A Passion in the Desert  

From The Art and Popular Culture Encyclopedia

Jump to: navigation, search

Related e

Google
Wikipedia
Wiktionary
Wiki Commons
Wikiquote
Wikisource
YouTube
Shop


Featured:
Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.
Enlarge
Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.

Une passion dans le désert (1830, English: A Passion in the Desert) is a novella by French writer Honoré de Balzac first published in 1830 in the Revue de Paris and collected in La Comédie humaine.

There is a 1955 spoken word version by Ken Nordine and the story was adapted to film as Passion in the Desert (1998).

It is the love story of a soldier and a female panther, prompting the Psychopathia Sexualis to label it a story of bestiality.

Contents

Background

La bataille des Pyramides, sert de point de départ la nouvelle, dont la suite se déroule pendant l'expédition de Haute-Égypte. « Épisode d'une épopée qu'on pourrait intituler Les Français en Égypte(...)Lors de l'expédition entreprise par le général Desaix en Haute-Égypte, un soldat étant tombé aux mains de Maugrabins (sic) fut emmené par ces arabes au-delà des cataractes du Nil. En ce moment, Bonaparte parcourait l'Égypte. »

Résumé

Le soldat égaré dans le désert trouve refuge dans une grotte et réussit à apprivoiser une panthère noire dont il est en quelque sorte amoureux. Mais un geste brusque lui donne l'impression que l'animal va le dévorer et il la poignarde. Il s'aperçoit trop tard qu'il s'agissait d'une marque d'affection de la part de l'animal. C'est le soldat lui-même qui fait le récit de son aventure à sa compagne. Il avait appelé la panthère Mignonne et il avait projeté quantité de qualités féminines dont il garde un souvenir ému.

See also

Full text

— Ce spectacle est effrayant ! s’écria-t-elle en sortant de la ménagerie de monsieur Martin.

Elle venait de contempler ce hardi spéculateur travaillant avec sa hyène, pour parler en style d’affiche.

— Par quels moyens, dit-elle en continuant, peut-il avoir apprivoisé ses animaux au point d’être assez certain de leur affection pour…

— Ce fait, qui vous semble un problème, répondis-je en l’interrompant, est cependant une chose naturelle…

— Oh ! s’écria-t-elle en laissant errer sur ses lèvres un sourire d’incrédulité.

— Vous croyez donc les bêtes entièrement dépourvues de passions ? lui demandai-je, apprenez que nous pouvons leur donner tous les vices dus à notre état de civilisation.

Elle me regarda d’un air étonné.

— Mais, repris-je, en voyant monsieur Martin pour la première fois, j’avoue qu’il m’est échappé, comme à vous, une exclamation de surprise. Je me trouvais alors près d’un ancien militaire amputé de la jambe droite entré avec moi. Cette figure m’avait frappé. C’était une de ces têtes intrépides, marquées du sceau de la guerre et sur lesquelles sont écrites les batailles de Napoléon. Ce vieux soldat avait surtout un air de franchise et de gaieté qui me prévient toujours favorablement. C’était sans doute un de ces troupiers que rien ne surprend, qui trouvent matière à rire dans la dernière grimace d’un camarade, l’ensevelissent ou le dépouillent gaiement, interpellent les boulets avec autorité, dont enfin les délibérations sont courtes, et qui fraterniseraient avec le diable. Après avoir regardé fort attentivement le propriétaire de la ménagerie au moment où il sortait de la loge, mon compagnon plissa ses lèvres de manière à formuler un dédain moqueur par cette espèce de moue


significative que se permettent les hommes supérieurs pour se faire distinguer des dupes. Aussi, quand je me récriai sur le courage de monsieur Martin, sourit-il, et me dit-il d’un air capable en hochant la tête : -- Connu !…

— Comment, connu ? lui répondis-je. Si vous voulez m’expliquer ce mystère, je vous serai très-obligé.

Après quelques instants pendant lesquels nous fîmes connaissance, nous allâmes dîner chez le premier restaurateur dont la boutique s’offrit à nos regards. Au dessert, une bouteille de vin de Champagne rendit aux souvenirs de ce curieux soldat toute leur clarté. Il me raconta son histoire et je vis qu’il avait eu raison de s’écrier : -- Connu !

Rentrée chez elle, elle me fit tant d’agaceries, tant de promesses, que je consentis à lui rédiger la confidence du soldat. Le lendemain elle reçut donc cet épisode d’une épopée qu’on pourrait intituler : Les Français en Égypte.

Lors de l’expédition entreprise dans la Haute-Égypte par le général Desaix, un soldat provençal, étant tombé au pouvoir des Maugrabins, fut emmené par ces Arabes dans les déserts situés au delà des cataractes du Nil. Afin de mettre entre eux et l’armée française un espace suffisant pour leur tranquillité, les Maugrabins firent une marche forcée, et ne s’arrêtèrent qu’à la nuit. Ils campèrent autour d’un puits masqué par des palmiers, auprès desquels ils avaient précédemment enterré quelques provisions. Ne supposant pas que l’idée de fuir pût venir à leur prisonnier, ils se contentèrent de lui attacher les mains, et s’endormirent tous après avoir mangé quelques dattes et donné de l’orge à leurs chevaux. Quand le hardi Provençal vit ses ennemis hors d’état de le surveiller, il se servit de ses dents pour s’emparer d’un cimeterre, puis, s’aidant de ses genoux pour en fixer la lame, il trancha les cordes qui lui ôtaient l’usage de ses mains et se trouva libre. Aussitôt il se saisit d’une carabine et d’un poignard, se précautionna d’une provision de dattes sèches, d’un petit sac d’orge, de poudre et de balles ; ceignit un cimeterre, monta sur un cheval, et piqua vivement dans la direction où il supposa que devait être l’armée française. Impatient de revoir un bivouac, il pressa tellement le coursier déjà fatigué, que le pauvre ani


mal expira, les flancs déchirés, laissant le Français au milieu du désert.

Après avoir marché pendant quelque temps dans le sable avec tout le courage d’un forçat qui s’évade, le soldat fut forcé de s’arrêter, le jour finissait. Malgré la beauté du ciel pendant les nuits en Orient, il ne se sentit pas la force de continuer son chemin. Il avait heureusement pu gagner une éminence sur le haut de laquelle s’élançaient quelques palmiers, dont les feuillages aperçus depuis longtemps avaient réveillé dans son cœur les plus douces espérances. Sa lassitude était si grande qu’il se coucha sur une pierre de granit, capricieusement taillée en lit de camp, et s’y endormit sans prendre aucune précaution pour sa défense pendant son sommeil. Il avait fait le sacrifice de sa vie. Sa dernière pensée fut même un regret. Il se repentait déjà d’avoir quitté les Maugrabins dont la vie errante commençait à lui sourire, depuis qu’il était loin d’eux et sans secours. Il fut réveillé par le soleil, dont les impitoyables rayons, tombant d’aplomb sur le granit, y produisaient une chaleur intolérable. Or, le Provençal avait eu la maladresse de se placer en sens inverse de l’ombre projetée par les têtes verdoyantes et majestueuses des palmiers… Il regarda ces arbres solitaires, et tressaillit ! ils lui rappelèrent les fûts élégants et couronnés de longues feuilles qui distinguent les colonnes sarrasines de la cathédrale d’Arles. Mais quand, après avoir compté les palmiers, il jeta les yeux autour de lui, le plus affreux désespoir fondit sur son âme. Il voyait un océan sans bornes. Les sables noirâtres du désert s’étendaient à perte de vue dans toutes les directions, et ils étincelaient comme une lame d’acier frappée par une vive lumière. Il ne savait pas si c’était une mer de glaces ou des lacs unis comme un miroir. Emportée par lames, une vapeur de feu tourbillonnait au-dessus de cette terre mouvante. Le ciel avait un éclat oriental d’une pureté désespérante, car il ne laisse alors rien à désirer à l’imagination. Le ciel et la terre étaient en feu. Le silence effrayait par sa majesté sauvage et terrible. L’infini, l’immensité, pressaient l’âme de toutes parts : pas un nuage au ciel, pas un souffle dans l’air, pas un accident au sein du sable agité par petites vagues menues ; enfin l’horizon finissait, comme en mer, quand il fait beau, par une ligne de lumière aussi déliée que le tranchant d’un sabre. Le Provençal serra le tronc d’un des palmiers, comme si c’eût été le corps d’un ami ; puis, à l’abri de l’ombre grêle et droite que l’arbre dessinait sur


