesse de son caractère , un esprit novateur, l'art de maîtriser la multitude en parais* sant la mépriser ; des connaissances littéraires supérieures à celles de ses auditeurs ; une diction vive et pétillante qui lui attira des admirateurs et un plus grand nombre d'ennemis. » Les productions de cet écrivain original sont en grand nombre , et la plupart lui ont attiré des désagré- mens assez graves. Dans la carrière du barreau , il a vu supprimer plusieurs de ses Mémoires. Celui pour le duc d'Aiguillon a été brûlé par arrêt du parlement de Rennes du 14 août 1770. La Réponse des états de Bretagne à ce Mémoire a été proscrite par arrêt du conseil du 2 janvier 3771. Linguet a donné des Observations sur cette Béponsa qui ont été condamnées par arrêt du parlement de Rennes du 27 juillet 1771. En 1772, l'avocat général Vaucressou , donnant ses conclusions dans l'affaire de M. dé fiombelles ,

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â4fl

lit une sortie vigoureuse contre Lînguet. « II exhorte les jeunes orateurs à ne le point prendre pour modèle, soit dans son peu de délicatesse à présenter comme vrais des/ faits faux, soit dans son art dangereux de couvrir tout de tes sarcasmes , et de travestir en satyres des plaidoyers faits pour défendre l'innocence ou atténuer le crime , soit enfin dans son audace effrénée à faire des apostrophes indë* Centes au public, comme pour s'en faire un rempart et for- cer les suffVages des juges, n La phipart de ces griefs étaient fondés ; et Linguet^ s'étant mis dans le cas de les mériter encore par la suite, fut rayé du tableau des avocats par arrêt du parlement. Dès-lors il se jeta dans la littérature , composa un Journal pnliciqite et littéraire commencé en 1774, et qui fut supprimé en 1776. Ses Annales politiques^ ciffiles et littéraires ^ commencées en 1777, furent interrom* pues et le firent enfermer à la Bastille en 1779 : il y resta long-temps ; il s'évada^ s'expatria et continua ses Annales , qui furent dénoncées au parlement par M. d'Eprémenil* Voici comme les Mémoires secrets rendent compte de cette dénonciation, v M. d'Eprémenil commence par un exorde oratoire , où il chcrclic à éloigner de lui la mauvaise opi«  nioD que semble faire naître d^abord le rôle dedénonciateur, surtout à l'égard d'un homme fugitif, expatrié > et que son malheur semblerait devoir rendre respectable et sacré. Il entre ensuite en matière ; et, après un historique de ce qu a précédé l'évasion du journaliste» il en vient aux Annales % dans lesquelles il distingue cinq objets : \t% particuliers y la constitution française , la magistrature , les souveraius «  les peuples. 11 suit l'auteur sur chacun de ces articles, et le prenant toujours par ses propres paroles, par %e^ écrits^ dont il cite d'amples fragmens , il le convainc d'avoir , dans ses Annales destructives de tous les droits de l'homme : Erigé la foice en véritable droit*


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Fondé toutes ïes conronnes sur des thre& de sang.

Soutenu que les rois sout propriétaires des biens et d«s personne*; de leurs sujets.

Soutenu qu'entre les rois et les sujets , le ciel s^ expliqua par riers victoires.

Traité la magistrature française de corps de séditieux^ incor.séquent , et ses remontrances de déclamations mono* tones , pédantesques et incendiaires.

Insuh(^ tous les tribunaux français par des accusations continuelles d'inconséquence , d'r/;?pression, de meurtre.'

Fait de la banqueroute publique un droit de la courofnoey un devoir de chaque nouveau roi.

Outragé le barreau , travaillé à semer la division dans 1«  sein de la cour.

Et tout cela , non dans un passage , dans un article , dans «ne feuille , mais dans les volumes de ses Annales ,^u\ for- ment un corps de doctrine médité , suivi, combiné, déve- loppé , dans la vue de prêcher aux souverains le despotisme , aux peuples la révolte, au genre humain la servitude , aux français la haine de leurs lois et de leurs juges 5 ce qui tend à détruire les principes fondamentaux de la société , les règles générales de tout bon gouvernement , les maximes constitutives de la monarchie française , les droits et l'in- fluence des corps dépositaires et gardiens de ces maximes ^ en un mot , à compromettre les personnes mêmes de tous les souverains , et la tranquillité de tous les peuples. » Les Annales furent encore interrompues et reprises pour quelque temps , en 1790. Linguet publia en 1774 sa Théorie des Lois^ qui augmenta sa réputation et le nombre de ses détracteurs par les opinions singulières qu'on y trouve , par une oppo- sition constante aux idées reçues , par la critique de Mon- tesquieu , par Tapologie du despotisme , et par le tableaa du bonheur de ceux qui vivent dans la servitude. Son Essai


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philosophique sur le tnonachisme ^ 1776 « /;f-8> ft été proi* crit. Sa Cacomonade (i) a mérité le même sort. Linguet était fort pour le paradoxe. Je ne sais dans lequel de set ouvrages il soutient que le pain est un poison ; que les gouvernemens de T Asie , si monstrueux par leur despotisnfie atroce » sont préférables à ceux de TEurope , etc. Simon- Nicolas-Henri Linguet, né à Reims le 14 juillet 1736, a été condamné à mort, par le tribunal révolutionnaire, le 9 messidor an 2 ( 27 juin 1794 ) , un mois avant Robespierre. Le prétexte de sa condamnation , fut qu'il avait encensé ^ dans ses écrits , les despotes de Vienne et de Londres»

L'ISLE. Lettre de Tabbé de L'IsIe sur les Miracles de M. Paris. lySi— 1782, //î4.

Ces Lettres sont au nombre de trois. La première e^t relative aux affaires du jansénisme, dont l'auteur est par* tisan. Les deux autres ont été flétries et supprimées par arrêt du conspil du 24 avril 1737, et un exemplaire a été lacéré et brûlé sur la place du parvis de Téglise Notre- Dame , à Paris y par Texécuteur de la haute-justice. « Oa trouve dans cet ouvrage , dit l'arrêt , tous les caractères des libelles diffamatoires et séditieux, soit par la licenca et la malignité avec laquelle Tarchevéque de Paris y est attaqué témérairement , sans aucun respect ni pour sa per- sonne ni pour sa dignité , soit par les traits artificieux que


(i) Ce mot vient de eacosy mauvais , malfsûsant , cuisant , et de monade 9 mot emprunté du système de Leibnitz , et qui exprime à peu près la même chose que molécule dans Buffon. Linguet , sous le mot de caco" monade, désigne cette honteuse maladie, fruit du libertinage , qui attaque les sources de la génération , et qui ne laisse à ceux qui en sont atteints que respnir de traîner une vie languissante « si une mort cruelle ne aet d'abord fin à leurs maux*


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Tauteur de ce libelle y a semés pour révolter les inférieurs contre les supérieurs*

LISZINSKI. Manuscrîpta atfaeîstica* *

Cazimîr Liszînski a été brûlé vif» le 3o mars i6Pg , comme athée , et ses cendres , mises dans un canon au lieu de bou* let , ont été dispersées dans les airs. Ce gentilhomme polo* nais a été accusé d'athéisme à la diète de Grodno, en 16889 par l'évéque de Postdam. Sa condamnation eut pour base des écrits trouvés chez lui , dans lesquels il avançait plusieurs propositions criminelles , entre autres celles-ci : « Dieu n'est pas le créateur de lliomme ; mais c'est Thomme qui est le créateur d'un Dieu tiré du néant. » Ces écrits renferment encore plusieurs autres extravagances du même genre. L'au«  leur crut s'excuser > en disant qu'il ne les avait mises par écrit que pour les réfuter ; mais ses excuses ne purent le sauver , et il fut condamné à périr sur le bûcher. ,

LITRES BRÛLÉS. Des Livres qui ont été condamnés au feu y sans être nominativement désignés*

Quoique Fouvrage que nous publions soit spécialement consacré aux livres condamnés au feu, supprimés ou cen«  sures nominativement ^ nous regarderions comme une omis- sion impardonnable de ne point parler des bibliothèques ou des collections de livres qui ont été livréc& aux flammes par ordre de quelques souverains, sans distinction d'ou- vrages. Nous en dirons donc un mot ^ en commençant par la bibliothèque qui était conservée dans le temple d% Jérusalem.

Cette collection » plus estimable par sa valeur întrinsequ^


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^ue par le notnhre Aon volume* , a étébrâT^e par orcTre crAn»

I

tiochus , aiiihi qifon le lit cl«iii» lu preinirr chapitre du pre* mior livre des Macchabi'*e3 , v. 5(). « Kt lihros Icgis cumm husscrunt i^ni , scinJantrs eos : 60. Et af>itd €juemcumqu& int^rniehaivfnr libti Tcstamrnti Ihytnini ^ ft quicunqnt^ ohser^ fahiit hgtirn Durnini , sccundùm cdictum re^is trucidabant êum, >^ Ci't cvèncmonl oui lieu vers les coiuuicuceojvni du 6/ sircio avant Jt^sus-Christ.

I^es fainoui livres sibyllins des Komaiui furent brûlcf lors do Tinccndie du Capitole , Tan 671 de Rome, tous la die* taturc de Sylla. Les nouveaux livres sibyllins qui succédé** rent aux premiers , furcni déposés dans le temple d'ApaUcn Palatin jusqu'en 363, de J.-C. ^ époque a laquelle le {Ssa consuma ce temple. On les transporta ailleurs ; et Stillcon les fil jeter au feu en 406 ou 407.

Tout le monde connait le sort de la fameuse biblîothèqii# d'Alexandrie ; nous allons en retracer rapidement Thistoire et la (in déplorable. Klle a été fondée par Ptolëm<^e Sotcr ^ roi dKgypie, qui avait culliv(^ les belles*lettres. On rap- porte <|iril avait composé une Vie d* Alexandre très-eitU mëe des anciens ; mais le temps nous l'a dérobée* On croit que celle bibliothèque a ëié fondc^e sur Favii et par lea soins de Dométrius do Phalèro , savant politique qui arail f^ouvernô Athènes en souverain pendant dix ans 9 et qui ^ obligé de fuir , se retira d'abord chez Cassandre , puis cii.suile vers Ptolémée Solcr qui le reçut à bras ouverts, le combla d honneurs et en fit sou confident (1). Non-seule- xntMit ce roi s'occupa de fonder cette bibliothèque si renooi^ xnée> mais il établit aussi une espèce d'académie à laquelle


(1) Cette confiance do Ftoldm^e Sotcr dura toute ta vicj maist à la mort» son fils l^oldm^c PhiUdclphe, qui avait à se plaindre de Demetriiis» e ùi arrêter et conduire sous bonao ^arde dans ua fort éouxà^ eà


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on donna le nom de musée. Une société de savans s'y occupait à des recherches de philosophie et à perfectionner toutes les sciences ; ce qui avait beaucoup de rapport aux académies modernes.

La bibliothèque en question commença à se former dans le musée qui était d'abord dans le quartier de la ville nommé Briichion , près le palais du roi. Elle y attirait beaucoup de monde 5 mais quand elle fut tellement augmentée qu'on y comptait déjà quatre cent mille volumes , ou fut obligé de recommencer une nouvelle bibliothèque qu*on plaça dans le Sérapcon , et on la composa de tous les nouveaux ou* vrages qui survenaient. Ce Sérapeon était un temple fameux dédié à Sérapis , et construit dans Tendroit du faubourg Rhacotis j où l'on avait élevé la statue de cette idole que Ptolémée avait fait venir de Sinope. Ce temple , au rapport d'Ammien Marcellin , surpassait en beauté et en magnifi- cence tous les temples du monde, excepté le Capitole de Konje. Cette dernière bibliothèque du Sérapeon était donc comme un supplément de la première ; aussi voit-on qu'oa l'appelait sa Fille ^ et , avec le temps , il se trouva daes cette dernière jusqu'à trois cent mille volumes; ce qui for- mait , pour les deux , le nombre de sept cent mille volumes 9 que les anciens donnent à la bibliothèque des Ptolémèes 4 Alexandrie.

Kevenons à l'origine de cette collection. Demetrius tra«  vailia avec tant d'activité à sa formation ^qu'après avoir fait rechercher à grands frais des livres chez toutes les na«  lions, il en porta la collection jusqu'à cinquante - <]juatre

I ■ ■ ' — .

il ordonna qu'il fût retenu iusqu*â nouvel ordre. Une ptqike d*tspîc mit fin aux jours de Demetrius pendant qu*il dormait* . Mai» sa perte

c'entraini pas celle clu plan qu*il avait donn^ à Ptolémée Soter. popr

sa bibliothèque et pour son muséuin»


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mille huit cent rolumes , scion Saint EpîpTiane, et h âenx ent mille volumets, selon Josephe^ qui ajoute que Dente- rîus espérait dans peu en avoir cinq cent mille. Mais ce récit de Joseplie me parait exagéré ; car Eusèbe assure qu'à la mort de Philadclphe ^ fils et successeur de Soter, cette bibliothèque de Soter n'était composée que de cent mille volumes. Voici comment on s'y prit pour former et pour accroître cette fameuse collection. Tout lirre qui entrait en Kgypte , dans quelle langue qu'il fût écrit et de quelle matière qu'il traitât , était saisi et envoyé ati musée , où l'on en faisait faire des copies par des scribes que l'on J entretenait exprès ; ensuite on rendait ces copies aux pro- priétaires , et on retenait les originaux pour la bibliothèque.

On raconte que Ptolémée Evergète emprunta des Athé- niens les Œuvres de Sophocle , d'Eurypide et d'Eschyle ^ qu'il ne leur en renvoya que des copies qu'il fit faire très* proprement \ mais qu'il en retînt les originaux qu'on déposa dans la bibliothèque. Galien , qui rapporte ce trait > dit que Ptolémée donna quinze talens ( 8i,eoo livres } aux Athé* niens ; qu'en outre il les exempta de tout tribut , et qu'il leur envoya un grand convoi de vivres.

Passons à la destruction de ce superbe monument ; c*est le principal objet du présent article. Le premier échec qu'elle eut date du temps de Jules-César. Dans la guerre qu'il eut avec les habitans d'Alexandrie, un incendie oon- suma les quatre cent mille volumes qui étaient dans la bibliothèque de Bruchion. Celle du Sérapeon n'eut point de mal. On pense que Cléopatre réunit à cette dernière les deux cent mille volumes de la bibliothèque de Pergame dont Marc Antoine lui fit présent. Cette addition , avec les autres qui s'y firent de temps en temps , rendit la non» Telle bibliothèque d'Alexandrie plus belle et plus nombreuse gue la première. Quoique pillée plus d'une fois pendant


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les troubles et les révolutions qui arrivèrent dans Tempire romain , particulièrement du temps d'OrosIus , elle se remet- lait toujours de ses pertes et recouvrait son nombre de volumes. Elle a ainsi subsisté un gi and nombre de siècletf^ ouvrant ses trésors aux savans et aux curieux jusqu'au 7,^ siècle où elle eut enfin le même sort que sa mère , et o^ elle fut brûlée par les Sarrazins, quand ils prirent la vilTe en 642. Voici comment la chose se passa. Jean-le-Gram* xnairien , surnommé Philoponus , fameux sectateur d'Aristotéf se trouvait à Alexandrie lorsqu'elle fut prise. Comme il était dans les bonnes grâces d'Amri-ebnol-as , générai des Sar- razîns , il lui dit : Vous avez mis sous les scellés tous les eflots qui se trouvaient dans les magasins d'Alexandrie j zcais les livres vous étant inutiles , permettez-moi de di^-^ poser des écrits philosophiques qui se trouvent dans la bibliothèque. Amri lui répondit qu'il ne pouvait lui accor*' der sa demande sans en avoir prévenu Omar, caliplie d'cilors ou chef des fidèles* Il lui écrivit en conséquence; il en reçut la réponse suivante : « Quant aux livres dont vous m'avez parlé , si ce qu'ils contiennent s'accorde avec le livre de Dieu (leKoran), ils sont inutiles ; le livre de Dieu contenant tout ce qui est suffisatit ; mais s*ils ren- ferment quelque chose de contraire à ce livre 9 il faut )^t supprimer ; ainsi faites-les tous brûler. » Amri les fit donc distribuer, au lieu de bois> dans les bains d'Alexandrie ^ pour les chauffer, et tout fut consumé dans six mois* Ainsi périt , au récit d'Abulpbarage ( i ) > ce trésor inappré*


( I ) Gibbon , et plusieurs auteurs modernes d'après fui , penséfct que la relation d^Abulpharage ir'est qu'une fîctioR. Mais cette opiaioii se trouve démentie par les nouvelles recherches que M» Langlèsafi^t insérer à ce sujet dans le Msgasin encyclogidifue » [ an j, tonua ^ a** ti ^ page 384].


m I

ciahlo, qui renfermaît sans doute talit ^ouvrages précien dont les anciens out parlé » et dont nous regrettons la porte.

Dans le. sixième siècle, Greooîrc-Ie-Grand fil brMe'r les livres des auteurs payens, si l'on en croit Jean de Surisbery^ icrivain du 12."^ siècle ^ et plusieurs autres savans qui l'ont dit sans doute d'après cet évêquc ; ce qui a donné lieu à cette accusation , est peut-éîrc le conseil que S. Grégoire donne à Didier , archevêque de Vienne , de ne pas s'amuier i enseigner la grammaire, parce qu*un évéque a des occu^ paiions plus importantes. LnndI , traducteur de Tiraboschi^ et plusieurs autres modernes , ont cherché à justifier Gre** goire-le-Grand de cette imputation*

Les livres runiques ont été livrés aux flammes par orar# a'Olnus , roi de Suède, au commencement du ii.' siècl^» C'est Eric Schro'derus qui a trouvé cette anecdote dans un manuscrit ancien qu'il a vu en iGSy. Il y est dit qu Olalis ^ «ItrIbuRnt, aux runea la dilllcuhé qu'éprouvait la rcIiu:îoft chrétienne à s*i(itroduire dans ses états , assembla , ea looi , tous les grands du royaume. II fut décidé dan» cette assemblée qu'on substituerait les lettres romaines aux runei^ et qu*ôn brûlerait tous les livres relatifs à Vidg* latrie, MaDieure.usement la majeure partie de ceu)[ qui con<» tenaient l*JMstoire et les anliuultt^s de la nation furent. lii proie des flammes. On présume que les ouvras;es de Jorun-

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derus-Gissurus , de 5chulcuiontauus e^ d'Âltcrus Maenus y

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périrent.

" - Vers-1 Softyle cardinal Ximenès, voulant ramener les aiA«- IiométaDS à la religion chrétienne, en assembla plut^d^ frolt^ mille dans une place spacieuse, .et leur fit donner le baj^ têmo ; ensuite il fit apporter dans la mâme place tous loe 'livres mahométuns qu'il put raniJUssef ', de 'qiîelqil*aiïtetn ^ qu'ils fussent et quelc^uo matière qu'ils traltasscht jj, il'eti


2.5l rrtirtît )usqu*à cîii(| mîlte voîume» et les brfîla publiquement ^ sans ^^pargner ni enluminure , ni reliure de prix, ni autre» oriiomens d'or et d*argrnt, quelque prière qu*on lui fit de ]t*ii destiner st d'autres usages. Comment ce cardinal , qui aimait Ifîs lettres , a-t-il pu détruire si promptement des livres précicnx sur la religion , les arts et les sciences de«  turcs , puisque c'est par eux seuls qu'on aurait peut-être pu vérilablcmcni s'instruire delà lilK^ralure orientale ?Quelquc«  auteurs pensent que Ximenès n'a fait brûler que des exem«  plaires du Koran et de aea commentaires.

En i5io, Maximilien I/S empereur d'Allemagne , publia

un ëdit portant^ que tous les livres hébraïques, exceptée la Bible, seraient brûles , parce qu'ils contiennent des blas» plicmcs , de la magie et autres choses aussi dangereuses. Cet édit fut rendu sur la demande de PfetTercorn ^ juif con- verti. Les juifs eu sollicitèrent la révocation.. Le, fameujc Jean Reuchlin fut consulté dans cette affaire : il distingua deux sortes de livres chez les Juifs; les indifférions, qui tiaitcnt de divers sujets , et ceux qui sont composés direc- tement contre la religion chrétienne. Il fut d'avis qu'oti laÎMs.'^t les premiers qui pouvaient avoir leur utilité e.t qu*oa siipi'iirnât les derniers. Cet avis sage souTeva les thcolo- gietis de Cologne j et fit publier au fanatique Pfeffercorn un Miroir manuel^ dans lequel il soutint qu'^1 fallait brûler tous les livres de ses anciens frères. Rçucblin répondit à cet écrit par le Miroir oculaire ; mais cet ouvrage*ci fut con- damné , non-seulement par. les théologiens de Cologne ^ qui auraient voulu faire subir à Pauteur le même sort qu'aux livres juifs, mais par la faculté de théologie de Paris et par le père Hochstrat , dominicain, inquisiteur de la foi. 1 feivf eusement Maximilien ne voulut pas se prêter à la sainte cc^lôre des théologiens de Cologne.

Uu peu avant le miliea du 16.* siècle ^ Charles-Quint


25d

rendit nne ordonnance par laquelle il proscrivît tons lei livres hérétiques , et défendit , sous peine de mort > de lira les Œuvres de Luther et des autres hérésiarques. Je ne saie pas an juste la date de cette ordonnance.

Vers le niîlîeu du iG."" siècle , les protestans et leurs livret furent proscrits de la manière la plus barbare» par Maria I.r« 9 reine d'Angleterre. Voici comment le Diciiounaire his^ ioriqueen parle > d'après l'abbé Pluquet. « La nouvelle reine était attachée à la religion romaine : pour la faire triom* pher, elle épousa, en 1554, Philippe 11^ fils de C&arl0S» Çninù, Ces deux époux travaillèrent à ce grand ouvrage avec toute la hauteur , toute la dureté , toute l'inflexibilité de leur caractère. Le parlement entra dans leurs vues. Il avait poursuivi sous Henri VIII les protestans , dit Vol^ taire ; il les encouragea sous Edouard VI ; il les brûla sons Marie. Sur Ta vis que l'on eut que l'Angleterre était pleina de livres hérétiques et séditieux , la reine , dit M. Pluquet ^ donna un éditai qui portait que, quiconque auravt de« ces livres , et ne les brûlerait au plutôt sans les lire , sans les montrer à personne, serait estimé rebelle et exécuté sur-le* champ, selon' le droit de la guerre. Elle fit défendre ensnita de parler aux protestans qu'on conduisait au supplice > da prier Dieu pour eux , et même de dire Dieu les bénisse* m- Plus de deux cents protestans, ajoute M. l'abbé P/ii^ir^ ^ périrent dans les fiammes ; plus de soixante moururent ea prison , beaucoup sortirent d'Angleterre , et un plus grand nombre dissimula ses sentimens pour conserver sa liberté et sa fortune. Ces derniers éprouvèrent les plus cruels remords , et conçurent une haine mortelle contre les catha«  liques qui les avaient réduits à ces extrémités. » La cruauta fut extrême^ lorsque les hérétiques furent livrés à des juges ou sévères ou prévenus. Une femme grosse accoucha dans le bûcher même j quelques citoyens ^ toucbés de pitié y


s53

arrachcrent TenFant du feu : le juge Vy Rt f dit-on , rc)eter«  Le cardinal Polus ^ envoyé par le pape Jules ///, pour réunir l'Anglcierre à l'église romaine , désapprouva bau- iement ces rigueurs , que le père ^'Orléans ne peut s'em* pécher de trouver excessives. Ce prélat disait, avec raison ^ « que le seul moyen dVteindre l'hérésie , était d'édifier les hérétiques , et non pas de les égorger. » Ces mesures atroces ont été par la suite très - funestes à la religion catholique en Angleterre.

Jo pourrais encore ajouter & cet article plusieurs exemplet de hiblioihbques publiques ou particulières incendiées, soit Il dcflsrin , soit par Imsard ; mais cela me conduirait au ddà dos bornes que je me suis prescrites ; d'ailleurs , j'en ai parié dans mon Dictionnaire biblioîogique,

LIVRES CONDAMNÉS et censurés. Des Livres condamnas et censurés par ritiquisition^ ainsi que de ceux qui sont mis à la censure dans dilFérens états de TEurope.

