Baudelaire on Grandville in Quelques caricaturistes français  

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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.
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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.

Charles Baudelaire on Grandville in "Quelques caricaturistes français."

"There are superficial people who find Grandville entertaining; as for me, he scares me."

Full text

Quant à Grandville, c’est tout autre chose. Grandville est un esprit maladivement littéraire, toujours en quête de moyens bâtards pour faire entrer sa pensée dans le domaine des arts plastiques ; aussi l’avons-nous vu souvent user du vieux procédé qui consiste à attacher aux bouches de ses personnages des banderoles parlantes. Un philosophe ou un médecin aurait à faire une bien belle étude psychologique et physiologique sur Grandville. Il a passé sa vie à chercher des idées, les trouvant quelquefois. Mais comme il était artiste par métier et homme de lettres par la tête, il n’a jamais pu les biens exprimer. Il a touché naturellement à plusieurs grandes questions, et il a fini par tomber dans le vide, n’étant tout à fait ni philosophe ni artiste. Grandville a roulé pendant une grande partie de son existence sur l’idée générale de l’Analogie. C’est même par là qu’il a commencé : Métamorphoses du jour. Mais il ne savait pas en tirer des conséquences justes ; il cahotait comme une locomotive déraillée. Cet homme, avec un courage surhumain, a passé sa vie à refaire la création. Il la prenait dans ses mains, la tordait, la rarrangeait, l’expliquait, la commentait ; et la nature se transformait en apocalypse. Il a mis le monde sens dessus dessous. Au fait, n’a-t-il pas composé un livre d’images qui s’appelle Le Monde à l’envers ? Il y a des gens superficiels que Grandville divertit ; quant à moi, il m’effraye. Car c’est à l’artiste malheureusement que je m’intéresse et non à ses dessins. Quand j’entre dans l’œuvre de Grandville, j’éprouve un certain malaise, comme dans un appartement où le désordre serait systématiquement organisé, où des corniches saugrenues s’appuieraient sur le plancher, où les tableaux se présenteraient déformés par des procédés d’opticien, où les objets se blesseraient obliquement par les angles, où les meubles se tiendraient les pieds en l’air, et où les tiroirs s’enfonceraient au lieu de sortir.

Sans doute Grandville a fait de belles et bonnes choses, ses habitudes têtues et minutieuses le servant beaucoup ; mais il n’avait pas de souplesse, et aussi n’a-t-il jamais su dessiner une femme. Or c’est par le côté fou de son talent que Grandville est important. Avant de mourir, il appliquait sa volonté, toujours opiniâtre, à noter sous une forme plastique la succession des rêves et des cauchemars, avec la précision d’un sténographe qui écrit le discours d’un orateur. L’artiste-Grandville voulait, oui, il voulait que le crayon expliquât la loi d’association des idées. Grandville est très-comique ; mais il est souvent un comique sans le savoir.

Machine translation of above

As in Grandville, it is quite another thing. Grandville is a morbidly literary spirit, always looking for ways to bring bastards his thinking in the field of visual arts, so have we seen often use the old method is to attach the mouths of his characters talking banners. A philosopher or a doctor would make a very nice psychological and physiological study of Grandville. He spent his life looking for ideas, finding sometimes. But as he was an artist by profession and writer by the head, he could never express goods. He touched on several major issues of course, and he ended up falling into the void, being quite or philosopher or artist. Grandville drove for much of its existence on the general idea of ​​Analogy. This is even where he started: Metamorphoses of the day. But he could not draw right conclusions, he jolted as a derailed locomotive. This man, with superhuman courage, has spent his life creating again. He took her in his hands, twisting the rarrangeait, explained the commenting, and nature is transformed into Apocalypse. He turned the world upside down. In fact, he has not made a picture book called The World Turned Upside Down? There are superficial people Grandville entertains; as for me, it scares me. Because it is the artist unfortunately I am interested and not his drawings. When I go into the work of Grandville, I feel some discomfort, like an apartment where disorder is systematically organized, where absurd cornices draw on the floor, where the tables would show distorted by processes of optician, where objects would hurt obliquely angles, where the furniture would stand feet in the air, and where the drawers would sink instead of going out.

Grandville was probably good and beautiful things, his stubborn and meticulous habits for the lot, but he had no flexibility, and also did he never could draw a woman. But this is the crazy side of her talent that Grandville is important. Before dying, he applied his will, always opinionated, noted plastic form a succession of dreams and nightmares, with the precision of a reporter who wrote the speech of a speaker. The artist wanted Grandville, yes, he wanted the pencil expliquât the law of association of ideas. Grandville is very funny, but it is often a comic without knowing it.



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