le granit, il pleura, s’assit et resta là, contemplant avec une, tristesse profonde la scène implacable qui s’offrait à ses regards. Il cria comme pour tenter la solitude. Sa voix, perdue dans les cavités de l’éminence, rendit au loin un son maigre qui ne réveilla point d’écho ; l’écho était dans son cœur : le Provençal avait vingt-deux ans, il arma sa carabine.

— Il sera toujours bien temps ! se dit-il en posant à terre l’arme libératrice.

Regardant tour à tour l’espace noirâtre et l’espace bleu, le soldat rêvait à la France. Il sentait avec délices les ruisseaux de Paris, il se rappelait les villes par lesquelles il avait passé, les figures de ses camarades, et les plus légères circonstances de sa vie. Enfin, son imagination méridionale lui fit bientôt entrevoir les cailloux de sa chère Provence dans les jeux de la chaleur qui ondoyait au-dessus de la nappe étendue dans le désert. Craignant tous les dangers de ce cruel mirage, il descendit le revers opposé à celui par lequel il était monté, la veille, sur la colline. Sa joie fut grande en découvrant une espèce de grotte, naturellement taillée dans les immenses fragments de granit qui formaient la base de ce monticule. Les débris d’une natte annonçaient que cet asile avait été jadis habité. Puis à quelques pas il aperçut des palmiers chargés de dattes. Alors l’instinct qui nous attache à la vie se réveilla dans son cœur. Il espéra vivre assez pour attendre le passage de quelques Maugrabins, ou peut-être ! entendrait-il bientôt le bruit des canons ; car, en ce moment, Bonaparte parcourait l’Égypte. Ranimé par cette pensée, le Français abattit quelques régimes de fruits murs sous le poids desquels les dattiers semblaient fléchir, et il s’assura en goûtant cette manne inespérée, que l’habitant de la grotte avait cultivé les palmiers. La chair savoureuse et fraîche de la datte accusait en effet les soins de son prédécesseur. Le Provençal passa subitement d’un sombre désespoir à une joie presque folle. Il remonta sur le haut de la colline, et s’occupa pendant le reste du jour à couper un des palmiers inféconds qui, la veille, lui avaient servi de toit. Un vague souvenir lui fit penser aux animaux du désert ; et, prévoyant qu’ils pourraient venir boire à la source perdue dans les sables qui apparaissait au bas des quartiers de roche, il résolut de se garantir de leurs visites en mettant une barrière à la porte de son ermitage. Malgré son ardeur, malgré les forces que lui donna la peur d’être dévoré pendant son sommeil, il lui fut impossible de couper


le palmier en plusieurs morceaux dans cette journée ; mais il réussit à l’abattre. Quand, vers le soir, ce roi du désert tomba, le bruit de sa chute retentit au loin, et ce fut comme un gémissement poussé par la solitude ; le soldat en frémit comme s’il eût entendu quelque voix lui prédire un malheur. Mais, comme un héritier qui ne s’apitoie pas longtemps sur la mort d’un parent, il dépouilla ce bel arbre des larges et hautes feuilles vertes qui en sont le poétique ornement, et s’en servit pour réparer la natte sur laquelle il allait se coucher. Fatigué par la chaleur et le travail, il s’endormit sous les lambris rouges de sa grotte humide. Au milieu de la nuit son sommeil fut troublé par un bruit extraordinaire. Il se dressa sur son séant, et le silence profond qui régnait lui permit de reconnaître l’accent alternatif d’une respiration dont la sauvage énergie ne pouvait appartenir à une créature humaine. Une profonde peur, encore augmentée par l’obscurité, par le silence et par les fantaisies du réveil lui glaça le cœur. Il sentit même à peine la douloureuse contraction de sa chevelure quand, à force de dilater les pupilles de ses yeux, il aperçut dans l’ombre deux lueurs faibles et jeunes. D’abord il attribua ces lumières à quelque reflet de ses prunelles ; mais bientôt, le vif éclat de la nuit l’aidant par degrés à distinguer les objets qui se trouvaient dans la grotte, il aperçut un énorme animal couché à deux pas de lui. Etait-ce un lion, un tigre, ou un crocodile ? Le Provençal n’avait pas assez d’instruction pour savoir dans quel sous-genre était classé son ennemi ; mais son effroi fut d’autant plus violent que son ignorance lui fit supposer tous les malheurs ensemble. Il endura le cruel supplice d’écouter, de saisir les caprices de cette respiration, sans en rien perdre, et sans oser se permettre le moindre mouvement. Une odeur aussi forte que celle exhalée par les renards, mais plus pénétrante, plus grave pour ainsi dire, remplissait la grotte ; et quand le Provençal l’eut dégustée du nez, sa terreur fut au comble, car il ne pouvait plus révoquer en doute l’existence du terrible compagnon, dont l’antre royal lui servait de bivouac. Bientôt les reflets de la lune qui se précipitait vers l’horizon éclairant la tanière firent insensiblement resplendir la peau tachetée d’une panthère. Ce lion d’Égypte dormait, roulé comme un gros chien, paisible possesseur d’une niche somptueuse à la porte d’un hôtel ; ses yeux, ouverts pendant un moment, s’étaient refermés. Il avait la face tournée vers le Français. Mille pensées confuses passèrent dans l’âme du prisonnier de la panthère ; d’abord il vou


lut la tuer d’un coup de fusil ; mais il s’aperçut qu’il n’y avait pas assez d’espace entre elle et lui pour l’ajuster, le canon aurait dépassé l’animal. Et s’il l’éveillait ? Cette hypothèse le rendit immobile. En écoutant battre son cœur au milieu du silence, il maudissait les pulsations trop fortes que l’affluence du sang y produisait, redoutant de troubler ce sommeil qui lui permettait de chercher un expédient salutaire. Il mit la main deux fois sur son cimeterre dans le dessein de trancher la tête à son ennemi ; mais la difficulté de couper un poil ras et dur l’obligea de renoncer à son hardi projet. -- La manquer ? ce serait mourir sûrement, pensa-t-il. Il préféra les chances d’un combat, et résolut d’attendre le jour. Et le jour ne se fit pas longtemps désirer. Le Français put alors examiner la panthère ; elle avait le museau teint de sang. -- Elle a bien mangé !… pensa-t-il sans s’inquiéter si le festin avait été composé de chair humaine, elle n’aura pas faim à son réveil.