Si l'on voulait donner la liste de tous les livres con«» damnés par l'inquisition , il faudrait se résoudre h mettra sous presse plusieurs in-folio ; et le nombre en augmen* lorait bien davantage si Ton y ajoutait la liste des livret dont l'entrée est défendue dans les états de l'empereur d'Allemagne y en Kspagne , en Portugal, en Russie, eic. Il faut donc nous borner à donner ici une notice des iniicjp îihrorum prohihitorum qui ont été publiés tant à Romo qu'à Madrid , en la faisant précéder de la définition du mot ifK^ff.r.CéC mot latin a maintenant une acception fran- çaise : il désigne dos Recnoits ^ Catnlogurs ou Tables da livres délVndus et proscrits pour caujie d*hérosie par une congrégation établie à RomO| et qui , par «ette raison^


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8*appelle congrégation de \index. On ajoute ordînairemeiit au mot index ou indice l'épi (liète ex purgatoire ; cependant on fait une différence entre V index simple et IV/i^ej^ expiir<» gatoire. h'index simple regarde les livres dont la lecture est absolument défendue , et Vindex expurgatoire indique seu«  lement ceux dont la lecture est défendue jusqu'à ce qu*on les ait corrigés (donec corrigantur ). La raison et la justice n'ont pas toujours présidé aux jugemens portés par la congre^ gation de Vindex ; te car» dit TEncyclopédie (i), il est sûr qu*il n'y a presque pas un seul bon livre de piété ou de

morale dans notre langue qu'elle n*ait proscrit ; et^

ajoute l'un des auteurs de l Encyclopédie méthodique (a), ces ridicules indices expurgatoires sont , pour le dire en passant , les fruits de l'intolérance et de la barbarie ; ils ne servent à rien ; etd'ailleurs tout livre étranger, jusqu'aux almanachs inclusivement , doit être hérétiques en Espagne, a Ajoutons à ce passage l'opinion que M. de Langle a émise sur cet objet dans son Voyage en Espagne. « Que peut-oa attendre , dit - il , d*un peuple toujours enfant , toujours jeune , qui , toujours sur les bancs de l'école , n'a pas le courage de mettre en pièces , de jeter au feu le martinet de ses prêtres ? qu'espérer d'un peuple déshonoré par le fanatisme^ qui attend d'un moine, et qui demande à soa confesseur la permission de lire et la liberté de penser ?

Le livre d'un protestant traitât-il de la cuisine , du jar^ dinage ou de fhorlogerie , est proscrit de droit , mis à l'index^ et défendu sous des peines très-sévères > par la seule et unique raison que fauteur n'est point de la corn* munion romaine, et qu'il ne va pas à la messe.

Tout ouvrage , soit étranger, soit naturel , subit la censure -


(i) Edition de Genève, în-4,tome XVIII» page 5S01 (2) Partie géographique , tome III, page 383»


%5S

la plus rigoureuse : une espèce de commission ou de chambre syndicale , nommée ad hoc , rcxamiiie et le com- mento syllabe par syllabe. S'il est rempli d'absurdités et ' de lieux commAis , s'il fait Tapologie des prêtres , det' moines et de toutes ces billevost^es qui df^shonoreut !• sacerdoce, il est hautement proclamé bon ouvrage, ex» cellent ouvrage ; on le laisse lihrt^meut circuler, les jour* nalisles en parlent avec complaisance , et Tauieur reçoit d'eux le brevet de grand homme. Si , au contraire , cet ouvrage est , ou savant , ou bien écrit, ou profoudëment pense ; si l'auieur n'est pas proslerné devant tous les abus, toutes les vexations ; si son livre étincelle de vérités lumi- neuses, de vues utiles, de révélations hardies, il est dé- fendu, condamné, et souvent briîlé comme attentatoire à la religion , aux mœurs et au ^gouvernement.

Aussi, quand la Suède, la Russie^ l'Allemagne et la France, toutes ces nations, tour-à-tour ennemies , mais tonjours rivales , brûlent toutes , concourent toutes avec orgueil à offrir à l'Europe quelques découverte» utiles et nouvelles , quelques ouvrages marquans et qui fassent époque, l'Espagne seule n'invente rien, ne produit rien, a

Ce passage, où l'on reconnaît le style original et les idées , souvent condamnables , de M. de Langle , sent un peu rhumeur, et n'est pas, ou du moins n'est plus dans l'exacte vérité. Les bons ouvrages français sont main«  tenant reçus et applaudis» non - seulement en Ehpagne » mais même chez toutes les puissances de l'Europe, et oa ne donne l'exclusion qu'aux livres destructeurs des prin«  cipes de la saine politique, de la religion et de la morale» Cependant la censure de Vienne garait quelquefois mettre une excessive éévérité dans ses décisions. On peut en dire de même de la censure d'Espagne , puîs(pi\)n prétend qu'elle s est éieudue dcrniërement jusquet sur les rapports de M.


sB6

le Riîniitre des cuhet , Portalis , relatifs au concordat. • En Slirie , la censure des livres s'exerce d'une manière assez singulière , et qui prouve que cette fonction , dans les états autrichiens, n'est pas confiée à des hommes fort éclairés. En l'an VI , un de ces censeurs condamna, comme hérétiques, deux livres, dont l'un était intitulé : Principes de la Trigonométrie ^ et l'autre de la Destruction dês Inssclet» II crut que la trigonométrie avait au moins de grande rapports avec la Trinité, sur laquelle il est défendu d'écrire; et dans le titre du second livre , il a lu jésuites au liea ^insectes , et il a cru que ces religieux étaient maligne* ment désignés sous ce nom. »

Il me parait naturel de finir cet article par une list6 bibliographique des index librorum prohihitorum les plue remarquables. Je vais la donner par ordre chronologique.

Index generalis scriptorum interdictornm. Veneiiis ^ x543;

Reimmtnn cite, dans tonCatalogus BihUothtea theologicm^ Hildestc'» 173 1 t "^"^^ • cc^ iniat comme le premier et le plus rare.

Il Catalogo de* Libri , li quali nuovamente nel mete di maggio ncU' anno présente M. D. XL VIII. sono stati condannati et scommunicati per heretici , da M. Giovan delta Casa, legato di Venetia et d'Alcuni frati. £ aggiunto •opra il medesimo Catalogo un judicio et discorso dcl Vcr«  gerio, 1S49 , j/i*4.

Franckius, dit, dans le Catahgut de Bunau, d*après Vergerio , que cet indtx est le premier de tous ceux qui ont été publias en Italie.

Die Cataloguen of Invegtarispu vanden quadrn veiboden boucken : ende van andero gocde , die nic*n di*n jon>>:eti schulicren leeren mach , na aduys der universitt*)t vaa Locucn. Met een edict oft mandement der keyscriyckor Viajcsieyt. ( C W^-d*(/sr0 : les Catalogues ou Inventaires dce


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livres mauvais défendus , et d'aatres bons qa'on peut appren- dre aux jeunes écoliers , suivant l'avis de l'université de Louvaîn , avec un édît ou mandement de sa majesté impé* riale.) Te Loeuen , by Seruaes van Sassen^ i55o. ( A Lou^ pain , par Servais Sassènus ) , i55o , inr^

m

Ce petit volume est irffîniment rare et peu connu. L'ëdit impérial, ea français, qui Qsl à la suite , 9 pour titre : Ordonnance et édict de l'empe» reur Charles- Quint , renouvelle en sa cité impériale d'Augspurg , ou mois de, septembre MCCCCC cincquante ,' pour V extirpation des sectes et conservation de notre sainctefoy cathoHc^ite* Louvain , par Servais Sassènus , /11-4 , sans date. Le privilège qui est sÉr le *9erso de Tiotitulë , est daté du 20 octobre 15 jo , ce qui ùit. conjectnrer qu'il a été imprimé cette année.

Le Catalogue des Livrés examinés et censurés par la faculté de théologie de l'université de Paris» depuis 1644 jusqu'en i55i, Paris ^ i55i , »/2-8« 

A gl' inquisitori che sono per l'italla del Catalogo di Librî eretici, stampato in Roma neli' anno présente , 1 559^/77-8.

Cette diatribe est de Pierre - Paul Vergerio. On croit qu'elle a été imprimée à Tubinge, et le Catalogue, contre lequel elle est dirigée» a été imprimé à Rome apud Antonium Bladum^ en 1/59, au mois de janvier» in -4 , et à Venise , la même année » apud Hieronymum Ltlium «I sociog^ în-S»

Index seu Catalogus Librorum > qui prohibentur mandâto Ferd* de Valdes Hispal. archiep. inquisitoris generalis ^is- paniae. Pinciœ^ iSSç, i/i*4*

Index librorum prohîbttorum eum regulîs aoctoritate Pli IV P. M. comprobfttoa. Momm^ P. Mantuiuê y 1664 , i>i*4 ; idem , yeneliis^ i564f i«-8*

Index librorum prohibitomm com regulîs confectîs per patres à Tridenttna synode delectos auctoritate Pii 1V«  Colon, Agripp, , 1564 , m-8 ; idem , Colôniœ, i568 , 1/2-8 ; idem , Venetiis , 1S70 , /72-8.

'7


258

Indexiibroriim prohihuorum. Lêocïli , i56S et iSSç, //i-8«  Cet index passe pour très-rare : Reimmann et Vogt en parlent*

Philippi II régis caitholici edictum de librorum prohibi* torum Catologo observa n do ( cum ipso Catolago ) , Ant* çerpiœ , Christ, PlanCinus , 1670 , m- 8.

IndeA cxpurgatorius librorum > qui hoc seculo prodierunt , vcl doctrinee non sanœ erroribus inspersis , vel innlilit et ofTensivœ nialedicennœ fellibuA permixiis , juxU lacri con-

• cilii Tridcntini decreium ; Pbilippi II ifegii catb. juMU mt auctoritate , atque Albani dnoie eoneilio ae' minitterio in Belgiâ concinnatus y 9Li\nq „:^S'J3^^ .^nCt^erpias ^ e{c Qfficina Chr, PlaHtini.prototypoçraphi rcgii ^ 1671, f/2-4-

Cet index t%t très-rare ; c'est ce qui a'tfiTgi^é M. CrevenA«\ eii donner une descript'^on dan^ spn Catalogue de 1776, 6 \o\, in'4. VoicUe commen- cernent de cette noticè.'«L*intituIé,ditM.'Crevènna, est mot à mot tel que nous Tannonçons. Il est suivi d*uti édit en langue françoise de Philippe II. • «u'i occupe deux feuillçts , et.d*un autre feuillet contenant un avertis- sèment et des passage^ extraits dii jconcile de Trente tpuchant la défense des livres. On trouvé ensuite une )pré^face de Bened, Arias Montanus , 'qui ' occupe quatre feuillets signatures *. Après vient le corps de Touvrage » dont 'la tdfalité'est clé 104 pages chiffrées. Vogt <iit aussi que cette ëdittoa est très-rare ; mais il ajoute que ce même livre avqit déjà paru pour U première ïoWLtodii ^ impenais Henr, Hoviî\ 1569 , //i-S. Nous sommés portés

  • - k croire qiie Vogt, hViant jamais vu ce \Hxé\ ni celui de \^(*^»% a pris

le change; car ces deux livres doivent étr« dans leur contenu tout «'fait différents; c'est à dire que celui de 1569. ne doit être qu*un Cataloeue de livres défenduar, et celui de 1 ^71. , dont H c^t ici c/uèstion , est' uiî indem txpurgatoire y qui n^oit pas puru tuperaMffti En effet , i.^éetèè édition de 1571* est absolument la première .de-, èe livre, parce que Tédit de Philippe II. porte la date du 31 juillet de la même année 1571*9 et la prév face de B, Arias Montanus celle de caU. Jun, 1571. a.^ Le commencement de redit de Philippe H. , prouve que les Catalogues df 1569. , qui sont même deux , ne doivent être que de simples Catalogues de livres défendus. » Nous terminerons cette notice > par dire que cet index de 1571 n'a point été imprimé pour être vendu , mais pour être seulement distribué' aux visiteurs


charges ^e rexpurgatîon des livres; et même U ëtalt défendu d*en avoir Un exemplaire ou d^en tirer une copie manuscrite sans la permission

des supérieurs. .. . • >

index Iibrorum ^rôhibitoram , cuco regulU con&ctis per patres à Tri den Un a synode collecto«. V^netUs^ 1&75.9 1^*8»

Tfidcfc, Iibrorum prohibitoium , de nuindatp D. Georeu Daltnuida înquisitoris geaeralis ip lucem edhut. Ol^ssipone , a îberîtis , i5Qi ^ in^6»

■ • ■ - •

Index librorum][prohibitorum« Monachii ^ Adamus Éerg, i582 , //î-4.

Index et Catalogua Librorum prohibitorum mandato illus- tri.ssimi Gasp. à Quiroga cardînalis , etc. , denuo editus 9 cum consi'lio «upr6mi senatus sanctae generalis inquivittonh. Madrid , apud Gomezium , x583 , ti-4>* idem » apud'^ufh'^ dem , 1684 > i«-4» •^■' '

Index expurgatorhia librorixmPiiUSppi ItâuctOrltate ton*> cinnatus in Belgio. Lngd. ^ 1S86, in^l^, ' : r 'j;,»

Le titre de cet index est le même qtte celui rapporta olrdesims « fias le nom de ville é^Anverj , Planfin r-^f^li -«IH» Cependant ilitut y ajoutfr* après in Belgio : Primum in lucem editus et praefatiônc auctus , ac tegiî diplomatis interprttatione ( à Franc. Jofttîp } 1 Ap. Joh^ Marttihàlium'f Lug* duncnsem, 15861 <A-I2.


' « (


Index tibtortmi prohibitorum cum reguli», etc» SAUCto* ri ta te Pii lV*(>tiœum editus ^ poatea Fer6 à Sixto V auctut et nunC demum Clemeriti^ IX'jussu recqgnitiif et public^* tus ; instructtohe. adjecta de'Oxèquèndœ prohibitionis , d^ffae sincère emendandi et imprimendi libros nuioneuiV^oiffor , 1596, i/f-8 ; HomcB 0t Mediolani j 1696 ^ i/i-ia ; P ragot ^ 1696, m-8; Venetlis^ 1597 ,^'«-ia; Tauriîii\ iSi^f \ïn'-i» ; CoUn, , 1598 , 1/1-12. .1


i6o

Index librorum proTiibltoruin , cum regulls concilil Trî«  dentinî. Ferranœ , 1699 9 '^*8*

Index expurgatorîus libroram qui hoc seculo prodîe* irant> etc. > juxta concilii Tridentini decretum : Philippi II jussu concinnatus aniio iSjt, Accessit huîc editioni colla* tiô ceosur» in glossas juris canonici jussu Pii V , aono 1572 ; editœ , cuns iisdem glossia Gregorii XIII, mandato A. i58o recognitis et approbatis. Rationem et iisum cot* lationîs hujusce demonstrat prœfatio D. JoannisPappi , etc. jirgentorati impensîs Lazari Zetzneri ^ anno iSgQ , i/s«ia« 

Cet index est rare et recherché.

Index librorum expurgatorum card. Gasp, Quiroga jussu edi|u& ;de cDnsilio S. generalis inquisitioois juxta exemplar excusu.pi Madrid j i584^ Salmun ^ Thom, Porùau ^ 1601 »

Index librorum expurgandorum , in quo quioquaginta auctoram iibri prœ cœteris desiderati emendantnr, per Jo. Mariam Brasichellen. Romœ , ex typographia rom. cam» apo'st. , 1 607 » 1/1-8 ; idem , Bergomi, 1 608 , /tz-B.

^dex librorum expurgandorum. Romœ ^ 16089 i'^»

Index expurgatorlus , ad exemplar illius jussu Philippi II et miaisterio ducis Albani 1571 concinnati, cum excerptia aliorum librorum expurgatorqni , juxta editionem Gasparia Quirogœ ^ae ^ypî< mandata est Madriti anno i58i« Argent iorati ^ impensis Lazari Zetznerit 1609 , i/i<-8»

Cet findê» est rare.

ladîces expurgatorii duo ^ testes fraudum ac falsationum pontifîciarum , quorum prier jussu Philippi II et Albani ducis. coaûlio concinnatus est , in Belgio ^ iSyi, Posterior éditas


Jussu Gasp. Quiroga , Madritî ^ xS'jx , recusus prim6 SaU mûri in Galia et nunc secundo in Germaniâ* Additus est ma^oris coaimoditatis gratià index librorum p^ohibitoram cum registris, etc. auctoritate Pii IV primiiai editus. , pot- tea ver6 à Sixto V auctus , denîque démentis VIII jussa recognitus et publicatus* Wanopiœ ^ 1611, in-8.

Index librorum prohlbitorum et expurgandoram Bernafdi de Sandoval et Roxas cardinalis autoritate éditas. Madriti^ 1612 , 1614 'y et Paaormi y 1628, in-fbU

Index librorum prohibitorum et expurgandorum Bernard! de Sandoval et Roxas cardia. , etc. Auctoritate editus do consilio supremi senatûs S. gen. înquisitianis Hispaniaruna \ juxta exemplar excusum. Madriti y Sancfiez ^ i6ia;cuia appendice anni ii5i4 ; auctus Bened. Turrettini.prœfationo et Hispanicî decreti latiu Tersioue. Gênepo^y Crispinu^^ X619, irt"^.

Index librorum prohibitorum et exporgandomm eardl. Bernardi de Sandoral et Roxas auctoritate et jussn editus de consilio S. generalis inquisitionis Nispaniarnm. Juxta exemplar excusum Madrid , anuo 1612 , cum appendice anni 1614. Anno 1620 y in^à^

Index librorum prohibitorum ; cum regulis , ete. , et cum edjecta instructione , 'de emendandis imprimendisque iibris et de exequenda prohibitioaei» Nunc in hac editione con* gregationis cardinalium edictis aliquot, et librorum nuper scandatose evulgatorum descrîptione aitctus. Craeoifm f 1617 y i/z-ia*

Cet opuscule est assez rare»

Index auctorum damnataef memorii&i tam^tiamlibrorum^


qui vel slmpliciter ; vel ad expurgatronem «sque proTir» beotur , vel denique jam expurgati perroittuntur ; edîlur de consilio S. generalis înquisitioais^ Lusitani'œ, etc* TJfys^ êîpone j '624 f in^fol.

Cette éditÎDa est £ort rare« 

jNovus index libromm prohibiterutn , juxta decretum aatrœ congregationîs illustrissimoroiii S. R. EL cardinalkim,^ i S. D. N. Urbano VIII sanotâque sede apost. publicatum Romœ 4 febr. 1627 aucttis. Primùia auctoritate Pli IV édi- tas ; deî'nde à Sixto V ampliatus \ tertiè à Clémente VHI recognitus. Pr8e6xi« regulis ac modo eacquend» prohibi- tioais per R. P. F. Frane. Forelium ord. prœd» à depiuationa SS. Trideatin. synodi secretariuniï Ante quemlibet Jibrun» noviter probibitum prœfixam ett sigf^um \. Colon. ^ jigripm pinœ ^ Boetzeri Hatredes , 1637 ,. in-Q^

Index novas librorum prohibitorum et expdrgatorumi Antonii Zapatœ , cardinalis et inquisitoris. generalis. iHîê* pâli j i63s , Ui'^foL i

Index. Franc. Magdal. Capîferrei libiorutn omnium pro*- hibkorum. Romœ , i63» , i/i-8« 

Index librorum prohibitorum et expurgandorum auctcurî*» tate Pii LV et Sixti V cum reg.ulis , etc. Romas^ 1634, sVf-ias idem 9 usque ad anmim. , 1640 » continuatus*. Romœ y 1640^

Elencbns librorum omnium tum in Tridentîno Clément» tinoque indice > tum in aliis omnibus sacrae indicis con<» gregac. particularibus decretis bactenus prohibitoram ^, ordîne vero alphabetico per Fr. Franciscum Magdalenum Capiferceum diclœ coogrègationis secretatiuiii


«*•■ «H. ■•.-/.• ^ \ <*•• -i-^-** '^g


â63

Mediolani , 1 635 , in^ i idem , uiquc ad annutià 1640 , edîtio secunda aucta. Romœ y 1G40 , //t-8« 

Index llbroruor prohtbrtoram et e«purg«tOTuni novîs»i- mus Antonii à Sotoraaîor jussu ac studii» lyculcoliMÎme ac vigilaniissiinc rccognitm. Madrid^ ibSz j idem^ Ibidem ^

1 666. Gcnev^ , 1667 , in-'foL

Index librorum prohibttorum et cxpurgandomm novii- sîrous, procaihoKcis Hîspanîarmn rognis Philippi IV, cfc, de consilio Antonii à Sotomaiér ,-irrqtri8ttons generalit. Juxta exemplar exc.usum ^ Madriti ^ ^667, in^J^oL

La première ëditioa est de Madûd ^ 1(140 » iii'fpl,

' ?nde!i UbvoruBi- prohibitortup AUxandri Vit jossu edhut.;

Juxta exemplar excusurri Romce , ex typ. rei». cam* apost» p

1667, in-foU II y en a une cdition.dc Ropie ,,1664 et 1667,

On relis ovdlnaitement ces. deux m^^j; 'ui'follo poa& avoir ua Cata* logue à peu. près complet de tous les livres défendus jusqa*en 1667* On est surpris de trouver dans celui de Madrid un grand lionibre d'au- teurs qui paraissent ne pas nn^rîter d'y être, e n tr e autres , Gahrîsitia ( pag. %%% ) , qui ^*» jamais publié d'iouvrages tbéelo^quesi et^ qml'oB doit un excellent Opus chronologicum réimprimé à. Francfort en x^f ^ in'fol, , et une critique du Calendrier grégorien sous ce titre : EUnchuê falcruiaru à Gre^oûot XIII cûmprokail ». publié en i6u. C'estfan^ doute k ce dernier ouvrage qu*il doit 1^ place qu'on lui a accordée, un peu légè«^ rement parmi les hérétiques*

' Ihdex librorum ' {^ebibitortnii Clefaentit % jussa edffeus* Homce, 16^0 1 m-8. • » . ^ . .




Index librorum prohibitorum: Innoceotii XL jU5«u e(l>Uii#


I' •


ê ,

Arcéts dii parlement et ordonnances de rarcKeyeiqpe dé Paris , poruni latléfénsé etsu^préssion dès Uvrei^ h^réti^oef 1


^64

avec l'édit du roi portant défenses de faire aucun exercice public de la religion prétendue réformée dans son royaume «  registre en la chambre des Tacatîons le aa octobre i685» Paris , Léonard , i685 y /»-8« 

Index Ilbrorum prohibitorum InnocentîiXIedîtus. i?ofm7^ ex typ^ rev cambra aposiolicœ ^ i68i > <a-8 \ idem » Romof ^ i68S , iM-8 ; idem, Romçp , i685; idem cum appendice usque ad annum 1696. Romœ , 1696 , i/t-8 \ idem usquft ad mcnsem junii anni 1704. Romœ p 1704 ^ i/i*8« 

Index expurgatorîus librorum prohibitorum et expurgan* dorum pro catholicis Hispaniarum regnis Philippi V de consilio supremi aenatus inquisitionis generalis» MadrUi ^ 3707, in-Jbl.

Index ou CataTogae des principaux lirres condanm^a et défendus par l'église » extrait fidèlement du graad ihde» romain y et d'un appendice fidèle |^ avec des réflexions his» toriques et théotogiquf>s sur ïes plus considérables décréta et constitutions des souverains pontifes touchant les maliëree «la temps. Par Jean-Baptite Hannot. Namur^Sian^^ ^7i4» a/i-8.

Index librorum prohibitorum , usqae ad totum mensem martii I7i6> régnante Clémente XI. Romœ 9 1716^ As-S» *

Baoolta d^Alcune particolari opérette spirituaK proibila ^ Fatta dal P. Ant. Leoni , data alla luce con altre operetta <hil P. Giuseppe Maria Berti. In Patata , 1717 , mi-&


•} '.


Index librorum prohibitorum usque ad annum 271! ^ régnante Clémente XI P. O. M. Romœ ^ 1711 , //1-8 ; iden usque ad annum 1711 > régnante eodem pontifîcet JBama ^ ,1717 , //ï-8.


a65'

Index librorum proliibitorum Innocentîi XI jussu éditas usque ad annum i68c. Accedit in fine appendix usque ad mcnsem junîum 1704* Romœ ^ ^7^^ 9 '^*8« Recusui Ptag.\ 1726 , 1/2-8. Et cum appendicibot nique ad meDMm oCto«  bris y 1746* Romœ , //z-S.

Claris hœresîm ctaodens et aperiens. Id est, clavis doc«  trinas haereticas ad intelligehdum rcserans et art extirpandum claudens : sive index librorum quornmdain decipientium^ scandalosoruoi , suspectorum , et prohibitorum prœmissA ratione ^ que libri mali et noxii inquiri et extirptri possint*' Reginœ Hadrecii ^ typis Tybelii ^ *7*9 » /»-»••

Schoettgenius a parlé de est înita dans s4n CommtHt. lU, dé hdUih UhfùTum ptùhièijf, » pag. 4;l*«4%;

Index librorûm^prohibitoruin usquead diem IT Janii I744f régnante Benedicto XIV. additis prohibitionibos à S. Ct einanatis usque Ad admim 1752* Rdmœ^ 1^8» •

Index librorum prohibitorum , Benedicti XIV jussu reeeg«  nitus atque éditas. Romœ 9 0x typogr. êam. apQêU^ l'jSSp

Je ne pousserai pasi^.j^lue loin celte liste it^ indices ( ceux qui désireront plus de détails les trou?eront dans !• Traité de Daniel Francus^^ PapUtarum indiçihuê Kbrom rum prohiMorum^. Lîps.y 1684 1 ^4 f duo» ^ Fabriciue Centifoi. LuHii , pars Hfiifm%.&^t^\ dans U Biblioth. Am Labbe > pag. r68 ; dans *}e ^ineêiH Nackrich^n, etc* 1 p. %6% et dans d^autres avteiirs èMs dans ces -outfr^ges ; U BiMfo^ Lhèque de Dùpiti ^ VHistoirê des Auteurs sacrée et êcdé^ sia s tiques de Ceillier, le Dictionnaire des Libres fansénistês du père de Cotonîa-| dé' rédiiion do z76o ^ «ngmmiée ftr


a66

Patouillet i (Bnfin « le Recueil historique des Bulles cortcfft^ n^nt les erreurs des deux derniers siècles; totM ces Ijvres ^ di<-jet Sfrant encore d'un graad »ecoars à ceax qui you* dront approfondir la partie de la bibliographie ^i. ft rajp>- port aux ouvrages proscrits et censiiréa.