C’était une femelle. La fourrure du ventre et des cuisses étincelait de blancheur. Plusieurs petites taches, semblables à du velours, formaient de jolis bracelets autour des pattes. La queue musculeuse était également blanche, mais terminée par des anneaux noirs. Le dessus de la robe, jaune comme de l’or mat, mais bien lisse et doux, portait ces mouchetures caractéristiques, nuancées en forme de roses, qui servent à distinguer les panthères des autres espèces de felis. Cette tranquille et redoutable hôtesse ronflait dans une pose aussi gracieuse que celle d’une chatte couchée sur le coussin d’une ottomane. Ses sanglantes pattes, nerveuses et bien armées, étaient en avant de sa tête qui reposait dessus, et de laquelle partaient ces barbes rares et droites, semblables à des fils d’argent. Si elle avait été ainsi dans une cage, le Provençal aurait certes admiré la grâce de cette bête et les vigoureux contrastes des couleurs vives qui donnaient à sa simarre un éclat impérial ; mais en ce moment il sentait sa vue troublée par cet aspect sinistre. La présence de la panthère, même endormie, lui faisait éprouver l’effet que les yeux magnétiques du serpent produisent, dit-on, sur le rossignol. Le courage du soldat finit par s’évanouir un moment devant ce danger, tandis qu’il se serait sans doute exalté sous la bouche des canons vomissant la mitraille. Cependant, une pensée intrépide se fit jour en son âme, et tarit, dans sa source, la sueur froide qui lui découlait du front. Agissant comme les hommes qui, poussés à bout par le malheur, arrivent à défier la mort et s’offrent

à ses coups, il vit sans s’en rendre compte une tragédie dans cette aventure, et résolut d’y jouer son rôle avec honneur jusqu’à la dernière scène.

— Avant-hier, les Arabes m’auraient peut-être tué ?… se dit-il. Se considérant comme mort, il attendit bravement et avec une inquiète curiosité le réveil de son ennemi. Quand le soleil parut, la panthère ouvrit subitement les yeux ; puis elle étendit violemment ses pattes, comme pour les dégourdir et dissiper des crampes. Enfin elle bâilla, montrant ainsi l’épouvantable appareil de ses dents et sa langue fourchue, aussi dure qu’une râpe. -- C’est comme une petite maîtresse !… pensa le Français en la voyant se rouler et faire les mouvements les plus doux et les plus coquets. Elle lécha le sang qui teignait ses pattes, son museau, et se gratta la tête par des gestes réitérés pleins de gentillesse. -- Bien !… Fais un petit bout de toilette !… dit en lui-même le Français qui retrouva sa gaieté en reprenant du courage, nous allons nous souhaiter le bonjour. Et il saisit le petit poignard court dont il avait débarrassé les Maugrabins.

En ce moment, la panthère retourna la tête vers le Français, et le regarda fixement sans avancer. La rigidité de ces yeux métalliques et leur insupportable clarté firent tressaillir le Provençal, surtout quand la bête marcha vers lui ; mais il la contempla d’un air caressant, et la guignant comme pour la magnétiser, il la laissa venir près de lui ; puis, par un mouvement aussi doux, aussi amoureux que s’il avait voulu caresser la plus jolie femme, il lui passa la main sur tout le corps, de la tête à la queue, en irritant avec ses ongles les flexibles vertèbres qui partageaient le dos jaune de la panthère. La bête redressa voluptueusement sa queue, ses yeux s’adoucirent ; et quand, pour la troisième fois, le Français accomplit cette flatterie intéressée, elle fit entendre un de ces rourou par lesquels nos chats expriment leur plaisir ; mais ce murmure partait d’un gosier si puissant et si profond, qu’il retentit dans la grotte comme les derniers ronflements des orgues dans une église. Le Provençal, comprenant l’importance de ses caresses, les redoubla de manière à étourdir, à stupéfier cette courtisane impérieuse. Quand il se crut sûr d’avoir éteint la férocité de sa capricieuse compagne, dont la faim avait été si heureusement assouvie la veille, il se leva et voulut sortir de la grotte ; la panthère le laissa bien partir, mais quand il eut gravi la colline, elle bondit avec la légèreté des moineaux


sautant d’une branche à une autre, et vint se frotter contre les jambes du soldat en faisant le gros dos à la manière des chattes. Puis, regardant son hôte d’un œil dont l’éclat était devenu moins inflexible, elle jeta ce cri sauvage que les naturalistes comparent au bruit d’une scie.

— Elle est exigeante ! s’écria le Français en souriant. Il essaya de jouer avec les oreilles, de lui caresser le ventre et lui gratter fortement la tête avec ses ongles. Et, s’apercevant de ses succès, il lui chatouilla le crâne avec la pointe de son poignard, en épiant l’heure de la tuer ; mais la dureté des os le fit trembler de ne pas réussir.

La sultane du désert agréa les talents de son esclave en levant la tête, en tendant le cou, en accusant son ivresse par la tranquillité de son attitude. Le Français songea soudain que, pour assassiner d’un seul coup cette farouche princesse, il fallait la poignarder dans la gorge, et il levait la lame, quand la panthère, rassasiée sans doute, se coucha gracieusement à ses pieds en jetant de temps en temps des regards où, malgré une rigueur native, se peignait confusément de la bienveillance. Le pauvre Provençal mangea ses dattes, en s’appuyant sur un des palmiers ; mais il lançait tour à tour un œil investigateur sur le désert pour y chercher des libérateurs, et sur sa terrible compagne pour en épier la clémence incertaine. La panthère regardait l’endroit où les noyaux de datte tombaient, chaque fois qu’il en jetait un, et ses yeux exprimaient alors une incroyable méfiance. Elle examinait le Français avec une prudence commerciale ; mais cet examen lui fut favorable, car lorsqu’il eut achevé son maigre repas, elle lui lécha ses souliers, et, d’une langue rude et forte, elle en enleva miraculeusement la poussière incrustée dans les plis.

— Mais quand elle aura faim ?… pensa le Provençal. Malgré le frisson que lui causa son idée, le soldat se mit à mesurer curieusement les proportions de la panthère, certainement un des plus beaux individus de l’espèce, car elle avait trois pieds de hauteur et quatre pieds de longueur, sans y comprendre la queue. Cette arme puissante, ronde comme un gourdin, était haute de près de trois pieds. La tête, aussi grosse que celle d’une lionne, se distinguait par une rare expression de finesse ; la froide cruauté des tigres y dominait bien, mais il y avait aussi une vague ressemblance avec la physionomie d’une femme artificieuse. Enfin la figure de cette reine solitaire révélait en ce moment une sorte de gaieté semblable


à celle de Néron ivre : elle s’était désaltérée dans le sang et voulait jouer. Le soldat essaya d’aller et de venir, la panthère le laissa libre, se contentant de le suivre des yeux, ressemblant ainsi moins à un chien fidèle qu’à un gros angora inquiet de tout, même des mouvements de son maître. Quand il se retourna, il aperçut du côté de la fontaine les restes de son cheval, la panthère en avait traîné jusque-là le cadavre. Les deux tiers environ étaient dévorés. Ce spectacle rassura le Français. Il lui fut facile alors d’expliquer l’absence de la panthère, et le respect qu’elle avait eu pour lui pendant son sommeil. Ce premier bonheur l’enhardissant à tenter l’avenir, il conçut le fol espoir de faire bon ménage avec la panthère pendant toute la journée, en ne négligeant aucun moyen de l’apprivoiser et de se concilier ses bonnes grâces. Il revint près d’elle et eut l’ineffable bonheur de lui voir remuer la queue par un mouvement presque insensible. Il s’assit alors sans crainte auprès d’elle, et ils se mirent à jouer tous les deux, il lui prit les pattes, le museau, lui tournilla les oreilles, la renversa sur le dos, et gratta fortement ses flancs chauds et soyeux. Elle se laissa faire, et quand le soldat essaya de lui lisser le poil des pattes, elle rentra soigneusement ses ongles recourbés comme des damas. Le Français, qui gardait une main sur son poignard, pensait encore à le plonger dans le ventre de la trop confiante panthère ; mais il craignit d’être immédiatement étranglé dans la dernière convulsion qui l’agiterait. Et d’ailleurs, il entendit dans son cœur une sorte de remords qui lui criait de respecter une créature inoffensive. Il lui semblait avoir trouvé une amie dans ce désert sans bornes. Il songea involontairement à sa première maîtresse, qu’il avait surnommée Mignonne par antiphrase, parce qu’elle était d’une si atroce jalousie, que pendant tout le temps que dura leur passion, il eut à craindre le couteau dont elle l’avait toujours menacé. Ce souvenir de son jeune âge lui suggéra d’essayer de faire répondre à ce nom la jeune panthère de laquelle il admirait, maintenant avec moins d’effroi, l’agilité, la grâce et la mollesse.

Vers la fin de la journée, il s’était familiarisé avec sa situation périlleuse, et il en aimait presque les angoisses. Enfin sa compagne avait fini par prendre l’habitude de le regarder quand il criait en voix de fausset : « Mignonne ». Au coucher du soleil, Mignonne fit entendre à plusieurs reprises un cri profond et mélancolique.

— Elle est bien élevée !… pensa le gai soldat ; elle dit ses prières !…


Mais cette plaisanterie mentale ne lui vint en l’esprit que quand il eut remarqué l’attitude pacifique dans laquelle restait sa camarade.

— Va, ma petite blonde, je te laisserai coucher la première, lui dit-il en comptant bien sur l’activité de ses jambes pour s’évader au plus vite quand elle serait endormie, afin d’aller chercher un autre gîte pendant la nuit. Le soldat attendit avec impatience l’heure de sa fuite, et quand elle fut arrivée, il marcha vigoureusement dans la direction du Nil ; mais à peine eut-il fait un quart de lieue dans les sables qu’il entendit la panthère bondissant derrière lui, et jetant par intervalles ce cri de scie, plus effrayant encore que le bruit lourd de ces bonds.

— Allons ! se dit-il, elle m’a pris en amitié !… Cette jeune panthère n’a peut-être encore rencontré personne, il est flatteur d’avoir son premier amour ! En ce moment le Français tomba dans un de ces sables mouvants si redoutables pour les voyageurs, et d’où il est impossible de se sauver. En se sentant pris, il poussa un cri d’alarme, la panthère le saisit avec ses dents par le collet ; et, sautant avec vigueur en arrière, elle le tira du gouffre, comme par magie. -- Ah ! Mignonne, s’écria le soldat, en la caressant avec enthousiasme, c’est entre nous maintenant à la vie à la mort. Mais pas de farces ? Et il revint sur ses pas.

Le désert fut dès lors comme peuplé. Il renfermait un être auquel le Français pouvait parler, et dont la férocité s’était adoucie pour lui, sans qu’il s’expliquât les raisons de cette incroyable amitié. Quelque puissant que fût le désir du soldat de rester debout et sur ses gardes, il dormit. A son réveil, il ne vit plus Mignonne ; il monta sur la colline, et dans le lointain, il l’aperçut accourant par bonds, suivant l’habitude de ces animaux auxquels la course est interdite par l’extrême flexibilité de leur colonne vertébrale. Mignonne arriva les babines sanglantes, elle reçut les caresses nécessaires que lui fit son compagnon, en témoignant même par plusieurs rourou graves combien elle en était heureuse. Ses yeux pleins de mollesse se tournèrent avec encore plus de douceur que la veille sur le Provençal, qui lui parlait comme à un animal domestique.

— Ah ! ah ! mademoiselle, car vous êtes une honnête fille, n’est-ce pas ? Voyez-vous ça ? Nous aimons à être câlinée. N’avez-vous pas honte ? Vous avez mangé quelque Maugrabin ? -- Bien ! C’est pourtant des animaux comme vous !… Mais n’allez-pas gruger les Français au moins.. Je ne vous aimerais plus !…


Elle joua comme un jeune chien joue avec son maître, se laissant rouler, battre et flatter tour à tour ; et parfois elle provoquait le soldat en avançant la patte sur lui, par un geste de solliciteur.

Quelques jours se passèrent ainsi. Cette compagnie permit au Provençal d’admirer les sublimes beautés du désert. Du moment où il y trouvait des heures de crainte et de tranquillité, des aliments, et une créature à laquelle il pensait, il eut l’âme agitée par des contrastes… C’était une vie pleine d’oppositions. La solitude lui révéla tous ses secrets, l’enveloppa de ses charmes. Il découvrit dans le lever et le coucher du soleil des spectacles inconnus au monde. Il sut tressaillir en entendant au-dessus de sa tête le doux sifflement des ailes d’un oiseau, – rare passager ! – en voyant les nuages se confondre, – voyageurs changeants et colorés ! Il étudia pendant la nuit les effets de la lune sur l’océan des sables où le simoun produisait des vagues, des ondulations et de rapides changements. Il vécut avec le jour de l’Orient, il en admira les pompes merveilleuses ; et souvent, après avoir joui du terrible spectacle d’un ouragan dans cette plaine où les sables soulevés produisaient des brouillards rouges et secs, des nuées mortelles, il voyait venir la nuit avec délices, car alors tombait la bienfaisante fraîcheur des étoiles. Il écouta des musiques imaginaires dans les cieux. Puis la solitude lui apprit à déployer les trésors de la rêverie. Il passait des heures entières à se rappeler des riens, à comparer sa vie passée à sa vie présente. Enfin il se passionna pour sa panthère ; car il lui fallait bien une affection. Soit que sa volonté, puissamment projetée, eût modifié le caractère de sa compagne, soit qu’elle trouvât une nourriture abondante, grâce aux combats qui se livraient alors dans ces déserts, elle respecta la vie du Français, qui finit par ne plus s’en défier en la voyant si bien apprivoisée. Il employait la plus grande partie du temps à dormir ; mais il était obligé de veiller, comme une araignée au sein de sa toile, pour ne pas laisser échapper le moment de sa délivrance, si quelqu’un passait dans la sphère décrite par l’horizon. Il avait sacrifié sa chemise pour en faire un drapeau, arboré sur le haut d’un palmier dépouillé de feuillage. Conseillé par la nécessité, il sut trouver le moyen de le garder déployé en le tendant avec des baguettes, car le vent aurait pu ne pas l’agiter au moment où le voyageur attendu regarderait dans le désert…