. Ce serait pi^ut-étre ici le cas de parler de Ia censure Qtt approbation dea livres , qui était autrefois coo&ée k <}e8 geus. de lettre» distor>gaéa par leurs lumières, et par leura conn^iisiMinces. Ils étfiieut qomiais par le chancelier pour lexaiaeD dea ouvrages que Ion voulait omettre sous, presse. Ils ne donnaient leur approbation qu'^ djea* livrer ç|oi ne coeteoaieot rien de contraire à la religÛHv et aax , bonnes mœurs. D'où date Torigine de la censure ,ejt du prir vilége en librairie? On croit que la censure est du i5.* siècle, 'et; que le premier ouvrage" <|tti a été cclririgé et approuvé, est un Traité ccmtre la .perfidie des. hérétiquea » par un frcr^ pUccUeur, nomnaé Pierre* (jenoiitt ]Bi^. voici le titre : Peiri Nigri Tractatus contra perfidiam Judœorum ^ in Eslingeii , per discretu/n a^ industrium^ viruroi GonrmdUtn fyner (ie Qerhusen, ,, 1476 , />2-/b/. Cejt.ouvriagç r4^nii( lequel il a paru , pour la première fois , du caractère héjbret| imprimé, est aussi le premier où il est fait mention de porrèetîon ^t d'approbation. C'est Tévéque de i^atbbpiino ^ui Ta corrigé et approuvé. Qnant aux privilégeft^en librairie^ les premiers furent accordées pour des oavEagea^anciexifh Le premier est , ditron , de i-Sqy , pour lea EpHres de SaifU J^ai^l » .yitaAvLiles. trois ceos ans avant par Da^inoulins , et glosées, paiç yn augustin inconnu. Sn. i5o8 , on v.Qit un pri«» -vilége peur les oui^rages. de Sai/il Bruno.; en i&dq ^ pour Ji'impressi^Q. de Major in Senteniias,; en i^ii^y pouc la •Chronique deSigehert; en 1 5 18.9 poiir Les ouvrages d^Ang^ Folitiefky etc. Çp. p.ié^snd. qu'^aâme est le pi^içier ^[u|


a67

demanda on privilège pour l'impression de ses ouvrages ^ et qu'il le demanda en faveur de Jean Fraben pont loua les livres que ce typographe imprimerait, afin de le pro* téger contre Pavidiié des contrefacteurs. Revenons h. la censure. 11 y a apparence que la censnra ecclésiastique* a précédé la censure laïque. Les docteurs de la faculté dei théologie ont toujours prétendu que ce privilège leur appar^ tenait , et que les papes l'avaient accordé à leur corps; ell en effet , ils ont été long-temps en poesesaion de ce droite Mais y en 1624* par lettres-patentes du roi ^ on établit quatre docteurs de la faculté pour être censeurs et approbateur» de tous les livres concernant la religion « et en être respon* sables en leur nom. Quant aux livres qui ne traitent point des matiëfes de religion , il parait que les maîtres des requêtes ont en le pouvoir de les examiner, et qu'ils TonC conservé jusqu'au règne de Henri IV. FI n'est cependant pas bien sûr si ce droit était annexé à leur charge , ou si celait une commissioo personnelle dont 00 chargeait quelques maîtres des r^quf tea : il semble qiême qu'ils n'exa* minaient que les livres de droit et d'histoire , dans les* quets on peut agiter des questions qui Kitëresseraient Tétat. Quant aux ceoseiira QU>d^roes qui étaient nommés par le chancelier, on n'obtenait pas toujours facilement, ni leur approbation , ni le plaisir d*étre expédié promptement» Aussi Bayle compare-t-it très-ingénieusemeot les auteura solliciians Tapprobation des examinateurs, À- eée amea errantes siir les bords. du Styx >. et attendant, avec impa» tien ce » d'être tran^portéieil sur l'autre rive. Il leur appliqua CCI vers de Virgile:

Tendcntesque mtnus, ripe ulterîoris ainore: Navita sed tristis nanc hos» nunc accipit illos» Ast zhos loogè*, suimirotoi arcet arenêt


968

Noas avoDf déjà donné suffisamment è entendre dans I0 cours de notre ouvrage que le mot censure signifie aussi un jugement par leqnel on condamne des livres qui regardent la religion , la doctrine ou \et mœurs* Nous avons- ?u que la Sorbonne a souvent exercé la censure sur diflTërens ou* Trages. La lettre dn pape Gélase aux évéques deLucanie^ contient nne censure des livres authentiques et apocryphes ^ c'est-à-dire, un décret qui distingue lea livres authentique» •t reçus pour tels dans l'église , de ceux qui ne le sont pas 9 et qui marque les uns et les autres. Le pape Hosmidas ^ dans sa lettre à Possessor, dit positireraent que l'on doit suivre la censnre de Gélase et ne recevoir que ce qu'elle •- reçu»

LEOMMELIUS. Hermannî LoemmeTn spongîa contra ceDSuram Facultatis Parîaieasis» etEccle* sise aaglîcaose querela apologf'tica de censura Episcoporam Galliaein duos libros angUcanos»

Andamoropoli^ i63i, i/s-8.

.■ ■ • »■ ■

.. Cet ouvrage a été br&lé par la main du bourreau.

LOLME. Constitution de TÂngleterre, comparée

, iivec la forme républicaine et les monarchi^

de rEurope. Par dç Lolme. Londres^ ^77^ m

  • Cet ouvrage a été sévèrement prohibé en France en

1771. Et Ton n'en sera pas surpris « lorsqu'on saura que Pauteur ^ après avoir tracé rapidement l'histoire des troia grandes époques de la constitution anglaise {i)x savoir « dis

(1) Sons Jcaa-saas^Terre ptrat la grsade diactc qai fixa les borasc


Q6g

règne de Jean-sansoTerre, de celui d*Edouard I.er^ et de l'expulsion de Jacques H, ou plutôt de l'exaltation de la. maison de Brunswick sur le trône en 1688, sVx{)rltt>e ainsi sur cette dernière révolution. « Cest à cette époque que so posèrent les grands et vrais principes des sociétés, par l'ex- pulsion d'un roi violateur de ses serxnens* La doctrine de la résistance, cette ressource finale des peuples que l'on op- prime, fut mise à l'abri du doute par l'exclusion donnée à une famille héréditairement despotique. Il fut décidé que les nations n*appartiennent pas aux rois. Tous ces prin- cipes d'obéissance passive ^ de droit divin, de pouvoir in«  destructible; en un mot , cet échafaudage de notions fausses sur lesquelles l'autorité royale avait porté jusqges- là, fut détruit ; et l'on y substitua les appuis solides et durables de Tamour de l'ordre et du sentiment de la nécessité d'aa gouvernement parmi les hommes* » L'auteur prétend que la constitution de la Grande-Bretagne est indélébile, parce qu*elle est dictée par la nature elle-même. Elle a une forme très-marquée de gouvernement, ayant pour appui l'opinion, cette cause puissante qui maintient les gouvernemens les plus absurdes , et qui est ici l'attachement d'une nation éclairée. D'ailleurs par le balancement de toutes ses parties» cette constitution regagne nécessairemlent d'un côté^-ce qu'elle perd de l'autre.


I •


LORRAINE (de\ lastractioo pastorale de M.


où doit se renfermer la puissance du roî.>Sous Edouard It on trouTS le premier exemple de l'admission des députés des villes dans le par* lement ; nouvelle barrière élevée contre lepcjavoir toyal; et enfin ^ lors de IV.xcIusion de Jacques II, la Grande-Bretagne donna le rare^pec* tacle d*un contrat primitif et formel entre le peuple et' le souverain.


de Lorraine , Evèque de BayeuX^ i5 jan\^ier 1727, in-^.

Cette instruction a été supprimée par arrêt du parlement ..de Rouen , du 8 juillet 1727. Elle a rapport aux qoerellti du jansénisme. M» de Lorraine , y attaque ouvertement l«  ^.constitution Unîgenitus^ les lettres*patentes du' 1^ février 17 14 et la déclaration du 4 août 1720 , enregistrées dans tous les parlemens du royaume. On prétend que cette Instruction tend à rendre suspectes les vérités dé la religion » à ins- pirer du mépris pour les décisions de l'église et à soulever

• . , • .

.les sujets contre Pautorité du roi.

Précédemment M. de Lorraine avait donné un double mandement ; le premier contient le jugement que cet

évêque porte sur différentes propositions qui lui avaient

« 

été dénoncées par le père de Gônes, jésuite 9 et le second porte approbation et confirmation de la censure de la théo- logie de Caen du3i décembre 1720, contre dix-sept proposi- tions tirées, tant des cahiers , que des thèses publiques dés jésuites du collège de Caen. Ce double mfindement , donné le 25 janvier 1722, a été proscrit par décret du saint siège du «14 juillet 1723» « comme contenant quelques opinions et doctrines téméraires , suspectes ^ injurieuses au siège apos- tbolique, et favorisant des erreurs condamnées. » M. de Lor- raine , nommé évéque de Bayeux sçus la régence 9 est ' inort > à Paris » le 19 juin 1728. ' '

LUBOMIRSCIUS. Çonsultatîones XXV / sive de vanitâte consiliorum liber unus, in quo vani* tas et Veritas rerum humanarum politicîs et j3ioralibii.s lationibus clarè demonstratur et


271 dîalogîcè exhibetun Auctore Stanîsl. Lnbo- mirscio. Varso{^iœ ^ 1700, //2-4f et Lipsia ^

in- 12.

• ' ■ • . 1

Cet ouvrage a été très-sévèrement défendu,

LUPL I Lwpî Smascberatî nella confiitatione e tradnzîone del h'bro intîtolato : Mûnita sécréta Societutis Jesu , in viriù dé' quaTî Ginnsero i Gesuiti alT orrjdo, ed esegrabîle assassînîo dî sua sagra real.a. m^^slà fedelissjqi^ .cj^Qn Gîii- seppe 1. Re di Portogallp ; coq!;1]|i' lappendipe di dociimentî rari, ed inediti. OHip^nano ^ nelC officina diTancredi , e France^antonio Pa^

dre e Figlio Zacçheri de SùrozZagriffi , 1760 ^

^^ ' ' 'il»


■'. ....... ».


Ce livre , très-mordant et rempli d'înjurès, fit' oéàùcbup de btuît à Rome lorsqu'il parut : il fut Jéiendu et sup- primé ; rimprimeur fut arrêté.


\' t


> I


LUTHER. Bibb'aGennatiîcà, ex vèrSîoné Lmherû hipsict^ TVotrahîàAâéxb'fJicinâ^ X^^ilin-fol.

Cette édition est trës-rare,. parce qu'elle a étô.supprimée par Luther lui-même. La raison de cette suppression , est que cette Bible a été imprimée à Tinsu de Fauteur , qui en

avait déjà publié de plai cor'fecte^.

... j

Biblia Germanica , ex versîone Lulherî. Wittém^ hergf 1624, a vol. z/x-4.

Cette édition a été supprimée avec le plus grand soito ,


parce qa'on y a reconna quelques changement qa! corrom- paient le sens ; par eieniple« au 6.« verset du XIV.* cha* pitre, au lieu des mois : Ein ewig Etfangeîium ( E^angeiium sternum) on a substitué malicieusement : Ein neù Evari'» gêlium ( Evangetium novum). ^.:bV

C'est à la dieie de Worms , en 1 5a i, que les lirres de Luther furent condamnés au feu; mais ils avaient M^ précédemniene •nathématisés par une bulle de Léon X , du lo juin iSao. Cet ouvrages consistent en Traités contre le purgatoire , (i) la libre arbitre » les indulgences » la confession auriculaire , la primauté du pape» les vœux monastiques, la communion tous une seule espèce, les pèlerinages , etc. Luther, 'pour se

nger delà bolle de Léon X, la fit brûler publiquement à Wit- temberg avec les Décrétâtes des prédécesseurs de ce pape» Ensuite donnant un libre cours à son système d'innovation , il supprima quatre tacremens , et ne reconnut plus que le baptême, la pénitence et le pain ou eucharistie. En 1617 le luthéranisme n'était qu'une étincelle ; mais , en i5i8, co fat une incendie. Erasme, contemporain de Luther,, tout en admirant les bonnes qualités que pouvait avoir ce fameux réformateur , disait qu'il avait fait deux grandes fautes 9 071 touchant la tiare du pape et le ventre des moines. Martin Luther, aé k Islèbe dans le comté de Mantfeld en Allemagne, le 10 novembre 1483 , mourut au lien de ta naittance , le 18 février 1646. Son animosité contre Rome et le pape ett allée jusqu'à la fureur. Selon lui , Rome n'est plus que la ïaèaillo




(1) Le père Colonii accuse Jean Obstraet > théologien flamand» d'aToir d t dans iti Thèses thtologica , publiées en 1706, que les messes qu'on fa t dire pour les morts servent bien plus tu réfectoire t{n*au purgatoire : misstt non réfrigérant animas in purgaiorio sed in nfcctorio. 11 est reconnu que cette plaisanterie basse et impie est une calomnie du révérend père ' jésuite. -^

\


ie SodoTXie , la prostituée de Babylone ; le pape n'est qu un scélérat qui crache des diai)les ; les cardinaux dxis matliou- reux qu'il faot exterminer. « Si j^éiaîs maitre de IVmpiie, disait il , je ferais un même paquet du papo et ries caidi- naux 9 pour les jeter t»us ensemble dans la mer ; co bain les guérirait ; j'en donne ma parole ; j'en rlonne JésusChri;it pour garant. » Si Luiher n'avait jamais débite que de paiviiles bouffonneries , à coup sûr il n'aurait pas joué un aussi grand rôle. Ailleurs , il compare le pape à uu loup enragé contre lequel tout le monde doit s'armer an premier si^i>al> sans attendre Tordre du magistrat* «c II faut poursuivre à outrance cette bêle féroce , et attaquer impunément ceu< qui empêcheraient qu'on s'en défit. Si l'on est tué dans cette attaque avant d*avoîr donné à la béte le coup mortel , il n'y a qu'un seul sujet de repentir , c'est de ne lui avoir pas enfoncé le couteau dans le sein. Voilà comme il faut traiter le pape : tous ceux qtti le défendent , doivent aussi être traités comme les soldats d'un chef de brigands , fussent- ils des rois et des Césars. » Quels principes atroces ! On ne peut guère leur comparer que Texécrabie mol lâché^par

un fougueux philosophe du 18.* siècle, D t, qui disait i

« Que , pour le bonheur du genre humain , il serait à sou- haiter que le dernier R • . fiât étranglé avec les boyaux du dernier Pr . • • e. » Et c^st diins un siècle de Inmieies et d'urbanité> trente ans avant la révolution française , que l'on a osé proférer de pareilles infamies! C'est le cas d«  s'écrier : O temporal O mores I


LYSER. Theophîlî Aletheî ( Joannîs Lyserî ) dis- cursus politicus de polygamîâ. Salonio : eme veritatem , nec vende îllam. Johannes; si malè locutus sum I proba ; si verô beoè , quarc

18


verbei^as me ? Frihurgi , ap. Henr. Cunrath ^

1674, Z/Z-I2.

Das Konigliche Marck aller LaDder, Freyburgi

1676, ï/^-4. Politischer discours zwîschen polygamo und mo»

nogamo von der pol^'gamia oder vielweiberey

aufgesetzet und mit mehr als hundert anmer« 

kungen erkiarec voa J. L. ( Joan. Lyseri.} Frti*

hurg , 1 676 , in-^. Theopliili Aleiheî ( Joannîs Lyserî ) polygamîa

triumphatrix ; id est discursus de poljgaijiiâ 9.

cum notls Athanasii Vincentii ( idest 9 auctoris )« 

Londini Scanorum^ 1682, in-^.

Tous ces titres annoncent deâ éditions différente da mém» ouvrage. Il est assez rare, quoique réimprimé plusieurs fois» Christian V , roi de Dancmarck , l'a fait brûler par la main du bourreau , et a menacé l'auteur de la peine capitale , s'il osait paraître dans ses états. Voici les propres termes d» cet édit :

Nos Christianus V^ Dei grcijtifi.^ Daniœ et Norpegim rex , etc. , etc. quemlibet ceriiorem Jacimus seçuentikm : Nempe quum acceperirnus quemdam , Johannetn Lyêemmi , sçandali plénum conscripsisse . Idbrum , cum titulo- i Das Konigliche Marck aller Lander ; eumqne in GermAnia typi9' descriptuni in nostra régna importasse j nos severe hoc nostro edicto prohibitiim velle y ne illud scriptum in ienis nostrœ ditionis vendatur , net^e pênes ullum e/r nosùris dilectissimis cipihus toleretur celeturue. Itaque omnibus serio prœcipimus , ut non tantum ab eo légende abstineant; sed éi il quix habeapù cxempla , illa in cipiiatibus nostriê ad


CoTtsuîes déférant et sen'a/ores ; in ogTo autem ad prajcctos nosiros , tjui ad canccllariam omnia transmi tient , unde postmodo deprompta carnifîci tradentur puhlicitus cornhum renda. Si quis rûperiatùr efus modi quoddam exerr.pîar 4ibdere mulctabiùir milh imperiaîihus : qm^iiim nUeriim dinridiuTti in nosiri public i Valetudinani ; alterum ^lorurn in panperum cedet iisum , qui in eo versaniur lovo ^ ul ^ dcUc» inm commitiitur. Idtsm si opibus ita linud valeat , ut resol" T^ere hanc possit mulctom , corpore lufti, Prœteren ^und.i:n ^ qiiem dîMimus Lyserum ^ proiinus nostrœ ditionis terris ccdere jubemns , in illisque nunquam amplius apparere , nisi capi^ Us plecti v^if supplicio, Datum in arce Hajhiensi d. i5 martii 1677. CHRISTIANUS.

Jean Lyser , docteur de la confession d'Ausbourg , s*cst déclaré Tapôtre de la polygamie avec une passion difllcile à concevoir. Il consuma sa rie et ses biens pour prouver que , non-seulement la pluralité dea femmes est' permise ^ mais qu'elle est même commandée en certains cas (1). Il voyagea avec assez d'incommodités en Allemagne , en Dane- marck, en Suède , en Angleterre et en France , pour recher- ctier de quoi appuyer son système. « Son entêtement sur la pluralité des femmes, dit Bayle, surprend d'autant plus ^ qu'une sculo l'aurait fort embarrassé. » C'était un petit homme un peu bossu, maigre, pftie, rêveur et inquiet. Après, bien des courses , il se fixa en France : il vaécut dans la misère à Paris. Comme il était très-fort aux échecs , il alla à Versailles » espérant trouver , par le moyeu de ce jeu ^


(i) Un nommé Martin Madan, ministre anglais, afaie un livre inti- tulé : Thcliptora ou Traité de la séduction des Fanma , dans lequel il soutient Putilité et U légitimité de la polygamie. Ce Madaa est mo.içc

en 1790.


ùy6

quelques ressources à la cour; mais, la fortune lu! étante toujours coutrnire , il voulut , quoique malade , retourner à pied à Paris ; et la Fatigue augmentant son mal, il mourut dans une maison sur la route , en 1684. On trouva , dans ses papiers, une liste curieuse de tous les polygames du siècle* firunsmann , ministre à Copenhague , a réfuté sa Polyga^ mia trlnmphairix dans un ouvrage intituU : Polygainia iriumphata ^ 16891 et dans un autre ouvrage intitulé t Monogamia victrix , 1689 , ««-8.

M ABLY. Observations sur THistoire de France* Par M. l'abbé de Mably. 1765, a 7)oL in-i^.

Cet ouvrage , <^crit comme tous ceux de ce célèbre pnbli* ciste , avec beaucoup de chaleur et d'un style ferme et Xiobic , a clé proscrit par l'autorité supérieure en jyGS. Le gouvernement n'a point vu avec plaisir la liberté et la manière courageuse avec lesquelles l'auteur défend /'dans- ce livre , les droits de l'humanité contre les princfcs ambi- tieux • qui regardent les autres hommes comme nés pour l'esclavage. L*abbé Bonnot de Mably» né à Grenoble y en

mars 1709 , est mort à Paris le 23 avril 1785. II était le

'1 frère aîné de Condillac, On trouve à la tête des Entretienm

de Phocion , jolie édition stéréotype publiée dernièrement*'

chez M. Renouard , une notice raisonnée , très-bien faite ^

des ouvrages de l'abbé de Mably.

MAFFEI. Scîpîonîs Mfiffèî Commentatio cje Fabula eqnestris ordinis Constantiniani , ad Gisbertum Cupenim. Pansus , I724,2>2*4 ^ e% prius Tiguriy 171^1 i«-4.

jCet ouvrage a été supprimé , parce que l'auteur combat


t opinion de ceux qûî pensent que l'ordre dont îl est ques- tion , a été créé par Constanlin-le-Grand, et conféré par ses successeurs , tandis que cet ordre a été institué en 1190 par rcrupereur Isaac-Ange Comuène.

MAHOMET. Alcoranus Mahometîcns. Edirio litterîs arabicis excusa , opéra Pagninî Ërixieusis, Venetils ^ circa i53o.

Les exemplaires de cette édition sont excessivement rares , parce qu'ils ont été supprimés et condamnas au feu par la cour de Rome. J'ajouterai à cet ariiole le suivant : « L'/^/- corano di Macometio , nel quale si contienti ta dottrina % la vita , * costumi e legçi sue , tradoUe nuopamente , dalT^ araho in lingna italiana y (pery^nd, Arrii>abene, ) In Veno- zia , 1547 ) 2/Ï-4' O'^ ^^' assez d'accord que cette édition est fort belle , recherchée des curieux et des amaipurs , à cause de sa rareté occasionnée par la suppression exacte qui en a été faite. On prétend que cette traduction n'a point été faite sur l'original arahe , comme le tilre le dit, mais sur la mauvaise version latine de Aoh^ri Retenensis, UAt^ icoraii a été traduit en latin par Maracci > en anglais par Salle , en français par Duryer et Savary, en allemand par Salomon Schweiggcrn , c/c, d/c. Mahomet, né à la Mecque en 670 j mourut l'an 632.

MALAGRIDA!*Tractatus de vîta et fmperîo Antî- christi, auctore Gabrieli Malagrida.

Cet ouvrage a été condamné en Portugal par i'inquisiiion*. Voici le compte qu'en rendent 1rs auteurs du Dicùion%iiré hisùoriqite, « Lorsque la Sainte Vierge , dit le père Nfala- grida , lui ordonna d'écrire sur cette matière 9 elle lui dit ^


ft Tu es Je AN après z//i autre Jean, r^uiis Beaucoup p/mM cluf tiC plus profond. Si l'on entend bien les saintes Eeri» turcs, dit-il ensuite, on doit s'attendre h voir paraître trois Aniockrists ^ Je Père» le Fils et le Petit-Fils. Comme il est impossible c|u*un setil puisse subjuguer ou ruiner tout \m inonde , il est plus naturel de croire que le premier Ante* christ commencera Tempire , que le second l'étendra » et qu* le troisième fera les désordres et causera les ruine» dont il est parle dans V Apocalypse. Le dernier Antéchrist aura pour pctc un moine et pour mère une religieuse. II verra le j-our dans la iriilo de Milan en Italie, l'an 1920, et îl épousera une des Fuiies infernales nommée Proserpine% Le seul Bont de MtJrie , sons être accompagné des mérite» de» bonne» couvres , ayant fait le salut de quelques créatures « la mer» do ce dernier Antéchrist, qui sera appelée Marie ^ sera sau- vée à cause de ce nom , et par égard pour Tordre religieux dont elle sera professe. Les religieux de la société de Jésus seront les fondateurs d'un nourel empire destiné k Jésu8«» Christ , et ils feront la découverte de plusieurs nation» tres* nombrcuscs. >» Vn autre ouvrage du père Malagnda, qui n'est pas moins ridicule que le précédent, est celai qa# nous alloiis citer , et qui est écrit en portugais.