C’était pendant les longues heures où l’abandonnait l’espérance qu’il s’amusait avec la panthère. Il avait fini par connaître les diffé-


rentes inflexions de sa voix, l’expression de ses regards, il avait étudié les caprices de toutes les taches qui nuançaient l’or de sa robe. Mignonne ne grondait même plus quand il lui prenait la touffe par laquelle sa redoutable queue était terminée, pour en compter les anneaux noirs et blancs, ornement gracieux, qui brillait de loin au soleil comme des pierreries. Il avait plaisir à contempler les lignes moelleuses et fines des contours, la blancheur du ventre, la grâce de la tête. Mais c’était surtout quand elle folâtrait qu’il la contemplait complaisamment, et l’agilité, la jeunesse de ses mouvements, le surprenaient toujours ; il admirait sa souplesse quand elle se mettait à bondir, à ramper, à se glisser, à se fourrer, à s’accrocher, se rouler, se blottir, s’élancer partout. Quelque rapide que fût son élan, quelque glissant que fût un bloc de granit, elle s’y arrêtait tout court, au mot de « Mignonne… »

Un jour, par un soleil éclatant, un immense oiseau plana dans les airs. Le Provençal quitta sa panthère pour examiner ce nouvel hôte ; mais après un moment d’attente, la sultane délaissée gronda sourdement. -- Je crois, Dieu m’emporte, qu’elle est jalouse, s’écria-t-il en voyant ses yeux redevenus rigides. L’âme de Virginie aura passé dans ce corps-là, c’est sûr !… L’aigle disparut dans les airs pendant que le soldat admirait la croupe rebondie de la panthère. Mais il y avait tant de grâce et de jeunesse dans ses contours ! C’était joli comme une femme. La blonde fourrure de la robe se mariait par des teintes fines aux tons du blanc mat qui distinguait les cuisses. La lumière profusément jetée par le soleil faisait briller cet or vivant, ces taches brunes, de manière à leur donner d’indéfinissables attraits. Le Provençal et la panthère se regardèrent l’un et l’autre d’un air intelligent, la coquette tressaillit quand elle sentit les ongles de son ami lui gratter le crâne, ses yeux brillèrent comme deux éclairs, puis elle les ferma fortement.

— Elle a une âme… dit-il en étudiant la tranquillité de cette reine des sables, dorée comme eux, blanche comme eux, solitaire et brûlante comme eux…

— Eh ! bien, me dit-elle, j’ai lu votre plaidoyer en faveur des bêtes ; mais comment deux personnes si bien faites pour se comprendre ont-elles fini ?…

— Ah ! voilà !… Elles ont fini comme finissent toutes les grandes passions, par un mal-entendu ! On croit de part et d’autre à quelque trahison, l’on ne s’explique point par fierté, l’on se brouille par entêtement.

— Et quelquefois dans les plus beaux moments, dit-elle ; un regard, une exclamation suffisent. Eh ! bien, alors, achevez l’histoire ?

— C’est horriblement difficile, mais vous comprendrez ce que m’avait déjà confié le vieux grognard quand, en finissant sa bouteille de vin de Champagne, il s’est écrié : -- Je ne sais pas quel mal je lui ai fait, mais elle se retourna comme si elle eût été enragée ; et, de ses dents aiguës, elle m’entama la cuisse, faiblement sans doute. Moi, croyant qu’elle voulait me dévorer, je lui plongeai mon poignard dans le cou. Elle roula en jetant un cri qui me glaça le cœur, je la vis se débattant en me regardant sans colère. J’aurais voulu pour tout au monde, pour ma croix, que je n’avais pas encore, la rendre à la vie. C’était comme si j’eusse assassiné une personne véritable. Et les soldats qui avaient vu mon drapeau, et qui accoururent à mon secours, me trouvèrent tout en larmes… -- Eh ! bien, monsieur, reprit-il après un moment de silence, j’ai fait depuis la guerre en Allemagne, en Espagne, en Russie, en France ; j’ai bien promené mon cadavre, je n’ai rien vu de semblable au désert… Ah ! c’est que cela est bien beau. -- Qu’y sentiez-vous ?… lui ai-je demandé. -- Oh ! cela ne se dit pas, jeune homme. D’ailleurs je ne regrette pas toujours mon bouquet de palmiers et ma panthère… il faut que je sois triste pour cela. Dans le désert, voyez-vous, il y a tout, et il n’y a rien… -- Mais encore expliquez-moi ? -- Eh ! bien, reprit-il en laissant échapper un geste d’impatience, c’est Dieu sans les hommes.

Paris, 1832.

Full text (English translation)[1555-h.htm]

A PASSION IN THE DESERT


By Honore De Balzac


Translated by Ernest Dowson



A PASSION IN THE DESERT

“The whole show is dreadful,” she cried coming out of the menagerie of M. Martin. She had just been looking at that daring speculator “working with his hyena,”—to speak in the style of the programme.

“By what means,” she continued, “can he have tamed these animals to such a point as to be certain of their affection for——”

“What seems to you a problem,” said I, interrupting, “is really quite natural.”

“Oh!” she cried, letting an incredulous smile wander over her lips.

“You think that beasts are wholly without passions?” I asked her. “Quite the reverse; we can communicate to them all the vices arising in our own state of civilization.”

She looked at me with an air of astonishment.

“But,” I continued, “the first time I saw M. Martin, I admit, like you, I did give vent to an exclamation of surprise. I found myself next to an old soldier with the right leg amputated, who had come in with me. His face had struck me. He had one of those heroic heads, stamped with the seal of warfare, and on which the battles of Napoleon are written. Besides, he had that frank, good-humored expression which always impresses me favorably. He was without doubt one of those troopers who are surprised at nothing, who find matter for laughter in the contortions of a dying comrade, who bury or plunder him quite light-heartedly, who stand intrepidly in the way of bullets;—in fact, one of those men who waste no time in deliberation, and would not hesitate to make friends with the devil himself. After looking very attentively at the proprietor of the menagerie getting out of his box, my companion pursed up his lips with an air of mockery and contempt, with that peculiar and expressive twist which superior people assume to show they are not taken in. Then, when I was expatiating on the courage of M. Martin, he smiled, shook his head knowingly, and said, ‘Well known.’

“‘How “well known”?’ I said. ‘If you would only explain me the mystery, I should be vastly obliged.’

“After a few minutes, during which we made acquaintance, we went to dine at the first restauranteur’s whose shop caught our eye. At dessert a bottle of champagne completely refreshed and brightened up the memories of this odd old soldier. He told me his story, and I saw that he was right when he exclaimed, ‘Well known.’”

When she got home, she teased me to that extent, was so charming, and made so many promises, that I consented to communicate to her the confidences of the old soldier. Next day she received the following episode of an epic which one might call “The French in Egypt.”

During the expedition in Upper Egypt under General Desaix, a Provencal soldier fell into the hands of the Maugrabins, and was taken by these Arabs into the deserts beyond the falls of the Nile.

In order to place a sufficient distance between themselves and the French army, the Maugrabins made forced marches, and only halted when night was upon them. They camped round a well overshadowed by palm trees under which they had previously concealed a store of provisions. Not surmising that the notion of flight would occur to their prisoner, they contented themselves with binding his hands, and after eating a few dates, and giving provender to their horses, went to sleep.

When the brave Provencal saw that his enemies were no longer watching him, he made use of his teeth to steal a scimiter, fixed the blade between his knees, and cut the cords which prevented him from using his hands; in a moment he was free. He at once seized a rifle and a dagger, then taking the precautions to provide himself with a sack of dried dates, oats, and powder and shot, and to fasten a scimiter to his waist, he leaped on to a horse, and spurred on vigorously in the direction where he thought to find the French army. So impatient was he to see a bivouac again that he pressed on the already tired courser at such speed, that its flanks were lacerated with his spurs, and at last the poor animal died, leaving the Frenchman alone in the desert. After walking some time in the sand with all the courage of an escaped convict, the soldier was obliged to stop, as the day had already ended. In spite of the beauty of an Oriental sky at night, he felt he had not strength enough to go on. Fortunately he had been able to find a small hill, on the summit of which a few palm trees shot up into the air; it was their verdure seen from afar which had brought hope and consolation to his heart. His fatigue was so great that he lay down upon a rock of granite, capriciously cut out like a camp-bed; there he fell asleep without taking any precaution to defend himself while he slept. He had made the sacrifice of his life. His last thought was one of regret. He repented having left the Maugrabins, whose nomadic life seemed to smile upon him now that he was far from them and without help. He was awakened by the sun, whose pitiless rays fell with all their force on the granite and produced an intolerable heat—for he had had the stupidity to place himself adversely to the shadow thrown by the verdant majestic heads of the palm trees. He looked at the solitary trees and shuddered—they reminded him of the graceful shafts crowned with foliage which characterize the Saracen columns in the cathedral of Arles.

But when, after counting the palm trees, he cast his eyes around him, the most horrible despair was infused into his soul. Before him stretched an ocean without limit. The dark sand of the desert spread further than eye could reach in every direction, and glittered like steel struck with bright light. It might have been a sea of looking-glass, or lakes melted together in a mirror. A fiery vapor carried up in surging waves made a perpetual whirlwind over the quivering land. The sky was lit with an Oriental splendor of insupportable purity, leaving naught for the imagination to desire. Heaven and earth were on fire.

The silence was awful in its wild and terrible majesty. Infinity, immensity, closed in upon the soul from every side. Not a cloud in the sky, not a breath in the air, not a flaw on the bosom of the sand, ever moving in diminutive waves; the horizon ended as at sea on a clear day, with one line of light, definite as the cut of a sword.

The Provencal threw his arms round the trunk of one of the palm trees, as though it were the body of a friend, and then, in the shelter of the thin, straight shadow that the palm cast upon the granite, he wept. Then sitting down he remained as he was, contemplating with profound sadness the implacable scene, which was all he had to look upon. He cried aloud, to measure the solitude. His voice, lost in the hollows of the hill, sounded faintly, and aroused no echo—the echo was in his own heart. The Provencal was twenty-two years old:—he loaded his carbine.

“There’ll be time enough,” he said to himself, laying on the ground the weapon which alone could bring him deliverance.

Viewing alternately the dark expanse of the desert and the blue expanse of the sky, the soldier dreamed of France—he smelled with delight the gutters of Paris—he remembered the towns through which he had passed, the faces of his comrades, the most minute details of his life. His Southern fancy soon showed him the stones of his beloved Provence, in the play of the heat which undulated above the wide expanse of the desert. Realizing the danger of this cruel mirage, he went down the opposite side of the hill to that by which he had come up the day before. The remains of a rug showed that this place of refuge had at one time been inhabited; at a short distance he saw some palm trees full of dates. Then the instinct which binds us to life awoke again in his heart. He hoped to live long enough to await the passing of some Maugrabins, or perhaps he might hear the sound of cannon; for at this time Bonaparte was traversing Egypt.

This thought gave him new life. The palm tree seemed to bend with the weight of the ripe fruit. He shook some of it down. When he tasted this unhoped-for manna, he felt sure that the palms had been cultivated by a former inhabitant—the savory, fresh meat of the dates were proof of the care of his predecessor. He passed suddenly from dark despair to an almost insane joy. He went up again to the top of the hill, and spent the rest of the day in cutting down one of the sterile palm trees, which the night before had served him for shelter. A vague memory made him think of the animals of the desert; and in case they might come to drink at the spring, visible from the base of the rocks but lost further down, he resolved to guard himself from their visits by placing a barrier at the entrance of his hermitage.

In spite of his diligence, and the strength which the fear of being devoured asleep gave him, he was unable to cut the palm in pieces, though he succeeded in cutting it down. At eventide the king of the desert fell; the sound of its fall resounded far and wide, like a sigh in the solitude; the soldier shuddered as though he had heard some voice predicting woe.

But like an heir who does not long bewail a deceased relative, he tore off from this beautiful tree the tall broad green leaves which are its poetic adornment, and used them to mend the mat on which he was to sleep.

Fatigued by the heat and his work, he fell asleep under the red curtains of his wet cave.

In the middle of the night his sleep was troubled by an extraordinary noise; he sat up, and the deep silence around allowed him to distinguish the alternative accents of a respiration whose savage energy could not belong to a human creature.

A profound terror, increased still further by the darkness, the silence, and his waking images, froze his heart within him. He almost felt his hair stand on end, when by straining his eyes to their utmost he perceived through the shadow two faint yellow lights. At first he attributed these lights to the reflections of his own pupils, but soon the vivid brilliance of the night aided him gradually to distinguish the objects around him in the cave, and he beheld a huge animal lying but two steps from him. Was it a lion, a tiger, or a crocodile?

The Provencal was not sufficiently educated to know under what species his enemy ought to be classed; but his fright was all the greater, as his ignorance led him to imagine all terrors at once; he endured a cruel torture, noting every variation of the breathing close to him without daring to make the slightest movement. An odor, pungent like that of a fox, but more penetrating, more profound,—so to speak,—filled the cave, and when the Provencal became sensible of this, his terror reached its height, for he could no longer doubt the proximity of a terrible companion, whose royal dwelling served him for a shelter.

Presently the reflection of the moon descending on the horizon lit up the den, rendering gradually visible and resplendent the spotted skin of a panther.

This lion of Egypt slept, curled up like a big dog, the peaceful possessor of a sumptuous niche at the gate of an hotel; its eyes opened for a moment and closed again; its face was turned towards the man. A thousand confused thoughts passed through the Frenchman’s mind; first he thought of killing it with a bullet from his gun, but he saw there was not enough distance between them for him to take proper aim—the shot would miss the mark. And if it were to wake!—the thought made his limbs rigid. He listened to his own heart beating in the midst of the silence, and cursed the too violent pulsations which the flow of blood brought on, fearing to disturb that sleep which allowed him time to think of some means of escape.

Twice he placed his hand on his scimiter, intending to cut off the head of his enemy; but the difficulty of cutting the stiff short hair compelled him to abandon this daring project. To miss would be to die for CERTAIN, he thought; he preferred the chances of fair fight, and made up his mind to wait till morning; the morning did not leave him long to wait.