MALAGRIDA. La Vie de Sainte Anne, composée avec Tassistance de la bienheureiise Vierge Marie » et de son trcs-saint Fils.

i

Cet ouvrage a été condamné par le tribunal de rioquir» sllion ; et on n*en sera pas surpris quand on verra l'extrait suivant, tiré de je no sais quel auteur, et rapporté danf ]e Dictionnaire historique que j'ai cité plus haut. « Sainte Anne» dit le jésuite visionnaire , fut sanctifiée dans le sein de sa mère ^ comme la bienheureuse Vierge M^rU lo fut


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dans celui de Sainte Anne : privilège qui n^a jamaîb cti accordé qu'à elles deux. Quand Sainte Anna pleurait dans le sein de sa mère , elle faisait aussi pleurer les Chérubin» qui lui tenaient compagnie. Sainte Anne ^ dans le sein de sa mère , entendit, connut , aima , servit Dieu de la mémo manière que font les Anges dans le ciel ^ et afin qu'aucune des trois personnes de la Sainte -Trinité ne fût jalouse de son altention particulière pour l'une d'entre elles » c^lle fit vœn de pauvreté au Père éternel , vœu d'obéissance au Fils éternel , et voeu de chasteté au Saint-Esprit... Sainte Anne ^ qui demeurait à Jérusalep , y fonda une retraite pour soi- xante-trois filles. L*une d*ellcs , nommée Marthe^ achetait du poisson y et savait le revendre dans la ville avec beau- coup de profit. Quelques-unes de ces filles ne se marièrent que pour obéir à Dieu, qui, de toate éternité, avait destiné ces heureuses vierges à une plus haute sainteté , que ne fut celle iIqs Apôtres et de tous les Disciples de Jésus-Christ. St, Lin , successeur de St. Pierre , naquit d'une de ces vierges ; une autre fut mariée à Nicodème ; un« troi- sième à Se, Mathieu y et une quatrième à Joseph d'ArSm malhie ^ etc., etc. Cet enthousiaste s'attribuait le don des miracles. Il confessa de vive voix devant les inquisiteurs ^ que Dieu lui-même l'avait déclaré son ambassadeur ^ soa apôtre et son prophète ; que Dieu l'avait uni à lui par une union habituelle ; que la Vierge Marie , avec Tagrénent de Jésus-Ciirist et de toute la Sainte-Trinité , l'avait dé- claré son fils. Enfin , l'on prétend qu'il avoua avoir éprouvé dans sa prison, à soixante - douze ans', des mouvemens qui ne sont point ordinaires à cet âge ^ et que ces furpi* tudos lui avaient fait dans le commencement beaucoup de peine ; mais que Dieu lui avait révélé que ces mouvemens vc provenaient que de TefTet naturel d*une agitation invo* lontaire , par laquelle il avait autant mérité , que par Uk


priffrc!. y> De pareilles rêveries ne mërltaîeHt sans doQte pat que l'on fit périr par les flammes le père Malagrida ; maU il fut accuse de quelque chose de plus sérieux. XiOrsque le ddc d'Avciro forma sa conspiration contre le roi de Poriu!>al , il consulta , dit-on , trois jésuites ; savoir » le père Malagrida , le père Alexandre et le père Matbos. Ces casuisies , ajoutc-t-on , décidèrent u que ce n^élait pas seule- ment un péché véniel de tuer un roi qui persécutait les Saints, » La conspiration ayant été découverte , le roi chassa les jésuites, et ne retint que les trois en question^ mais il ne put obtenir de Rome la permission de faire juger le pbiW' Malagrida : il le livra donc à rinquisition» qyi le con- damna an feu , non pas comme complice de régicide , mais comme faux prophète , parce que ce fou prétendit avoir leu , dans sa prison , une révélation de la mort du roi (i)» Il aiiirma , de plus, au tribunal de Tinquisition, qu'il avall en une vision intellectuelle des peines auxquelles sa ma** jesté était condamnée pour avoir persécuté les religieux de son ordre. Ces absurdités firent hâter son supplice ^ et il fiu brûlé le 21 septembre 1761^ à soixante-quinze ans.


( I ) Le roi n^était point morty mais bien le marquis de Tancours; et Malagrida , enferme dans sa prison , ayant entendu les décharges d*nrtilleric qui avaient lieu à Toccasion de la mort de ce marquis » général en cViff de la province d'Estramadure , crut que ces décharges annon* çaicnt In mort du roi, et il débita le lendemain ses rêveries contre lc( roi : il n'en fallut pas davantage pour presser son supplice. Je n'affirine rien sur la vérité de tous ces faits ; les ennemis des jésuites les ont singulièrement grossis et envenimés ; leurs partisans les ont beaucoup^ attcînués : c*est au lecteur sage à se placer entre les deux excès ; cela lui est d*autant plus facile , que nous sommes éloignés de la fermeir* tacion qu'a occasionnée dans les esprits f à cette époque > U pred^ak destxuction des jésuites.


y


^81 MALDONAT. Summula casnum conscîentiâe, auctore Joanne Maldonat. Lugduni ^ 1664.

Cet ourrage posthume a été condamner parce que la morale y t^t trop relâchée. Les hiblioihécaires des jésuites l'ont désavoué comme indigne dr ]VIa)donat« Ce jésuite, célèbre théologien ^ né à Casas de la Reina dans FEslra* cuadure , en i534, ^^^ n ort à Rome le 5 janvier i583*

MANDEMENT. Mandement de TEvêqué d'AIais sur la mort de Louis XVf 1774, 2/*-4«:

Ce Mandement a été proscrit , parce que Tauteur s'esf élevé avec une sainte liardiesse contre le débordement deff nuiHirs du roi : il peint les suites malheureuses de ce débor- dement et les funestes effets du luxe des grands et des courtisans. Voici l'un des passages de ce Mandement, qui a sans rloute contribué à sa suppression* « Que le monarque aime Dieu, et il aimera son peuple, et il portera sea re^;a)(is bienfaisans des pieds du trône jusqu'au fond de ces provinces , dont les tristes habitans manquent quelquefois de pain ou le trempent souvent de leurs larmes ....; et Ton cessera bientôt de voir le royaume partagé , p^ur ainsi dire , eu deux classes ; dans l'une ^ les dépouilles des pro- vinces servir de trophée, au luxe et au faste de quelques familles , méprisables autant par leur origine que par leurs mœurs , qui ne voient jamais de superflu dans leur opulence ^ tandis que, dans l'autre , des milliers de familles , tirant h peine le nécessaire d'un travail pénible, semblent reprocbef à la Providence cette humiliante iniquité. » Le Mandement en question est ties->étendu , et , comme nous l'avattâdit^ ai contient des choses foites et des peintures éncrgiquss des


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évënemens du règne de Louis XV » de la rérolution mm». vée dans la magistrature, etc.

MANDEVILLE. The fable of the Bées or prî- vate vices publîck benefits, etc. ( par Bernard de Mandeville). London^ ly^S, in 8. -—The fable of the Bées , part. II. London^ hy Robert P^am^ick, 17^9, iVï-8.

Ce livre a été condamné aux flammes, comme renfermanli beaucoup de principes pernicieux. L'auteur prétend que les vices des particuliers tournent ^ ainsi que le laxe, an biea ^t à l'avantage de la société. Les crimes, selon' lui 9 soiit> Utiles , en ce qu'ils servent à établir une bonne législation*; Ce livre , réimprimé en 1782 , a été traduit en français.. Cette version a paru à Londres en 1740 ^ 4 ^ol. z/s-8« Du^ laurent a , dans son Arétin moderne , un chapitre sur Yuti'» lité des vices» Voici comment cet auteur eflVonté , qui a imité Mandeville, a traité cette matière. Je me garderai bien de citer le chapitre en entier ; le style et les principes de cet écrivain sont trop dégoûtans, pour qu'on ait le coa* rage de prolonger la citation. Dulaurent prend d'abord pour épigraphe : « Le mal est nécessaire au bonheur des liumains. » Ensuite il dit : « Les vices ont été plus utiles à la société que les vertus. Cette proposition n*est point un paradoxe : elle peut épouvanter les oreilles des docteurs ^ des casuistes et des moines; je n'écris point pour les sots» Lo Créateur , qui avait donné une petite étincelle de sa' liberté à l'homme» savait que l'homme était défectnenx oa devait le devenir : le Créateur savait tout. Les défauts clo la figure de boue devaient entrer dans Tharmonie de la boue de l'univers.. La nature ^ qui ne fait rien en vain, mtà


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mettant le mal dans le monde , araît ses vues , et ses vîtes sont toujours admirables. Un peuple vertueux aurait été inutile ; il n'eût formé qa'un peuple lâche, un© race propre à figurer les bras croisés sur les arbres, comme Sioiébn Stilit'e , à nourrir un cochon comme Antoine, ou à se donner de» coups de pierres dans Testomac comme un ancien docteur de l'église, à cause que la nature l'excitait à conserver soa espèce. »

« Les vices , dans leur origine , étaient aussi brutes que les hommes, lis marchaient > pour ainsi dire^ à quatre pattesf avec le roi dos animaux. Les arts et les sciences les ont éclaires de leurs Eanibeaux ; les charmes de la poésie leur ont donné ce ton de fa bonne compagnie qui commence à les re. an; respecubles parmi nous. Nos pères se soûlaient du ^io.s vin de Inir crû , nous autres nous ne buvons plus ; et si iKis nous avisions d'enterrer notre rstison dans le vin , iioi-o In perdrions dans le meilleur vin de Champagne ou cic?; iTu-iikurcs côtes de Bourgogne ; car , dans ce siëcle> un hoLTime obligé de manger des pierreSj choisirait assu- rément les plus blanches, »

cr La vertu qa'on oppose aux vices, est une chimère qui amuse les hommes depuis la création* Les profondes têtes de l'aréopage ont cherché long -^ tempk ce qu*elle était. Désespérés de la connaître , ils ont placé ce mat sur Tau tel : Ignoto Deo, Le mot de vertu a passé par mille générations , sans rendre nos devanciers ni plus Tertueux ni plus savans* Brutus , illuslre dans l'ancienne Kome , pour avoir prononcé ou fait . pronopcer ce mot plus souvent dans le sénat, avoua qu'elle n^était lieo ^ «u se repentît de n*avoir embrassé que la nue dlxion» v)Hlomon , le plus sage des rois, selon les vieux liyres, et le moins sage selon les modernes , prononça qu^etle n'était ^ue vanité. 11 voulut la sulvjre \ il la demanda au ciel \ U


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tie la trouva n! dans le temple oiagniltque qu'il araît fait

bâtir , ni dans les bras de seè maîtresses, »

ff La boue qui forma l'univers et le premier homme « n'eaC d'autre perfection que celle d'altérer sa forme. Le désordre qui devait naître de cette altération, était le seul bien qoi pouvait former Tordre général. L'optimisme du mondé était dans la décadence des choses essentiellement changeantes* La boue ne pouvait produire d'autre effet. Les vertus qu'on pouvait imprimer sur cette boue, ne pouvaient cire que des caractères imprimés sur le sable ; l'argile grossière que, IcT nature avait animée était changeante : pouvait-elle être capable d'un état permanent comme la vertu ? »

ff Les vices ^ leur variété , lour changement convenaient à l'optimisme du monde ; c'était de cette multitude de défauts que devait naître le bien général (i). L'ordre im«  primé sur toute la nature, n*c8t que l'heureux effet des cban«  gemcns qui lui arrivent : les vices sont pour l'homme , ce que les défectuosités que nous apperccvons dans la nature sont pour l'univers. La nature ne pouvait agir qu'avec |a chimère du bien et l'essence du mal : elle n'avait point d'autre fonds sur lequel elle pouvait travailler pour le faire: elle a réussi par les vices ; Touvrage était manqué par les vertus. » Revenons à Mandcville. Il a composé encore des Pensées libns sur la Religion , qui firent autant de bruit que la Fable des Abeilles , qui fait l'objet de cet article* Bernard do Mandeville, médecin hollandais , né à Dort ^ est mort à Londres en lySS, Agé do soixante-trois ans*

MANTDANUS. Baptîstae Mantuanî (Spagnolï)il


«M^


(i) Voytz la PabU des Abeilles.


1285 Carmelîcse opéra omnia. jinlvfrpia , apud' Joannem Bellerum ^ 1676, 4 ^oU inS»

Cotte c'dition de ce pocfte lîngulier est Fort bonne, maïs excessivement rare , parce que les exemplaires en ont ëlé^ pr(>s([iio tous hrùlên. Celui que nous citons existait dans la bibliothèque de M. Crevenna k Amsterdam. « L'esprit da cet auteur était si fécond , dit le Dictionnaire îtisioriquô^ cju^il enfanta plus de cinquante - neuf mille vers» dont la plupart sont semés de pointes , et n'offrent qu'une facilita molle et languissante. Parmi ses poésies ^ on distingue set T.glv^nes , dans lesquelles il est tour k tour épicurien et duvot. Il détruit , dans l'une» la croyance d'une autre vie ; et dans l'autre , la Vierge apparaît k un berger , et lui pro- met que cr quand il aura passé sa vie sur le Carmcl , elle l'enlèvera daos des lieux plus agréables» et l'y fera à jamais habiter les cicux avec les Dryades et les Hamadryades. », Nouvelles Saintes, que nous ne connaissions pas encore dans le parûdis. Ses ber{.;erM sont d'une grossièreté dégoû- tante. Il s'emporte jusqu'à la fureur contre le^ femmes et contre les < cclcsiantirjiie». Contrr les femmes, parce qu'ap- paremment le versificateur Mantoifan n'avait pas pu leur:, plaire ; et contre les ecclésiastiques , parce que les charges de son ordre n'avalent pas pn satisfaire son ambition. C'est surtout dans son p(>eme de ia Cntamité des J^tmps , qu'il s'acharne contre ces derniers avec un emportement, digne de YAiétin, Ses autres poésies ont pour objet des sujets dé morale » ou les éloges des Saints. » Baptiste Spagnoli , dit le Mantouan, né en 14^4* est mort en i5i6, trois ans a[)rès être parvenu au gcnéraiat de son ordre. 11 ètait^ carme.


sS6 MARÉCHAL. Almanacli des honnêtes gens (par Sylvain Maréchal )• 178S, 1/1-8 ou iAt-i2,

Voie! comniciit M. D. L. L iHrrtnto le sort qn'a

eu cet ouvrage, et ce qu^il a vajn à son aiiffur. <c Su 17^6, Maréchal fit imprimer sou .■îi'rn::riivh ihs honnêtes gens : y mit Jésus-Chiist ; mais il y [)ldça Ninon. [/A\'Oi;u gënëral Séguicr , déjà déshonoré parmi les ]^::cns da lettres, crut y voir des rapprochrmens peu liivorablps à la religion. Il £t, le 7 janvier T7H8 , un réquisitoire au parlement « et il y eut décret de prise de corps. F.es parlementaires claîent ignoran8 et superstitieux : ils n'aimaient pas les gens de Jettres. Pour soustraire Maréchnl à cette persécution , on demanda une lettre de cachet ; mais le commis qui IVz- pédia y eut la maladresse de mettre Saint-Lazare ; car )• ne crois pas que les gens en place aiiiit eu envie de flétrir un jeune homme pour un motif si ridicule. Ce petit évé* nement lui fit un trrs-grand tort. L'opinion publique n'ad- met point de ménagement ; et Diderot avait été refusé k l'académie française, parce qu'il avait été enfermé quelque <emps à Vincennes. ( Voyez la Nott'ce sur Sylvain Idar^ fhalj 8 novembre ]>8o3 , pAge 3. ) « Il s'en faut beaucoup que cet Ahnanach des honnêtes gens soit la plus mauvaise des nombreuses et abominables productions de Sylvain ■ ^laréchal. On a encore de lui ses 'Fragn:ens d'un Poème moral sur Dieu , ou le Nouveau Lucrèce ^ 1781 ; —1 son Liipre échappé au Déluge^ ^7^4; ce livre lui fit perdre sa place à la Bibliothèque JUazarinc. t-* Son Culte et Lois d^unû Société if hommes sans Dieu j 1797, i//-ia. ►- Ses Pensées libres sur les Praires ^ '79^» /«-12. «—Son Lucrèce Jrofi» ccjt's , 1798 , iu'S , etc, , etc, etc. Mais ses deux ouvrages let ridicules daus ce genre , sont : le Dictionnaire des yiifiées fait en société avec M. D. L. L. . • . ^ et imprimé pac




Comminge ; il renferme huit cents articles ; c'est-à-dire , Iiuit cents noms de prétendus athées, parmi Usquels oa est tout surpris de trouver Jésus-Christ , Socratey Féjiélon» Bossuet , etc. L'autre ouvrage est : Pour et contre la Bible ,

par Sylvain M / apec cette épigraphe , tirée du véné'^

rable Bède : « Le Livre de l'Ecriture sainte doit être fermé au peuple. » A Jérusalem , ( Paris ) 1801 , i vol. zn«8. C'est* dans celle étrange production que Sylvain Maréchal épanche- le plus sa biie acrimonieuse sur ce que la religion a de plus sacré. Qu'on en juge par l'extrait suivant que me four* nit la Bibliothèque française du savant M. Pougens , z\^' année , n.o IH. Qui pourrait lire en entier un livre' ainsi exécrable ? On verra jusqu'à quel point de démoralisation' nous étions parvenus , puisqu'un écrivain a eu l'impudeur de publier une pareille diatribe. Voici comme il s'exprime sur le saint Evangile : v Livre aflVeux, dont chaque ligne a fait couler des flots de sang et de fiel! un jour nos ne» veux feront amende honorable de la crédulité de leurt . ancêtres. Devançant cette époque , peut-être » hélas ! bien' éloignée , et rougissant pour l'espèce humaine à laquelle j'appartiens» je veux du moins marquer la première année du dix-neuvième siècle , par une solennelle protestation contre le culte prostitué depuis si long-temps au plut ' absurde , au plus inutile, au plus immoral et au plus mal«  faisant de tous les livres. »

« Et toi ( Jésus-Christ )» dont la vie fut si conforme au scandalo de ta naissance (page 897) et à l'infamie de tft mort! Enfant ingrat , parent dur, citoyen dangereux! Egoïste vil » qui nejut ni époux ni père ( Bateleur ftiaU adroit, mauvais génie , qui te vantais grossièrement d'a>i voir des légions d'anges à ton service! Toi , qui, pendant ta mission infernale, reniait ta mère, /roi/Z'/^7fV les familles, débauchait les cnfans de la maison paternelle -, rajusalc


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la sépulture aui itiorfs , -prêchait l'intolérance %\, la perses cution ! Hjpocrite ambitieux qui voulus cfFacïér Mojrsc , si supérieur à toi ! Avanlurier ignorant cotrime tes complices «  que tu allais chercher sur le port ot dans le» tavernes I Misérable chef de secte , Mche et fanatique , qui ne sus pas même mourir , et qui , aux approches de ton châti- ment suas du sang, tant la peur agissait sur tes organes I Je ne souillerai pas la mémoire de Socrate, en t*oppo- sant les derniers et sublimes moniens de ce vénérable phi- losophe! Christ > périsse ton nom ! ou plutôt qu*il soit voué au mépris du sage et à l'exécration des peuples ^enfin détrompés ! » L'auteur qui nous fournit cet extrait , y ajoute : « Après cette apostrophe , le berger Sj^lvain a la bonté de nous rassurer , en nous affirmant que ce Diewi^ TiQfnme , ce monstre , n*a jamais existé, » Et notez qu'il. Pavait placé parmi les honnêiei ge?is dans le bel Almanach ^ui est en tête de cet article. Le même auteur de l'extrait' y dît un peu plus bas , toujours en parlant de l'ouvrago- de Sylvain M...... : « Est-ce là le langage d'un ami de la '

vérité? Le philosophe éclaire ses semblables sans secousses , sans moyens coeicitifs ; et quand il leur présente le Haro- beau de la raison , il a soin d'en adoucir Téclat , et do les accoutumer par degrés , à en supporter les bienfaisans rayons. L'athéisme, que prêche si scandaleusement le ber- ger Sylvain , n*aura jamais , quoiqu'il dise , de nombreux prosélytes ; cette funeste doctrine ne convient pas aux états civilisés où Tinstruciion n'est point égale partout Nous ' ne craignons pas d*étre accusés rci de fanatisme ; mais nous dirons au citoyen S. M. ... : la religion qui remédie aux

inaux que les lois humaines ne peuvent pas toujours pré«  venir ; la religion qui épure le bonheur et adoucit l*infor«  tune, qui établit la véritable et parfaite égalité entre lea bommcs^ la religion enfin qui dispenserait peut-êtta -da -


nBgi

tOMie loi pénale , sî tous les Iiomm«s la pratiquaient exac-' tement> entre tiécessaireRient dans la constiiutioo d'un «tat , comme principe ou comme moyen : elle existe avant les nations. La religion naturelle a gravé dans le ccetir de Vhomme les principes de la morale et de la justice ; elle lui inspire , dans ses souffiVinces ou ses dangers > ce recours naturel et de premier mouvement Vers i'Etrc suprême. » Je ne parlerai point ici des autres productions littéraires de Sylvain Maréchal, elles sont étrangères k mon sufet7 cependant on remarque dans toutes une teinte des principes a^nti-religieuit de leur auteur. Né il Paris le i5 août lySo^ il y est mort le 18 janvier i6o3.

MARGAT. Histoire de Tatnerlan, Empereur des Mogols et conquérant d'Asie. Par le père Mar» gat. Paris f ij^s,, 2 ml. 1/1-12.

Cet ouvrage a été prohibé» et les eiexoplaires en ont été. confisqués ^ cependant il n'est ni rare ni cher.

r

MARGUERITE. Le Ùîrw de r>ame pArheresse ; . par Marguerite de Valois » Reine de Navarre t' i533, ini2. * ■ -


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Qui croirait que la mais, qui s tracé VH^ptoméron ^ oa les Noupelles {de la Reine de Nat^arre ) , eiûtécrit urr livrai de dévotion qui a été censuré et condamné par la Sorbonne ^ mais dont l'université a ensuite désavoué la' censure? Voici à quel sujet ce Miroir a vu le jour. Marguerite, passion- née pour les belles-lettres , protégeait les savans et désirait beaucoup s'instruire. Cette ardeur dé tout apprendre lui fit prêter l'oreille à quelques théologiens prO^esUos , qui

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cherchèrent à Tattlrer dans leur parti : elle les écouta» et. composa i ce sujet le Miroir en question. La censure de- la Sorbonne , bien loin de la faire rentrer dans le chemiu dont on l'avait écartée , lui inspira encore plus d'intésêt pour les proiestans , qui étaient malheureux et persécatët. Elle les traita le plus favorablement qu'il lui fut possible ^ et en déroba beaucoup k la sévérité des lois ; ce fut même à sa sollicitation que son frère , François L^r^ écrivit an parlement en faveur de quelques hommes de lettres poursuivis, parce qu'on les soupçonnait de favoriser la réforme naissante» Marguerite de Valois , duchesse d'Alençon, reine de Na<* varre , sœur de François I.pt , et fille de Charles d'Orléans^ duc d'Angouléme > et de Louise de Savoie , naquit à An* gouléme eu 1492» et mourut au château d'Odos>en Bigerre» le 2 décembre i549* Elle a composé , outre les deux ou- vrages dont nous avons parlé ( le Miiii>ir et les Noupelies ] , plusieurs pièces e^'Vers q\ii ônréré teeneMIies soUs ce litre: Les Marguerites de la Marguerite des Princesses , Lyoo ^ Jean Détournes , i547 « ^*B. Marguerite de Valois ^tjuoique auteur d'ouvrages fort libres , avait des mœurs àrès-perii^i ; et en cela elle différait beaucoup de Marguerite de France «  soeur de Gh&rlé»*IKiét ^reftiKire femaie de Heari IV « ^ui était seulfutpejftt prince de Bédicn- , brsqa^il l'épousa en- «Sya , peu avant le massacre. Cette Marguerite étaif fi débauphée, qae Charles IX , après avoir signé son contrat de mariage ^ dit : « E^tlonnant taa sœur ^argot au prindedo B^aroi^ je la donne à tous les huguenots du royaume, m

MARIE. De Maria Scotorum regina , totâque ejus contra regem conjuratione » fœdo cum Bothwelio adulterio, nefarîa in mari tu m crude- litate et rabic, hoireodo insuper et deterrioiQ


ejiTS parric^'dîo : plena ^ (ragica plané hisioi ia^ ^ine looQ eu 4mno.

Cet ouvrage, ectréarement rare^ a été supprimé et très^^ {)rohîbé en Angleterre. Marte Staatt , reine d'ficôsse > né«  en 1642 > a été décapitée « par ordre d'Ëlîsabetii >, -dans le château de Fetfaering^Cay ,» le 3 février i587« 

MARIAGE. Lq8 avantages du Marî^^, €t combien il est nécessaire et salutaire aux Pr'étrei et aux Evêques de ce temps- ci d'épouser une fille chrétienne. 5raa:;tf//ej (Palis)» 1758. 2 lom*) en un qjoL /a-iâ*

3'ai déjà parlé <ïe cet otrvrage à Tartlcl^ Dbsfosges f t«l est le nom de l'auteur : j'ajouterai ici que ce livre it été condamné par arrêt du parlement, et que le Traité da Cœlihatu et T^iduitaùe d*André<^Rodolpbe Carlosladt a eu le même sort ; le parlement i*a supprimé le aa mars i5ii» Un autre Traité, Contra papisticas leges sacerdotihus pro^ hibentes matrimonium apologia Pastoris Comkergensis qui nnper sins écelesiœ consensu uxot^m duxit ^ a été également condamné par le même arrêt» sur la requête du coogile de Trente.

MARIANA. Joannis Marianae Hispanî, ë i^oc. Jesu , de rege, et régis institutione Libri IjiX ad Philippura III Hispanise regem catholicmaa» Toletif apud Petrum Rodericum » 16999.