He could now examine the panther at ease; its muzzle was smeared with blood.

“She’s had a good dinner,” he thought, without troubling himself as to whether her feast might have been on human flesh. “She won’t be hungry when she gets up.”

It was a female. The fur on her belly and flanks was glistening white; many small marks like velvet formed beautiful bracelets round her feet; her sinuous tail was also white, ending with black rings; the overpart of her dress, yellow like burnished gold, very lissome and soft, had the characteristic blotches in the form of rosettes, which distinguish the panther from every other feline species.

This tranquil and formidable hostess snored in an attitude as graceful as that of a cat lying on a cushion. Her blood-stained paws, nervous and well armed, were stretched out before her face, which rested upon them, and from which radiated her straight slender whiskers, like threads of silver.

If she had been like that in a cage, the Provencal would doubtless have admired the grace of the animal, and the vigorous contrasts of vivid color which gave her robe an imperial splendor; but just then his sight was troubled by her sinister appearance.

The presence of the panther, even asleep, could not fail to produce the effect which the magnetic eyes of the serpent are said to have on the nightingale.

For a moment the courage of the soldier began to fail before this danger, though no doubt it would have risen at the mouth of a cannon charged with shell. Nevertheless, a bold thought brought daylight to his soul and sealed up the source of the cold sweat which sprang forth on his brow. Like men driven to bay, who defy death and offer their body to the smiter, so he, seeing in this merely a tragic episode, resolved to play his part with honor to the last.

“The day before yesterday the Arabs would have killed me, perhaps,” he said; so considering himself as good as dead already, he waited bravely, with excited curiosity, the awakening of his enemy.

When the sun appeared, the panther suddenly opened her eyes; then she put out her paws with energy, as if to stretch them and get rid of cramp. At last she yawned, showing the formidable apparatus of her teeth and pointed tongue, rough as a file.

“A regular petite maitresse,” thought the Frenchman, seeing her roll herself about so softly and coquettishly. She licked off the blood which stained her paws and muzzle, and scratched her head with reiterated gestures full of prettiness. “All right, make a little toilet,” the Frenchman said to himself, beginning to recover his gaiety with his courage; “we’ll say good morning to each other presently;” and he seized the small, short dagger which he had taken from the Maugrabins.

At this moment the panther turned her head toward the man and looked at him fixedly without moving. The rigidity of her metallic eyes and their insupportable luster made him shudder, especially when the animal walked towards him. But he looked at her caressingly, staring into her eyes in order to magnetize her, and let her come quite close to him; then with a movement both gentle and amorous, as though he were caressing the most beautiful of women, he passed his hand over her whole body, from the head to the tail, scratching the flexible vertebrae which divided the panther’s yellow back. The animal waved her tail voluptuously, and her eyes grew gentle; and when for the third time the Frenchman accomplished this interesting flattery, she gave forth one of those purrings by which cats express their pleasure; but this murmur issued from a throat so powerful and so deep that it resounded through the cave like the last vibrations of an organ in a church. The man, understanding the importance of his caresses, redoubled them in such a way as to surprise and stupefy his imperious courtesan. When he felt sure of having extinguished the ferocity of his capricious companion, whose hunger had so fortunately been satisfied the day before, he got up to go out of the cave; the panther let him go out, but when he had reached the summit of the hill she sprang with the lightness of a sparrow hopping from twig to twig, and rubbed herself against his legs, putting up her back after the manner of all the race of cats. Then regarding her guest with eyes whose glare had softened a little, she gave vent to that wild cry which naturalists compare to the grating of a saw.

“She is exacting,” said the Frenchman, smilingly.

He was bold enough to play with her ears; he caressed her belly and scratched her head as hard as he could. When he saw that he was successful, he tickled her skull with the point of his dagger, watching for the right moment to kill her, but the hardness of her bones made him tremble for his success.

The sultana of the desert showed herself gracious to her slave; she lifted her head, stretched out her neck and manifested her delight by the tranquility of her attitude. It suddenly occurred to the soldier that to kill this savage princess with one blow he must poniard her in the throat.

He raised the blade, when the panther, satisfied no doubt, laid herself gracefully at his feet, and cast up at him glances in which, in spite of their natural fierceness, was mingled confusedly a kind of good will. The poor Provencal ate his dates, leaning against one of the palm trees, and casting his eyes alternately on the desert in quest of some liberator and on his terrible companion to watch her uncertain clemency.

The panther looked at the place where the date stones fell, and every time that he threw one down her eyes expressed an incredible mistrust.

She examined the man with an almost commercial prudence. However, this examination was favorable to him, for when he had finished his meager meal she licked his boots with her powerful rough tongue, brushing off with marvelous skill the dust gathered in the creases.

“Ah, but when she’s really hungry!” thought the Frenchman. In spite of the shudder this thought caused him, the soldier began to measure curiously the proportions of the panther, certainly one of the most splendid specimens of its race. She was three feet high and four feet long without counting her tail; this powerful weapon, rounded like a cudgel, was nearly three feet long. The head, large as that of a lioness, was distinguished by a rare expression of refinement. The cold cruelty of a tiger was dominant, it was true, but there was also a vague resemblance to the face of a sensual woman. Indeed, the face of this solitary queen had something of the gaiety of a drunken Nero: she had satiated herself with blood, and she wanted to play.

The soldier tried if he might walk up and down, and the panther left him free, contenting herself with following him with her eyes, less like a faithful dog than a big Angora cat, observing everything and every movement of her master.

When he looked around, he saw, by the spring, the remains of his horse; the panther had dragged the carcass all that way; about two thirds of it had been devoured already. The sight reassured him.

It was easy to explain the panther’s absence, and the respect she had had for him while he slept. The first piece of good luck emboldened him to tempt the future, and he conceived the wild hope of continuing on good terms with the panther during the entire day, neglecting no means of taming her, and remaining in her good graces.

He returned to her, and had the unspeakable joy of seeing her wag her tail with an almost imperceptible movement at his approach. He sat down then, without fear, by her side, and they began to play together; he took her paws and muzzle, pulled her ears, rolled her over on her back, stroked her warm, delicate flanks. She let him do what ever he liked, and when he began to stroke the hair on her feet she drew her claws in carefully.

The man, keeping the dagger in one hand, thought to plunge it into the belly of the too confiding panther, but he was afraid that he would be immediately strangled in her last convulsive struggle; besides, he felt in his heart a sort of remorse which bid him respect a creature that had done him no harm. He seemed to have found a friend, in a boundless desert; half unconsciously he thought of his first sweetheart, whom he had nicknamed “Mignonne” by way of contrast, because she was so atrociously jealous that all the time of their love he was in fear of the knife with which she had always threatened him.

This memory of his early days suggested to him the idea of making the young panther answer to this name, now that he began to admire with less terror her swiftness, suppleness, and softness. Toward the end of the day he had familiarized himself with his perilous position; he now almost liked the painfulness of it. At last his companion had got into the habit of looking up at him whenever he cried in a falsetto voice, “Mignonne.”

At the setting of the sun Mignonne gave, several times running, a profound melancholy cry. “She’s been well brought up,” said the lighthearted soldier; “she says her prayers.” But this mental joke only occurred to him when he noticed what a pacific attitude his companion remained in. “Come, ma petite blonde, I’ll let you go to bed first,” he said to her, counting on the activity of his own legs to run away as quickly as possible, directly she was asleep, and seek another shelter for the night.