Cette édition originale fst aussi rare que lei éditions


postérieures ( mutilées ) sont communes. Ella paru dans le temps ( chose singulière ) avec plusieurs approbations et avec le privilège du roi d'Espagne ; mais la cour de France , qui découvific dans ce livre des sentimens séditieux et in«  juricux k la majesté et à l'autorité des roia , le fit cod« . ^afnner au feu par arrêt du parlement de Paris, le 8 juia . 1610 > et obtint la suppression des exemplaires es Espagne^ Les éditions postérieures n'ont qu'un prix commun : on. n'y trouve plus les passages abominables qui ont fait coq* damner ce livre aussitôt qu*il parut. L*auteur y soutient qu'il est permis de se défaire d'un roi pour cause de reli- gion ; il y admire l'action détestable de Jacques Clément , et ne craint pas de l'y nommer Gallice œternum decu9^ Aussi prétendait-on que Ravaillac avait puisé dans cet oa«  vrnge l'exécrable dessein qu1I exécuta contre la vie de Henri IV. Mais cela n'est point avéré. La Sorbonne cen- sura cette production dangereuse , et le parlement da paris la condamna par arrêt à être brûlée; elle fut linéme désapprouvée par les supérieurs de l'ordre des jésuites { cela n*empécha pas qu'elle ne fit ensuite beaucoup de tort à cet ordre* La seconde édition de ce libelle injurieux À paru à Mayence chez Bathazar Lippius , en i6o5«On pré* tend que ce sont les jésuites qui ont fait imprimer cette seconde édition , après en ayoir retranché ce qu'il y avait de trop fort dans la première; et qu^ensuite ils ont fait courir le bruit que c'étaient leurs ennemis qui avaient fait réimprimer ce livre. Ce qu'il y a de certain , c'est que Lip- pius était ami des jésuites.

On a publié à Paris un ouvrage ayant pour titre : Anii^ Mariana , ou Réfutation des propositions de Mariana , pour montrer que les princes souverains ne dépendent que d^ Dieu en leur temporel. Paris, Métayer ^ 1610, </s-8.


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M ARIANA. Joa. Marianae ë Socîetate Jesu Trac* tatus septem , de adventu B. Jacobi in Hispa^ niam : pro editione vulgata : de speotaculfs : de monetse mutatione : de die mortis christ! : de annis Arabnm : de morte et Immortalitate» Colonict y Agrippina » Hieralus, 1609 » ^^'/^^^

C'est un do ces sept Traités ( de Moneiœ muiaùîon6}f qui a suscité un procès trcs-sérieui au jésuite Mariana , et non pas son Liber de ponderihus ei mensuris , Tolcti, 1699 ^ in-^ , comme l'ont prëtenda Oebure dans sa Bibliographie ^ D.o 5357, Crevenna dans son premier Catalogue^ i'^4«  tom. 5 , pag. 242 , et plusieurs autres. Ce procès a été intenté audit Mariana, par le fiscal don Lilîmon delà Mota,en 1610^ «t instruit par-devant don François de Lossa, évéque des Canaries ^ juge à ce délégué par le nonce apostolique. Oana le rapport du fiscal , le jésuite est accusé de crime de lèse - majesté , pour avoir osé affirmer dans son Traité de Monetœ mutatione ^ sans aucun égard au respect dd à sa majesté et à ses ministres , que le changement opéré dans la valeur de la monnaie y portait un coup pernicieux AU crédit do Tétat » et que les représentans de la nation n'envisageaient que leur intérêt particulier , se souciant peu des calamités publiques , pourvu quVlles leur procurassent la grâce du prince. Plus bas , il est accusé d'avoir déclamé injuricusemcnt contre le gouvernement , l'inculpant de véna» lité , otc. Décrété de prise de corps par suite de ces acctt«  salions , Mariana fut mis aux arrêts dans le couvent des religieux franciscains de Madrid , où il s*occupa d'un Mé«  moire justificatif, dans lequel il dit, qu'âgé de soi xame- treize ans , quand il s'attendait à recevoir quelques rétri- butions pour les nombreuses fatigues qu'il avait endturéea


àç4

Fespace dfe cinqtraafe-six airg emproyés aa service cFe fat r^ligioo et de Tétat, il oe trouve, poer toute récompense , que la rigueur d'une prrsoD* Cette défense est datée du 3 novembre 1609^ Le procès ne Ait pas jugé , et l'accitsé^ recouvrit sa liberté un an après son emprisonnement. Ce qui rend cet ouvrage très'rare , c'est cfu'il y eut on ordre secret dn roi , consigné dans une lettre écrite par sa ma«  }estè catbolique à don François de Castro , pour fairor acheter et recueillir avec soin , et sans brurt , tout lea exemplaires de ce livre , avec injonction expreste de les brûler».

L'erreur de Debure , dont j'ai parlé pies tiaot , a àanné beaucoup de célébrité au Traité do Ponde rid-us e fi mensuris^ pour lequel l'auiear n'a poini été inqttiété.

Tout le monde sait que le père Mariana est aiftevr Sw^0 bonne Histoire d'Espagne , qui a d'abord paru en vihgM cinq livres ( latin ) ^ à Tolède ^ chez Pierre Roderig&y ïSg^t in^fulio. Elle a eu beaucoup d'éditions ; U y en a utfe éga* lement en vingt-crnc; livres, imprimée à Tolède^ chez Thty* mas Gusman , iSçS , in^foL Celle de Francfort, MArjiùts ^ 3 606 > in^foL a trente livres. La traduction du latin en esp»«» gnol , faite- par IMariana lui-même, a été donnée k Mm^ drid y en i6c8, 2 pol. in^oL Antre édition de la m^raetra^ duction , Madrid^ i65o, a t^oL in-Jol, Autre de la méme^ "Madrid ^ 1669, a DoL in-JoU Autre de la même, Ambètet ( Léon de Francia ) , Bousquet , 1787 — • î73g» 16 vol^ »s-is«  Cette édition est la seule qui contienne la continiiatiaa de Miniana ; mais elle est pleine de fautes typographique^^ Autre édition de la même traduction espagnole, magnifia quement exécutée par Ibarra y à Madrid , en 1780 , a P0I4 fn'foL L'édition latine de la "Haye » 1783 9 4 tomes en » l^o/. in-foL renferme dix nouveaux livres de continuation donnés par le père Miniana ^ ayeo portrait» des xoîs. It#


traduction française , par le père Josepli^Nî colas Charen- ton , a paru chez Lemercier , à Paris , en ly^S, S vol» '/z*4f avec les médailles des rois Goths.

MARMONTEL. Bélisaîre , par MarmonteU

Paris f ^7^7» ^^'^9^S'

Cet ouvrage si connu , a été condamné et censuré par la Sorbonne , en 1767 > à cause des écarts , dit ta facullé» que l'auteur s'est permis contre la foi catholique dans le i5.* chapitre rfe cet ouvrage. Marmoniel avait écrit à Tar- chevêque de Paris pour lui déclarer qu'il signerait la pro- fçssîon de foi qui lui serait proposée , et qu'il donnerait toutes les explications qu'on voudrait exiger. Cela n*a point désarmé la Sorbonne , parce qu'elle se rappelait que le» explications données en pareil cas par Montesquieu au «ujet da livre de V Esprit des Lois , et par Buffon sur VHis" toire naturelle^ avaient été insuffisantes pour réparer te scandale donné (i). En conséquence, elle a procédé à fà censure , qui a porté sur trente-sept impiétés extraites de Bclisaire, Cela a donné lieu à un petit écrit intitulé : Les irenCe-sept Vérités opposées aux {rente - sept Impiétés da Béîisaire , par un bachelier uhîquisle. Le Mandement de l'archevêque de Paris, pul^lié au commencement de 1768, contre Bélîsaire ^ le condamne colïime Contenant des pro- positions fausses , captieuses, téméraires , scandaleuses , impies , erronées , respirant l'hérésie. M. Bret , censeur de l'ouvrage , ayant été rayé du tableau pour avoir donné son


(i) Ces deux ouvr-ages, VEsprit des Lois de Montesquieu et les Epoques de la Nature de BufTon , devaient être censurés par la Sorbonne i maia la soumission des auteurs k ce que le clergé exigea d*ettX| et les explT- cfttions qu'ils donnant, emp^hèrent h ceiisuTe*


approbah'o'o I tëpondit au lieutenant 6è palîce f i[Crî i>1ait lo plaituire en lui annonçant sa radiatian : « "Rh bieo^ monsieur , ne me plaignes pas tant ^ e'est un malbaar f mais co n'est pas un déshonneur. >» Le comte d*Artoifl f causant avec le dauphm sur Bélisairê et sur son auteur/ disait qu^il trouvait fort plaisant qu^nn cuistre, un pédant de coIl('*ge , comme Marmontcl ^ s'avrsàt de s'ériger en précepteur des rois et de leur donner des leçons ; que^ t*îl dépendait de fui , il feraif fustiger fauteur aux quatre coi ne de Paris ; et mol , reprit le daup.hin , je (e ferais pendre* tJno pareille anecdote est-elle bien digne de foi? Laharpe dit que Bélisaire a le défaut de commencer par être un joman , et de finir par être un sermon ^ mais que» malgré cela^ c'est dans ce livre que se trouve ce ^ue Taiitettr a fait de plus réellement beau : il y a de la véritable éloquence. ILc marquis de Langle dit : « Que l'époque où parut B^//«  eaire fit son seul mérite. Ce roman n'est qu'une capocinade. prcchée par un athée devant l'académie française. I^i Incas , ajoute de Langle ^ autre capucinade qui n*ent pae ^ comme héîisaire , la bonne fortune de la persécQlion. «  On reconnaît bien à Ce style Tauteur du Voyage en JTj* pagne. Marmotitel , né à Bort, dans le Limousin, en 1719 f est mort à Abboville , en Normandie , en 1798.

MARSILE DC Padoue. Defensor pact8#

Cet ouvrage y fait en faveur de Louis de Bavière, eontr«  le souverain pontife , a été condamné par le pape Jean XXIL Marsile de Padoue , surnommé Menandrin> quoi- qii^il ait publié son écrit sous le titre de Défenseur de la Pair , y déclare la guerre à la papauté. Voici quelles aont les cinq erreurs principales que Jean XXII a foodrojé^a dans cet ouvrage, « i.^ Quand Jésus-Christ paya bi tribal


«^


de deux draclimei , H le fit parce qu'il j était obliaé ; «t par conséquent > les biens temporels sont soumis à !'emp^ reur. 2.* Sainf Pierre ne fat pas plu#^ chef de Téglise que les autres apôtres :. il n'eat pas plus d'autorhé qu'eux , 9t Jésus-Christ n'en fit aucun ^ en particulier, ion vicaire ^ ni chef de l'église. 3.^ C'est à l'empereur de corriger et d% punir le pape , de l'instituer on le destituer. 4*^ Tous les prêtres , le pape , l'àrcbeTêque , le simple prêtre , ont une égale autorité, par Tinstitution de Jésus-Christ même , pour la jurisdiction ; et ce que l'tin a de plus que l'autre , vient. de la concession de 1 l'empereur , qui peut la révoquer. £.0 Le pape, ni toute Téglise ensemble « ne peut punir pei>* sonne, quelque méchant qu'il soit> de peine coactive , ai l'empereur ne lui en donne l'autorité. Le pape condamna ces cinq articles comme bérétiques , et Marnh comme héré» siarque. Vleuiy remarque que la condamnation da dernier article tend à la confusion des deux puissancea» la spiri- tuelle et la temporelle. Les peines coactives appartienneaC Il la puissance temporelle » que Jésus-Christ n*a point don* née à son église. Mais il faut prendre garde , qtt*eD von* tant trop resserrer le pouvoir des pontifes , on ne contribué à Je détruire. » Marsilcrde Padoue a été recteur de Tuni** veisité de Paris : il y avait professé' la théologie en i3ii» Dans ses ouvrages sur, les droits do sacerdoce et de l'enl» pire , il défend les empereurs ccmtre les entreprises dee papes y et quelquefois \t% défend avec un sele oatri»

/

MARTENNE. Vie de don Claude MartÎD t Bëo^^ dictin. ParEdmoo Malrleooe» Bénédicliii. 269^

Z/î-O. • '^

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Cet ouvrage a été aapprimé .par ordre snpéneor : f «a ' ignore la raison i il eat vrai que cette Yiejoanfimne biea


des détails puérils ; maïs on y tronre quelques partîeuT»^ rites curieuses sur l 'édition de St. ^4ugnstin de 1679. Ed|«  tnond Martcnne , sayant bf^nédictin de Saint Maur , né an diocèse de Langres en 1664, ^^^ mort le 20 jufn tySg* Claude Martin , né à Tours en 1619, est mort à l'abbaye de Murmoutier en 1696.

MARTIN. L'Ami des Lois (attribué i M. Martin de Marivaux, Avocat , ). lyyS, brochure.

Cet ouvrage a été condamné au feu par arrêt du par- lement du 3o juin 17^6 , comme séditieux , attentatoire 1^ la souveraineté du roi , et contraire aux lois fondamen- tales du royaume. Ce qui a .donné Wew à cette brocbare , ce sont des assertions aussi fausses qutï despotiques , que le chancelier ^laupeou mit dans la bouche du roi aa Ift de justice du 7 septembre 1770. Les voici : « Nous ne tenons, notre couronne que de Dieu : le droit de faire des lois nous appartient à nous seuls > sans dépendance et sans partage. » L'auteur prouve , par l'Histoire y que les rois n'ont jamais tenu leur couronne que de la nation; ce qu^ est avoué » non-seulement par l'Histoire , mais parle boo sens y et que le droit de faire des lois n'appartient point au monarque seul , etc, L*auteur avait envoyé un paquet d'exemplaires au parlement, afin que chaque membre eût le sien. Cette audace a excité la vindicte de la coor^ et m l^rovoqué le réquisitoire de Scguier. L*arrêt qui a condamné

Y Ami des Lois , a flétri de la même peine une autre bro* ehure intitulée : Le Catéchisme du Citoyen , o« Elémens i/is Droit public Jrançois , par demandss et par réponêés. Cet écrit, de lia pages, est dans le même genre que le pré-» cèdent. Ce M. Martin de Marivaux» présumé antent d»

Y Ami des Lois ^ était un jeune avocat boaitlast et plnik


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de zele poar ses clîens. Un jour qu'il plaidait ane cause

à la Tournelle ( le 2a juillet iJjS ) , l'avocat général d' A* guesseaa donna des conclusions contre lui ; Martin releva vigoureusement ce magistrat , le taxa d'avoir fait des rétî* cences coupables et d'avoir admis des faits fiiui : il pérora si éloquemment , que la cour donna gain de cause à ses ciiens. Mais M. d'Aguesseau , vivement offensé , était tenté de faire un réquisitoire contre le violent orateur. Cepen- dant la chose s'arrangea avec les avocats, et il fut con<«  venu que Martin de Marivaux irait faire des excuses à M. d'Aguesseau. Notre avocat ne s*y refusa pas. II monte en fiacre , va à l'hôtel du magistrat , et demande s'il y est ? On lui répond qu'oui. Aussitôt il détache son rabat , se dépouille de sa robe, les met en monceau dans la cour avec son bonnet carré , puis son mémoire par dessuSé Ensuite il remonte dans son fiacre et s'en retourne cbezlui, aveâ le. dessein de ne plus retourner au barreau»

Mx\TTHIAS. Joaonis Matthise Ramus olivae sep^ tentrionalis deeem partibuseditus. 1661 et 166^^

Cet ouvrage a été condamné et supprimé en Saéde« 

MELANCHTHON. Locî communes theologîcî, per Messer Fillppo di Terra nera (Philippe Melânchthon }• P^enetiis , in 8« 

La suppression de cet ouvrage est 9Lsse% singulière. I«# cardinal Séraphin l'a racontée k Joseph Scaliger , et Tan d beaucoup amusé. Cet ouvrage , publié sous le nom de Ph!<^ lippe de Terre-Noire ( Mélanchtkon signifie Terre" Noirm) ^ a été dcbitc k Rome avec beaucoup de succès. On en rede^ Siaodait coiHÎmielleBieiis des ei/ainplaites a« Istrair* dé


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Venise qui pouvait k peine y suffire. Par hasard on friA^ ciscain découvrit que l'ouvrage était du luthérien Mëlanch* thon. Il n'en fallut pas davantage pour faire condamnet aux flammes un livre qu'on avait approuvé auparavant,^ et qui ne renfermait rien d'hétérodoxe ; et, hien plut, oa voulait faire le procès au libraire de Venise : il en fut quitta pour brûler tous les exemplaires qui lui restaient.

MÉLANGES. Mélanges historiques et critiques^ contenant diverses pièces relatives à PHistoird de France. Amsterdam ^ 17689 2 "voL i/i-iA. -

Cet ouvrage a été supprimé le i3 novembre 1768 , tai| le réquisitoire de M. Pierre Perrot > avocat général à la chambre des comptes. L'auteur > dit ce réquisitoira , attrir- bue les droits du despotisme le plus rigoureux au roi da France : il regarde l'établissement de l'impôt comme ona marque distinctive de la majesté suprême ; il ne met poin^ de bornes à cette ressource malheureuse: il veut qu'on puisse lever les subsides sur les peuples j sans admettre la néces- site absolue de l'enregistrement dans les tribunaux. Il pro* pose d'exclure de toute charge et de tout emploi public laa célibataires ; il veut que les rois puissent s'emparer à leur gré des biens de Féglise ; que l'on diminue le nonabre des charges qui donnent la noblesse; qu'on en augmente conti» dërablemcnt le prix • et que l'on supprime presque tous les tribunaux, puisque les parlemcns sont plus que sufiBsant pour administrer la justice, et remplacer les tribunaux. chargés de veiller à rétablissement des impôts, à la par* Ception et à la fidélité de leur manutention» et à leur exacte. comptabilité. Je ne connais point Vauteur de cet ouvrage*. qui > quoique sans privilège ni permission, se vendait pu«  bliquement chez Dehansy le jeune , libraire à Paria» U •


3ot

ité supprimé le 4 février 1769, par arrêt du parlement do Paris , dans lequel arrêt ce parlement déclars ta chambra des comptes absolument incompétente en matière de police, et ro{:;ârde comme non avenu l'arréC de cette chambre' da 23 novembre 1768 , dout nous avons parlé plus haut.

MÉMOIRES. Mémoires anonyroes de Torigine,' dt] progrès et de la condamnation du Quiétisme répandu en France. ^

Cet ouvrage n^est pas commun ; je n'en connais ni Tau* teur , ni la date , ni le format : il (4kt traité dans Vogt da Liber irtfamis qui de gesiis in causa QiâietisHca exponii. Il a été brûlé publiquement par la main du bourreau le g décembre i733; et trois libraires, chez qui l'on en a trouva tin exemplaire, ont été mis au pilori. (Voyez sur le Quié^ iisme l'article MOLINOS. )

MÉMOIRE. Mémoire touchant l'origine et Tau-» torité du Parlement de France appelé Judicium Francorum. 7 pages ««-4.

L'avocat général déféra ce libelle au parlement le i3 août 1752 : il représenta : «r Qu'on essaie dans cet ouvrage^ par de fausses et pernicieuses couleurs, d'ébranler jusqu'aux lois fondamentales du royaume, et d'altérer « s'il se péutf cette autorité souveraine qui réside en la personne de nos

rois » Puis il ajoute: « Que la cour du parlement né

connaît pour elle d'autre grandeur et d'autre gloire, que la dépôt inviolabje de cette autorité sacrée qu'il a plu à uot rois de lui confier , etc. » Le parlement , faisant droit sur jo.es remontrances y ordonna que ce Le libelle intitulé Judicium


Sot

Francorum t fût lacéré et brCili par rexâcutetir de la baule^ juttico, comie aticnt«ioiro k la souveraineté de non roif^ et contraire aix ois fondamentales du royaume. Ce qui a été exécuté au pied du grand escalier du palais le même jour i3 août 173a ; et le 2 septembre suivant ^ ce libelle a eu le même sort h Aix. Il nV;tait pas nouveau, et ce nVst qu'une réimpression que Ton a brûlée ; car ce livre avait paru, il y avait prÂs tic cent ans, sous ce titre : Let Véritables maximes du Gnnverncmont (fo ta France , jui^ iiJiéoB par C ordre de$ temps , depuis l'i^tablissement do la Jâanarchie jusifu^à présent ; servant de Ht^ponse au prétendu Arrêt de cassation du Conseil du iQ jant»ier 1662 g détiiéâs à S. A, Ré Paris , vruvc Guillemot , i652. J*ignoro qui •st l'auteur de cet ouvrage ^ Mczcrai pourrait bien n*y être pas étranger.

MERCIER. Tableau de ParÎ8 (par L. S, Mercier ). 1781, 2 woL^ 4 "voL ^ 8 "voL ^ et enfin la

T.rs deux promicrs volumes d#ï cnt ouvrage ont ét^ pn** bliés rn 1781 : )U ont f/iit (r.»t)ot'l fiirand bruit h Paris* La préfncc «st datée du 8 ociof^re 17U0 , et a paru d'abord très -piquante. Un particuJirr de Solcure , ayant apporté en France un nombre dVxctnpIairrs de ce livre , a été arrêté à Paris et mis à la BahiilU. La réputafion de cette 'pro- duction , orifçinale k Cfiriaini» égards , ne s*est pas soutflw.ue» On a tiouvé que tout y était va^;ue , dc^cousu » et souvent traité «uperficirllcsment. C"/fsi , «n dit quelques critiquée p un inbleau fait à ta ttrosi^e. Malgré cela, le débit de l'ou«  rragf* a été tiès-giat«d , et rauiour a multiplié \tii valûmes, ^u point qne son Taâlaau ^ qui était d*abord en deus


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tt>1umes y est allé Jusqu'à douze. J ^ignore quelle a pu être la cause de la proscription des deux premiers. Ob sl dit qaelcj^ue part que « Tauteur a voulu être méchant, et qu'il n'en a pas eu la force ; que le style en est plus empha* tique que noble, et que les pensées , sous un air de .pro«  fondeur, n'ont rien que de triviales. » Ce jugement paraît un peu sc^vere. Le style de M. Mercier est original , pi* quant ; on en peut juger par cette tirade 'sur les procureurs d'autre fois , que je prends an hasard dans son Tubleau, Oïl verra aisément que cette espèce de diatribe n*est p)ui de saison. « Si vous avez dans votre maison un endroit sale , obscure , fétide , malpropre , plein d'ordures > les souris et les rats s*y logent infailliblement. Ainn^jdans la fange et le cahos abominable de netre jurisprudence , oa a vu naître la race rongeante des procureurs et des huiav siers.

» Ils se plaisent dans les détours ténébreux de la chî^^ cane ; ils vivent grassement dans le labyrinthe de la pro* cédure : il faut les y suivre malgré vous; vous êtes forcé de vous soumettre à leur ministère. Ces paperasseurs ont acheté la déplorable charge qui en fait des vampires pu* blics et privilégiés; mais comme le premier mal est dans une législation contradictoire et embrouillée « le praticien ae rit de la misère du plaideur , et tient au vice anti<{us qui lui est si profitable.

D Notre jurisprudence n'est qu'un amas d'énigmes prises au hasard dans les ouvrages de quelques jurisconsultes d'une nation étrangère ^ et quand les coutumes et les lois différentes sont privées de clarté, ne vous étonnez pas des monstruosités de la procédure.

» Entrez dans un greffe do procureur y appelé impropre- ment étude : huit à dix junes gens > piquant la dure esçâ«  belle ^ sont occupés à gratter du papier timbré ^du ioau« 


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au soir. B«1 emploi ! Ils copient des avenirs ^ des exploiûi des significations 9 des requêtes : ils grosioient. Qu'es t*c% que grossoyer? C'est l'art d'alonger les mots et Im tignpf , pour employer le plus de papier possible , et le vendre ainsi tout barbouillé aux malheureux plaideurs ; de aorte qu'on puisse en former des dossiers épaiSm'Etl quest-ce qu'ua dossier? C*est la masse bizarre de ces épouvantables pro* cédures. Et un dossier épais ^ que coûte-t-il bien? Sept à huit mille francs pour commencer à éclaircir un peu les choses.

» Mais toutes ces paperasses servent-elles du moins aa )uge? Jamais. Quand il y a un rapporteur > son secrétaira fait^ sur une feuille volante , un extrait de ces énormes grosses» et toutes les raisons du procureur restent au fond du sac ; ainsi ce déluge d'écritures ne servira pas méma dans la cause dont il s'Agit ; le juge ne vcrrA que l'extrait du secrétaire fidële ou infidèle. Et voilà ce qu'on appelle Y instruction chez un peuple civilisé , ou soi-disant tel*

» Le procureur , dans son grefie , est environné de cet dossiers érigés en trophées et qui montent jusqu'au plan* cher, à peu près comme le sauvage de l'Amérique s'en- vironne dans sa hutte et suspend autoar de lui les cbeTe«  lures de ceux qu'il a scalpés.

•> Il y a environ huit cents procureurs > tant au châtelet qu'au parlement , sans compter cinq cents huissiers exploi- tans ; et tout cela vit de l'encre répandue à grands flots sur le papier timbré.

» Dites à un patricien qu'il y a plusieurs pays en Europe où la justice se rend sans le fatal ministère d*un procureur j où les frais de justice sont nuls , pour ainsi dire ; où des pacificateurs , dans le vestibule du temple de la justice ^ vous arrêtent avec un intérêt tendre , prennent à cœur d*Ârranger les parties et y parviennent ordj^airemenft. Le


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praticien lèvera les épaules 9 sonnera et dira k son clerc : gr assoyez , muîlipHez les incidens , et songez que la philo^ Sophie est dangereuse^

» Les brigandages qui s'exercent dans ces greSès pou- dreux, sont légitimés par les friands amateurs d'épices ; on ne se fait point la guerre ; on partage paisiblement le tiers des successions. Ils sont toujours en noir , disait un paysan : sapcZ'Pous pourquoi ? c'est parce qu'ils héritent vraiment de tout le monde,

» Il faut que le brigandage soit porté loin , pour qu'il soit réprimé. Les procureurs en sont presque toujours quittes à l'audience pour des sarcasmes do la part des avo- cats i et des menaces d'interdiction de la part des juges* L'un d'eux disant un jour au plus effronté : V^ttre un tel ^ TOUS êtes un fripon, ►— Monseigneur a toujours le petit mot pour rire , répondit le patricien

» Les huissiers ^ qui marchent à la suite des procureurs ^ ne sont pas moins redoutables et plus ardens encore à la curée. Quand une fois la brèche est ouverte , alors ils montent à l'assaut , et traitent une maison comme uuq ville livrée au pillage. Voyez le vautour acharné sur sa^ proie , et qui la dépèce avec son bec noir et crochu ; c'cst^ l'image de leur joie avide , quand leurs mains, armées de la fatale plume , saisissent les meubles pour les porter en vente sur la place publique*

» Ces mêmes huissiers qui , comme une meute dévo«  rante^ se déchaînent contre les particuliers pour peu que la bride leur soit lâchée , n'osent porter un exploit à nn membre du parlement ou à un homme en place. » Voyons maintenant ce qu'il dit des avocats ce Lucien nous [teint quelque part un homme qui va réciter sa cause à un avo- cat. Celui-ci écoute froidement : il est d*abord incertain ^ chancelant , dans un état douteux^ inhabile à se décider ,

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à pnii prvii comme Vdnê dô Burtdan. Voui crojcv qu'il n» pourra lortir do crllc iniliHorcnco oit le ticiu un cas vrai- ment |)rol)U*maii([nc. IjI? voimultant tire une bourer ) alori réiiiiilibrr crsiic dans rrnUMidrmont du patron » H conçoiti il n'ccliAiifio , il dûcouvro de nouvellrt lumiôrct ; sa volonté CïAl (oulo cntii*ro de votre bord. Il epporf^oit une vérité inconiriiabU*, pour hupivlle il va écrire lix mois et l'eD- rluimrr dix fois* Il épouiie avvc chaleur cette même cause cju'il 110 voyait qu'avec indifrérence.

n Tel oAi l'avocat en général. L'incertitude des lois Ta rendu pyrrhonion sur Timue de tous les procès y et il rnircprcnd tous ceux cpii so présentent. Celui qui Taborde le promier dctcrntino In série de se.i raisonucmeus | et ocfnw niando à son éloquence.

» Une légère teinte do pédantisme , toujours ineépê» rai)]» do la robe, le place entre l'homme de lettres et un ptoiosseui' do l'université, d/c.» e/c. «Voici comment M. Mercier peint le palais do justice do Psris. « L'antre de la chicane sert de vestibule au sanctuaire de Thémisi Voyez, cotto ioule de noirs individus qui s'empressent | qui se heurtent , qui so parlent , s'interrompent , sMnter- rogentt Quels groupes do sangaues autour de ces colonnes sinistres! Panni ces robes» ces labats , des marcbandes do modes et des vendeuses de brochures. De jolies tétee ornées de rubsns , k côté de ces figures de jurisconsullrs» Des SACS de procureurs reposent sur des pièces A ariettrs» cl tons ces loups en pertuqucs l'ont les galans auprès de ces petites marchandes.

M Fititrex dnns la grande salle. Quel bruit! quel oahos ! quel tniircniirel C'esl*lh ([u'un avocni doiino les éclats de.se voix pour dos raisons , et son virbingo pour de la profon- (hnir. Il passe pour orateur , parce (ju*il a une ferte poi«  tiiiiv. Aduiircx le courage dos iuogistratS| qui passent U


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moitié de leur vie dam cette arène tumultueuse. Uhoxnmo aage n'en peut sortir tans éiro pénétré d'tiorreur pour la meilleur procès*

» C'esi-Ià y comme l'a si bien dit Boileau , que rinfernalo

chicane

Rend , pour des monceaux d*or , un vain tas de papiers.

La rapacité des officiers de* justice est connue : ils dévorent les pierres des maisons ^ mais sont-ils les seuls c[u*on doivd accuser ?

» La ferme du papier timbré rapporte des sommes im- mense ; elle est j dans tous les procès , de moitié avec lea procureurs : plus on plaide , plus elle sVnrichit. Singulièrd combinaison ! L'état gagne quand les fluxions de poitrine enlèvent les rentiers : il gagne quand les enfans du même père se disputent une mince succession : il gagne quand um étranger vient à décéder. Sur quoi et quand ne gagne«t'il pH» ? Et Ton parle de la reforme do la procédure civile I N'y croyez point.

» Quel dédale que la coutume de Paris ! Que de loîa fabri(juoos y changées» cassées » rétablies selon le hasard des cvèncmeus et le caprice des souverains ! Notre Coda est un m^;lange de ces lois rédigées dans un siècle k demi«  barbare , par ce méprisable Justini^n, qui les vendit au gré d'une fille de théâtre qu'il avait épousée. Surchargées des constitutions particulières de Louis XIV » elles sont devenues équivoques et contradictoires.

» De ce vice naquit la procédure qui tue la Joi. Cette coutume mine et dévore la capitale On ne peut calculer ce que les formes judiciaires , entre les mains des procu«i rcurs , dfs huissiers et des greffiers , enlèvent au peuple. Comment peut-il suffire à entretenir sans cesse ce régiment dévoratcur ? m Un autre ouvrage do tA» Mercier» qui a paru


3o8

«n 1770 1 et qui a fait également beaocosp do bruit ^ ea| \An 1440 y AmsUrdam , //1-8. Ce l!?re annonce, dans aoa auteur , beaucoup d'énergie et de philosophie. La préfaçai surtout est écrite d'un ton fier et sublime. Il a beaucoupi plus mérité d*étre à Tœil de la police que le Tableau dm Paris , à cause des opinions hardies qu'il renferme , et d» la guerre ouverte qu'il déclare à beaucoup de choses qu» l'on qualifiait du nom d*abus , et qui n'ont pas beaucoup augmenté notre bonheur depuis qu'elles sont supprimées^ On peut dire que l'auteur est allé quelquefois trop loin ; l'en citerai un exemple. C'est une imprécation contre Rome^ dans laquelle l'auteur aurait pu respecter davantage la religion. Voici cette imprécation , qui fera juger du styl» de ce fécond écrivain , dans un genre différent de celui que nous avons déjà cité. « Que le nom de Rome est eié^ crable à mon oreille ! que cette ville a été funeste à runi* vers ! Où trouver une ambition plus ardente , plus pro* fonde 9 plus inhumaine ? Elle a étendu les chaînes d» Toppression sur funivers connu; ni la force, ni la valeur^ Bi les vertus les plus héroïques n'ont préservé les nationa de l'esclavage. Quel démon présidait à ses conquêtes e€ précipitait le vol de nt% aigles ? O funeste république 1 4 Rome! que je te hais ! Quel peuple que celui qui allait par le monde, détruisant la liberté de l'homme , et qui a fini par abattre la sienne ! Quel peuple que celui qui , envi- ronné de tous les arts , goûtait le spectacle des gladiateurs ^ fixait un œil curieux sur un infortuné dont le sang s'échap» pait en bouillonnant \ qui exigeait encore que cette vie* time y en repoussant la terreur de la mort , mentît à la nature à son dernier moment , eu paraissant flatté des applaa* dissemens que formaient un million de mains barbares I Quel peuple que celui qui , après avoir été injuste domi«  nateur de l'uuivers > soi^ifrit , sans murmurer > que taQt


3(4

0*cmper<ttri toorniiiêht la eoufêiu dftnl uê pfdprei Ranct , et qui mATiifettât une eerrltade autsi lâcha que la tyraniiif avait éti orgueilleuse ( C'était peu i la tuperstitiao la plua abiurde , la plut ridicule /devait t^aiteolr k ton teur lur le trône de cet detpotet ) elte devait aroir pour miniitref Tignorance et la luirbarie. Apres avoir égorgé , an nom do la patrie , on égorgea ail nom de Dieu. Pour la promiëra fois , le sang couU pour lei intérêts chimériques du cieh.M^ Rome fut le gouffre empetté d'où s'esbalërent ces fatalea opinions qui divisèrent les hommes. ••••• • Bientôt elle

<»ngendra » sous le nom de potHli^es « iful sa disent vicalree do Dieu, les monstres les plus odieux. Comparés k cee tigres » qui'pmtaient les- cMb et la thiare | les Caliguhi ^ les Néron , les JDomlfieD ne sont plus que des méchaoe ordinaires. Les peuples, comme frappés. d'une massue pétrl«  fique , végètent mille ans sous une théocratie despotique* Veippire . sajperdoul couvre touti éteint tout dans sfo ténèbres. L'esprit humain ne marque son ezietence tpm f our obéir aux décrets d*un homme déifié. Il parle , ot ea voix est un tonnerre qui consume i on veit.tés CMlsa^ff i tin tribunal d'inquisiteurs , des proscriptions , des aot> ihèmes , des excommunications, foudres invisibles qui vont frapper au bout du monde* Le chrétien « la foi et la xa|;o tians le cœur , n*est point rassasié de meurtres s un noo» veau monde • un monde entier est nécessaire pour assouvir ea fureur. ••... • Partout oh parfit llmaM dto Christ, Jo^ •bng ooqlo par torrens | et eoooifé adjour'fFiiéï» cette mlûio ri>ligion légitime Tesclavage des malheureux qujf arraio^l Vies entrailles de la terre cet or dont Rome est idolâtrM O toil ville aux sept montagnes I quel essaim de calamitéi est sorti de ton sein infernal ? Qu'es»tuf pourquoi inflaeir . tu si puissamment sur ce gloht infortuné? LoflulfoisMl Arimaue a«t-il ion ilégo loua taa nuraittN? Qatad Hi%


3io

brisé ce talisman fatal qui a perda ^ il est- vrai ^ âe a*i force , mais à qui il en reste assvz pour nuire au mondo? O Knmo! que je te h.iîs I que du moins la mémoire de tes iniquités vivo! qu'elle fasse tou opprobre et qu^elle ne aVf-* face jamais! n On ne peut ^^as dissimuler que ce morceau c&t écrit avec beaucoup de chaleur ; mais le tablean eat cbarj:é ; ot il respire pluu>t le. fîei et l'acrimonie, que la v/iitahlc philosophie. Louis-Sébastien Mercier , né à Pari* le 6 juin 1740 , est l'un dci plus féconds écrt?ain8 du 18/ f ièL-lc. On trouvera dans le» Sit)cîes littéraires do M< Dcaet* aarti la longue série des titres de ses onvragea« 

MERCURE. Le Mercure François , ou.Iasaice de- rHibtoire de la paix^ etc. Paris ^ 1611 —16489 fl5 a>oL z/i 8.

Le premier rolume de cette collecdon a été probib£ t%

supprimé*

^dESLIER. Testament de Jean Meslier , Curé d'Etrcpigni, f/i-8.

Cet ouvrage , qui se trouve dans VEpangile ^e la Raim son, ouvrage très-anti- religieux, et dans le Recueil néces^ aaire y 1760, irt-8, production du même genre, a été 8é\èromcnt proscrit par la police , ce condamné au feu^* ainjii que los libelles dangereux auxquels il est accolé. Cette. diatribe attaque les dogmes du christianisme d'une manière Ires-grossière ; le style en est pesant. Jean Mcslicr, (ils d'un ouvrier en serge du village de Mazerni , est mort eo 1733 f à Tâge de ciuquante-cinq ans*


3ft

METTRIE. L'Homme machine, par Julien Offlay de la Meitiie, {Ley de )f lyjfip in-ii.

Cet ouvrage a été livré aux flammof en Hollande, eC il le méritait bien , ainsi que presque toutes les autrea rêveries philosophiques ou satiriquea du même auieur {

savoir ,' l'Histoire naturelle de Vame ; \ Homme -plante ,%** ;

\ Art do jouir, .... ; le Discours sur le Bonheur, . • • •> Pénélope j ou le Machiavel en Médecine , 1745 9 3 voh in^j2, etc. Dans l'Homme machine ^ on trouve une suppo^ aition continuelle de principes en question ; des eompai» raisons ou' des analogies imparfaites érigées en prjpuves ; des observations particulières assez justes , d'où il tire des conclusions générales qui n'en naissent point; Taffirmation la plus absolue continuellement mise à la place du doute** Voilà la philosophie de ce médecin ou plutôt de ce char- latan philosophe. L^enthousiasme avec lequel il déclame , dit un écrivain respectable 1 l'air do persuasion qu'il prend ^ est capable de séduire ces esprits faibles qui se parent de l'esprit fort pour cacher leur faiblesse. Julien OfFray de la Meitric , né en 1709, est mort en 1761. Je vais donner ua i^cliantillon du style et de quelques opinions de cet écri* vain audacieux» que Ton range, avec raison, parmi les apôtres de l'athéisme ; )e ne le prendrai pas dans ce qu'il B écrit de plus répréhensible ; mais il suffira pour prouver que Voltaire avait raison y quand il disait que c'était ua fou qui n'écrivait que dans Tivresse (i). a Je n'ai , dit-!l ^ ni craintes ni espérances ; il ne m*est resté nulle empreinte


(1) Le marquis de Langle dit que la Mettrie était un fott abhorrant Dieu : sa passion tenait du délire ; il éprouvait louvent dss accès dt Cc^nésie , et choiiissait 1 pour écnris p cas momens d*sceèsi


Sis

de ma première éducation ; cette foule de préfogjs , sacét i pour ainàî djie , avec le lait, a heureusement ditpara k la clarté de la philosophie. Cette substance molle et tendre , sur laquelle I(* cachet de l'erreur s'était si bien imprimé ^ parfaitement plane aujourd'hui , n'a conservé aucnns Tea- tiges ni de mes collèges ni de mes ptdans. J'ai ea le cou* rage d'oublier ce que j'ai eu la faiblesse d'apprendre ; toet est rayé ; quel bonheur! tout est effacé; tout est extirpé jusqu'à la racine ; et c'est le grand ouvrage de la réflesion «t de la philosophie ; elles seules pouvaieut arracher l'ivraie et semer le bon grain dans les sillons fue la adaiia Taise herbe occupait.

» Laissons-la cette épée fatale qui pend sur nos têtca s si nous ne pouvons Tenvisager sans trouble , oublions qis» c'est par un fil qu'elle est suspendue : vivons tranquilles pour mourir de même

» La (ransîtion de la vie à la mort n'est pas plus yio- lente que son passage. L'intervalle qui les sépare n'est qa'aa point , soit par rapport à la nature de la vie qui ne tient qu'à un fil , que tant de causes peuvent rompre , soit dans l'immeiiso durée des êtres. Hélas! puisque c'est dans ce point que Thoinuir s'inquiète, s'agite et se tourmente sans cesse . on ppôt bien dire que la raison n'en a fait qu'un fba*

» Quelio vie fugi il vc! Les formes des corps brillent comme les vaudevilles se chantent. L'homme et la rose paraissent le matin , et ne sont plus le soir. Tout se succède, toot disparait , et rien ne périt. ^

» Trembler aux appioches de la mort , c'est ressembler aux enfans qui ont peur des spectres et des esprits* £•# pâle fantôme peut frapper à ma porte quand il voudra» |e n'en serai point épouvante. Le philosophe seul est brave ^ ou la plupart des braves ne le sont point.

« Lorsqu'une feuille d'arbre tombe , quel mal se faille


3iJ

dlo ? la terre Ja rjtqoïl b^nî^nement dans son sein ; et lorsque la cJjaJaur du soleil en a exhalé les principes , ils ndgent dans Tair et sont le jouet des vents.

» Quelie diiTërence y a-t-il entre un homme et tine feuîllé réduits en poudre? les cendres animales ne ressemblent* elles pas aux végétales?

» Pour être vraiment sage , il ne suffit pas de savoif vivre heureux dans la médiocrité , il faut savoir tout quittet de sang-froid» quand Theur^ en est venue. Plus on quitte^. plus l'héroïsme est grand. Le dernier moment est la prin*«  cipale pierre de touche de la sagesse; c'est, pour ainsî dire , dans le creuset de la mort qu'il la faut éproaverM«<««« 

» Gémissez, pauvres mortels ! qui vous en empêche? mais que ce soit de la brièveté de vos égaremens s leur délire est d'un prix fort au dessus d'une raison froide qui déconcerte , glace l'imagination et effarouche les plaisirsw.

y) Jouissons du présent , bous ne sommes que ce qu'it est. Morts d'autant d'années que nous en avons ^ l'avenir, qui n'est point encore , n'est pas plus en notre pouvoir, que le passé qui n'est plus» Si nous ne profitons pas des pKtîsLrs qui se présentent, si nous fuyons ceux qif i semblent aujourd'hui nous chercher, un jour viendra que nous leâ chercherons en vain ; ils nous fuiront bien plus à leur tour. »

Tels sont les principes et le style de la Mettrie : eit généra] tous ses écrits sont marqués au coin du matéria- lii^me Dans son Discours ^ur le Bonheur^ il a révolté jas«  qu'à Diderot, qui dit, en parlant de l'auteur de cette dia- tribe philosophique , qu'il est un écrivain sans jugement » i< Qui confond partout les peines du sage , avec les tour«  mens du méchant, les inconvéniens légers de la science, avec les suites funestes de Tignorance ; ce qui donne à. reconnaître la frivolité de l'esprit dans ce qu'il dit, et la cor-^ ruption du cœur dans ce qu'il n'ose pas dire j qui prononce


3.4

ici qne l'homme est peryers par sa natur« , et qtiî «illeurs , de la nature des êtres , la règle de leurs devoir» ' et la source de leur félicité; qui semble s'occuper à tran* ^illiser le scélérat dans le crime , le corrompu dana se» vices ; dont les sophismes grossiers , mais dangereux par la gaieté dont il les assaisonne , décèle un écrivain qui n*% pas les premières idées des vrais fondemens de la morale...««  Le cahos de raison et d'extravagance de cet auteur , d«  peut être regardé sans dégoût , que par ces lecteurs futiles qui confondent la plaisanterie avec l'évidence ^ et à qnî l'on a tout prouvé > quand on les a fait rire. » Ses principes^ poussés jusqu'à leurs dernières conséquences , renverse* raient la législation , dispenseraient les parens de Téda* cation de leurs onfansj renfermeraient aux Petites-Maison» l'boncme courageux qui lutte fortement contre ses penchan» déréglés , et assureraient l'immortalité au méchant ^ni a'a«> bandonnerait sans remords aux siens. »

MEY. Maximes du Droit public français* (Par Mey. ) En France ^ ^11^ ^ ^ ^^l* in^i^. Le même ouvrage , seconde édition ( par Mejfc- Maultrot ^ Blonde et autres }• Amsterdam, ^ Marc* Michel Refj 2 lom. in-^f ou 6 imh in- i2é

Cet ouvrage a été proscrit > et le gouvernement en a fait faire des recherches très*sévères .- il est divisé en six cha«  pitres. Dans le premier , on établit que les rois sont pour les peuples, et non les peuples pour les rois. Dans le aecond^ on prouve que le despotisme ou pouvoir arbitraire , est contraire au droit divin y au droit naturel* et même au but du gouvernement : on fait voir que, dans toute monarchie - bien réglée , les sujets ont la propriété de leura biens , tt


liberté de leur pertomitf ; qil0 Totagé da pÛDoroir touverain est borné par des lois fiies « et qu'il y m un oorpa dépo- sitaire des lois chargé de veiUar à leur Gonsarvalibn. Oa clémonrre dans le troisième chapitre » que la Fraoca est une ûionarchie et uon un état despotique ; que les citoyens ont la propriété de leurs biens , la liberté de leur personne* Dars le quatrième , on voit que la France est une monar- chic f^ipéréo par des lois fixes. L« cinquième présente lea cours souveraines comme des corps dépositaires des loit où tf.utes les nouvelles doivent être librement vérifiées» hé sixi.'mo répond à quelquei #bjêctîons\ et *C«i' rlpomei^ dc>;in€iu un nouireau tlegré- de certitude ant vérités én6n<^ cées dans Touvrage. Le movéeaitf de ce livre qui a le plvur ofiensé le gouvernement, est celui relatif aux lettres d# cachet. L'auteur proiive qii'elles «ont contraires k la liberté} dos actions et des personnes , second ittribet de la liberté française. Que les lois des* empereurs romains f les décisions des ordonnances en proscrivent l'usage* Il en dételoppe les inconvéniens et l'injustice c- il fait voir qu'elle^ sent COifiif traires au but de toute société* U exainiiié è^ réfute 1er raisons sur lesquelles oq prétend les fvstiién'II décide enfiiri qu'on B*e8t pas obligé d*y obéir. On volt que cet ouvrage* est une espèce i*B¥êcyeh^pédi0 ^iiiigue qui traite à fbttdT des droits du souverain • et dei peuptos. On y trouve beau* coup d'érudition. On avait 'alttibtté cette ptoddctîon à ML* Michaut de Montblid V cOtiieHtér au parlement ^'ciiK aui^^ confins du Poitou et de la Bretagne , Ion de Taffiiire deif^ parlcmens; mais il est de M. Cliaudc Mej , ecelésiastiqUSf

respectable, né k Lyon eé*S7ta, mort è Sens ce 1796J M. Maultrot, avocat aw periettifent d# Paris , à donfiéU^ seconde édition, avaé des augmentation* considérables t entre autres , les RéJhâHtms smr ilê énM éêlM ê(éh'^^f de M. Blonds, atocatfr '-. ^--^^ • • -«i-?-^-^* *'••'. **-*


di6

MEZER AI. Mémoires historiques et critîqnes mt divers points de l'Histoire de France et pla» sieurs autres sujets curieux, par François Eadei de Mezeraû Amsterdam ^ Bernard p xyS^i^

Cet ouvrage ^ dont )e ne connais pes rédîtenr , a ét^ condamné par M. le cardinal de Tencin , archevéqae d'Enw brun. Je présume que c'estparce qu'il renferme le HÊémom touchant /tf JudiciumFrancorum ,dont nons avons parlé plus haut , page Soi. Mezerai a publié une Histoire de France, Paris , Guillemot, 1643, 1646 et i65i » 3 'VoL in» foL , qui a été plus lue qu'elle ne le sera. Les deaz der-i jiîers volumes valent mieux que le premier. U faut prendra garde si les cartons s'y trouvent; on les reconnaît quand le portrait de Cliarlemagne est double > et que les médaiUei) de la reine Louise , page 683 du troisième volume %*J trouvent. Cette édition est , à cause des traits hardis qu*ella renferme, plus recherchée que celle de Thierry» i685 , S ofoL in-foL , qui est plus exacte et plus ample. Mezerai ne dissimula point dans son Histoire' que Louis XI fut map* vais nis, mauvais père , mauvais ami et mauvais mari «Le cardinal Mazarin lui fit des reproches d'avoir si maltraiti un roi de France : « J*ea suis fâché , répondit l^inteur ; mais comme historien , je dois être l'interprète de la vérité. » Dans V Abrégé chronologique de r Histoire de France , qaa IVIezerai donna en 1668 ,3 iio/. 1/2-4, réimprimé en-HoUandey. 1678 , 6 vol, in*i2 , il se montre frondeur à chaque page. Il yt £t l'histoire de Torigine de toutes nos espèces d'impôts ^ avec des réflexions fort libres» Colbert s'en plaignit. Meserai promit de se corriger dans une seconde édition:, il le fit^ Ôiais en annonçant «u public qu'on l'y avait forcé» S^


Corrections d'étant d'atUeors que ées pàlliatlCi » le ministre fit supprimer la moitié de sa pension. Mezerai mnrmura : on supprima l'autre moitié. Son aversion (KKir les traitanf n'en devint que pins forte. Il disait qu^l réserirait denz écns d*or frappés au coin de Lonis XII ^le père dnpeople $ il en destinait un pour louer une place en Grève Iorsqn*OQ^ exécuterait quelque.traitant , et l'autre à boire k la vue de son supplice. Travaillant au Dictionnaire de V Académie j il ajouta cette phase au mot CoMPTABLB : « Tout Comp* table est pendable, » On ne voulut point la lui passer* il l'efFaça « et mit en marge de son manuscrit : « Raji quoique véritable. La dernière édition de \ Abrégé chronom logique est de l'jSS , 14 vol. iis-ta' On j a joint les endroits de l*édition de 1668 qui avaient été supprimés. Limiers % fait la continuation et une bonne Table des matières dan^ cette édition. On attribue k Mezerai plnsieura satyreÉ contre le gouvernement , et particolièrement celles qui portent le nom de SandrieonrL II poarrait bien avoir eu part aux f^ériiables mascimes du Goueemement ^ ctc^ dont je parle plus haut , page 3oa ^ à Toccasion da Mémoire. eur le JoDiCiUM Frahcoauml. François Eudes de Mezerai » né en 1610, en ITomandie| est mort, i Paris, le i«  juillet i683. ,

m

MILANm Historia'di M ilano » da Bern, G)rÎ0| eic^

I

Nous avons parlé de cette Histoire an mot Comio^ p. 6bi jde ce volume ; mais , comme nous n'avons .pat donné les véritables motifs de la condi^mnation de cet ouvrage» noof allons les rétablir ici. La congrégation -de M index en 9^ défendu le débit par un* décret dn 16 mai^ i5ar , à naoiiMI qu'elle ne fdt corrigée. Voici le motif dé cette déCenise ^ plutôt la correctite qa*on eiigeait* On désismifc toit


3i8

supprimer l'endroit où Gorio parle d'une indulgence atiex singulière accordée aux milanais en 1391^ par bulle dt Boniface IX 9 à la prière de Jean Galearro Viscenti. Le pape dit, dans cette bulle, que tous les sujets de ce princt qui n'avaient pu se rendre à Rome Taunée préoédente à cause de la guerre , seraient absous de tous péchés daus la ville de Milan , quoiqu*ils ne fussent ni contrics ni oonfessés ( si anche non Jidsse contrito ne conjcsio , }ubs9 absolui» di qualumque peccato in questa cipita ), h coodition d'j demeurer dix jours , d'y visiter chaque jour cinq églises d'offrir à la première les deux tiers de la dépense qu'on aurait fait en allant à Rome j que deux parties de cette oblation demeureraient à la fabrique de cette église , que l'autre tiers reviendrait au pape. IJ est sûr que cette bulle n*est pas infiniment honorable à la mémoire de Boniface IX, et que la cour de Rome n'avait pas grand tort de vouloir la supprimer. Cependant > malgré la défense del*s//^Ar , ea lit encore le passage en question dans l'édition de Padoue, 1646, page 528. Les éditions de Venise , i554 , i565 , sont assez estimées. Bernardin Corio , né à Milan en 1460 , est mort , en i5oo, de douleur d'avoir vu les Français s'enpi» rer du Milanez, et faire prisonnier le duc de Milan y son protecteur.