The soldier waited with impatience the hour of his flight, and when it had arrived he walked vigorously in the direction of the Nile; but hardly had he made a quarter of a league in the sand when he heard the panther bounding after him, crying with that saw-like cry more dreadful even than the sound of her leaping.

“Ah!” he said, “then she’s taken a fancy to me, she has never met anyone before, and it is really quite flattering to have her first love.” That instant the man fell into one of those movable quicksands so terrible to travelers and from which it is impossible to save oneself. Feeling himself caught, he gave a shriek of alarm; the panther seized him with her teeth by the collar, and, springing vigorously backwards, drew him as if by magic out of the whirling sand.

“Ah, Mignonne!” cried the soldier, caressing her enthusiastically; “we’re bound together for life and death but no jokes, mind!” and he retraced his steps.

From that time the desert seemed inhabited. It contained a being to whom the man could talk, and whose ferocity was rendered gentle by him, though he could not explain to himself the reason for their strange friendship. Great as was the soldier’s desire to stay upon guard, he slept.

On awakening he could not find Mignonne; he mounted the hill, and in the distance saw her springing toward him after the habit of these animals, who cannot run on account of the extreme flexibility of the vertebral column. Mignonne arrived, her jaws covered with blood; she received the wonted caress of her companion, showing with much purring how happy it made her. Her eyes, full of languor, turned still more gently than the day before toward the Provencal, who talked to her as one would to a tame animal.

“Ah! mademoiselle, you are a nice girl, aren’t you? Just look at that! So we like to be made much of, don’t we? Aren’t you ashamed of yourself? So you have been eating some Arab or other, have you? That doesn’t matter. They’re animals just the same as you are; but don’t you take to eating Frenchmen, or I shan’t like you any longer.”

She played like a dog with its master, letting herself be rolled over, knocked about, and stroked, alternately; sometimes she herself would provoke the soldier, putting up her paw with a soliciting gesture.

Some days passed in this manner. This companionship permitted the Provencal to appreciate the sublime beauty of the desert; now that he had a living thing to think about, alternations of fear and quiet, and plenty to eat, his mind became filled with contrast and his life began to be diversified.

Solitude revealed to him all her secrets, and enveloped him in her delights. He discovered in the rising and setting of the sun sights unknown to the world. He knew what it was to tremble when he heard over his head the hiss of a bird’s wing, so rarely did they pass, or when he saw the clouds, changing and many colored travelers, melt one into another. He studied in the night time the effect of the moon upon the ocean of sand, where the simoom made waves swift of movement and rapid in their change. He lived the life of the Eastern day, marveling at its wonderful pomp; then, after having reveled in the sight of a hurricane over the plain where the whirling sands made red, dry mists and death-bearing clouds, he would welcome the night with joy, for then fell the healthful freshness of the stars, and he listened to imaginary music in the skies. Then solitude taught him to unroll the treasures of dreams. He passed whole hours in remembering mere nothings, and comparing his present life with his past.

At last he grew passionately fond of the panther; for some sort of affection was a necessity.

Whether it was that his will powerfully projected had modified the character of his companion, or whether, because she found abundant food in her predatory excursions in the desert, she respected the man’s life, he began to fear for it no longer, seeing her so well tamed.

He devoted the greater part of his time to sleep, but he was obliged to watch like a spider in its web that the moment of his deliverance might not escape him, if anyone should pass the line marked by the horizon. He had sacrificed his shirt to make a flag with, which he hung at the top of a palm tree, whose foliage he had torn off. Taught by necessity, he found the means of keeping it spread out, by fastening it with little sticks; for the wind might not be blowing at the moment when the passing traveler was looking through the desert.

It was during the long hours, when he had abandoned hope, that he amused himself with the panther. He had come to learn the different inflections of her voice, the expressions of her eyes; he had studied the capricious patterns of all the rosettes which marked the gold of her robe. Mignonne was not even angry when he took hold of the tuft at the end of her tail to count her rings, those graceful ornaments which glittered in the sun like jewelry. It gave him pleasure to contemplate the supple, fine outlines of her form, the whiteness of her belly, thef graceful pose of her head. But it was especially when she was playing that he felt most pleasure in looking at her; the agility and youthful lightness of her movements were a continual surprise to him; he wondered at the supple way in which she jumped and climbed, washed herself and arranged her fur, crouched down and prepared to spring. However rapid her spring might be, however slippery the stone she was on, she would always stop short at the word “Mignonne.”

One day, in a bright midday sun, an enormous bird coursed through the air. The man left his panther to look at his new guest; but after waiting a moment the deserted sultana growled deeply.

“My goodness! I do believe she’s jealous,” he cried, seeing her eyes become hard again; “the soul of Virginie has passed into her body; that’s certain.”

The eagle disappeared into the air, while the soldier admired the curved contour of the panther.

But there was such youth and grace in her form! she was beautiful as a woman! the blond fur of her robe mingled well with the delicate tints of faint white which marked her flanks.

The profuse light cast down by the sun made this living gold, these russet markings, to burn in a way to give them an indefinable attraction.

The man and the panther looked at one another with a look full of meaning; the coquette quivered when she felt her friend stroke her head; her eyes flashed like lightning—then she shut them tightly.

“She has a soul,” he said, looking at the stillness of this queen of the sands, golden like them, white like them, solitary and burning like them.

“Well,” she said, “I have read your plea in favor of beasts; but how did two so well adapted to understand each other end?”

“Ah, well! you see, they ended as all great passions do end—by a misunderstanding. For some reason ONE suspects the other of treason; they don’t come to an explanation through pride, and quarrel and part from sheer obstinacy.”

“Yet sometimes at the best moments a single word or a look is enough—but anyhow go on with your story.”

“It’s horribly difficult, but you will understand, after what the old villain told me over his champagne. He said—‘I don’t know if I hurt her, but she turned round, as if enraged, and with her sharp teeth caught hold of my leg—gently, I daresay; but I, thinking she would devour me, plunged my dagger into her throat. She rolled over, giving a cry that froze my heart; and I saw her dying, still looking at me without anger. I would have given all the world—my cross even, which I had not got then—to have brought her to life again. It was as though I had murdered a real person; and the soldiers who had seen my flag, and were come to my assistance, found me in tears.’

“‘Well sir,’ he said, after a moment of silence, ‘since then I have been in war in Germany, in Spain, in Russia, in France; I’ve certainly carried my carcase about a good deal, but never have I seen anything like the desert. Ah! yes, it is very beautiful!’

“‘What did you feel there?’ I asked him.

“‘Oh! that can’t be described, young man! Besides, I am not always regretting my palm trees and my panther. I should have to be very melancholy for that. In the desert, you see, there is everything and nothing.’

“‘Yes, but explain——’

“‘Well,’ he said, with an impatient gesture, ‘it is God without mankind.’”





Unless indicated otherwise, the text in this article is either based on Wikipedia article "A Passion in the Desert" or another language Wikipedia page thereof used under the terms of the GNU Free Documentation License; or on original research by Jahsonic and friends. See Art and Popular Culture's copyright notice.

Personal tools