MILTON. Joannis Miltoni attgli pro populo anglî* cano defensio contra Claudiî anonyniî, aliis Salmasii» defeusionem regiam. Londini^ typ€ Du. Gardianis y i65i , i doL in^foU

Cet ouvrage a été brûlé à Paris par la main du boor* rcau , tandis que Tauteur recevait • à Londres ^ un présent de 1000 livres sterl. IL a été fait en réponse à celui de Saumaise > connu sous ce tlire : D^fcn^io regia prq Carolo.!,*


3i9

nJ Magnfff Britanniœ regem Carolum //« sâmptîbus regiîs , 1649, in-fol. Ce livre est écrit d*un style trës-ampoulé et souvent ridicule. Je ne l'ai pas sous les yeux; mais on pré- tend qu'il commence ainsi : a Anglais , qui vous renvoyés^ les têtes des rois comme des baies de paume > qui jouez à la boule avec les couronnes , et qui vous servez des

sceptres comme de marotes. • » On avouera qu'ua

pareil style est fait pour gâter la meilleure cause. Saumaise est beaucoup plus raisonnable dans une lettre qu'il écrit à l'abbé Boui^delot le i.er mars 1649, au sujet de la mort de Charles !.•' Voici un extrait de cette lettre, « • « • • • Je serais bien aise aussi d'apprendre de quelle façon votre cous { celle de France ) aura reçu et pris la tragédie qui a éti jouée sur le théâtre d'Angleterre. C'est une grande leçon pour les rois , quoiqu'elle soit donnée par de méchans maitres«  Depuis l'origine des siècles, je ne crois pas qu'un acte aussi horrible et aussi détestable ait jamais été fait. Ceux qui l'ont commis doivent passer pour des monstres d'hommes ; mais puisque l'Ëurepe commence à les produire j VCB HEGiBus , dans les royaumes desquels tels prodiges se ren-* contrent, n 11 pouvait ajouter prophétiquement « «t dans le& royaumes voisins de l'Angleterre. On sait que Milton était un ardent ennemi des rois : il composa plusieurs ouvrages où ses principes républicains sont développés avec beau- coup d'énergie , et quelquefois avec une espèce de fureur. L'un des plus remarquables est son Traité sur le droit des Hois et des Magistrats, Il y soutient qu'un tyrau sur le trôno . est comptable à ses sujets ; qu'on peut lui faire son pro» ces ; qu'on peut le déposer et le mettre à mort. Milton a composé un Traité de la 'ûraie Religion , de P Hérésie j di^ Schisme , de la tolérance et des meilleurs moyens ifu^on puisse employer pour prévenir la propagation du papisme^ L'auteur montre > dans cet ouvrage , beaucoup d'ai^imosité


3âQ .

lïotitre la religion catholique, qu*Il appelle fadtîon tyran* nique , qui cherche k opprimer toutet let autre*. Il y proche une tolérance tout-à-fait singulière : il o'exelui du •alut aucune aociêié chrétienne , excepté les catholiques ronfiains : il a tant doute voulu Tture la parodie de raxîôDOi « Hors PégliHe point de lalut. » Il ne faut pai être iurprîa doa principe! erronés de ce fougueux républicain en matière do religion» puisqu'il fut do toutes les sectes » et qu'il finit par nVtre d*Aucunp. Dans ira poternes épiques y il parle do J. - C. on véritable arien. Jrnn Milton , ni à Londres Jle g décembre 1608 , a fini sa carrière ^ à Brunnhill , lo i5 novembre x674*

MIRABEAU, PÈRE. Tlidorîe de Tlmpût^par M. de Mirabeau (pcrc). Paris ^ 17609 i><*4.

Cet ouvrage a conduit son auteur à la Bastillet On y trouve y k travers plusieurs paradoxes » des idées saines sur les finances , et des vérités un pou dures sur les financiers» qui se sont vengés do l'écrivain en le faisant mettro k la Bastille* Mirabeau a publie ïjimi Jes Hommes dès 1755 «  3 v<}l, i//-ia. Il a refondu la Tfiéori» c/n Pimpôt et plusieuri écrits sur l'économie. Dans une nouvelle édition de V^imi des Ilommas , en 8 voL iVi-ia « l4abarpo ne Datte pas beau* Coup Mirabeau pore, dans le portrait qu'il en fait; et la public a trouvé que le peintre avait assex bien attrapé lu ressemblance. « Kcrivain-légi^lateur et homme à systèmo p dit Lnharpo , il avait jctô ({uolques idées utiles sur l*éco^ iiomio rurale et sur TimpiM dans de gros ouvrages • compila d'ailleurs du plus ridicule iatras. Fier comme geutilhomino et vain comme auteur , il s'enorgueillissait d'être un dei chcfn de la secte économiste , cortjoiniement avec Quesuni ^ Turgot> Dupont I lloubaudiqui avaient plus de principqi


321

^t de mérite qiié lui , et qui écrivaient beaucoup mîry?ç^ Kntélé et inconséquent comme les gen« médiocres, il dé» tériorait systcmatiquen>ent ses terres en se flattant d'en- richir Tétat par sa théorie , et tyrannisait «a famille , en préchant la liberté politique , unissant , par un mélange assez commun , tous les préjugés de la féodalité ^ qui étairnc dans son cœur, avec tout l'étalage des maximes philoso-^ phiqucs qui n'étaient que sous sa plume. » Victor Riquetli , marquis de Mirabeau, d'une ancienne famille de Provence, originaire de Naples y est mort en 1790.

MIRABEAU, FILS. Histoire secrète de la Cour de Berlin. (Par Honoré-Gabriel Rîquetti ^ Comto de Mirabeau.) 2 a)oL inS.

Ce libelle a été brûlé par la maFn du bourreau : il pro«  voqua des plaintes très-vives contre l'auteur, qui en fit uno espèce de désaveu, au moins quant à la publicité et à la

forme.

MIRABEAU, FILS. Erotîka Biblîon.(ParHonoré- Gabriel Riquettf , Comte de Mirabeau.) 1788,

Z/2-8.

Cet ouvrage monstrueux a été si sévèrement proserit par la police lorsqu'il a paru , qu'il ne se répandit que quatorze cxemplairoe de cette première édition. Mais malheureuse* ïDcnt ce livre a été réimprimé depuis et rc^pandu avec pro- fusion. C'est une production licencieuse et remplie d'obscé«r iiités , dans laquelle Tauteur prétend prouver que, malgré la dissolution de nos moeurs, les anciens, et surtout les Juifs , étaient beaucoup plut corrompus qu^ oous. Il passe


322

en rcVLic tous If s genres de débauche et de libertinage, tt clicrclic à prouver que non-seulement Ici; anciens les met* talent en pratique mieux que les modernes , mais que ceux-ci ne les connaissent pas tous. Mirabeau a compost un grand nombre d'ouvrages, dont la plupart sont marqués au coin d'une mâle éloquence ; mais quelques - ans sont d'un cynisme dégoûtant , comme le Libertin de qualité^ le Rubicon^ etc., etc. Honoré-Gabriel Riquetti-Mirabean, né en 1749 , est mort à Paris le a avril 1791 , après avoir joué l'un des plus grands rôles au commencement de la révolution française. Il a laissé une bibliothèque préciease, dans laquelle se trouvait fondue celle de Bu Bon. Le Catalogue de vente en est bien fait et bien imprimé : j'en parle dans un autre ouvrage.

MODESTUS. Publii Francise! Modestî , Arîmi- nensis Venetiados Libri XII , et Silvœ. ArimU nii^ per Bernardinum Venetum de Vitalibus^ nnno i52i , in-fol.

Cet ouvrage a été supprimé aussitôt qu'il a paru , parce qu'il renfermait plusieurs atK^cdotes qui ont déplu à quelques familles nobles. Leurs plaintes ont occasionné, par ceUd suppression , la rareté excessive de l'ouvrage»

MODREVIUS. De Republîcâ emendandâ Lîbrî V. siiicet : i.^ de Moribus, 2.^ de Legibos, 3.*^ de Bello , 4.^ de Ecclesiâ , 5.^ de Scholâ ; auctore Andrea-FricioModrevio. Basileœ^ iÔ6g, in-fol.

Ce Traité de la Réforme de VEtat a fait chasser de Pologne et dépouiller de %^% biens son auteur, qui éiait




et^cr^taîrc du roi Sigîamond-Aaguste. L'esprît républicain y (iomiiie d*un bout à l'autre ; mais le goût n'y brillo pas «également. Le Trait&^0 Onginalt peccaio du mémo Mo- rlrcvius , 1662 , 1/2-4 , renferme bien des choses hardies. Cet auteur avait, dit*on» beaucoup d'esprit; mais il le déshonora dicendo qnœ non oportuii , scribendo quas non licuit , a^rnâo quœ non decuit. Il travailla beaucoup à réunir tontes les sociétés chrétiennes en une même communion ; et Grotius le compte entre les conciliateurs de religion. André-Fricius ' Modrevius florissaic vers le milieu du xvi^ siècle.

MOINE, Le Moine sécularisé. Cologne^ Pierre Marteau f 16761 i/i-i6.

Cet ouvrage , peu volumineux , est ane satyre trc8-em«  portée , faite par un moine apostat : elle est très -rare ^ ayant été hriMéc a Grenoble. On trouvera l'histoire de Tau- teiir du Moine sécularisé dans V Esprit d^ Arnaud ^ toro, i^ pag. Çi^ , etc. Ce satyriquc a encore fait les Prévarications dit pf^rc la Chaise, (I est mort , dit-on , empoisonné j h Pierre-Aiicîse , après avoir fait une rétractation intitulée : L'Auteur (in Moine sécularisé se rétractant , et foisant amende honoraire* Cologne, d/larf.cau ^ 1676, i/f-12. il a paru en 168!^ ou 85 , une critique du Moine sécularisé , //2-16. J'ai emprunté cette notice d'un exemplaire du Moine séruhrrisf'i f qui est entre les mains de M. Lemonnier, bi- bli()<;rapho instruit , employé dans les salines. Cette notice est <';ciite de In main de rabl)é Si'pher, à qui avait appar- trriii IVxemplaire en question ; et il y avait ajouté un petit Traité (ir la Vie dfts Moines , 1676 , //i-ia , la figure et UDO première préface du Moine sécularisé.


S24

MOLINOS. La Condbite spirituelle^ par Michel Molinos, Prôtre espagnol.

Ce fameux ouvrage a été condamné aux flammes» après « avoir fait enfermer soft auteur dans les prisons de Tinqui* sidon, en i685. Il y est mort en 1696. Soixante-huit propo«  sitions , qui ont été extraites de ce livre» ont été condamnéet, en 1687 y comme hérétiques et scandaleases. Ce livre» diTiaé en trois parties , parut d'abord admirable. Molinos dit dans ta préface :« La théologie mystique n'est pas une science d*ima-* gination , mais de sentiment.... ; on ne Tapprend point par Tétude, mais on la reçoit du ciel. Aussi, dans ce petit oa«  vrage , je me suis plus servi de ce que la bonté infinie de Diea a daigné m'inspirer , que des pensées que la lecture des livres anrait pu me suggérer. On sait que cet ouvrage a donne lieu à l'espèce d'hérésie appelée quiétisme, II eut > dans le principe, beaucoup de* vogue, à cause de la répntation de Vertu qu'avait l'auteur, a Ce ne fut » dit un écrivain res«  pcctabic , qu'en creusant dans cette espèce d'abime où. Molinos s'enfonce et veut entraîner son lecteur, qu'on ap- perçut tout le danger de son système. L'homme prétendu . parfait de ce mystique , est un homme qui ne réfléchit ni sur Dieu ni sur lui-même » qui ne désire rien , pas même ion salut ; qui ne craint rien , pas même l'enfer ; à qui les pensées les plus impures, comme les bonnes œuvres ^ deviennent absolument étrangères et indiSoicntes. Là son* veraine perfection , suivant Molinos , consiste à s'anéantir pour s'unir à Dieu , de façon que toutes les facultés de l'âme ctatit absorbées par cette union, l'ame ne doit plus se troubler de ce qui peut se passer dans le corps* Peu importe que la partie inférieure se livre aux plus honteux excès , pourvu que la supérieure reste concentrée dans la Divinité ^>ar Toraison de quiétude. » Tel est le système 4|0


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Mdlinos I anqael on a dorini le nom de qui jtisme» Il eut un grand partisan dans Malaval , ecclésiastiqae marseillait^ qui , qnoiqu'aveugle , a beaucoup travaillé , et a publié sa Pratique facile pour* élever t Ame à la contemplation. Ce livre fut censuré à Rome* C'est moins une méthode d*éle- ver l'ame à la contemplation^ que de s'élever au délire. L'auteur se jëte dans les rêveries extravagantes de la mys* ticité de Molinos , dans les raflSnemeus d'amour jpur , dant tout cepieui galimathias d'anéaatissemeut des puissances ^ de silence de l'ame, d'indifférence totale pour le para^it ou pour l'enfer , etc. Malaval reconnut %^\ erreurs et se rétracta. Madame Guyon fut aussi une chaude partisane da quiétisme : elle fut Télëve do bamlibite Lacombe» « Cette vie, scion elle ^ n'est qu'une anticipation de l'autre, une extase sans réveil. » hei Dictionnaires historiques donnent tant de détails sur la vie et sur les e^ttravagances mystiquee de cet enthousiaste , que je n'en dirai rien ici : on y trouve «ussi la liste de %t% ouvrages ,,qui forment un certain nom* bre de volumes. On sait que l'illiistre Fénélon a formé avee " madame Guyon un commerce d'amitié, de dévotiou et de spiritualité, inspiré et conduit par la vertu /et qui. devint depuis si fatale à tous les deux. Cette malheureuse affaire du quiétisme se termina par l'incarcération de madame Guyon à Vincennes, puis àVaugirard, et enfin k la Bastille; et pour Fénélon , par la condamnation de son livre des Ma^ ximes des Saints ^ et par la soumission édifiante qui l'ho«  nora tant aux yeux de l'église et de toute la France. (>Voyes l'article FÉNBLON. ) On trouvera une Histoire abrégée dm Quiétisitys hi )l9l tête du 6.* vol. des Œuifres de BossueU

MONASTÉRJPM, Monaeterii B. Y. M. saeri ordinis Cisterciensit ia Fraocooia brevw notitia


iM^


325

ex probatis autorîbus tum f mpre^sîs , tum scvïp^ tîs ex originalibus diplomatibus, antiquîs docu«^ mentis et scripturis desumla et in ordinein redacta à quodam ejusdem loci et ordinis relip gioso. Anna lySS, in-é^.

Cet ouvrage a été sévèrement prohibé à Warsbourg ^ parce qu'il est dirigé contre les droits territoriaus de l'A- Téque de celte ville.

MONTGERON- La Vérité des Miracles opérés k l'intercession de M* Paris et autrei^ appelans » démontrée contre M. l'Archevêque de Sens* Par M. Louis-Basile Carré de Montgeron. Le !•«' a)oL 1787 , les a.* et 3.« 1747 > in-^*

Ce premier volume a valu à son auteur une place à I» Bastille , et il lui en méritait plutôt une aux Petites-Maisonr. Carré de Montgeron avait été» dans sa jeunesse» incrédule ^ libertin*, débauché. Il alla , ley septembre if^i, sur le tom* beau du diacre Paris pour y examiner, avec les yeaz de ]a plus sévère critique, les miracles qui s'y opéraient* L* grâce l'y toueha , il se convertit; d'incrédule frondeur ^ il devint chrétien fervent , et de détracteur de PAris , il en fut le zélé défenseur ; il devint le martyr de son fiinai* tisme pour les convulsions. Il consigna, dans Pouvrage dont .nous parlons, tout ce que sa tête exaltée lui fournit pour prouver que le diacre Paris était un vrai thaumathufge; et la 29 juillet 1737, il alla offrir au roi , au sortir du diner d« sa msjesté , scn premier volume très «bien relié. Le roi le prit , et Ht expédier sur*le-champ une lettre de cachet , ^ui relégua l'enthousiaste Montgeron à la Bastille» Oa le


S47;

transféra au bout de quelques mois dans une abbaye do bénédictins du diocèse d'Avignon , d*oii îl fut cooduit peu de temps après à Viviers ; enfin , on le renferma dans la citadelle de Valence , oli il mourut, en 17541a soixante* huit ans. Montgeron avait été maître des requêtes à Paris ^ lieu de sa naissance. L^esprit de parti est tel , que leB auteurs des Nouuelles ecclésiastiques ( année 1787 ) ne se contentèrent pas déparier avec éloge de l'ouvrage de Montp geron , mais ils le représentèrent au fiontispice de leur journal écrivant son livre, et aynnt au-dessus de lui le St.- Esprit en forme de colombe, au milieu d'une lumière cë«  leste , qui semble lui inspirer ce qu'il écrit. Quelle profa- nation de faire jouer un pareil rôle au Saint-Esprit !

Il parut, en 17.31 , trois Vies différentes du diacre Paris ^ in*]z^ Tune à Bruxelles et les autres en France. Elles furent foudroyées par plusieurs évéques et archevêques. L'offi- cialité de Cambray rendit , le 26 avril i733, une sentence qui ordonna : a Que les fragmens des prétendues reliques de François de Pâiis , diacre , trouvées chez un nommé Bosquet , avec quatre images en papier , et pn petit mé- moire contenan<t l'abrégé de la vie du diacre Paris , seraient lacérés et brûlés en place publique par Texécuteur de la liaule-juslice. » Ce qui fut exécuté à Mons sur la place , ensuite d'autorisation de la cour , le 6 mai 1733. Ces mêmes f^ies eurent le même sort à Rome : elles y furent chargées des plus fortes qualifications et condamnées au feu. François PAris , fils aîué d'un conseiller au parlement de Paris 9 diacre, est mort dans cette ville le i.er mai 1727 > à l'âge de trente-sept ans. Voué à l'état ecclésiastique , il en remplissait les fonctions avec zèle , et était un exemple de désintéressement et de charité envers les pauvres : il avait adhéré à l'appel de la bulle Unigenieus , interjeté par les quatre évéques de Mixepoix , de Montpellier | de Boulogne


et (le Sehcz, en 17 ty ^ et il avÂît retfoinrelé son appel en

J720. Après la mort de ce pieux iiiacre , son frère lui ayant

fait ériger un tombeau dans le petit cimetière de Saîlit

Af'lédard^ les pauvres, qui! avait secourus , quelque» riohet

qn*ii avait édifiés , plusieurs femmes qu'i-l avait inatFuUea>9

allèrent y faire leurs prières» On lui attribua des guérisons,

qui parurent merveilleuses : il y eut des convulsions qu'oft

trouva dangereuses et ridicules. La cour fut enfin obligée de

faire cesser ce spectacle» en ordonnant la clôture du cimetîërô

le 27 janvier 173a. C'est ce qui a donné Heu à ^ plaisant

distique i

De par le roi , Aéiense à Dieu

De faire miracle en ce Heu.

MONTGON. Rectieil des Lettres et Mémoîres écrits par PÂbbé de Montgon, concernant les négociations dont il a été chargé. Liège, Bron^ cari ^ 1731, ini2»

Cet ouvrage a été trcs-défcndu : il contient des choses qui ne sont point dans les derniers Mémoires imprimés à Lausanc en 1750. Il est dirigé contre le cardinal de Fleory» Li*abbé de Montgon cherche à y prouver les injustices ds ce ministre à son égard; mais il exagère ses défauts» et il n'est pas aussi impartial qu'il le prétend, tf Les citaticos même de TËcriture et des pères , dont il hérisse quelquefois ses pages , dit Tabbe Millot, le rendent suspect d'avoir eu ce qu'on appelle le fiel d'un dévot avec l'humeur d'un raécoB- tent. 9 L'abbé Charles-Alexandre de Montgon p né à Ver* sailles en 1690 , est mort à peu près en 2775*

MORiN, Des défauts du gouvernement de TOra*. toiie, par Jean Morin , oratorien^ i653, i/z*8»

Presque tous les exemplaires de cet ourrags ont ét#


3^9

bnllés ; et Fauteur fat obKgé de falfe réparation au père Bourgoing , général de TOratoIre » dont il avait fait un portrait peu avantageux. Ce livre est un détail des abus (fui s'étaient glissés dans fa congrégation. Morin y censure avec beaucoup de Irberté la conduite àe9 chef», et surtout celle du père Bourgoing. Cet ouvrage est dans le même genre que celui que le père Mariana ^ jésuite, a publié sur les défauts du Goupernement de sa Société ,, <|u^ a été imprimé en ospagnol , en latin , en italien et en français. La diffé rence qu'il y a entre ces deux auteurs y c'est que Morin a rendu le sien public de son plein gré 3 au lieu que Mariana n'a- vait composé le sien que pour son usage particulier, et avec de bonnes intentions. Pendant qu'il était en prison ^ uo franciscain le lui enleva et le fit imprimer à Bordeaux en 1626^ //z-S. Mariana avait attaqué particulièrement Aqua- viva , général de la société , comme Morin a attaqué Bour«> going. Jean Morin , né à Blois en \S^i ^ est mort à Paris ]ç 28 février 1659.

MORIN. Pensées de Simon Morin » avec ses Can«* tiques et Quatrains spirituel». {Paris) ^^47 i in-S de 146 pages.

Ouvrage supprimé , rare et cher ( 3o à 40 livres ), auquel

il faut ajouter les suivans.

Factum contre Simon Morin 9 dans lequel se trouve Tanaljse de ses ouvrages, en \(A2.

Déclaration de Morin depuis peu délivré de la Bastille, sur la révocation de ses pensées^ 1649 » ^^'\ ^' ^^^ ( ^^^^ réimpression)*

Déclaration de Morin, de sa femme etdexoade*


33o

moîselle Malherbe» toncliantce qn*on Tes arcufe

de vouloir faire une sccie nouvelle, 1649, //14 ^et //*-8 ( de la réimpression^. Arrest de la Cour de i'cii leiiient , rendu à lencontre

de Simon Morin , qui le condamne à faire

amende honorable et à être biûlé eu place de

Grève avec son livre des Pensées. Paris, Barm

botte ^ 1663^ //2-8. Piocès-verbal d'exécution de mort de SimoD Mo^

rin, brûlé vif eu place de Grève le 14 oiara

16639 in-2m Abrégé de T Arsenal de la Foi » par Franc. Doches^

sectaire de Simon Morin. //14 de quatre

pages.

Il est nëcesaairo de réunir toutes ces pièces pour avoir !•- collection complète do tout ce qui regarde Simon Morin» Ce malheureux fut exécuté le 14 mars 1663, avec toas les exemplaires de son ouvrage qu'on put rassembler. Ce qui a rendu fort rares ceux qui restent. Les premiërea éditions de CCS dlderentes pièces sont de difTérens formats ; mais les réi;npressions sont 7/1-8 , sous les mêmes anciennes dates* La coilociion se rencontrait iihvx M. Crevenna, à Amster^ dam , et ciiez le duc de la Vallière, à Paris » oîi elle a été vendue 75 liv. 19 s. en 1784*

Simon Morin était un véritable extravagant; on en peut juger par les fciics répandues dans ses ouvrages. Il préten*

dait tt Qu*il calait le fils de THomme > qu*il tenait $•

mission de Jé»us-Christ niôine , qui 8*ctait incorporé en lui ]jour le salut do tous les hommes. » Voici le titre de son «uvriigc intitulé Ps£(S£HS s Au nom du Pèr^^ du FUseêdm


33»

Saint-Esprit. PBKffiia DB MOBIV, âéiUêê a» IM. Nmpé et simple déposition ifue Marin Jait de sei pensées auxpièdi de Dieu y les soumettant au jugement de ion égOse irès^ sainte , à laquelle il proteste tout respect et obéissance ji avouant que , s'il y a du mal ^ il est de lui ; mais s'il y d du bien, il est de Dieu , et lui en donne toute gloire» Oa trouve en tête da livre un A$^ant-propos , pois trois orat^ sons , à Dieu , à Jésus - Christ et à la Vierge. Quatre Ept«  très, la première an roi^ la seconde à la reine et à nùssei^ gneurs de son conseil ; la troisième aux lecteurs^ et la qaa«  triëme anx faux fiéres Jourrés dans l'église romaine; en* suite vient 1q corps de Touvrage, Les erreurs» ouplatAt leè folies de Morin qui s^etait jeté dans les rèvefiëades illamt^ .nés , alors fort communes à Paris, portant snr eea diflfS«  rentes assertions , ta plupart inintelligibles et ineohfaenter* « Le corps de l'église romaine est VAntechrisf^ pafee qu'elle est corrompue ; mais elle est fidelle an l'esprit de chacnil qui est fidèle , et qni est au dessus de la loi y de la foi et dé la grâce , et par conséquent au-dessus de Tasagie des prières^ des sacremensf de la mease et de toutes let elioses eité* rieures , parce qu'il est alors JmpeceaUef et n'a plnabesoiit de grâce , et par conséquent a*a plus besoin de rien demabÀ der à Dieu, parce qu'il est &Dieu même et qu'il est Dien«  Dieu et le Diable opt fiiit alliance ensemble pour sauvet tout le monde , tant fusfes que péefaeurs. Ceui*et sont sau* vës par le moyen du péché » qui , en les homiliant^les porté à la pénitence. La temps de la grice de Jésus-Cfarist est passé , et il ne faut plus s^adresser à loi, wmM seulement adhérer au Père en esprit. Le temps de la gloire est main^ tenant par le jugement du Fils de THomn^ en son seconé «vèoement , qui rend à la nature ce qui loi appartient Apèbi la consommation de la grâce» Lea corps ne doivent paaree^ ausciter , parce que la chair et lo aasf n'hérileiMt pob^t'dtt


33s

ciel ; mais Varna suivra partout le corps célestt de Jé^on Christ. Jésus-Christ , avant de prendre sur la terre un corpi céleste , araic un corps terrestre ; chacune des trois per«  •onnes divines en a un pareil sur lequel subsiste sa per* sonne 9 eic,^ etc. «C'est Desmaiets de Saint-Sorlin qui ^ par un fanatisme aussi lAche que perfide , a été cause du supplice de Simon Morin. Pour lui arracher seê sécréta et pour pouvoir le dénoncer comme hérétique , il feignit d'être un de ses zélés partisans , et lui écrivit qu*il le reconnais- sait pour le Fils de f Homme et pour le Fils de Dieu em lui comme un tout- Cette lettre , du i,tr février i66« , fut ai agréable à Moriu , que celui-ci , pour témoigner aa ra* connaissance à Desmarets > lui fit le lendemain une réponse . par laquelle il lui donna , comme par grâce pariicuUèiv» la qualité de son précurseur , le nommant un péritabié Jeofi^ Baptiste ressuscité. Alors s'établit entre ces deux bommes'la commerce le plus intime , qui dura jusqu'au moment où le fourbe Desmarets alla dénoncer Morin comme un hérétique très-dangereux. Lorsqu^on vint prendre Morin, il mettait aa net un discours qui commençait par ces mots : £# F*i/r éë V Homme au roi de Francs Sur la déposition de Des- marets y le Fils de l'Homme fut eondamué à être brÛlé vif avec son livre et tous ses autres écrits» Lorsqu*on fit dei reproches à Desmarets sur sa perfidie, il s'en défendit pac Je motif de la gloire de Dieu. Je crois que , par un motif do justice , on aurait mieux fait de punir trës-«évëreflient le frénétique Desmarets, et de mettre Morin aux Petites* Maisons ; car il était plus fou que criminel. Après la con- damnation de Morin au feu ^ le premier président de Lamoi«  gnon lui demanda s'il était écrit quelque part que le nou«  veau Messie dût subir le supplice du feu. L'Infortuné répon* dit par ce verset du Psaurnc XVl : Jgne me examinasii eê non est intenta in me iniçuitas. Cette réponse n^aanonQI


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pas antant la démence qu*on a bien voulu le dire. Morin « été exécute a l'âge de quarante ans. La plupart de $o,s sec- tairez ont été punis ; mais aucun ne l'a élédc la peine capi- tale. Morin avait été commis des finances , et depuis écrivain copiste pour les uns et pour les autres : son écriture était tres-belIc.

9

MORISOT. Alitoplnli verîtatîs Iacrjrmae( anctore Claudio-Bartli. Morisoto | DiviooeDse}. Gencva^

Cet oavrage n'est point une continuation de VEuphormiom de Barclay , comme lo dit Debure , sous le n.^ 3740 do sa hihlio^raphie ; c'est une satyre rirulenlc contre les jésuites^ qui obtinrent arrêt du parlement de Dijon pour la faire biiW 1er , le* 4 juillet lôzS , par la main du bourreau. La dédicace <le celte satyre est : Patribus Jesuitis saniiatem. L'auteur la fil réimprimer quelque temps après, non pas sous le nom à'^Alitophile (1)9 mais sous celui de Gabriel à Stupen. Elle a été imprimée à la suite de V Eupliormion de Barclay , chez Blai>u , à Amsterdam , en i634« On doit encore au mém# [NJorisot un roman politique assez rare et assez recherclié ^ înlitulé : Perupiana (seu Hisoria sui temporis ^sub larvatÎB nominihus liions), 1644 » in-^» 11 y donne Thistoire des déiiiélrs du cardinal de Richelieu avec la reine Marie de IMédicis et Gaston de France , duc d'Orléans. Pour avoir


n^


(i) Mi chaut dit 9 dans %e% Mélanges historiques et philologiques , que Morisot ne savait point le grec , et qu*il Ta bien prouvé, puisque , vou. lant prendre un nom grec qui signifiât VÀmi de U vérité ^zq lien à'AU" tophilus , il a pris Alitophilus , dont U sigaification donne une idée toute contraire*


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cet ouvrage complet , il faut y joindre une Cùnebtsian de 35 pages imprimée en 1646. Claude-Barthelemi Morieot^ né k Dijon en 1692 , y est mort en iC6i. On a tu 9 par l'ouvrage que nous rapportons ci-dessus, que cet enteor ii*aimait pas les jésuites ; mais les révérends pères le lai rendaient bien : ils Jui firent une epitaphe dans laquelle ils dirent qu*il aurait dû vivre et mourir dans des sentimens plus sages que ceux qu'il avait , Sei voluU Mori^soi» Aases mauvaise pointe. On trouve , à la fin de Tua des volumes des Œuffres du jésuite Théophile Raynaud , ce vers :

Vivere qui renuit sapiens vult ille Mori-sot.

Ce jésuite rapporte ce vers à loccasion des auteurs dégmsës sons des noms qui ne leur conviennent pas. Morisot • écrit contre les jésuites , pour se venger du père Monet qui l'avait un peu maltraité dans ses classes.

MORLIERE. Les Lauriers ecclésiastiques , ou Catnpagnes de l'Abbé de T * * *; (par Jacqnea» Auguste de la Morlière. ) 2/2-12*

Onvrage libre qui a été très - sévèrement proscrit* Il se vendait fort cher dans le temps ; mais maintenant il est heiH reusement oublia. Lt* Angola , du même anteur ,% tK>/«s>i-TSy est un peu plus gazé 9 mais ne vaut guère mieux. J. A. de la Morlière ^ né a Grenoble , est mort à Paris en 1785.

MORLINL Hieronymî Morlînî ncxvellae , FabuIIso et Comoedîa, Neapoli , Joannes Pasquetm de Sallo , 1020 , 7/2-4.

Ce qui doit le plus surprendre dans cet ouvrage , excès* sivement rare et très-licencieux, c*est l'intitulé quieat ainsi


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icotiçu : Morîini nopeîlœ cum gratia •f prîpîlegio Cesareœ majestatis et summi pontificU decennio duratura* Il est bien singulier que Ton y trouve un tel privilège et que cette pro^ duclion ait été publiée au sein de Tinquisition. Aussitôt qu'elle a vu le jour > elle a été supprimée. Morlini , avo- cat napolitain , était ou maître ou ami de l'Arétin ; car le génie de ce dernier se trouve dans l'ouvrage que nous citons* Il est divisé en trois Traités séparés l'un de l'autre, et qui contiennent ; le premier, des Contes et des Noupetîes ; le second, des Fables ^ et le troisième une Comédie. Les obscé- nités qui y régnent» surtout dans cette dernière pièce, sont révoltantes. Les exemplaires échappés à la proscription sont en très-petit nombre , et la plupart sont imparfaits*

MORTIER. De la Correction fraternelle, eto^ (Par Médéric Mortier.) Paris ^ 1706 , in*i*i%

Nous avons parlé de cette brochure ( p. 8a de ce volume ) ; nous ignorions que Tauteur était un ecclésiastique nommé Médéric Mortier , qu'il a été interdit par le cardinal de écailles ; qu'il a reçu ordre de sortir de la communauté

de Saint-Sulpice , etc.

MOTHE-LE-VAYER. Traité de la Vertu de» Pa3ens, par Fr. de la MotheJe-Vayer,

La condamnation de cet ouvrage est fort singulière. Il ne se vendait pas, et le libraire en faisait des plaintes à l'auicur. tt Ne soyez pas eo peine, lui dit la Mothe-le-Vayer; je sais un secret pour le faire vendre» » EflTeotivemeot il alla solliciter l'autorité dé défendre la lecture de son livre* A peine cette défense fut-elle connue, qiie chacun eut en- vie de le lire, et l'édition fut bientôt épuisée. L<k docteur


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Arnaud • réFolé cet oavrage riant son Traité de la Nécef* siiét/e ta Foi^n Jésus^Christ. François de la Mothe-le-Vayeri né à Paris ea i588| est mort en 167a.

MOULIN. ( DU ) Abus des petites Dates , Réser* valions. Préventions» Annates et autres tisur^ patiooset exactions de la Cour de Rooie 9 contre les Edits et Ordonnances des Rois de France ; par Charles du Moulin ; jadis en latin, Ç^lMg* duni^ i55a) et par lui-même mis en français et augmenté de nouveau. Lyon, i564, //s*4.

Cet ouvrag^l^ été oensuré par la Sorbonne, et le parle- ment de Paris en a défendu la distribution. Il faat se rap» peler qu'un édit de Henri II tendait à réprimer les abus qui se commcttaîcnt par les notaires , banquiers et juges^ en matière bcncficiale. Ces abus provenaient plutôt de Tavi- dite des aspirans aux bcncfices « que de Ja connivence <fes oniciers de la cour de Rome. Cependant Dumoulin s'en prit uniquement aux papes (t à ceux qui les approchaient; ce qui déplut beaucoup au souverain pontife, et ce qui fut trës-ngrcable à la cour de France, qui vit dans Dumoulia le défenseur des libertés de l'église gallicane. Ce qu*II y a de sûr, c^est que dès-lors ia cour do Rome ménagea diavan* tage 1rs français. Aussi, lorsqu'Anne de Moutmorenci pré«  senta Touvrage de Dumoulin au roi^ il lui dit : c Sire, ce que votre majesté n*a pu faire exécuter avec trente mill» hommes , qui est de contraindre le pape à lui demander la paix i ce petit homme l'a achevé avec un petit livre. » La liberté avec laquelle Dumoulin parla de la cour da Rome, le fit soupçonner d'être favorable aux nouvelléa arrcurs ; la peuple le prit en haine et pilla sa maison


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7^52 : îl sVnFuit à BAIe , puis à Tubinge, i Strasbourg , à Dole, à Besançon, travaillant toujours k ses ouvrages , et enseignant le droit avec une réputation ei:traordinaire par- tout 011 il s'arrêtait. Il eut beaucoup de traverses à essuyer» Revenu à Paris , il en trouva de nouvelles dans la publication de trois Consultations j dont la dernière regardait le concile de Trente. Il fut mis en prison à la Conciergerie : Jeanne d'Albret l'en fit sortir ; mais la cour lui défendit d*écrîre désormais sur les matières qui appartenaient h l'état, ou qut dépendaient de la théologie. Sa Consultation sur le cohcile de Trente est ordinairement jointe à la Réponse qu'y fit Pierre Gringoire , et qui est fort recherchée. Charles Dumou- lin , né à Paris en i5oo , mourut dans la même ville en i566«  Ses Œuf^res ont été recueillies en i68i » 5 voL in-^foL

Nous ne donnerons point d*article particulier à Pierre Dumoulin , ministre protestant , né en i568,dan8 le Vexin^ et mort à Sedan en i658. Il n'était nullement parent au précédent. On connaît avec quel emportement il a écrit contre la religion catholique .* il sufRt de rapporter ici le titre de sez ouvrages » dont quelques-uns sont rares* U Anatomie du tyirminianirme^lsktw , Leyde , 1619, in-Jol. C Traité de la Féniiencts et des Ciefs de VEglise. 7Z L^ Capucin , ou Histoire de ces Moines , Sedan , 1641 , //s- 12* sr Noupeauté du papisme ; la meilleure édition » i633f i/x-^* zs Le Combat chrétien , în-8. =: De Monarchia Pontificis romani^ Londres , 1614, //?-8. zi Le Bouclier de la Foi , ou Défense des Eglises réformées contre le Jésuite Arnonx^ IZ Fuites et évasions du Jésuite Amouœ, s Du Juge des controverses et des traditions , in-8. s y4naiomîe de la Messe , Sedan , i636> 1/2-12, qu'il ne faut pas confondre avec une autre Anatomie de la Messe dont l'original est italien , i55a , iri'iz , et la traduction française de Genève , i555^ i/i-ia.

sa


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MOULIN, (du) Paraenesîs ad sedifica tores îm rii in im{)erio;in quâ defcnduntur jura magis- tratûs adversiis Moseni Am^'raldiim et caeteros vîndices potestatis ccclesiastîca^ presbyteriaaœ in praefatlone excurriiur in Johi Dallaei apolo- giam , pro dnabus sj^nodis ; auctore Ludovico Molinaeo* Londini , i656 i in^j^.

Ccl ouvrage a été supprimé ; ce qui le rend assez raret

KIUSSEY. La Lorraine ancienne et moderne» ott rancien Duché de la Mosellane » véritable ori* gine de la Maison royale et du Duché de Lor«  raine , avec un abrégé de l'Histoire de chacun de ses Souverains. Par Jeaa Mussey, 1714, m 8« 

Cet ouvrage a été défendu.


( Article omis à la page 276 , après MabLT. ^

MACHIAVEL. Le Prince, de Nicolas MachUyelp traduit de Titahen, avec des remarques » pac Abr.-Nic. Amelot de la Houssa^e.^in<s^en/ami

L*original italien de cet ouvrage trop Fameux ^ a d'abord circulé sans opposition par toute l'Italie ;^ai$ ansuite îl a été condamné par bref de Clément Vlli. Oa le regarde, en fait de poliiiquc^ comme Touvrage le plus dangereus qui ait existé ; et efTcctivoment l'auteur y donne aux gou* vernans des leçons de fourberie, d'assassinats et d*empo»* souDomens. Aussi a*t-on appelé ce livre le bréviaire 'dei ambiûeui^ et des scélérats. Qi;cl<][ues-un« cherchent à çxcnstf


Machîarel , en disant qu'il est douteax s'il a youlu donner des règles pour gouverner ou seuleircnt dépeindre des abus j et que , sans doute, il n'a eu d'autre but que de dévoiler la conduite artificieuso des maavais princes et des tyrans. D'autres disent encore qn« ses maximes exécrables tien» nent plus à la situation particulière de l'Italie , telle qu'elle était de son temps , qu'à la trempe de son esprit et de son caractère. Mais peut-on douter de la perversité de ses inten«  tions y quand on le voit proposer pour modèle à tous les souverains un César Borgia , bâtard d'Alexandre VI , mons- tre qui se souilla de tous les crimes pour se rendre maître de quelques petits états. Voilà le prince que Machiavel pré- férait à tous les gouvernans de son temps. Les principales maximes de ce publicisle sont , qu'un prince , pour se main- tenir sur le trône , ne doit être vertueux qu'autant que sou inlérét l'exige , et qu'il doit fouler aux pieds la vertu dans les circonstances critiques , tout en ayant Tair d'en conserver le masque ; qu'il doit élro économe de son bien, et n'étra libéral que du bien public ; qu'il ne doit être esclave de sifc parole , que lorsque cela lui est avantageux^ qu'il doit paraître clément , intègre » religieux 5 mais au fond n'être rien de tout cela ; qu'il ne doit se faire aucun scrupule d» commettre des crimes qui assurent sa puissance et le repos de l'état ; qu'il ne doit point hésiter d'agir contre la cha- rité , l'humanité et même contre la religion , quand cela lui paraît nécessaire^ enfin» que tous les moyens, quel- qu'cxtrémes qu'ils soient sont ^ bons pour étendre , conser- ver et faire respecter le pouvoir. On sait que le roi do Prusse j Frédéric If, a réfuté , dans son Anti^Machiapel ^ T740 , />2-8, ces maximes abominables. Il dit : ce Le Prince de Machiavel, est , en fait de morale , ce qu'est l'ouvrage de Spinosa en matière de Foi. Spinosa sapait les fondemens de la foi , et ne teadait pas moins qu'à renverser Fédifice


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de la religion : Machiavel corrompit la politlqne, et eotre» prit de détruire les préceptes de la saine morale. Les er^ reurs de Tun notaient que des erreurs de spéculation ; celles de Pautre regardaient la pratique. » Nicolas MachiaTel , né à Florence en 1469 « mourut, en i53o>pottr avoir pris une trop forte dose d'opium. Il était secrétaire de la république de Florence. Gabriel Nandé dit qu'il n*était pas fort savant , mais qu'il avait un esprit excellent et prodigieux : il était d'une bonne famille, et parent du pape Urbain VIII. On connaît même un Machiavel qui a été promu au cardinalat il cause de la [^arentée. Naudé raconta ailleurs que Ma«  chiavel et Cardan ont accusé Grégoire VII (je présume qu'if veut dire Grégoire-le-Grand ) d^avoir brûlé la plupart dea bons livres des anciens , et entre autres tontes les Œu»re9 de Vairon , qui 'fut le plus savant des romains ^ et pour- quoi , disent-ils , ce pape fit -il brûler les livres de Var«  Ton? c*est afin quon ne s'apperçûi pas'du plagiat de Saint Augustin , qui avait pris tout son Traité de la Cité de Dieu dans les Œuvres du savant romaiu. Ou se doute bien ^e cette anecdote est dénuée de toute espèce de fondement ; elle n*a , sans doute , pris sa source que dans l'accusation vague de Jean de Sarisberi , écrivain du la.* siècle, contre St. Grégoire. Revenons à Machiavel. M. Charles-Philippe* Toussai lit Guirandet, mort préfet du département de la Côte-d'Or, a donné une bonne traduction des Œuturms d& Machiau'91 en Tan 7—17999 9 vol, 1/1-8. Elle est bien prétérabie à celle de Tilard , calviniste réfugié , qui a para en 1725 y 6 voL in-^x^ , dans lesquelles on n« trouve pas la version des Comédies ni des Contes. Cette traduction a été réimprimée à la Haye en 1743, et augmentée de VAnii^ ^hickiai^el do Frédéric* On a publié > en 1767, la cotres* pondance de Machiavel pendant le cours de ses négocia* Cions. M. Laadi ^ iraducuiir de Tiraboscbi j dit ^u on j


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voit le ministre sage y adroit , babile | maU point du tout le politique scélérat , comme !1 parait dans quelqaes-uns do ses livres. Ses en fan s lui étaient très-attachés :, oo assure qu'il était d'un caractère obligeant et.qae toutes les per- sonnes remarquables de Florence l'estimaient et s'assem* blciîcnt dans les jardins de Cosmo-Ruccelaï pour jouir dey agrémens de sa aonversalîon , de sa familiarité et de ses lumières. Ses ouvrages sont, i.^ VAne d'or ^ à l'imitatioil de Lucien et d'Apulée j 2.° Belphegor ^ conte que la Fon* taine a imité et surpassé ; 3 ^ des petits Poèmes historiques et moraux ; 4.^ deux Comédies » la Mandragore et GIUUl; 5.* Discours sur la première Décade de Tite^Lipe : il «'y déclare partisan de la liberté 9 et y développe la politique du gouvernement populaire ; 6.^ le Traiié du Prince ^ qui fait i'oUjet de cet article ; 7.0 V Histoire de Flerence depuia j2o/> jusqu'en i494 > S*** '^ ^'^ ^^ Castrucio Castracani ^ souverain de Lucques , traduite en &ançais par Dreux du K.idier ; 9." un Traité de VArt militaire , et enfin , lo,* un Traité des Emigrotions des Peuples septentrionaux. Les dîf- ft^rentcs éditions des Œui>res de Machiavel ^ en italien , sont celle des Aides , de Venise, 1640, 3 voU //z-8 j celle de Florence qui a paru en ibSo ^ sans nom de ville, a voh i/i'^ ; celle d'Amsterdam , ly^S^ 4 vol» i/i-ia ; celle de Lon^m

d/es y 1747 1 * ^^^' •4 » ®^ '772 » 3 '^^^* ^^'4 > celle de Paris ^ 1768 , 6 vol. 1/2-12, etc. N'oublions pas de dire que Ma«  cliiavel a eu beaucoup de critiques; mais qu'il a trouvé un grand apologiste dans Gaspard Scioppius.


( Article omis à la page 277, après MAHOMET. )

M AI L L Y. Lettre de TArchevêque de Rheîms (Maillj ) au Duc d'Orléans, Régent.

Ou sait que cet archevéq«e était grand partisan de Roine^


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et qu'il fut fait cardinal pour s^âfro foriemeot prononcf contre les jansénistes. H écrivit au duc d'Orléans une Lettre fort singulière , que le parlement fit lacérer et brûler. M. Muillj écrivit une seconde Lettre aux doyens ruraux de son diocèse : il leur manda que, loin de s*attrlsler d*uae' telle flétrissure, il s'en glorifiait dans te Seigneur ^ que» pour perpétuer le souvenir de l'arrêt , il leierait enregistrer en greffe de l'officialitô \ et que, dans la chapelle de son palais, il fonderait une messe à perpéttuté le jonr de sopr exécution. Quelque temps après, il s'avisa d'écrire encore une autre Lettre à tous les évéques acccptans. Le parlemeot levit de nouveau contre cette Lettrt. A cotte oouvelie ^ l'arcbevêqne se tourne vers un de ses prêtres , et dit : J^ viens d'apprendre que ma lettre sera brûlée à Rbeims \ je m'y attends , et j'ai pris le parti d'assister a l'exécution , revêtu de mes habits pontificaux, avec mon clergé , cfaam tant des bymncs et des cantiques. Cette belle résolutiott fut imitée par un évêque de Soissons. Le parlement le traita comme il avait fait l'archevêque de Rbeims , et le condamna , comme lui , à dix mille livres d'amende ; maie- le régent ne voulut pas qu'il les payât, de peur, disait*îl plaisamment > que Rome ne lui envoyât pareillement le chapeau. ( Cette anecdote m'est fournie par fauteur des Amusemens d*un Philosophe solitaire, )


Nota. Nous nous proposons de donner à la fin du dernier volume, une notice des personnes qui » sans avoir écrit, ont été condamnées à des peines capitales pour cause d'opinions répréhensibles eo matière de religion ou de politique. Nous parlerons nussi d^ ceu;i qui ont échappé au supplice par 1a


343 iuîte on par la protection des souverains, tel qu\m Jérôme Borro , professeur à Pise dans le seizième siècle : il était à Toeil de Tinquisition comme athée* Un jour il dît que supra octavami sphœram nihil est; l'inquisiteur voulut l'obliger de se dédire, Eflfec» tivement Borro monta en chaire le lendemain , et dit à ses auditeurs : « Messieurs, je vous ai main- tenu et prouvé que supra octavam sphœram nihil esù^ on veut que je me dédise; je vous assure que» s'il y a autre chose, ce ne peut ^tre qu'un plat de macarons pour M. l'inquisiteur. » On peut croire qu après cette mauvaise plaisanterie ^ Torateur prit lestement la fuite , et il fit bien ; car il aurait été infailliblement brûlé , malgré la protection que lui accordait le grand-duc. 11 est mort en fuite. Nous parlerons donc dans notre notice de ceux qui se sont trouvés dans Je même cas que ce Borro, ainsi que de ceux qui n'ont pas été aussi heureux, et qui ont payé de leur tête ou de leur liberté leur crime^ ou au moins leur imprudence.


FjK DU Tome rusMifiiu




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